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Si Paris se révèle être la ville où se concentre la grande majorité des manifestations francophones tournant autour des mangas et des jeux vidéo, il existe également des évènements dont le principal atout est de proposer un dépaysement quasi-total à tous les habitués de la capitale française. 

On n’y fait pas que du bon chocolat là-bas…

L’édition 2012 de Polymanga s’est déroulée à Lausanne, en Suisse et n’a rien à envier à des conventions françaises comme la Japan Expo et l’Epitanime. Comme son nom le laisse entendre, il s’agit d’un salon dédié aux mangas, ce qui inclut également anime et jeux vidéo. Cependant, les organisateurs ont souhaité élargir un peu plus leurs horizons et la culture pop s’est également invitée à l’évènement avec plus ou moins de succès. Malgré une météo un peu triste, les visiteurs patientaient sagement et avec le sourire dans des files d’attentes plutôt bien organisées dans l’ensemble. Seul petit bémol : le manque d’indication à l’extérieur. Du coup, il était possible de se tromper de file avec celle réservée pour les pré-ventes, synonyme de retour en fin de queue. Une personne postée à l’extérieur n’aurait pas été de trop pour guider un minimum les gens.  En revanche, une fois à l’intérieur, si des barrières étaient bien en place pour éviter toute confusion, on se sentait forcément un peu plus à l’étroit.

  

L’évènement se tenait sur 2 étages, avec un 3ème étage principalement dédié à la restauration. Un escalier et des escalators étaient à disposition pour se rendre aux différents niveaux. Les activités étaient suffisamment nombreuses pour trouver de quoi s’occuper durant une journée entière, surtout côté jeux vidéo.

Il n’était pas rare de retrouver des français bien de France que cela soit parmi les visiteurs ou parmi les commerçants présents : dans ce dernier cas, cela pouvait s’avérer plutôt pratique pour acheter ses articles en euro !

Cependant, on n’échappe malheureusement pas aux produits de contre-façon qui sillonnent certains stands, notamment du côté des posters d’une qualité souvent inégale et dont on se doute qu’ils n’ont rien d’officiel.

On pouvait même trouver des tapis de souris qui proposaient des images bien pixélisées en guise d’illustration… Du côté des peluches, le constat est plus délicat également mais qu’on ne s’y trompe pas non plus : une bonne partie des boutiques proposaient tout de même une marchandise plus qu’honnête et qui n’avait rien d’illégal.

La communauté suisse de Minecraft s’est montrée plutôt active et étonnamment présente durant le Polymanga, en témoigne la foule rassemblée devant l’une des prestations de Bob Lenon et les quelques cosplays inspirés du jeu. Un succès qui démontre que le public sur place était majoritairement plutôt connaisseur des activités existantes autour du jeu.

Le spectacle qui rencontre systématiquement beaucoup de succès durant ce type de manifestation est évidemment le cosplay. Les 2 représentations prévues samedi et dimanche étaient précédées d’une battle de break dance : si les danseurs sont en effet impressionnants, on peut légitimement se demander si leurs présences est vraiment justifiées, ce qui n’a pas manqué de faire débat auprès des visiteurs.

 

On l’aura compris, la culture pop était aussi à l’honneur mais on aura un peu de mal avec cette définition qui reste un peu floue et qui semble plus ou moins justifier, par exemple, la présence de stands dédiés aux jeux PC et à des titres comme Battlefield 3. De même, les projections proposées au public n’étaient pas forcément que des anime et des productions américaines étaient également proposées comme Scott Pilgrim vs The World : une ouverture qui laisse penser que Polymanga pourrait s’orienter vers une organisation similaire à celle de la Japan Expo et du Comic Con qui cohabitent durant 4 jours.

On se dit quand même qu’il est dommage de ne pas retrouver des projections de films japonais ou encore de drama, mais on se doute que les droits de projections ne doivent pas être évidents à négocier pour ces derniers. Reste encore les petites productions web indépendantes ou les clips vidéos qui auraient pu permettre au public de varier un peu les plaisir, même si côté musique, le karaoké a plutôt bien cette fonction.

Le second étage proposait plusieurs stands moins professionnels, mais loin d’être dénués de créativité et de talents. Entre fanzines, fanarts et accessoires en tous genres, on en prend pleins les yeux et la proximité avec les créateurs apportent forcément un petit plus.

Malgré quelques soucis inhérents à ce genre d’organisation, l’organisation du Polymanga semble déterminer à améliorer sa formule pour l’an prochain pour remercier les 20 000 visiteurs qui ont accordés leur confiance aux organisateurs. Si vous êtes à la recherche d’un peu de changement par rapport à ce qui se fait à Paris, cette convention suisse se pose comme une alternative intéressante tant l’ambiance n’a que peu de similitudes avec ce qu’on peut trouver à Paris : du personnel de sécurité qui vous accueil avec le sourire jusqu’à la quasi-absence de Free Hugs, soyez assurés de noter la différence !

« Alright! I’ve been waiting for this. »

Du côté de Rennes s’est déroulé l’édition 2012 du Stunfest : une réunion orientée  jeux vidéo, laissant une place importante aux jeux de combat avec l’organisation de tournois sur plusieurs titres récents et moins récents comme Super Street Fighters IV ou Mark of the Wolves. L’évènement se tenait dans ce qui s’apparentait à un gymnase, dans un campus universitaire et malgré la modeste taille des lieux, l’ambiance était au rendez-vous et les visiteurs très nombreux. Une partie du Stunfest présentaient de nombreuses consoles de différentes générations et il était possible de s’essayer à plusieurs jeux qui ont plus ou moins marqué l’histoire des jeux vidéo. Une véritable aubaine pour les plus jeunes qui pouvaient ainsi s’essayer à la Dreamcast, la Super NES et même la Saturn !

L’association MO5 était également présente et proposait différents ouvrages lié à la culture geek ainsi que tout une panoplie de goodies geek&chic. Il était par ailleurs possible de s’essayer à REZ sur Dreamcast ou à différents jeux sur Atari ST.

 

Toute une gamme de bornes d’arcade était disponible en libre service, permettant à celles et ceux qui n’ont jamais osés dépenser 2€ pour une partie de se lancer sans se soucier d’alléger leur porte-monnaie…

Une scène principale a été installée pour permettre au public de suivre les phases finales de différents tournois, en plus de quelques animations bien spécifiques.

Originalité côté spectateur : on pouvait confortablement suivre ce qu’il se passait sur des transats. Cependant, un inconvénient qui peut sembler anodin se présente : il est très facile de s’endormir une fois bien installé. Du coup, durant certaines phases finales présentées sur la scène, le public était peu réactif : on est bien loin de l’ambiance à Las Vegas de l’EVO. En revanche, dans la zone réservée aux qualifications pour les tournois, l’ambiance était au rendez-vous pendant la finale de Super Street Fighter II Turbo, éclipsant l’enthousiasme un peu moins énergique du côté de la scène.

Ceci étant, en toute subjectivité, il fallait avouer que la finale de Soul Calibur V, en équipe le dimanche, n’était pas spécialement passionnante à suivre, si ce n’est sur les derniers rounds. La faute aussi à un discours un peu surprenant entre les commentateurs et l’un des finalistes expliquant au public qu’il était aussi l’organisateur du tournoi, tout comme son concurrent. Des propos qu’il aurait peut-être fallu tenir à la fin du tournoi car l’attention déjà très limité du public a pratiquement disparue par la suite : l’impression de suivre des matches entre une bande de potes qu’on ne connait pas et qui multiplie les « private joke » n’encourage pas forcément à se passionner pour les combats.

  

Cependant, pour les phases finales de Super Street Fighter IV, le public s’est révélé un peu plus dynamique comparé aux tournois qui l’ont précédés. Ken Bogard, bien connu de la communauté française du jeu, était présent pour commenter les matches et si certains n’adhèrent pas forcément à son concept pour les commentaires vidéos, il ne fait aucun doute que sur scène, micro en main, il se révèle très à l’aise et parvient à captiver le public.

De la même façon, les experts trouveront sans doute à redire sur son analyse en direct des matches, mais force est de reconnaître que le vocabulaire technique qu’il emploie est précis et permet de mieux comprendre ce que l’on voit… pour peu qu’on connaisse un minimum les bases du titre.

Différentes conférences étaient proposés en marge du Stunfest sur des thématiques originales, permettant aux différents intervenants d’avoir matière à débattre. Seul petit regret : la taille de la salle réservée pour les conférences auraient largement gagné à être un peu plus grande. Impossible pour tout le monde d’assister à la plupart d’entre elles, faute de trouver une place. Un faux soucis au final qui témoigne du succès important rencontré par ce type d’activité, véritable source d’enrichissements pour qui souhaite approfondir ses connaissances dans le domaine des jeux vidéo.

Côté restauration, les visiteurs avaient droit à de très bonnes pizzas ou des crêpes/galettes bretonnes : un plus fort appréciable et qui démarque réellement l’évènement de ses homologues parisiens. L’ambiance « barbecue » permettait ainsi aux visiteurs de discuter entre eux, encourageant ainsi la convivialité, même si la pluie s’est malheureusement invitée la plupart du temps.

Parmi les invités présents, on aura noté l’immanquable présence de Frédéric Molas et Sébastien Rassiat. L’occasion de poser quelques questions aux deux principaux acteurs du succès du Joueur du Grenier.

Etes-vous surpris par l’accueil que le public du Stunfest vous a réservé ce week-end ?

Frédéric : En général, on commence à s’y habituer quand on se déplace dans de grosses conventions parce qu’on sait qu’il y aura du monde. Mais là pour le coup… non. On pensait qu’on pourrait passer du temps à jouer sur les bornes d’arcades avec les fans, que l’on pourrait garder contact avec eux. Mais on a été un peu dépassé par les évènements car il y avait tellement de monde qui était venu pour voir « le joueur du grenier » qu’on a du se mettre derrière une table et improviser un stand, comme d’habitude.

On a joué un peu, certes… 10 minutes hier soir, mais c’est le grand maximum cette année. C’est le record  cette année… on essaiera de le battre l’an prochain si on est toujours là !

J’aurai aimé joué un peu plus sur les bornes d’arcades car on n’a pas souvent l’occasion d’y jouer… mais en même temps, les gens viennent et je peux pas leur dire « allez vous faire foutre, je veux jouer », c’est pas possible, parce qu’ils viennent pour toi donc tu vas pas les envoyer chier, ça se fait pas donc bah… tant pis quoi. (rire)

Vous arrive-t-il d’être en désaccord entre vous pendant le processus de tournage d’une vidéo du joueur du grenier ?

Frédéric & Sébastien : Tout le temps ! (rire)

Sébastien : Mais en même temps c’est ce qui fait avancer le schmilblick je pense. On serait tout le temps d’accord sur des bonnes choses : tant mieux. Mais si on était tout le temps d’accord sur les mauvaises, ce serait pas terrible. Le fait de confronter nos points de vues et nos réactions, ça marche dans le bon comme dans le mauvais sens. A chaque fois on fait évoluer des blagues comme ça, l’un balance un truc et après c’est du ping-pong : au fur et à mesure, on finit par modeler le truc et on arrive à quelque chose au final qui nous plait à tout les deux et qui, normalement, est drôle.

Frédéric : Oui voilà, ça marche comme ça, au début je donne une bonne idée, puis lui la démolit avec une idée de merde, donc après on lutte et finalement c’est moi qui fini par avoir raison parce que mes idées sont toujours meilleures que les siennes, n’est-ce pas ?

Sébastien : Qu’est-ce que tu veux que je réponde à ça à part  « Tu es un connard » ? (rire)

Frédéric : Non mais c’est vrai qu’on n’est pas souvent d’accord. Il nous arrive de galérer sur le script et on campe, on campe, on campe et jusqu’au moment où on ne finit ni sur la version de l’un, ni sur la version de l’autre et où c’est finalement drôle.

Pensez-vous que la convivialité du multi en local se perd de plus en plus avec le fait de jouer en ligne ?

Frédéric : Totalement. L’avantage, c’est que tu peux jouer en ligne beaucoup facilement, tu n’as pas forcément besoin d’appeler tes potes et tu peux te lancer dès que tu as envie, d’un coup, de faire une partie multijoueur. Après ça n’a vraiment rien à voir, au niveau de la convivialité, avec le fait de jouer avec 3 personnes à côté de toi, c’est incomparable. Et le côté malsain, c’est qu’il y’a des gens qui d’un coup, une fois en ligne, se sente d’un coup pousser des poils sur les couilles et qui, d’un coup, se mettent à insulter tout le monde en ligne.

Et du coup, ça donne certains jeux qui ont une communauté absolument détestable. Mais ça c’est le net en général, ce n’est pas seulement limité aux jeux en ligne.

Sébastien : Je suis d’accord à fond, je vais faire mon vieux et tout mais je regrette l’époque où on emmenait les bécanes sous le bras comme ça, on faisait des LAN, on était 8 dans la même pièce, dans une chaleur de fou mais voilà, on était là, on partageait des trucs ensemble, on avait des réactions en live et y’avait une forme de respect aussi quelque part. Là, le fait d’être planqué derrière son écran, on peut tout se permettre, dire les pires saloperies et ça c’est un peu dommage je trouve cette tendance.

Frédéric : Mais ça a aussi de très bons côtés. Ca fait 10 ans que je fais des MMO et je suis pratiquement dans la même guilde depuis 10 ans avec des gens que j’ai rencontré pour la première fois il y a un an ou deux. Pourtant, je les considère comme des amis. Donc il y a quand même ce truc de pouvoir rencontrer des gens que tu n’aurais jamais rencontré dans d’autres circonstances et d’en faire de vrais amis. Ca, c’est un truc que la génération d’avant ne comprend pas forcément de pouvoir considérer comme des amis des gens que tu n’as jamais rencontrés. Mais c’est totalement le cas de nos jours et c’est un bon côté.

Faites-vous partie des joueurs qui pensent que la bande-son est un élément déterminant pour un jeu ?

Frédéric : La bande-son c’est totalement important, c’est clairement hyper important. J’écoute des musiques de jeu en dehors des jeux, mon portable en est d’ailleurs rempli… musiques que j’ai acheté légalement (rire). Pour moi les musiques de jeu, c’est ce qui te met vraiment dans l’ambiance, par exemple Mass Effect, y’aurait pas les musiques épiques, ce serait par pareil.

Sébastien : Le truc qui est marrant c’est que parmi les jeux qu’on test actuellement, y’en a un qui est pas terrible du tout mais qui a un thème musicale qui surclasse vraiment tous les autres points du titre en terme de qualité. Mais oui, c’est super important la musique, là par exemple, je vois un t-hirt Zelda et Zelda sans sa musique, c’est plus Zelda. Et en plus de la musique, il y a aussi tous les effets sonores pour toutes ces petites choses. Koji Kondo, c’est inoubliable.

J’ai cru comprendre que vous aimiez bien Suikoden.

Frédéric : J’adoooore Suikoden. Pour moi c’est vraiment le meilleur RPG jamais sortie. J’ai joué au premier et au deuxième. J’avais commencé le III sur émulateur, parce que je n’avais pas la Playstation 2 donc ça ramait à mort et la caméra m’a vraiment fatigué, mais très très vite. J’avais également commencé le IV mais je l’avais trouvé tellement terne et triste… et ça me gonflait un peu d’avoir des voix car j’aimais bien imaginer la voix de mes personnages et je n’aimais pas trop l’idée qu’on nous les imposes car je ne supportais pas la voix de certains. En comparaison Suikoden I et II, il sont 2D aussi mais, c’est hyper coloré, c’est hyper vivant, je sais pas… ça te met la joie rien que d’y jouer. Sur le IV, je trouvais le contraste des couleurs fadasses.

Simple curiosité, mais comment avez-vous nommé le héros dans Suikoden ?

Frédéric : Dans le premier, j’ai laissé par défaut et dans le 2, je ne sais plus. En général, c’est con mais… je les appelle Link en fait (rire). Dans Final Fantasy VII, j’avais appelé mon héro Link aussi. Et pour l’anecdote… ça va faire très forever alone ce que je vais dire mais j’étais au collège aussi : j’avais donné le nom des filles que j’aimais bien au bahut aux personnages féminins parce que je pouvais par leur parler en vrai… c’est pour ça que j’ai dit que ça fait très forever alone. (rire)

Vous avez participé une vidéo collaborative pour informer un maximum de personnes à propos de l’ACTA. Pensez-vous que votre action a portée ses fruits puisque le projet a été rejeté ?

Frédéric : Je pense pas. Mon action, à la base, était plutôt destinée à essayer faire réagir les politiques. Je me disais que si la vidéo faisait assez de buzz, les médias allaient en parler, et si les médias en parlent, les politiques en parlent aussi. C’était ça ma théorie. Et finalement, surtout en pleine période électorale, y’a eu tellement de merdes qui sont arrivées que finalement, c’est passé inaperçu plus ou moins. Canal + en a parlé il me semble et Le Point aussi.

Sébastien : Il y a quelques YouTubers qui ont suivis derrière et qui ont appuyés aussi.

Frédéric : Y’a quand même eu une certaine visibilité, y’a même diablox9 qui en a fait une vidéo aussi, y’a eu Norman qui a tweeté un truc dessus, tout l’internet français en a parlé pratiquement et y’a aucun média qui a relevé le truc, ça tient presque de la conspiration. Même si c’est mal parti pour l’ACTA, ça va passer par d’autres tuyaux et ça peut revenir sous un autre nom.

Pour conclure, un dernier mot ?

Frédéric : Frigo

Sébastien : Réfrégirateur

Frédéric : Escalier

Sébastien : Lunette de toilette

Frédéric : En deux ? Tudududu

Sébastien : euh… chaussure ?

Frédéric : Tongue

Sébastien : Banane

Frédéric : …peupeule… non ça veut rien dire laisse tomber (rire). On fait une parodie de Pyramide alors que personne ne doit se rappeler de cette émission. (rire)

Au final, le Stunfest s’est révélé être une très bonne surprise et il ne fait aucun doute que l’ambiance générale qui s’en dégage est plus chaleureuse que pour d’autres évènements du même genre. Si vous pensiez que compétitivité et convivialité ne pouvaient pas faire bon ménage, le Stunfest pourrait bien vous convaincre du contraire : il serait donc dommage de bouder l’évènement qui devrait réitérer l’expérience l’année prochaine avec, on l’espère, encore plus de succès !

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Polymanga 2012

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