[Critique] Monstres Academy
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Après un Cars 2 très décevant, suivi d’un Rebelle moyen , le défi était de taille pour Pixar, avec la sortie de Monstres Academy. Le prequel de Monstres & Cie, une des plus grandes réussite du studio, douze ans après le premier opus signera-t-il le renouveau de Pixar ? 

Douze ans ont passé depuis les aventures de Sulli et Bob dans Monstres & Cie. Voila qui ne nous rajeunit pas, contrairement aux monstres, puisque ce nouvel opus, Monstres Academy, est en fait un prequel du premier film qui s’intéresse à la jeunesse de nos deux héros, bien avant que ceux-ci ne travaillent pour Monsters Inc. et ne fassent hurler les enfants pour alimenter Monstropolis en énergie.

L’inconvénient du prequel, c’est évidemment qu’on connait la fin de l’histoire. Difficile donc pour Pixar d’étonner, puisque le scénario est cousu de fil blanc. Mais le studio prouve avec ce nouveau film d’animation qu’il n’est pas en manque d’idées pour transformer son pari en réussite.

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Pixar a donc d’abord fait le choix d’un nouveau réalisateur, Dan Scanlon, n’ayant pas travaillé sur l’opus initial ni sur aucun long-métrage Pixar.
Ensuite, ce n’est pas Sulli qui est le personnage principal. Pixar inverse ici les rôles pour placer Bob Razowski au centre de l’intrigue. On suit donc le petit monstre vert qui, dès l’école primaire rêve de devenir Terreur d’Elite. Il lui faut pour cela intégrer la prestigieuse université Monstres Academy. Lui qui entend tout miser sur l’apprentissage théorique forcené pour réaliser son plan de carrière va rencontrer Jacques Sullivent, qui a le don naturel de terrifier et ne compte que sur ses acquis… Aveuglés par leur désir de se prouver l’un à l’autre qu’ils sont imbattables, tous deux finissent par se faire renvoyer de l’université. Pire encore : ils se rendent compte que s’ils veulent que les choses aient une chance de rentrer dans l’ordre, ils vont devoir travailler ensemble, et faire équipe avec un groupe de monstres catalogués comme les losers du campus…

L’histoire n’échappe aux poncifs du genre du « college movie », entre rivalité et amitié pour s’orienter, malgré des hauts et des bas, vers un happy end. Mais Pixar parvient à créer des personnages drôles et attachants et sait provoquer l’attendrissement du spectateur pour ce Bob un rien loser, avec son appareil dentaire et ses bouquins.
L’évolution de la relation entre Bob et Sulli est plutôt drôle et finalement assez fouillée, et les gars de chez Pixar ont rivalisé d’inventivité pour transposer un campus américain et ses fraternités dans l’univers des monstres, avec tout un tas de créatures variées… Le tout est bien sur servi par une animation impeccable et fluide, du plus pur jus Pixar.
On notera quelques clins d’oeil à Monstres & Cie, avec des personnages comme Léon, le rival de Sulli dans le film initial, ou la très aimable Germaine
Les fans de films d’horreur se feront plaisir avec la séquence du bal, assez fun, qui rappelle celle de Carrie (le sang en moins, les paillettes en plus) ou avec cette incursion dans le monde des humains, véritable hommage aux films d’horreur et à Vendredi 13...

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On regrette pourtant cette impression de déjà-vu dans les situations et la caractérisation des personnages, car Monstres Academy ne surprend pas. Ce deuxième opus ne parvient pas à se hisser au niveau d’inventivité et d’émotions du premier, mais reste un divertissement efficace. Le renouveau de Pixar ? Peut-être pas, mais le film marque indéniablement un certain retour aux sources pour le studio.

 

Le Parapluie Bleu

Après le sympathique Paperman, Oscar du Meilleur court-métrage d’animation, diffusé avant Les Mondes de Ralph, Pixar propose cette année un nouveau cout-métrage intitulé Le Parapluie Bleu avant la projection de Monstres Academy.

Le pitch est simple : un parapluie bleu croise un parapluie rouge dans une foule de parapluies noirs et tombent amoureux… Si l’histoire n’est pas très inspirée, elle semble être simplement un prétexte pour servir la forme qui, elle, est superbe. On se croirait vraiment dans un film live, la lumière et la photographie sont magnifiques, le réalisme du court est bluffant. A la réalisation, on retrouve Saschka Unseld, qui travaille chez Pixar depuis 2008, au département caméra et au staging sur des films comme Toy Story 3, Cars 2 et Rebelle. Mais cet ultra-réalisme un peu froid, accentué par la pluie, et son histoire banale font perdre le court-métrage en charme et nous laisse une impression un peu mitigée…

 

Monstres Academy, de Dan Scanlon, sortie le 10 juillet 2013.

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POUET

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