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Motion Twin, via Twinoid, les créateurs du célèbre Hordes ont de nouveau frappés, et fort. Vaisseau en péril, infection alien, paranoïa… tous les éléments sont là pour donner une ambiance de fou.

Mush

En guise de préambule, je dois vous avouer une chose : Je déteste royalement les browsers games. En effet, c’est un genre que j’ai longtemps pratiqué à travers certains des plus connus, tels qu’Ogame, Fondation et bien d’autres (qui se souvient de Super-Taupe, l’un des premiers du genre à avoir trouvé la célébrité francophone toute relative il y a environ 10 ans ?). Tous ont exactement les mêmes problèmes fondamentaux de gameplay : il y a toujours le principe de timer/point d’action/ressources renouvelées automatiquement qui vient se mettre en travers de la route du joueur voulant profiter à fond du jeu, et tous sont limités par leur côté « browser », justement. Interface austères et pas toujours claires, peu d’interactions avec l’écran (j’appelle cela le syndrome Excel) et au final une immersion assez faible pour le joueur de base.

Or il existe une solution, au moins en ce qui concerne l’immersion : le roleplay.

 

Roleplay ?

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Et c’est là que Mush sort réellement du lot. Le ton est posé dès le départ, avec une histoire classique mais efficace : en 3100, l’humanité est en train de succomber à la menace du Mush, des aliens champignons plus qu’intelligents. Un seul et dernier espoir réside dans l’expédition Daedalus, un vaisseau à la pointe de la technologie (et donc fragile, sa maintenance devient vite très prenante), chargé de trouver un sérum ultime contre le Mush, et retourner sur Terre pour sauver tout le monde.
L’équipage de 16 personnes est à la barre de cette joyeuse expédition. Sauf qu’une personne, tirée au hasard, est déjà infectée par le Mush et n’aura d’autre but que de mener l’équipage à sa perte, ou mieux encore, l’infecter complètement. Chaque personnage a un background adapté et assez riche pour servir de trame roleplay aux joueurs motivés. Et en parlant de joueurs, sachez que vous êtes anonyme pendant les parties. Pas de pseudos, uniquement le nom de votre personnage, et son histoire à jouer.

C’est ici que la magie opère. Si vous tombez sur un équipage de joueurs motivés, débusquer un Mush peut devenir aussi haletant qu’un remake (réussi) de The Thing. Caméras, interrogatoires par chat, ou par la torture, journaux d’activités de l’équipage, objets déplacés, mouvements suspects dans les couloirs… Tout est bon pour arriver à débusquer le Mush.

A l’inverse, le Mush va devoir jouer très habilement sa partie, en parvenant à saboter la mission, infecter les autres joueurs ou bien les faire tuer à sa place (la compétence qui permet de se faire passer pour quelqu’un autre à la radio, le chat, est terriblement efficace). Là aussi, les moyens sont très nombreux : sabotage, dissimulation d’objets vitaux, vidage de réservoirs, recherches ralenties… Ou moins subtil, la grenade au milieu de la foule pour ensuite infecter les survivants éventuels.
Si ça vous rappelle quelque chose, alors vous avez déjà joué au fameux Loups-Garous de Thiercelieux !

 

Un gameplay complexe

Un écran typique

Un écran typique

 

La partie s’articule autour d’une trame centrale qui régit les besoins de la mission : sérum à finaliser, le Pilgred à réparer (le moteur pour retourner sur Terre), parvenir à arriver sur Terre. Par-dessus tout ça, il y a des expéditions terrestres à réaliser afin de trouver des éléments indispensables, ou même plus simple, de l’oxygène pour remplacer celui perdu à cause des Mushs, les vaisseaux aliens à détruire avec les canons du vaisseau, et des recherches à mener (en fait, chaque personnage a largement de quoi occuper son temps).

En termes de gameplay pur, c’est simple : des points d’action et de mouvement, qui sont renouvelés lentement toutes les 3h. Votre personnage se dirige à la souris dans les coursives du vaisseau, et le décompte se fait à chaque changement de salle pour les points de mouvements. Les actions sont plus diversifiées, voir extrêmement nombreuses, à tel point qu’il est facile de dépenser toute sa réserve sans faire attention (il est conseillé de garder environ 10 points de chaque aussi longtemps que possible).

Vous pouvez interagir avec le décor, fouiller les caisses, cacher un objet, saboter des éléments, hacker des postes informatiques… En fait, vos premières parties de jeu vont être assez désagréables, pour ne rien vous cacher. Mais une fois que vous aurez appris un certain nombre de points, vous pourrez réellement apprécier le jeu dans toute sa profondeur.

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Une partie dure une dizaine de jours maximum, dans la meilleure des configurations. En effet, plus le temps passe, et plus le Daedalus s’en prend plein la tête, plus l’équipage doit à la fois se défendre contre les chasseurs ennemis tout en réparant, dépensant les trop rares points d’actions. Ainsi, éliminer les Mushs n’est qu’une étape vers la victoire.

 

La partie qui fâche

Mush6Si Mush est un excellent concept, riche et très bien réalisé, il faut aussi être honnête sur un point : sur le mois qu’a duré mon test en mode Gold, c’est à dire permettant de participer à des parties « privées » entre membres Gold, une seule des sessions s’est bien déroulée. La raison est très simple : Mush, contrairement aux bons vieux arguments marketing élimés prônant « seulement quelques minutes par jour ! », demande une réelle implication de la part des joueurs. Se coordonner à des heures précises pour piéger un Mush, exécuter une action précise (ou un Mush :D), etc… Le tout en jouant roleplay. Au final, peu de personnes sont motivées par un tel fonctionnement, même après avoir tenté un mois d’abonnement par curiosité.

Ainsi, on se retrouve avec des parties où le nombre d’inactifs ou de curieux qui ne reviendront jamais peut être handicapant, voir rend la partie impossible. Et si l’inactif est le Commandant ou l’officier scientifique, entre autres, les temps vont être difficiles. Des solutions existent dans le gameplay, mais l’ambiance est en général la première victime de cette situation. Il y a aussi les pourrisseurs, comme dans tout bon jeu en ligne, qui n’ont d’autre but que de tuer les joueurs, éventer l’identité des Mushs, où rendre la partie impossible par divers moyens. Sur ce point, il faut signaler que l’éditeur prend ces problèmes très au sérieux, et agît assez rapidement, même si souvent après coup.

Bref, il y a 16 personnages, et un équipage motivé sera capable de compenser les pertes « virtuelles » dans l’équipe, et cela peu même donner du sel à une partie classique. A noter que l’éditeur songe à permettre la création de parties privées avec des amis. Certes, le côté social RP peut en pâtir, mais c’est clairement l’un des moyens que l’éditeur garde dans sa manche pour relancer l’intérêt de Mush.

En ce qui concerne la partie gratuite, oubliez-là. En effet, les parties ressemblent plus à Zombie-Land pour l’instant, que ce soit au niveau de l’intelligence des actions des autres joueurs que du nombre d’inactifs.

Je tiens par contre à donner un contre exemple à ce tableau négatif. Je connais certains joueurs qui enchainent les bonnes parties, ou bien qui aiment par dessus tout les parties pratiquement fichues à l’avance. Mush est encore récent, et les curieux nombreux. Il faut lui laisser sa chance, d’autant que dans quelques mois le terrain devrait redevenir praticable en Gold et en gratuit.

 

186_91a8Le mot de la fin

Mush est un jeu d’un style très exigeant. Tenter votre chance est l’unique façon de savoir si vous accrochez ou non. Oui, ça fait bizarre de dire cela après un long test, mais les expériences des gens que j’ai croisé sont tellement différentes qu’il me semble que la seule façon de présenter ce jeu est finalement d’en donner un certain nombre de clés pour faciliter un essai personnel par la suite.

En ce qui me concerne, Mush a été une expérience intéressante, mais je ne pense pas continuer l’aventure, du moins tant qu’il n’est pas possible de créer des parties avec des gens de confiance. Avoir un collègue Mush en open-space est particulièrement savoureux, par exemple.

Donc, essayez une ou deux parties gratuites sans rien en espérer pour vous faire les dents, et passez en Gold si Mush vous accroche toujours autant ! C’est un vrai plaisir de jouer avec des joueurs volontaires et talentueux, et ça vaut bien quelques parties foireuses en attendant ;)

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Mush navigateur roleplay test

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