[Critique] Wolverine, le combat de l’immortel
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Après le très moyen X-Men Origins: Wolverine sorti en 2009, le retour du mutant le plus griffu de Marvel était particulièrement attendu par les fans de la franchise ciné, produite par la Fox. Réalisé par James Mangold, Wolverine : le combat de l’immortel aurait très bien pu laver l’affront du film de Gavin Hood. Au final, on peut se demander s’il ne fait pas pire… notre déception en détail (mais sans spoil) ci-dessous.

7 ans après la chasse aux Mutants et les événements de l’île d’Alcatraz qui ont coûté la vie à Jean Grey, Logan, alias Wolverine, vit comme un vagabond, incapable de se pardonner d’avoir tué la femme qu’il aimait. Mais le Mutant aux griffes d’Adamantium a bien du mal à contrôler ses pulsions, à mi-chemin entre envie de justice et colère envers lui-même. Sur le point de replonger dans ses vieux démons, Logan est rattrapé par son passé : un ancien soldat japonais, qu’il a sauvé d’une mort certaine des décennies plus tôt, est sur le point de mourir. Ce dernier a pour dernière volonté de revoir son sauveur une dernière fois. Logan se rend donc au Japon, mais rien ne va bien évidemment se passer comme prévu…

The Wolverine prend donc place 7 ans après la trilogie bouclée par le laborieux X-Men : l’Affrontement final, affichant d’emblée un Logan qui a du mal à lutter avec une culpabilité très tenace. Isolé et en colère, le super-héros passe les 30 premières minutes du film à retenir une rage évidente… rage qui, malheureusement, ne ressortira jamais vraiment, entraînant le constat brutal suivant : le film est un pétard mouillé.

The Wolverine

« Pas content ! Pas content ! »

 

Très concrètement, The Wolverine – titre original du film, qui s’appelle pompeusement Wolverine : le combat de l’immortel chez nous – montre un Logan affaibli sur le plan psychologique – le pauvre voit des Jean Grey partout – mais également sur le plan physique. Car comme les bandes-annonces et le titre français le laissent entendre, le Mutant se voit privé, durant une partie de l’histoire, de ses pouvoirs régénérateurs. Pourquoi, et surtout comment ? C’est l’une des intrigues du film, qui en compte plusieurs, mais qui, finalement, ne mènent jamais vraiment nulle part.

Le syndrome Alice

A aucun moment on pense vraiment que Logan est en dangerPourtant, le pitch du film pouvait laisser imaginer une intrigue inventive : comment Wolverine, qui encaisse sans broncher et détruit tout sur son passage, peut s’en sortir s’il ne se régénère pas ? On aimerait bien le savoir, et ce n’est pas le film qui donne cette réponse. En fait, Logan souffre du « syndrome Alice » : si vous avez vu Resident Evil Afterlife – navrée de vous remémorer de telles atrocités – peut-être vous rappelez vous du moment où Wesker injecte à Alice un vaccin censé lui enlever tous ses pouvoirs surhumains. Normalement, là, la donne change, et le personnage doit agir autrement pour s’en sortir. Sauf qu’il ne le fait pas, c’est comme si rien n’avait changé. Et bien, c’est la même chose dans The Wolverine : à aucun moment on pense vraiment que Logan est en danger. Le Mutant encaisse 2, 3 4 balles en pleine poitrine et continue de se battre comme un bourrin : certes il saigne, mais c’est à peu près tout. Alors forcément, cette piste scénaristique tombe rapidement à plat, et même Hugh Jackman ne semble pas trop y croire : rarement on aura vu l’acteur aussi peu charismatique dans le rôle qui l’a (presque) révélé.

Wolverine Viper

La Vipère, l’une des rares mutantes du film.

 

Difficile de dresser tous les écueils de l’intrigue… entre un Wolverine qui se lamente, des personnages secondaires particulièrement clichés – les Japonais du film sont tous soit yakuzas, soit samouraïs soit ninjas – des « méchants » sans aucun charisme dont on peine véritablement  à comprendre les motivations et pas assez d’action, il y a de quoi s’attrister devant les 2h06 que dure le film. Si les quelques scènes de combats sont globalement efficaces – une, en particulier, s’avère très réussie – on a largement le temps de piquer du nez en attendant la prochaine, et il n’est même pas certain qu’elle vous réveille.

Un film de super héros ? Vraiment ?

Si elle était au coeur de la première trilogie X-Men, et également le point central du film First Class, la problématique mutante est, dans The Wolverine, totalement passée à la trappe. 7 ans après les événements qui ont privé un certain nombre de mutants de leurs pouvoirs, sur fond d’intolérance de la population « normale », non seulement les mutants semblent rares mais le sujet n’intéresse plus grand monde. Logan se retrouve être un paria surtout parce qu’il l’a décidé, et pas parce que l’humanité l’a mis au rebut. Enfin, chassez le naturel, il revient au galop.

Une fois n’est pas coutume, donc, The Wolverine n’est pas un film sur les mutants qui cherchent leur place au sein d’un monde qui les rejette. C’est un film sur l’héritage, et les conséquences de ses actes. En ça, situer l’intrigue au Japon, où les traditions ont une place très importante, n’est pas anodin. Le souci, c’est que l’histoire pourrait convenir à n’importe quel personnage un peu torturé, et sans doute mieux qu’à Logan.

yukio wolverine

Yukio, une sidekick intéressante qui aurait mérité plus de scènes.

 

Du coup, les très rares Mutants présents dans le film semblent avoir été mis là parce qu’il en fallait bien quelque-uns pour qu’on se retrouve face à un « vrai » film « X-Men ». Gentils ou méchants, ils n’ont dans tous les cas pas assez de temps de présence à l’écran pour qu’on développe une quelconque sympathie qui donnerait envie de les revoir par la suite… et c’est dommage, parce qu’il y a quand même quelques bonne idées.

Le meilleur est dans le générique de fin

Long est le chemin qui mène à la meilleure scène du film… assurément celle qui se trouve quelques minutes après le démarrage du générique de fin. Du coup, même si vous aurez sans doute envie de quitter rapidement votre siège, attendez un peu avant de le faire. Certes, ça ne rattrapera pas le ratage de The Wolverine, mais au moins, vous ne serez pas venu pour rien.

Décevant, The Wolverine l’est : le film de James Mangold prouve que, paradoxalement, le héros le plus solitaire des X-Men n’est visiblement pas capable de développer en solo le charisme dont il fait preuve lorsqu’il est entouré de ses comparses. Malgré quelques (très rares) bonnes scènes, l’escapade nippone du Mutant griffu vous donnera surtout envie de faire une petite sieste. Ce qui n’est pas si mal, vu qu’il y a la clim’ dans les salles de ciné !

Wolverine, le combat de l’immortel, de James Mangold, avec Hugh Jackman, Brian Tee, Svetlana Khodtchenkova, Will Yun Lee, Tao Okamoto… sortie le 24 juillet.

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L'auteur

Co-fondatrice et rédac'chef de GentleGeek, je suis journaliste le jour et blogueuse la nuit - les deux ne sont pas incompatibles, non non. J'aime le cinéma, les jeux vidéo, les comics et les chats. C'est déjà pas mal !

1 avis

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  1. Baba le 23 juillet 2013
    Arf... Dommage, j'ai vachement moins envie d'aller le voir d'un coup. XD Sinon, pour le charisme de Wolverine, sans doute est-ce dû au fait qu'il n'y a pas le très fade Cyclope à ses côtés pour faire baisser le niveau.

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