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Les meilleures trilogies ayant bien souvent 3 épisodes, c’est sans grande surprise que l’on retrouve Sam Witwicky et ses potes les Autobots dans Transformers 3 : la face cachée de la Lune. Derrière ce titre un poil douteux se trouve toujours le bourrin du blockbuster américain Michael Bay, qui nous sert une soupe bien connue, en 3D cette fois-ci. Si vous avez mal à la tête cet été, ça ne sera peut-être pas à cause de la chaleur.

On avait laissé Sam Witwicky (Shia LaBeouf) à la fac en compagnie de sa poupée en plastique copine Mikaela Banes (Megan Fox), et on le retrouve à Chicago au bras de Carly Spencer (Rosie Huntington-Whiteley) sa nouvelle copine (plus blonde, moins plastique) qui l’héberge pendant qu’il cherche du travail. Car Sam se cherche, et a bien du mal à se faire à l’idée d’accepter un job pourri alors qu’il a sauvé le monde… Pendant ce temps, le gouvernement américain doit faire face à une crise qui le replonge dans une affaire datant de 1969 : à l’époque, ce dernier avait envoyé les premiers astronautes sur la Lune au nom de la conquête spatiale. En vérité, la mission avait pour but d’explorer un vaisseau extraterrestre crashé sur la face cachée de l’astre : un véhicule Autobot recelant un artefact puissant qui intéresse beaucoup les Decepticons, les ennemis jurés d’Optimus Prime et ses acolytes. La suite, vous la connaissez.

Objectif nul, euh, lune (pardon, fallait que je la fasse)

On reprend (presque) les mêmes et on recommence : Transformers 3 : la face cachée de la Lune ne fait que reproduire en boucle le scénario-timbre poste des précédents volets. Un artefact mystérieux que les deux camps, Autobot et Decepticon se disputent, des robots tous aussi spectaculaires les uns que des autres, des militaires américains aussi armés qu’insignifiants sur le champ de bataille, et un Sam Witwicky qui court au milieu à en perdre haleine en évitant miraculeusement toutes les catastrophes qui lui tombent dessus. Bienvenue chez Michael Bay.

Cours, Forest, couuuuurs !


Le seul véritable aspect positif du scénario se trouve dans son choix d’ancrer son intrigue dans un contexte historique particulier, à savoir les premiers pas de l’homme sur la lune en 1969 . Une démarche intéressante bien que peu originale en vérité – X-Men: First Class l’a par exemple récemment fait avec la crise des missiles de Cuba – mais qui donne un peu plus d’aplomb à ce Transformers 3. Malheureusement, passé ce cap, le scénario n’est finalement qu’un bis repetita des précédents films où les deux clans de robots extraterrestres s’affrontent pour récuperer un artefact capable de changer le cours de la guerre qui les oppose. Vous avez dit AllSpark ? C’est donc que vous avez vu les premiers films.

Gros robots, gros bras, gros flingues, petites culottes

Parmi les changements majeurs de la franchise, on est obligé de signaler la disparition, ou plutôt l’éviction de Mikaela, le personnage incarné par Megan Fox. L’actrice s’est vue éjectée de la production suite à un discours peu élogieux tenu à propose de Michael Bay – elle l’a grosso modo comparé à Hitler. Ambiance. Bref, pour remplacer l’actrice (si on veut), le réalisateur n’y est pas allé par quatre chemins et a embauché une top model britannique au CV d’actrice vierge, Rosie Huntington-Whiteley. Troquer une brune sans talent avec une blonde sans expérience, voilà un choix artistique vraiment brillant, mais on sait tous que l’essentiel pour Michael Bay, c’est de pouvoir la filmer en petite tenue. C’est donc ce qu’il fait pour, hum, « introduire le personnage » avec la subtilité d’un marteau-piqueur.

Si vous restez attentif tout le long du film vous constaterez que Rosie Huntington-Whiteley ne salit jamais son petit tailleur blanc, alors que tous les autres personnages sont plein de crasse, EUX.


Côté interprétation, il ne faut donc pas s’attendre à des masses de changement par rapport aux précédents volets, Shia LaBeouf étant fidèle à lui-même dans le rôle du mec halluciné mais qui sauve le monde quand même sans trop savoir comment. On peut saluer la (courte) prestation de John Malkovitch, plutôt drôle, et surtout le rôle à contre-courant de Patrick Dempsey qui, malgré le manichéisme énervant du film, s’en tire plutôt bien là où on l’attend pas. Enfin, last but not least, le film est à voir en version originale absolument pour entendre la voix si reconnaissable de Leonard Nimoy – Spock dans Star Trek, quand même ! – qui double Sentinel Prime. De quoi donner une bonne raison d’aller voir ce film qui reste dans son ensemble un bon gros blockbuster qui tâche, à l’image d’un cheeseburger bien gras qu’on mange quand même, même si on sait qu’il va nous filer du cholestérol – mais qui peut bien avoir envie de manger un cheeseburger par cette chaleur, hein ?

L’expérience 3D, top ou flop ?

Même s’il est difficile de dire si ce constat découle d’une pression des producteurs ou du réalisateur lui-même, il semble évident que Michael Bay a pris conscience qu’il fallait lever un peu le pied en matière de mise en scène bringuebalante pour rendre la 3D relief buvable dans ce troisième opus. Sans aller jusqu’à dire que Transformer 3 est une version zen des deux premiers films, on est tout de même obligé de souligner que l’action est globalement plus regardable et moins fatigante, et qu’on comprend un peu mieux ce qu’il se passe à l’écran quand ça canarde de partout.

Des marines aux gros bras, une belle explosion bien colorée : bienvenue chez Michael Bay !


Quant à la 3D elle-même, la fameuse troidé qui a selon ses dires, « bluffé » James « Avatar » Cameron, si elle est plutôt réussie dans l’ensemble, elle n’est pas spécialement spectaculaire pour autant : pourtant, la scène d’intro du film laissait présager le meilleur, mais comme dans 99% des films proposés en relief, elle n’est finalement que purement accessoire, ne se rappelant au bon souvenir du spectateur que dans de rares cas où elle peut se justifier. Au final, privilégier un visionnage en 2D rend sans doute le film meilleur et contribue à en faire un divertissement estival correct – ou comment supprimer l’un des atouts présumé d’un film, pour finalement en faire un avantage. Vous suivez ?

Le « moins pire » des trois ?

Vous l’aurez compris, Transformers 3 : la face cachée de la Lune ne révolutionnera ni le genre, ni le cinéma du réalisateur d’Armageddon : oui, Michael Bay aime toujours les plans suintant de patriotisme américain. Oui, Michael Bay est toujours un mégalomane accro à la démesure. Oui, Michael Bay choisit toujours ses actrices en fonction de leur bonnet de soutif et de leur arrière-train et non, Rosie Huntington-Whiteley ne remportera jamais d’Oscar, a moins peut-être que l’Académie ne créé une catégorie dédiée aux mannequins lingerie.

Pour Autant, Transformers 3 n’est pas si déplaisant et s’avère être un brainless entertainement, comme dirait l’autre, plutôt attrayant. On pourrait même aller jusqu’à dire qu’il est peut-être le meilleur opus d’une trilogie globalement fatiguante, qu’il conclut avec une certaine maturité en offrant une mise en scène un peu plus propre et une histoire un peu plus poussée que d’habitude. Ce qu’on peut espérer de mieux, c’est que Michael Bay ne remette pas le couvert et reste sur cette impression globalement positive, du moins à l’échelle de ce qu’il nous montre d’habitude. Mais ça, c’est pas gagné…

Transformers 3 : la face cachée de la Lune de Michael Bay avec Shia LaBeouf, Rosie Huntington-Whiteley, Josh Duhamel, Patrick Dempsey, John Malkovich, John Turturro et la voix de Leonard Nimoy. En salle le 29 juin.

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L'auteur

Co-fondatrice et rédac'chef de GentleGeek, je suis journaliste le jour et blogueuse la nuit - les deux ne sont pas incompatibles, non non. J'aime le cinéma, les jeux vidéo, les comics et les chats. C'est déjà pas mal !

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