[Critique DVD] Le Territoire des Ombres – Le Monde Interdit
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Quelques mois après la sortie du Secret des Valdemar, le second opus du Territoire des Ombres, intitulé Le Monde Interdit, sort aujourd’hui en DVD en France. Il s’agit de la deuxième et dernière partie de ce dyptique d’inspiration lovecraftienne, réalisé par l’Espagnol José Luis Aleman, et dans lequel on retrouve, en plus des personnages du premier volet, un guest très attendu, le fameux Chtulhu ! 

Si la première partie du Territoire des Ombres, Le Secret des Valdemar, se passait en majorité chez les Valdemar à l’époque victorienne, sa suite, Le Monde Interdit, se déroule de nos jours et reprend les aventures de Luisa, l’experte en immobilier chargée d’évaluer la demeure Valdemar, disparue au cours de sa mission. Autant vous prévenir tout de suite : les deux parties du Territoire des Ombres sont indissociables et ceux qui n’ont pas vu la première n’entendront rien à la deuxième(attention : petits spoilers dans la suite, pour qui n’aurait pas le premier volet)

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Une bonne bande de potes

 

S’il ne passait pas grand-chose dans le premier volet du Territoire des Ombres, Le Monde Interdit regorge quant à lui d’action, de personnages et de rebondissements… mais pas toujours pour le meilleur ! Le scénario multiplie les intrigues. Les collègues de Luisa, enlevée lors de l’expertise de la demeure Valdemar, ainsi que le détective privé sont à sa recherche. Pendant ce temps, Luisa joue au chat et à la souris avec ses ravisseurs, rencontre une diseuse de bonne aventure un peu louche, et n’en finit plus d’être séquestrée et de s’échapper, pour être capturée à nouveau… Quelques flashbacks nous apprennent la suite de l’histoire des Valdemar : après la disparition de son épouse Leonor, Lazaro Valdemar s’est plongé dans l’étude des forces occultes et du Necronomicon, et a ouvert une porte vers le monde des Grands Anciens. De nos jours, une sorte de secte adoratrice des Grands Anciens s’apprête à sacrifier sa 666ème victime afin d’invoquer Chtulhu lui-même… Et bien sûr, tout ce petit monde va finir par se retrouver, pour un final qui n’est pas des plus convaincants…

Pénard, Lovecraft jongle avec  le Necronomicon...

Pénard, Lovecraft jongle avec le Necronomicon…

 

Le Monde Interdit, comme son prédécesseur, présente des hauts et des bas, mais surtout des bas, en réalité. Le film offre lui aussi son lot d’anachronismes et de bizarreries en proposant cette fois-ci H.P. Lovecraft himself en guest. Le Monde Interdit souffre des mêmes défauts que Le Secret des Valdemar, à savoir des baisses de rythmes et des longueurs, avec ici une ambiance moins mystérieuse et moins prenante, la faute au scénario bordélique qui s’éparpille et aux retournements de situation assez prévisibles.

Mais ce second opus présente tout de même les mêmes qualités que le premier, avec une réalisation et une photographie léchées, des décors et costumes soignés, et des effets très spéciaux corrects.
On peine cependant à trouver un intérêt à la première heure du film, qui débute à la manière d’un survival, en suivant les péripéties de Luisa, de ses collègues et du détective, avec quelques passages obligés du genre comme la salle de torture. Le film s’inspire ensuite un peu de The Descent, avec une descente dans une grotte où les personnages sont poursuivis par une créature pas vraiment flippante, malheureusement. La dernière demi-heure est un peu plus enthousiasmante, avec l’invocation des Grands Anciens par la secte et l’apparition (rapide) de Chtulhu lui-même, mais les effets CGI lui donnent davantage un air de boss de jeu vidéo que de la créature effrayante décrite dans les récits de Lovecraft.

De charmantes découvertes

De charmantes découvertes

 

En ce qui concerne le DVD en lui-même, celui-ci propose une nouvelle fois deux mixages Dolby Digital 5.1 (français et espagnol sous titré en français) et un mixage DTS (Français Uniquement). Encore une fois on préfèrera privilégier la VO à la VF qui sonne parfois un peu faux. Côté suppléments, cette édition française propose la suite de l’entretien avec David Camus, traducteur et spécialiste de Lovecraft, qui continue à décrypter l’univers de l’auteur.
Un nouveau making-off intéressant, dans la veine du premier sur le DVD du premier opus, propose des interviews de l’équipe du film.

 

Chtulhu, pas si flippant que ça...

Chtulhu, pas si flippant que ça…

 

 

Tout ça pour ça ?
Après un premier volet correct, malgré quelques faiblesses, la deuxième et dernière partie du Territoire des Ombres s’avère décevante, avec un scénario qui s’éparpille et perd parfois son spectateur. Le Monde Interdit n’arrive pas à se hisser à la hauteur de ses ambitions, et semble prouver ce que note David Camus dans les bonus, à savoir la difficulté, voire l’impossibilité d’adapter l’univers de H.P. Lovecraft en images.

 

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L'auteur

POUET

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