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Crédits photo : rafaelalbuquerque.com

A l’occasion du Comic Con de Paris, l’équipe de GentleGeek a eu l’immense honneur de rencontrer le dessinateur brésilien Rafael Albuquerque. Ce nom ne vous dit rien ? Illustrateur chez DC Comics, il est connu pour son travail sur Superman/Batman, Blue Beetle et surtout American Vampire, best-seller co-scénarisé par Scott Snyder et le Stephen King. Des super héros du Moyen- Orient aux vampires en passant par Astérix, Rafael nous raconte sa carrière haute en couleur !

Bonjour Rafael ! Pouvez-vous vous présenter pour nos lecteurs qui ne vous connaissent pas ?

Je m’appelle Rafael. Je suis un artiste brésilien, de Porto Alegre au sud du Brésil. Je fais des comics depuis 2003. J’ai commencé à travailler pour AK Comics, un éditeur égyptien. C’était assez curieux : je faisais des super héros pour le Moyen-Orient, qui étaient finalement assez semblables à Batman ou Superman mais avec un background oriental… j’ai fait quelques trucs pour les USA, pour divers éditeurs dont Dark Horse. Après, j’ai commencé à travailler pour DC Comics, avec Blue Beetle pendant 3 ans, puis Superman/Batman, quelques numéros de Strange Adventures, avant d’attaquer American Vampire, mon comics le plus connu, sur lequel je travail depuis 2009.

A propos d’American Vampire, pouvez-vous nous dire comment vous êtes arrivé sur ce projet ?

Je travaillais sur Superman/Batman en 2008. J’ai rencontré Will Dennis, l’éditeur de 100 Bullets. J’étais super content car je suis un grand fan de 100 Bullets et d’Eduardo Risso, l’illustrateur. Je voulais le rencontrer et lui dire que j’aurais adoré travailler avec lui. J’aimais faire des super héros, mais c’était un peu frustrant. Mes dessins ne sont pas vraiment faits pour les super héros, ils sont un peu différents de ce que les gens attendent. J’ai toujours pensé que Vertigo Comics serait un bon endroit pour moi. J’imaginais qu’on allait discuter de techniques ou de choses comme ça… J’ai été surpris : il connaissait mon travail, même ce que j’avais réalisé en tant qu’indépendant au Brésil. Je me demandais comment c’était possible ! Il m’a dit « Si tu veux travailler avec Vertigo, on va te trouver un projet qui te correspond, attends un peu on te recontactera« . Je n’ai pas cru que c’était sérieux mais 6 mois après, il m’a envoyé un e-mail : « On a un truc pour toi, une histoire de vampires, regarde le pitch, c’est un nouvel écrivain !« . Je me suis dit qu’une histoire de vampires, ce serait un truc comme Twilight… Mais en lisant, j’ai trouvé l’histoire phénoménal. J’aime les vampires mais je ne suis pas un gros fan. C’est d’ailleurs pareil pour Stephen King, je n’étais pas un fan acharné.

Mais là, ça m’a pris aux tripes, cette histoire de vampires traitée sous un aspect sociétal. Je ne savais pas que King serait sur le projet à ce moment-là. J’ai dit que ça m’intéressait. On m’a demandé de faire quelques sketchs. Puis, par erreur, ils m’ont envoyé un autre scénario, avec le nom de Stephen King dessus ! J’ai donc envoyé des dessins de personnages. On m’a dit « écoute, ne le dis à personne, Stephen King est très attaché à ce projet et y participe« . J’ai répondu que je savais vu qu’ils m’avaient envoyé le pitch ! Ils m’ont alors dit de garder ça secret et m’ont finalement sélectionné. Voilà comment c’est arrivé !

En 2010, les vampires étaient partout… Comment avez-vous réussi à différencier vos vampires de tous ceux des séries télé de la littérature ou du cinéma ?

C’était un peu l’objectif de Vertigo. On m’a dit de ne pas forcément coller au background habituel des vampires. Il fallait rester dans le style Vertigo Comics, c’est à dire, se démarquer des autres choses qui se font autour de nous, changer ce qui peut l’être. J’en suis donc venu à l’idée que les vampires pouvaient être plus… monstrueux. Dans l’histoire, on a des « vampires européens » qui ressemblent davantage aux vampires classiques que l’on connaît bien, mais les vampires américains sont plus agressifs et bestiaux. J’ai commencé à dessiner beaucoup de choses très différentes. C’est là que j’en suis venu à designer des vampires terrifiants, mais aussi sexy, d’une certaine manière… Voilà pourquoi je suis resté conventionnel sur les yeux mais que j’ai crée ces grandes bouches terrifiantes.

C’est vrai que la première fois que j’ai vu un vampire dans le comics, j’étais vraiment surprise par ces bouches !

C’est une évolution. Beaucoup de choses m’ont inspiré, comme Alien ou Predator. J’ai repris quelques idées ça et là pour en faire ma propre version. La chose vraiment sympa dans American Vampire, c’est l’absence de cliché sur le mythe des vampires.

Et merci pour ça ! A vrai dire, l’un de vos premiers travaux que j’ai pu découvrir, c’était l’épisode de Tales of the Fear Agent sur lequel vous avez travaillé avec Ivan Brandon. Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur votre collaboration avec cet auteur ?

Je connais Ivan depuis super longtemps et nous sommes amis. On avait envie de travailler ensemble depuis un moment mais nous n’avions jamais eu de vraies opportunités. Puis un jour, il est venu me voir avec une histoire d’une dizaine de pages, Tales of the Fear Agent. Ca m’a tout de suite plu et on s’est dit qu’il fallait le faire, c’était le bon moment !

J’ai une question à propos de Tune 8. C’est un comics que vous ne comptez diffuser qu’au Brésil ?

A la base, c’était un web-comics pour un site geek. C’était la première fois que j’écrivais, que je dessinais et colorisais, que je faisais le lettrage… J’ai tout réalisé moi-même ! Maintenant que le site a annulé tout le projet, je continue de le réaliser par moi-même en version papier. Mon projet est
d’apporter le comics aux Etats-unis un jour, en espérant qu’il soit publié !

Vous avez réalisé un dessin d’Astérix comme illustration pour le Comi Con France… Est-ce que vous lisez des BD françaises ou belges ?

Oui, tout à fait ! Astérix est l’une des toutes premières BD que j’ai lu. C’est très populaire au Brésil. Ma tante m’a donné toute sa collection, que je lisais pendant mon enfance. En fait, j’ai réalisé ces dessins pour une exposition au Brésil où des dessinateurs du monde entier devaient choisir un
personnage qui reliait leur enfance à leur activité actuelle… J’ai donc choisi Astérix. Comme je venais en France pour le Comic Con, j’ai décidé d’amener ces dessins, sur les terres d’Astérix ! A part ça, j’ai beaucoup de comics français. Je suis aussi un grand fan d’Enki Bilal, de Marini… On a pas mal de comics européens en Amérique.

C’est amusant, ce n’est pas du tout la même culture ! 

Oui, c’est de la « bande dessinée » (en Français dans le texte) !

Merci Rafael !

Propos recueillis par Audrey, traduction par Russ.

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L'auteur

Co-fondatrice et rédac'chef de GentleGeek, je suis journaliste le jour et blogueuse la nuit - les deux ne sont pas incompatibles, non non. J'aime le cinéma, les jeux vidéo, les comics et les chats. C'est déjà pas mal !

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  1. Pingback: [Film(s)] Film(s) Spécial #12 déjà dispo, et autres news | Audrey Oeillet 23 Août, 2012

    […] alors si ça vous botte, allez donc lire les interviews d’Alexandre Astier, Katie McGrath, Rafael Albuquerque, Tony S. Daniel ou encore Joe Mad! et plein d’autres dispos sur les sites en […]

  2. Pingback: 2012 s’achève… on fait le bilan ? | Audrey Oeillet 29 Déc, 2012

    […] dans le désordre, sans véritable classement de préférence : côté comics, le très sympathique Rafael Albuquerque (American Vampire) ainsi que Tony S. Daniel (Detective Comic jusqu’à septembre dernier) tous […]

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