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img_dvdthethompsonsSuite de The Hamiltons, The Thompsons sort aujourd’hui directement en DVD après un tour en festivals, qui l’emmena notamment du côté de Paris à l’Etrange. The Thompsons marque surtout le retour des Butcher Brothers à leurs premières amours avec une famille pas vraiment en or, mais un film qui mérite le détour.

Après le joli succès de leur film The Hamiltons, qui les a fait connaitre dans le milieu du cinéma fantastique indépendant, les Butcher Brothers – qui ne sont ni frères, ni bouchers – passent à la vitesse supérieure avec The Thompsons, loin d’être un biopic sur un constructeur de télévision. A l’occasion de la sortie DVD du film, focus sur une variante originale autour du mythe du vampire. Et attention, ceux-là ne scintillent pas comme une discoboule au soleil et sont légèrement borderline…

Synopsis : Responsable d’un véritable bain de sang dans une station service du Texas, la famille Hamilton est contrainte de fuir les Etats-Unis. Francis, David, Cole, Lenny et leur sœur Darlene, traversent l’Atlantique pour se rendre en Angleterre. Sous une fausse identité, les Thompson, ils espèrent redémarrer une  nouvelle vie au milieu des humains avec l’aide d’une autre famille de vampires. Francis part alors à la recherche de cette dernière dans la campagne anglaise. Mais il est loin de se douter des intentions réelles de ce nouveau clan…

  • Le film

La famille Thompson au grand complet !

La famille Thompson au grand complet !

En 2006, The Hamiltons nous présentait Francis, Darlene, Wendell, David et Lenny, frères et sœurs livrés à eux-mêmes et à leur maladie : il leur faut impérativement boire du sang humain pour survivre. Mais plus qu’une histoire de « vampires » – mythe dont les Butcher Brothers s’inspirent plus qu’ils n’en font une énième déclinaisonThe Hamiltons nous montrait le tourment de cette famille condamnée à rester sans attache de par sa condition, en dépit de ses efforts d’intégration. Une famille condamnés à rester entre elle malgré leurs différents internes. Une vision plus humaine et originale qui n’en oubliait pas quelques saillies gores, et qui avait su séduire les amateurs de fantastique.

Avec The Thompsons, les Butcher Brothers montent d’un cran : les présentations déjà faites, Mitchell Altieri et Phil Flores entrent très rapidement dans le vif du sujet. Et c’est dans une bien mauvaise posture que nous retrouvons Francis, la encore narrateur, dès l’ouverture du film. Obligés de fuir les Etats-Unis après un dérapage ayant révélés leur nature au grand jour et blessé grièvement l’un d’entre eux, les Thompsons se réfugient en Angleterre, où ils espèrent pouvoir se mettre à l’abri et trouver de l’aide auprès d’éventuels « semblables ». une famille à même de leur en dire plus sur leurs origines. Mais cette quête va très rapidement prendre une tournure inattendue à mesure qu’un piège se referme sur eux. La campagne anglaise, c’est plus ce que c’était… Pourtant quelle idée de s’y réfugier, à croire qu’ils n’ont jamais regardé Inspecteur Barnaby ! Il se passe toujours des choses louches dans la campagne anglaise…

Mais comment Francis a-t-il pu se mettre dans un pétrin pareil ?

Mais comment Francis a-t-il pu se mettre dans un pétrin pareil ?

Plus qu’une simple séquelle de type « plus de bruit, plus d’action », The Thompsons s’inscrit réellement dans la continuité de The Hamiltons et garde une cohérence d’ensemble. N’étant pas une suite « directe », le spectateur n’ayant pas vu le premier film pourra d’ailleurs se lancer directement dans The Thompsons sans être dérouté, puisqu’une rapide présentation de la famille et de leur état d’esprit est faite en début de film. Pour autant, cela ne fait pas de The Thompsons un Hamilton bis : le film développe ainsi très rapidement ses propres thématiques, maintenant simplement une continuité avec le premier opus en tenant compte de l’évolution de chaque personnage. Par exemple, Francis, s’il continue de se poser des questions sur sa condition, n’est plus en rupture de ban avec le reste de la famille. Mais la réelle trouvaille de The Thompsons réside dans l’apparition d’une famille à la condition semblable à la leur. En les confrontant à cette famille aux étranges similitudes (un duo de frères inséparables et mesquins, une fille qui ne se sent pas à sa place, et des goûts alimentaires similaires), mais ayant choisi une autre façon de gérer sa différence, les Butchers Brothers approfondissent les thèmes liés aux rapports familiaux : peur de la disparition et de l’oubli, recherche de ses origines, sentiment d’appartenance à une famille, mais aussi à une communauté, la difficulté de créer des liens ou trouver sa place en société, etc.

Y'a comme un pépin !

Y’a comme un pépin !

Un parti pris qui réussirait presque à humaniser totalement nos protagonistes s’il n’avaient pas une légère tendance au masticage d’assaillant quand on les provoque. Car les Butcher Brothers réussissent le pari de rendre attachante leur famille aux dents pointues, à provoquer l’empathie à leur égard et surtout de faire apparaître à nos yeux leurs actions parfaitement acceptable et leurs réactions très humaines. Car les Thompsons ne sont pas des vampires : ils sont malades, vulnérables et mortels comme n’importe quel quidam, et sévissent avant tout par nécessité de survie. Des actes commis donc pour continuer à vivre, où se défendre, et pour lesquels ils peuvent parfois exprimer quelques regrets… ou pas, ça dépend sur qui on tombe !

Les Thompsons devront une fois encore traverser un certain nombre d'épreuves avant de se réveler être une vrai famille.

Les Thompsons devront une fois encore traverser un certain nombre d’épreuves avant de se réveler être une vrai famille.

Doté d’un budget supérieur à The Hamiltons, The Thompsons se montre plus généreux que son aîné en matière d’hémoglobines, s’offrant même quelques délires bien sanguinolents. Côté scénario, le comédien Cory Knauf (Francis dans le film, dont c’est le premier travail scénaristique) et les Butcher Brothers se permettent d’adopter une forme moins linéaire dans la narration, s’autorisant flashback et retours au présent jusqu’à ce que les pièces du puzzle se mettent en place. Il en ressort un film dynamique et rythmé, impression renforcée par sa courte durée : 1h20 au total. Mais une durée qui n’est pas un handicap et qui permet au film de continuer son déroulement sans s’étirer inutilement.

Encore une enqupete pour l'Inspecteur Barnaby...

Encore une enqupete pour l’Inspecteur Barnaby…

Avec The Thompsons, les Butcher Brothers étoffent les questions relative à la famille qui leurs sont chères tout en proposant un film plus abouti : une narration plus audacieuse, plus d’effets spéciaux, et un scénario plus ouvert se focalisant moins sur les tourments interne de la famille que sur leur rapport avec le monde extérieur. Un parti pris qui contribue à rendre nos buveurs de sangs attachant et à les humaniser, sans tomber toutefois dans la caricature. Car qu’on se le dise, les dérapage sanglants restent de mise. Bref, on est loin de Twilight et de ses vampires en carton ! Plus dynamique que son premier opus, The Thompsons est donc un film indépendant de très bonne facture et sympathique à regarder. Un film de bonne qualité donc, qui s’il ne révolutionne pas le genre, propose une approche plus originale de son sujet et se place au dessus de bien d’autres DTV.

Qu'y a-t-il e pire qu'une famille de psychopathes ? Une deuxième famille de psychopathe !

Qu’y a-t-il e pire qu’une famille de psychopathes ? Une deuxième famille de psychopathe !

  • Le DVD

Parlons de l’édition DVD en elle-même, justement. L’édition concoctée par Free Dolphin Entertainment à le mérite d’aller à l’essentiel. Tout d’abord, pas de publicité/bande-annonces préalables, on accède très rapidement au menu principal du film. On n’a rien contre quelques bandes annonces à l’occasion, mais la tendance actuelle à en mettre plus que de raison au lancement du disque rend ici l’accès rapide au contenu plus qu’appréciable.

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Rien à redire non plus du côté de l’image et du son. L’enchainement des images et séquences est fluide, et les couleurs sont parfaitement rendues à l’écran. Côté son, on trouve une piste française et les puristes auront la possibilité de regarder le film en anglais sous-titré français. Le strict nécessaire pour le public francophone est donc bien présent, même si des sous-titre anglais aurait pu être appréciables.

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Au niveau de l’interface, on est tout de suite mis dans l’ambiance : coloris sombres et un rouge écarlate, typographie de The Thompsons, musique indé, le menu assure la aussi l’essentiel en nous donnant un avant goût de ce qui nous attend : il y aura du sang qui tâche ! Quelques animations viennent donner un peu de vie à l’ensemble, mais les différents menus sont rapidement repérables, accessibles, et le tout reste donc lisible. Il est très facile d’y naviguer. L’édition est très clairement orientée sur la fonctionnalité, ce qui ne l’empêche pas pour autant de proposer un léger « packaging » qui sait rester sobre et ne tombe pas dans la surenchère graphique.

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Au niveau des bonus, Free Dolphin Entertainment nous propose, outre les bandes annonces de The Hamiltons et The Thompsons, deux making-ofs de 12 minutes chacun : La famille déménage, et En lettres de sang.

La famille déménage : dans ce module, les réalisateurs et acteurs nous racontent comment est venue l’idée de « délocaliser » la famille Thompson en Angleterre et ce que chacun aura retenu de ce pays, l’atmosphère que ce changement de pays a apporter sur le plateau (les comédiens ont ainsi pu vérifier les dictons sur la météo de nos voisins d’outre-anche)  et comment les paysages, la recherche des lieux de tournage, etc. ont permis de mettre en valeur le scénario. Ou comment l’influence du « Loup-garou de Londres », film apprécié de toute l’équipe, a eu un impact considérable sur l’imagerie du film.

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En lettres de sang : ici, c’est l’écriture même du film qui est abordée, comment est née l’idée de donner une suite à The Hamiltons, comment est venue l’idée qui a tout déclenché, la première expérience du comédien Cory Knauf en matière d’écriture de scénario pour ce film, mais aussi sur l’envi de faire ou non un troisième opus et les pistes qui pourraient être à explorer. On apprend ainsi qu’il serait fort possible de revoir une troisième fois la famille à l’écran : les réalisateurs semblent partant à condition de trouver la bonne idée, et les acteurs semblent également volontaires pour une nouvelle expérience.

Des bonus qui apportent donc quelques points de compléments sur le film bienvenus pour les curieux !

Les Butcher Brothersdétaillent coment ils ont coaché Cory Knauf.

Les Butcher Brothersdétaillent coment ils ont coaché Cory Knauf.

Caractéristiques DVD

Image : 16/9 – 2.35
Son : Français 5.1- Anglais 5.1
Sous-titres : français

Caractéristiques Blu Ray

Image : 16/9 – 2.35
Son : Français DTS HD 5.1 master audio – Anglais DTS HD 5.1 master audio
Sous-titres : français

Au final, c’est une édition DVD de très bonne facture qu’a concocté Free Dolphin Entertainment pour la dernière réalisation des Butcher Brothers. A l’image du film : simple, allant à l’essentiel pour mieux servir le contenu du disque. Accessibles et lisibles, l’interface est dotée de quelques animations sans pour autant surcharger l’écran ou gêner la visibilité des menus proposés.

The Thompsons, des Butcher Brothers (Mitchell Altieri, Phil Flores). Avec Cory Knauf, Elizabeth Henstridge, Mackenzie Firgens, Samuel Chjild. Disponible en DVD et Blu-ray le 17 aril 2013.

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