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C’est à l’occasion d’une présentation à la presse réalisée il y a quelques jours par Electronic Arts que j’ai pu mettre la main sur Battlefield 3, dernière production du studio DICE qui exploite le moteur FrostBite 2, déjà présent dans Battlefield: Bad Company 1 et 2. Alors, ce nouveau volet de la saga du FPS guerrier sent-il bon le hit comme tout le monde le clame haut et fort sur tous les toits ? Difficile d’en douter après avoir tâté la bête, il faut l’avouer.

Star des salons de jeux vidéo depuis de nombreux mois – on l’a vu à l’E3 et au Gamescom dans le courant de l’été – Battlefield 3 s’était jusque-là fait très discret en France. Si certains fans ont pu le découvrir à la Fnac mercredi dernier lors qu’une avant-première, pour ma part, j’ai pu effleurer du pad ce nouveau jeu de Dice le lendemain. Je dis « pad », car les versions jouables étaient proposées selon les modes sur PS3 et XBox 360 : l’occasion de voir si les versions consoles tiennent la route.

Une documentation chirurgicale

Mais avant de prendre la manette en main, petite présentation du jeu par Karl Magnus Troesdon, Vice Président et General Manager de DICE. Ce dernier explique l’intérêt et les apports du moteur FrostBite 2, annoncé comme l’atout majeur du titre, avant de nous faire une démontration. Rendu visuel réaliste des environnements, des personnages et des véhicules, destruction tactique plus précise et plus conséquente que dans les Bad Company, effets sonores saisissants de réalisme et tailles de maps immenses, cumulant toutes sortes de véhicules en plus de l’infanterie réglementaire.

Ancien SAS, Andy McNab refuse que son visage soit dévoilé.

 

Une intervention complétée par celle d’Andy McNab, ancien SAS ayant participé à de nombreux conflits entre 1984 et 1993, dont la première Guerre du Golfe. Depuis reconverti en écrivain et consultant pour le cinéma, il a également occupé cette fonction sur Battlefield 3, en contribuant à rendre plus crédible scénario, dialogues, et postures des acteurs durant la motion capture. Traduction : non seulement Battlefield 3 est présenté comme réaliste esthétiquement , mais également réaliste scénaristiquement et techniquement. C’est bien beau sur le papier, mais maintenant, passons à la pratique.

Le solo, une belle démonstration de bravoure

Après cette rencontre, rendez-vous dans les différentes salles de test pour expérimenter les trois modes de jeux que proposera Battlefield 3 lors de sa sortie : le solo, le coopératif et le multijoueur. A priori, il y en a pour tous les goûts.

Du côté du solo, la mission jouable se nomme Opération Guillotine : il s’agit de transporter un mortier, puis de détruire des nids de mitrailleuses, et enfin de s’introduire dans un bâtiment. Ce qui frappe en premier lieu, c’est la mise en scène extrêmement travaillée de l’ensemble. Après une petite scène de dialogue qui fait penser à celles de Bad Company 2, la mission commence dans un environnement bruyant et en perpétuel mouvement qui offre un confort d’immersion réellement bluffant. Gros coup de coeur également pour les effets de lumière : clairement, le choix de mission est stratégique ici, et a pour but de dévoiler le potentiel du moteur. C’est réussi ! On se déplace principalement dans la pénombre, guidés par les tirs de mitraillettes et les quelques lampadaires présents. Il faut aller vite et être précis, car les ennemis le sont aussi : néanmoins, l’intelligence artificielle ne déploie pas trop d’énergie à essayer de débusquer le joueur en couverture. Ce qui est plus embêtant, c’est plutôt le nombre d’opposant qui corse la difficulté. Pour autant, il faut encaisser plusieurs impacts avant de vaciller, et même si plusieurs essais sont parfois nécessaires pour passer un endroit stratégique, aucun moment ne donne de sentiment de frustration dans cette mission – jouée en Facile, c’est un détail d’importance !

Les effets de lumière sont réellement impressionnants

 

Concernant la destruction de bâtiments, on ne peut pas dire que cette mission offrait de réelles perspectives de démonstration : même si elle nécessite de lancer une grenade dans un immeuble à un moment, elle n’entraîne pas sa destruction et se contente de faire des dégâts à l’intérieur, preuve que le moteur s’ajuste selon les cas et ne donne pas l’opportunité de « tout casser ». Des scripts sont également présents au sein de la mission, mais dans le cas précis, leur introduction est fluide et n’a pas tendance à ralentir l’action, comme c’était le cas dans Medal of Honor par exemple. Impossible de dire pour le moment si c’est le cas pour chaque mission : il faudra attendre le test définitif pour le dire.

Mais globalement, cette expérience solo s’avère positive : le jeu est magnifique, même sur console (PS3 ici) et offre une bonne prise en main à la manette, ainsi qu’une immersion très rapide. N’étant pas une grande adepte des FPS de guerre, j’ai même été déçue que la mission se termine aussi vite !

Coopératif et multijoueur, deux expériences différentes à plusieurs

Une mission multijoueur et une mission coopérative étaient également proposées, la première sur XBox 360 et la seconde sur PS3.

Concernant le coopératif, le premier intérêt est qu’il propose une campagne totalement inédite, à la durée de vie cependant inconnue. Reste que la difficulté m’est apparue comme étant légèrement plus corsée que dans le solo, en particulier si on ne se coordonne pas avec son coéquipier, car ce dernier peut nous réanimer si l’on tombe à terre. Du coup, on a l’impression d’encaisser moins de tirs avant de tomber, mais l’opportunité d’être relevé par son binôme peut l’expliquer. Encore faut-il jouer intelligemment : pour ça, des armes disséminées en cours de mission permettent de constituer une stratégie de complémentarité, un joueur pouvant par exemple opter pour un fusil, et l’autre pour une mitraillette. Rien de bien extraordinaire diront certains, mais lorsqu’il faut gérer un bataillon de sniper en plus des soldats au sol, le partage des tâches a son importance.

L'entraide est capitale dans le coop.

 

La mission proposée, Exfiltration, était la même que celle présentée à la Gamescom. Elle consistait en un sauvetage d’otage et à l’escorte à pieds d’un cortège de véhicules. Plutôt corsée, elle a néanmoins permis de cerner l’aspect coopératif du soft et donner une idée de son potentiel. Encore une fois, il est difficile de cerner l’intérêt global du mode coop sur une seule mission, mais le dynamisme du gameplay m’a donné envie de pousser plus loin l’expérience.

Terminons enfin par le multijoueur par équipe : présentation parisienne oblige, nous avons eu droit à une map… parisienne ! Ici, ambiance bien plus ensoleillée que les autres démos, puisqu’une partie se déroulait en pleine journée, et l’autre dans le métro. C’est beau, et réaliste, même si la zone en elle-même ne représentait pas un vrai décor parisien existant. Mais on s’en fiche un peu, en fait.

Cette prise en main du multi sur XBox 360 a été l’occasion de vraiment découvrir la démolition tactique : ici, elle est plus que recommandée, elle est obligatoire. Comprenez par là que pour avancer dans la map, il faut obligatoirement détruire une zone précise pour accéder à la station de métro. Sous-entendu : c’est scripté, et a priori on ne peut pas y couper. Un peu dommage puisque cela va rapidement devenir un automatisme pour les joueurs.

Divisés en deux équipes de 12 sur consoles – sur PC jusqu’à 64 joueurs peuvent s’affronter en même temps, ce qui induit des maps plus grandes, forcément – les joueurs doivent soit attaquer deux points précis, soit, en toute logique, les défendre. Pour gérer au mieux la situation, les joueurs ont le choix entre 4 classes de soldats : le soldat d’Assaut, capable de se soigner et soigner ses équipiers, l’Ingénieur, capable de réparer les véhicules, le Soutien, lourdement armé et capable de couvrir au mieux son équipe, et l’Eclaireur, rapide et discret. Encore une fois, la stratégie a ici son intérêt mais on imagine facilement qu’une approche routinière se mettra rapidement en place, tant certains éléments du décors privilégient fortement une classe au détriment d’une autre.

Tiens, l'uniforme des agents de la RATP a un peu changé.

 

Reste que la map offre une taille conséquente, sans compter qu’il est possible d’entrer dans certains bâtiments et même de gravir les étages pour trouver un spot idéal (pour camper, ouais, voilà). Sur PC, cette map parisienne, encore plus grande – normal, il y a plus de joueurs – dispose même d’un véhicule, qui n’est pas présent sur la version consoles.

Pour autant, le gameplay de ce mode multi ne révolutionnera pas le genre, et son intérêt porte principalement sur le level design ambitieux, et sur son système de personnage évolutif. Car à l’instar des derniers Need for Speed qui disposent d’un système d’expérience couplé à une plateforme sociale, l’Autolog,  Battlefield 3 dispose également de son système d’expérience et de sa plateforme sociale, nommée, attention les yeux : Battlelog ! L’idée est donc de faire évoluer son statut en ligne en cumulant de l’expérience, et en permettant aux autres joueurs de suivre cette évolution. De quoi donner du challenge aux amateurs de défis…

Conclusion : une expérience convaincante, même s’il reste des choses à voir

Grosse déception : l’absence de véhicule dans les différentes missions présentées à l’occasion de cette séance de test. C’est dommage, car pour beaucoup, c’est LE point fort des Battlefield. Il faudra donc attendre d’avoir la version finale du jeu entre les mains pour pouvoir s’y essayer. Impossible également d’effectuer une comparaison entre les versions consoles et la version PC, cette dernière étant absente de la séance. Néanmoins, les versions consoles sont graphiquement convaincantes, et la prise en main est agréable.

Si le jeu m’a globalement emballé, je ne suis pas dupe : les missions choisies sont une compilation de spectaculaire, et il faudra voir si le résultat final tient le cap tout du long pour déterminer si Battlefield 3 et bel et bien le hit qu’il semble être. Même si, trêve de réserve, tout semble l’indiquer !

Battlefield 3 sera disponible sur PC, XBox 360 et PS3 le 27 octobre prochain.

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L'auteur

Co-fondatrice et rédac'chef de GentleGeek, je suis journaliste le jour et blogueuse la nuit - les deux ne sont pas incompatibles, non non. J'aime le cinéma, les jeux vidéo, les comics et les chats. C'est déjà pas mal !

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