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Les aliens ont la cote en ce moment, pour le meilleur et pour le pire – surtout pour le pire, il faut l’avouer. Du coup, après un hyper décevant Skyline qui partait sur une base similaire, à savoir l’arrivée impromptue d’extra-terrestres hostiles face à une population désemparée, World Invasion : Battle Los Angeles était attendu au tournant. Et globalement, il ne s’en sort pas si mal.

World Invasion : Battle Los Angeles prend donc place, comme son nom l’indique, sur la côte californienne : on y suit Michael Nantz (Aaron Eckhart), sergent chez les marines qui, après perdu la totalité de son escadron dans une embuscade, décide qu’il se fait vieux et donne sa démission. Contre toute attente, il lui reste une dernière mission à remplir : celle de découvrir ce qui se cache derrière l’atterrissage de mystérieuses météorites dans l’océan pacifique, au large de LA. Bien entendu, ce cher Nantz n’est pas seul et rejoint une équipe qui voit d’un très mauvais oeil l’arrivée de ce sergent qui traîne une sacrée batterie de casseroles. Des considérations qui s’effacent vite lorsque les marines comprennent que les météorites sont en fait des vaisseaux remplis d’aliens pas gentils et très moches. Et là le sérieux commence.

Avant d’entrer dans le vif du sujet, précisons que l’histoire s’inspire assez vaporeusement d’un « fait réel », la bataille de Los Angeles, qui a eu lieu durant la Seconde Guerre Mondiale en 1942 : à l’époque, un OVNI avait été repéré dans le ciel californien, et les américains redoutant une attaque japonaise avaient alors mis la ville en état d’alerte, lançant pas moins de 1440 salves de missiles. Au final, rien n’avait été retrouvé, et l’armée avait alors conclu à une fausse alerte entraînée par la psychose ambiante. Oui, au final, pas grand chose à voir avec l’intrigue du film, mais au moins c’est dit…

Aaron Eckhart, très investi dans son rôle, est assez surprenant.

 

Menace stellaire et mal de mer

Première chose qui frappe dans le film : sa mise en scène. Jonathan Liebesman, à qui l’on doit, entre autres, Massacre à la tronçonneuse : le commencement, a en effet opté pour une réalisation proche de l’action et des acteurs à travers la technique à la mode de la caméra à l’épaule. Un procédé qui renforce le réalisme, et du même coup l’immersion dans le film qui pullule de scènes d’action percutantes. Une mise en scène qui n’est pas sans rappeler District 9, qui évoquait lui aussi la présence d’extra-terrestres sur la Terre, dans une perspective néanmoins différente. Reste que si ce choix s’avère judicieux pour plonger le public au coeur de l’action, il l’est un peu moins quand il s’agit de filmer des séquences de dialogues qui sont, de fait, assez peu reposantes.

La photographie est globalement très soignée.

 

Pour autant, on ne va pas cracher dans la soupe et l’action que promettait le film est bel et bien là : on ne peut pas retirer de World Invasion : Battle Los Angeles son côté très « jeu vidéo »‘ qui rappelle d’ailleurs pas mal la saga Resistance – pour l’anecdote au passage, il y a un très joli placement produit dans le film pour Resistance 3, alors ouvrez l’oeil ! Ce n’est clairement pas un hasard. Côté effets spéciaux, pas grand chose à dire, l’ensemble est plutôt efficace.

Les gars de la Marine… enfin, des Marines

Bon, côté scénario ce n’est pas vraiment la peine de s’étendre : si la mise en scène sert le sujet, le scénario, lui, reste totalement conventionnel et dans la lignée de ce que Hollywood peut faire en matière de film patriotique. Là où l’imbuvable Skyline présentait la fuite désespérée d’un groupe de survivants face à une invasion d’aliens indestructibles, menant petit-à-petit le spectateur vers une fin aussi prévisible qu’indigente,  Battle Los Angeles préfère taper dans le classique et le tout aussi prévisible, mais sans frustrer le spectateur. Le film assume son petit côté Independance Day en prenant des raccourcis pour mieux privilégier l’action. De toute manière, en général, on a pas vraiment le temps de réfléchir… Mais on échappe pas, sur la fin, à quelques plans dégoulinant de patriotisme. Le prix a payer pour du spectacle efficace ?

Michelle Rodriguez qui nous fait sa plus belle tête de Michelle Rodriguez. Ca ne s'invente pas.

 

Un Double-Face qui accroche

Quelques mots pour finir concernant le casting : c’est bien évidemment Aaron Eckhart qui tient ici le haut du pavé. L’acteur ajoute une nouvelle corde à son arc, prouvant qu’il est aussi capable d’interpréter un marine efficace qu’un super vilain de Batman (il est Double-Face dans The Dark Knight) qu’un cuisinier pro des pâtes (Le Goût de la Vie) ou qu’un cynique commercial de l’industrie du tabac (Thank you for Smoking). Il est épaulé par des seconds couteaux très divers, parmi lesquels l’artiste de R’n’B Ne-Yo, le comédien Jim Parrack (le simplet Hoyt dans True Blood) ou encore Adetokumboh M’Cormack, vu dans Lost. En parlant de Lost, on peut noter également la présence au casting de Michelle Rodriguez, qui comme à l’accoutumé se contente de nous faire… Eh bien du Michelle Rodriguez. L’actrice interprète donc une marine bourrinette mais sympa, un peu à l’image du rôle qu’elle tient dans Avatar. C’est toujours plus crédible que son personnage de chica révolutionnaire borgne et en soutif de Machete. En même temps, pas difficile.

En somme, World Invasion : Battle Los Angeles ne trompe pas sur la marchandise et offre donc ce qu’on était en droit d’en attendre, à savoir un divertissement efficace à défaut d’être vraiment profond. Un film pop-corn à voir en attendant mieux, et en évitant bien pire.

World Invasion : Battle Los Angeles, un film de Jonathan Liebesman avec Aaron Eckhart, Michelle Rodriguez, Ne-Yo, Jim Parrack…
Sortie le 16 mars.

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L'auteur

Co-fondatrice et rédac'chef de GentleGeek, je suis journaliste le jour et blogueuse la nuit - les deux ne sont pas incompatibles, non non. J'aime le cinéma, les jeux vidéo, les comics et les chats. C'est déjà pas mal !

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