[Critique DVD] 7 Psychopathes, de Martin McDonagh
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Tout auréolé du succès critique de son premier film, Martin McDonagh nous revenait en début d’année avec son deuxième bébé, intitulé 7 psychopathes et son casting affolant ! A l’occasion de la sortie du film aujourd’hui même en DVD et Blu-ray chez Wild Side, petit tour du côté de ce petit film surprenant aux allures déjantées.

Synopsis
Marty est un scénariste hollywoodien en panne d’inspiration. Confronté à l’angoisse de la page blanche, il peine à écrire son nouveau projet de film au titre prometteur : 7 PSYCHOPATHES. Son meilleur ami Billy, comédien raté et kidnappeur de chiens à ses heures, décide de l’aider en mettant sur sa route de véritables criminels. Un gangster obsédé par l’idée de retrouver son Shih Tzu adoré, un mystérieux tueur masqué, un serial-killer à la retraite et d’autres psychopathes du même acabit vont alors très vite prouver à Marty que la réalité peut largement dépasser la fiction…

 

7 psychopathes : un film qui a du chien !

affiche_7psycho4 ans après son premier film, Bon Baisers de Bruges, qui avait créé la surprise avec sa qualité d’écriture, Martin McDonagh revient avec 7 psychopathes, film dont le scénario fut écrit en même temps que celui de Bruges et qui dispose d’arguments de poids : outre Colin Farrell, de retour sous la caméra du réalisateur irlandais, on retrouve rien de moins que Sam Rockwell, Christopher Walken, Woody Harrelson, Tom Waits, Gabourey Sidibe (Precious), Olga Kurylenko, Abie Cornish, Michael Stuhlbarg, un Shi Tzu et un lapin !

Non attendez, la, y’a un truc. C’est pas possible ! Un casting pareil, ça cache forcément quelque chose ! Un bon film ? Bingo ! Loin de livrer un Bruges bis, McDonagh livre un film surprenant. Quand on n’y prête pas attention, le film et le synopsis laisseraient presque présager d’un film d’action. Que nenni ! Si des gunfights et pointes de violences viendront émailler le récit, 7 psychopathes propose un rythme plutôt calme et posé, ce qui n’empêche en rien le film d’être complètement barré ! Scénariste en panne d’inspiration, Marty va se retrouver embarquer dans une drôle d’histoire quand son meilleur ami kidnappe le chien-chien adoré d’un redoutable gangster. Et ce Parrain tient plus que tout à son Shi Tzu…

Il kidnappe le mauvais chien, et tout le monde se Shi Tzu !

Il kidnappe le mauvais chien, et tout le monde se Shi Tzu !

Chaque comédien interprète ici un personnage haut en couleur et s’en donne à cœur joie !Misant avant tout sur son récit, le film se démarque ainsi par ses dialogues savoureux, constitué de nombreuses séquences hilarantes et décalées. Il faut dire qu’avec une brochette de psychopathes pareilles pour les interpréter, il y a de quoi être servi  : chaque comédien interprète ici un personnage haut en couleur et  s’en donne à cœur joie : de Sam Rockwell en trublion déjanté, en passant par Christopher Walken, toujours aussi classe, et Woody Harrelson en dur à cuire fondu de son chien ! Les détracteurs de Colin Farrell peuvent également foncer les yeux fermés : en plus d’être sobre (pas comme son personnage) dans son interprétation, l’acteur se fait littéralement voler la vedette par un Sam Rockwell totalement dingo ! Même les seconds rôles se révèlent marquant, notamment Tom Waits dont la carcasse et la voix éraillée laisseront un souvenir certain chez le spectateur. 7 psychopathes est donc un film de scénariste plus que de metteur en scène. Quelque part, c’est logique pour un film traitant d’un scénariste alcoolique et frappé par la page blanche. Pour autant, sans faire de prouesses, McDonagh assure l’essentiel côté réalisation, offrant une belle photographie et mettant très bien en valeur ses décors, qui nous montrent une autre part de Los Angeles, assez éloignée des clichés ! Et oui, exit Hollywood et ses villas, vive les petits quartiers et le désert ! Ca change !

Avec son histoire de psychopathes, Marty espérait bien décrocher la lune

Avec son histoire de psychopathes, Marty espérait bien décrocher la lune

Martin McDonagh utilise tous les éléments à sa disposition pour délivrer une véritable bromance complètement décaléeBien sûr, le principe du film qui parle de l’écriture d’un film (qui parle de lui-même ?), ces auto-analyses ou self-thérapies est aujourd’hui un peu moins  original qu’il y a quelques années. Mais tout de même, l’idée reste audacieuse. De nombreux cinéastes s’y sont essayés, plusieurs s’y sont cassés les dents. N’est pas Spike Jonze qui veut.  Une démarche qui fait donc la force du film, et aussi parfois sa faiblesse : le film souffre d’une petite baisse de rythme par moments, et les multiples pistes lancées ne semblent pas toujours aboutir.  Mais c’est chose immédiatement oubliée tant la prestation des acteurs et la démarche rattrapent le tout.

img_7psycho3Car 7 Psychopathes prend totalement à contrepied les attentes du spectateur : Martin McDonagh utilise tous les éléments à sa disposition pour délivrer une véritable bromance complètement décalée, un véritable récit d’amitié farfelue entre psychopathes attendrissants. Tous les ingrédients sont bien la : des cinglés, des effusions de sang, des gunfights, des explosions de voitures, des situations complètement décalées. Mais le mélange proposé par le réalisateur adopte un ton hybride et déroutant, évitant le piège du film déjà-vu malgré ces quelques longueurs. MacDonagh n’a pas choisi la voie royale, mais parvient à au final à retomber sur ses pattes, tous les éléments de son puzzle finissant par se rassembler et faire sens, à l’image de la scène du psychopathe Vietnamien : pendant longtemps, on se demande bien ce que cette séquence vient faire là. Puis soudainement, dans le dernier acte du film, quelques mots suffisent à illuminer cette séquence pour la transformer en scène clé !

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7 Psychopathes développe ainsi tout un méta-discours, une mise en abîme, où  les propos tenus sur le film fictif de Colin Farrell s’illustrent par le film (réel) de McDonagh ! Ainsi, comment ne pas faire le lien entre le discours de Sam Rockwell  sur la nécessité d’un climax à base de fusillade… et la fusillade qui s’en suit ! Ou de même, la scène du psychopathe Vietnamien et le film lui-même viennent directement faire écho aux propos de Colin Farrell souhaitant réalisé un film avec des Psychopathes mais sans gunfights, parlant d’amour, et de paix. Enfin, quid des propos tenus sur les rôles féminins « à chier » dans le scénario fictif quand les rôles féminins proposés par le film (Abbie Cornish, Olga Kurylenko, et Gabourey Sidibe) n’apparaissent que 2 minutes chacun et n’ont pas grande incidence sur le récit ? S’il n’avait pas été écrit en même temps que Bruges, on pourrait jurer que Martin McDonagh aurait écrit sur la difficulté de faire un second film !

Si le film s’accommode de quelques petits défauts ça et la, 7 psychopathes reste un divertissement efficace et barré, avec une histoire décalée, traité sur un ton inhabituel et une prestation d’acteurs détonante qui donne toute sa valeur ajoutée au film !

Coquillette, macaroni, spaghetti, tortellini, fusilli, tagliatelle, et farfalle : 7 psycho-pâtes !

Coquillette, macaroni, spaghetti, tortellini, fusilli, tagliatelle, et farfalle : 7 psycho-pâtes !

 Mais un DVD qui préfère les chats !

Pour accompagner le film, quelques bonus dont l’un à peu près aussi barré que le long-métrage, complètent la galette éditée par Wild Side. Le DVD propose ainsi le film en VO avec sous-titres français et en VF, avec chapitrage, le tout enrobé dans une interface colorée et dynamique qui met tout  de suite dans l’ambiance.

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Au rayon des bonus, nous retrouvons donc des scènes coupées, la reprise de featurettes promo, mais surtout deux délires purs : le psycho rap et 7 psychocats ! Des bonus sympathiques mais qui ne s’éloignent pas de ce qui est généralement proposé sur des éditions standard : on n’en apprendra donc pas énormément sur les tréfonds du film.

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  • Scènes coupées : près de 15 minutes de scènes coupées sont ici proposées, apportant quelques délires supplémentaires, notamment une scène où Woody Harrelson s’en donne à cœur joie en plein enterrement. Quelques scènes qui nous permettent également de voir un peu plus les deux rôles féminins et une théorie sur l’un des personnages secondaires du film qui en rajoute encore à la loufoquerie de l’ensemble.

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  • Bêtisier : comme son nom l’indique, deux fous rires signés Gabourey Sidibe et Sam Rockwell, en plein tournage. Mais deux petites scènes uniquement.

  • Entretiens : trois modules courts consacrés à deux des acteurs du film, Colin Farrell et Woody Harrelson, ainsi qu’au réalisateur Martin McDonagh. Des petits entretiens montés et entrecoupés d’images du film et de tournage où Colin Farrel et Woody Harrelson nous en disent un peu plus sur leurs personnages respectifs. Le module consacré au réalisateur voit les acteurs s’exprimer sur l’ambiance de tournage, tandis que McDonagh exprime quelle était sa conception du film. Dommage que l’on n’ait pas les entretiens complets !

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  • Décors de dingues : reprenant le principe des modules consacrés aux acteurs et au réalisateur, cette featurette s’intéresse, comme son nom l’indique, aux décors ! On y apprend notamment pourquoi l’équipe a choisi ces lieux pour tourner, où ils se situent, et que n’ayant pas le droit de faire d’explosions ou de coups de feux dans ces sites naturels protégés, ils ont du notamment se déplacer pour les scènes où ça se castagne un peu.

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  • Psycho Rap : curieuse idée que de reprendre différents extraits du film et de jouer avec, en les coupant, remontant, saccadant de sorte à créer… une chanson rap ! Après tout, le film se passe à Los Angeles, sur la West Coast quoi !

  • 7 psychocats, le trailer : dans la difficile lutte sanguinaire qui oppose les chiens et les chats pour le contrôle d’Internet, et donc de la planète, le film a choisi son camp ! Après tout, un film qui base son histoire sur l’enlèvement d’un Shi Tzu ne pouvait être que pro-chats ! Preuve en est, ce module reprend la bande annonce du film en remplaçant les protagonistes humaines par nos amis félidés en costume ! Ici, vous assisterez donc à des chats qui disent des grossièretés, enlèvent des chiens peluches, tirent au pistolet, etc. Un délire pur, assumé, et drôle !

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EN CONCLUSION
Petite surprise de ce début d’année, cette édition DVD de 7 Psychopathes est l’occasion de découvrir ou redécouvrir un film divertissant, fun, avec des personnages hauts en couleur, même si les bonus ne permettent pas de creuser énormément le sujet. Une séance de rattrapage pour un film qui, sans être le film de l’année, est injustement passé inaperçu en salle. Prenant quelque peu à revers les attentes que le film peut susciter en raison de son titre et de son casting, 7 psychopathes se révèle une œuvre beaucoup plus personnelle qu’il n’y parait, et se veut avant tout un discours sur l’amitié et la nature de chacun. Un très bon divertissement.

7 Psychopathes, un film de Martin McDonagh avec Colin Farrell, Sam Rockwell, Christopher Walken, Woody Harrelson, Abbie Cornish, Olga Kurylenko, Tom Waits, un Shi Tzu et un lapin. Disponible en DVD et Blu-ray le 5 juin 2013.

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Consequences will never be the same !

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  1. Pingback: [Concours] Gagnez des DVD de 7 Psychopathes | GentleGeek 5 Juin, 2013

    […] chez Wild Side, 2 DVD sont à gagner grâce au questionnaire ci-dessous ! N’hésitez pas à relire notre critique du film, un ou deux indices pourraient bien s’y cacher […]

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