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Pour cette nouvelle journée de festival, trois films étaient au programme, dont notamment le film indien de la sélection !

La journée débutait avec God bless america, film de Bobcat Goldthwait mettant en vedette Joel Murray (frère de). Apprenant qu’il est en phase terminale, Frank décide de régler leur compte à tous ceux qui l’insupportent par leur manque de respect, de valeurs, etc. Ses choix se portent notamment sur des personnes vues à la télévision, et notamment les participants aux émissions de télé-réalité. Aidé par une lycéenne barrée, le carnage ne fait que commencer…

La comparaison avec Super n’est pas loin, et a d’ailleurs été évoquée lors de la présentation du film. A ceci prêt qu’ici, point de super héros, simplement un type lambda qui envoi tout promener. Ce pitch permet quelques situations bien barrées et sanglantes, et ce dès le début du film (à Hollywood, on ne touche pas aux bébé, et ben la, si ! :p). Le premier meurtre commis par Frank est à ce titre très drôle et donne envie de rejoindre sa cause tant la « victime » parvenait à nous casser les oreilles en moins de deux secondes. Néanmoins, passé le côté fun du film et de son sujet, le message moraliste n’est pas loin, et l’aspect « corrosif » voulu est en réalité bien gentil : en effet, difficile de ne pas entendre le discours porté par le héros (les gens ne respectent plus rien, on a cessé de se préoccuper les uns des autres alors que les technologies de communication sont omniprésentes, revenons aux vrais valeurs, soyons tolérants et ne valorisons plus les idiots, etc.) est en réalité bourré de lieux communs. Pour le côté provocateur et original donc, hormis la méthode choisie pour remédier à cela, on repassera. Reste un divertissement fun, bien mené, et drôle.

La journée s’est poursuivie avec Eega, film hors compétition, mais LE film indien du festival. L’an dernier, le très sympathique Endhrian – Robot avait permis de passer une excellent moment. Pour ce nouveau film, le choix du festival s’est à nouveau porté sur de la science fiction, domaine dans lequel l’industrie Bollywood semble s’améliorer de jour en jour. Dans son pays natal, le film serait devenu, selon les dire de la personne ayant présenté le film, le plus gros succès du cinéma indien (bon en même temps la bas dès qu’un nouveau film sort ça change :p).

Alors que nous propose Eega ? Eega, c’est l’histoire de deux hommes courtisant la même femme. L’un, riche industriel, mais aussi vaniteux, manipulateur et gangster sur les bords, ne supporte pas d’être éconduit et fait assassiner son rival. Seulement voila : l’esprit du défunt se réincarne dans une mouche, qui décide alors de se venger et protéger sa bien-aimée.

Qu’attendre d’un tel pitch ? Du fun, assurément, mais surtout, l’histoire est extrêmement bien traitée. Ainsi, tout en restant amusant à regarder, le scénario reste très cohérent par rapport à son sujet. Les attaques de la mouche, dotée de pensée humaine, sont très crédibles et prennent en compte les capacités réelles de nuisance d’une mouche. Ainsi, pour mieux parvenir à ses fins, la mouche tourne autour de son ennemi à l’en empêcher de dormir, gêne sa conduite, rentre dans ses oreilles… Cela n’empêche pas à un moment notre mouche de devenir réellement machiavélique et de faire quelques altères et ainsi s’entrainer à soulever des objets légers… mais piquants ! L’originalité de l’histoire se suffisant à elle même, pas de gros rajouts de danses « made in Bollywood » dans le récit : seule une chanson intervient en début de film, et en fin de film, les auteurs ne se sont pas privés de placer une chanson avec chorégraphie… chantée et exécutée par des mouches !

Mené tambour battant, le film offre une image de qualité (la mouche, en image de synthèse, est parfaitement intégrée dans les décors réels) et nous propose humour, action rondement menée (la scène de l’accident de voiture), dramaturgie, romance (non excessive, et qui prend vite une tonalité étrange quand la dulcinée doit présenter son fiancé-mouche !). Bref, une vrai réussite, et un excellent divertissement !

Malheureusement, il faut parfois un film pour abattre toute forme d’enthousiasme… Et ce fut celui qui suit. Pour clore cette soirée, le choix s’était porté sur un film au synopsis ô combien prometteur : une jeune femme mal dans sa peau se fait faire un tatouage, qui finit par prendre vie sur son corps, lui parler, s’étendre, lui donner plaisir, douleur… Un sujet pour lequel le nom de Cronenberg peut immédiatement venir à l’esprit par son côté charnel. Mais sans chercher à imiter le cinéaste canadien, n’est pas doué pour traiter un tel sujet qui veut…

Ainsi, au bout de 10 minutes, Comforting skin réussit la prouesse de donner au spectateur un mal de crane qui ferait passer un discours de 10h de Steevy Boulay pour un pancake matinal ! La faute à une musique envahissante, au volume bien trop élevé. Sachant qu’en plus l’auteur cherche à exprimer l’aliénation progressive de son héroïne principale, la musique se veut parfois abstraite, dissonante à grands renforts de cuivre. A volume élevé, dix minutes suffises pour en avoir marre. De même, le sujet se voulait extrêmement charnel, mais hormis une ou deux scènes où le rapport avec le tatouage est vraiment… fusionnel, l’essentiel du film repose sur un dialogue entre l’héroïne et la voix prêtée à son tatouage, en réalité sa propre dichotomie. En plus d’être bruyant, le film est long, et son rythme trèèèèèèèès lent ne parvient pas à captiver le spectateur, ni à instaurer d’atmosphère envoutante. On ne parvient pas suffisamment à s’attacher à cette héroïne, tant son destin semble joué d’avance, le scénario ne prenant pas de tournure originale sur un sujet pourtant porteur. Et que dire de son asocial de colocataire dont on n’a tout simplement rien à cirer. De même, l’aliénation progressive est toujours filmé de façon extrêmement plate par son réalisateur. On n’attendait pas nécessairement un chef d’œuvre, mais 3 Aspégic n’ont pas suffit à enlever cette douleur.

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Étrange Festival 2012
L'auteur

Consequences will never be the same !

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