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Deuxième jour en semaine pour le PIFFF, avec de nouveau un film en compétition et une projection hors compétition. Alors que la journée d’hier marquait un regain d’intérêt pour la compétition, qu’allait-il en être aujourd’hui ? Barbara allait-elle enfin avouer son amour à John ? Et John lui avouer qu’il était en fait sa sœur ?

Les hostilités ont démarré avec Crave, film de Charles de Lauzirika, connu pour avoir dirigé le faramineux making-of de Blade Runner. L’histoire de Crave est celle d’un photographe freelance, spécialisé dans les scènes de crimes, dont la violence du quotidien (agression, meurtres, etc.) le ronge peu à peu. Dans ce monde, il cherche sa place et une vie meilleure, jusqu’au moment où il rencontre Virginia…

D’un point de vue tant technique que narratif, force est d’admettre que le film est fichtrement bien fichu : Laurizika parvient à instaurer une ambiance qui nous prend du début à la fin sans jamais nous perdre en cours de route, les plans sur la ville sont somptueux, et le ton employé, teinté d’humour, nous entraine ainsi dans les méandres de la pensée du protagoniste principal.

Crave, où la quête de sens d’un personnage sympathique, dont on s’identifie facilement aux questionnements parfois borderline.

Par ailleurs, plutôt que de sombrer dans un classique revenge movie ou dans une histoire de Monsieur-tout-le-monde qui pète un câble, le film évite ce chemin balisé pour vraiment resté centré sur le personnage et son évolution, ses tentatives de passage à l’acte, sa découverte de l’amour, la chute… A noter également le casting complété par le toujours sympathique Ron Perlman, en flic fataliste et blasé, et Edward Furlong.

Si le film s’avère donc extrêmement bien conçu et nous entraine avec lui sans difficulté, dommage cependant que le film ne développe pas plus son propos. En effet, difficile de ne pas ressentir un léger vide derrière ce scénario au demeurant agréable, rien ne ressort réellement du parcours progressivement un peu plus borderline de notre personnage principal. La fin parvient néanmoins à laisser une ouverture. Toutefois, l’essentiel est à, et cela reste une très belle production à laquelle nous avons pu assister que l’on peut conseiller sans hésiter.

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The seasoning house : C’est une maison pas bleue, adossée à la colline…

Mais la claque de la soirée arrive. La soirée se poursuivait en effet avec The seasoning house, ou l’histoire d’une jeune fille sourde et muette captive d’une maison de prostitution des Balkans, dont elle essaiera de s’échapper après avoir repris contact avec son humanité. Si l’histoire peut sembler classique, c’était sans compter sur le talent du réalisateur : en effet, plus encore que dans le précédent film, Paul Hyett parvient à installer une ambiance absolument envoutante, où la beauté des images, de la lumière, contraste avec la violence des situations. Une ambiance notamment permise par le handicap de notre héroïne : celle-ci étant sourde et muette, le film fait l’économie des dialogues au profit de l’ambiance sonore et des images.

Venu présenter son film et répondre aux questions du public, Paul Hyett à notamment évoquer comme influences les films Martyrs, Frontière(s) et A l’intérieur. Cocorico ?

Un film suffocant, sur un sujet assez dur (la prostitution de filles victimes de la guerre des Balkans, droguées, battues et utilisées jusqu’à ce que mort s’en suive) qui occasionnera d’ailleurs un malaise dans la salle, mais traité sans pathos et avec une maitrise et une classe évidente dans sa réalisation. Assurément l’un des meilleurs films du festival, dommage qu’il soit hors compétition…

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Consequences will never be the same !

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