[Critique Blu-ray] Dark Skies, de Scott Charles Stewart
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Sorti mercredi dernier, Dark Skies, de Scott Charles Stewart, joui d’une réputation plutôt mitigée. Une rapide recherche Internet suffira à le constater, le film est globalement critiqué, voire moqué. Et pourtant, Dark Skies mériterait bien une légère révision à la hausse.

Synopsis
Dans une banlieue paisible, la famille Barrett voit soudainement sa vie basculer suite à des évènements étranges qui, chaque nuit, viennent troubler la tranquillité de sa maison. Lorsque leur fils cadet évoque un mystérieux « Ogre des sables » lui rendant visite le soir, le quotidien de Daniel et Lacy Barrett tourne alors au cauchemar : ils deviennent victimes d’inquiétants trous de mémoires, et de soudaines pertes de contrôle de leur corps. Ne trouvant aucun soutien autour d’eux, ils se retrouvent impuissants pour affronter ce qui va se révéler être une force extra-terrestre cherchant à s’emparer de leurs enfants…

Dark Skies, le nouveau Woody Alien ?

les martiens, on en a vu de toutes les couleursLes extra terrestres au cinéma, ça ne manque pas ! Tour à tour attendrissants, terrifiants, bouffons, les petits hommes verts (pas toujours représentés de la sorte d’ailleurs), on envahit tant les blockbusters à la Independance Day que les bis made in Asylum, genre auquel ils sont le plus souvent confinés aujourd’hui. Mais les extra-terrestres ont aussi laisser leur emprunte dans un sacré paquet de films cultes et générationnels, voire même familiaux, du terrifiant Alien en passant par le touchant E.T., de Abyss jusqu’à Rencontre du 3e type, ou plus récemment chez Paul, les martiens, on en a vu de toutes les couleurs.

"Moi je suis un p'tit martien, Qui vient sur la Terre, Pour vous dire que tout va bien, Chez les p"tits hommes verts !"

« Moi je suis un p’tit martien,
Qui vient sur la Terre,
Pour vous dire que tout va bien,
Chez les p »tits hommes verts ! »

un autre registre du cinéma surnaturelDifficile alors de savoir ce que Dark Skies a à apporter à tout ça pour susciter l’intérêt au premier abord. Nouveau film de l’écurie Blumhouse, tout juste auréolée du succès de Sinister, Dark Skies marque donc un changement de registre pour le producteur, qui abandonne un temps démons et autres entités maléfiques pour se pencher sur un autre registre du cinéma surnaturel.

Alors oui, Dark Skies n’apporte, en effet, rien de nouveau, en étant de plus le résultat de la méthode Jason Blum, qui consiste à faire des films selon un schéma de production calibré pour un budget modeste. Le twist final lui-même, bien qu’efficace, en témoigne, assez proche de celui proposé par Sinister dans l’esprit. De même, le titre Dark Skies, sans être mal choisi du tout, induit peut être en erreur, laissant entrevoir un film d’horreur.

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une histoire humaine qui s’intéresse au ressenti de ses personnagesOui mais voila, à la manière d’un Signes de Shyamalan – l’un des derniers films du réalisateur à ne pas verser dans l’unanimement mauvais même s’il a ses détracteurs – Dark Skies est surtout un thriller psychologique et une histoire simple. Inutile de chercher un grand discours ou un sens profond derrière le scénario de Dark Skies malgré sa citation d’ouverture. Le film de Scott Stewart est avant tout une histoire humaine qui s’intéresse au ressenti de ses personnages, une famille en crise de la classe moyenne dont le quotidien va être bouleversé par l’arrivée d’étranges phénomènes, qui les conduiront eux-même à se comporter de manière étrange. Très vite, cette famille, les Barrett – oh, shit ! – vont réaliser qu’une force extérieure essaie de s’en prendre à eux et surtout à leur jeune enfant. Point de jump scare ou d’horreur au sens premier du terme, mais plutôt de la tension.

L'un des nombreux visuels très réussis du film

L’un des nombreux visuels très réussis du film

Scott Stewart mets en place toute une ambiance qui donne sa vraie valeur ajoutée au filmPartant de ce postulat, et conscient dès le départ que son film ne révolutionnera pas l’approche du film d’invasion extra-terrestre, Scott Stewart mets en place toute une ambiance qui donne sa vraie valeur ajoutée au film. Ancien spécialiste des effets spéciaux, le réalisateur apporte un soin tout particulier aux jeux de lumières, dont les nuances sombres se révèlent particulièrement travaillées, notamment lors de l’acte final qui voit la bande d’E.T. belliqueux passer à l’action. Prenant le temps d’introduire les membres de la famille, chacun leur tour, mais aussi d’introduire par touches successives ses éléments perturbateurs, Dark Skies se révèle progressivement, et reste centré sur son sujet.

Pedobear seal of approval

Pedobear seal of approval

une ambiance intimiste et progressivement envoutanteLoin d’être un cours sur les techniques d’invasion Alien, ou sur les différents types de créatures de l’espace, Scott Stewart se concentre avant tout sur sa cellule familiale, ses thèmes et angoisses (crise économique, peurs enfantines, premier amour adolescent, etc.) et son vernis idyllique en apparence qui se fissure peu à peu, mais pour finalement illustrer la force des liens qui peuvent unir une famille. Si on peut comprendre que certains trouveront forcément l’ensemble un peu lent et ennuyeux, Dark Skies offrira au contraire, par son travail visuel et son rythme, une ambiance intimiste et progressivement envoutante à celui qui fera l’effort de se plonger dans son récit et d’en voir le réel objet. Porté par des comédiens concernés, qui incarnent avec sobriété cette famille dépassée par les événements, et ponctuée par l’intervention du toujours très juste J. K. Simmons, Dark Skies reste donc une bonne série B à l’ambiance particulièrement travaillée et efficace, et qui sait par moment s’avérer touchante.

En conclusion
Pur produit de l’écurie Blumhouse, très codifié, Dark Skies n’en reste pas moins un bon film, très bien conçu et à l’ambiance particulièrement réussie. Lynché de manière assez injuste à sa sortie et sur le web, le film de Scott Charles Stewart mérite une seconde chance avec cette sortie DVD et Blu-ray, tant le soin apporté à l’ambiance, à la mise en place de cet univers est visible et fonctionne. Bien sur, le film n’évite pas certains passages obligés, mais apporte aussi son lot de petites trouvailles, bonnes et intéressantes à défaut d’être innovantes. Mais conscient de cela, le film évite d’en faire trop et reste concentré sur son sujet, aidé par des acteurs concernés et un réalisateur attentif à son univers. Pas le film de genre de l’année, mais une honnête série B qui offre un très bon moment et mérite le détour.

Blu-ray de premier type

Un menu simple avec une animation légère donc, mais d’un très bel effetQuitte à débarquer, les Aliens ne sont pas venus seuls ! Pour son édition blu-ray (et DVD) de ce Dark Skies, Wild Side a truffé son édition de quelques bonus qui permettront aux petits hommes verts de nous habituer à leur présence un peu plus longtemps. Mais seront-ils suffisamment intéressants pour nous maintenir en alerte ?

Mais intéressons-nous rapidement au vaisseau avant de rentrer dans le vif du sujet. On note tout d’abord l’aspect très sobre du menu d’accueil de la soucoupe. Si les éditions DVD proposent souvent des menus principaux avec fondu et cinématiques, mais souvent chargés, cette édition Blu-ray, tout comme Only God Forgives, propose un menu statique sobre et plutôt classe, avec quelques jets de lumières propres aux rayonnement de soucoupes. Un menu simple avec une animation légère donc, mais d’un très bel effet et qui permet d’accéder rapidement et facilement aux contenus.

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Pas fous, les Aliens sont venus avec leurs traducteurs. Vous pourrez ainsi bénéficier du film en version française ou en version anglaise sous-titrée, selon votre degré de résistance. Notons également le très bon rendu d’image de la copie, qui fait ressortir les différents jeux de lumières du film et ses nuances, un rendu d’autant plus appréciable que le film passe son temps à osciller entre tons noirs et tons bleus foncés, qui sont ici parfaitement restitués.

S’agissant des bonus, communs au Blu-ray et au DVD, on peut cette fois-ci compter sur :

  • Scènes coupées : première percée dans les entrailles du vaisseau avec des scènes coupées, grand classique des bonus, mais toujours sympa. Des scènes à l’intérêt variées (une ou deux se contentant d’être des « bruits de couloirs ») mais d’autres plus intéressantes puisqu’elles auraient changé la psychologie de certains personnages si elles avaient été maintenues. Détail non négligeable : certaines de ces scènes coupées sont accompagnées d’un commentaire audio, que vous pouvez choisir d’activer ou non avant de la visionner. Un vrai plus qui permet d’accompagner ces scènes, de comprendre le pourquoi de leur suppression, et donc d’en apprendre plus sur la conception du film tout en restant dans un autre type d’approche, moins promo que les making of.

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  • Fin alternative : et si on vous disait que la fin de Dark Skies n’était pas la fin envisagée ? Probable, nous diriez-vous. Et si on vous disait que la fin originale est proposée en bonus du film et que l’on découvre que les aliens sont en fait des adorateurs de Léa Seydoux en mal d’amour ? Bon ok, la seconde partie, c’est du pipeau. Mais bonne idée en tout cas que d’avoir inclu dans les bonus la fin initiale du film, finalement évincée au profit d’une autre approche. La encore, la scène est proposée avec un commentaire audio (que vous pouvez choisir d’activer ou non) bref mais intéressant dans lequel le réalisateur explique pourquoi cette fin n’a finalement pas été retenue, et qui démontre le souci de cohérence du réalisateur (et le pouvoir des projections tests).

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  • Making-of « Avez-vous été choisi ? » : Pour terminer cette visite, le making-of vous emmènera au cœur de la salle des machines. Le système reste classique : plans sur plateau, témoignage du réalisateur, qui explique sa vision et le soin porté à l’ambiance et aux SFX (coeur de métier de Scott Stewart avant de passer derrière la caméra). Autre témoignage, celui de Jason Blum, l’homme à succès du cinéma de genre des années 2010, qui explique différents choix relatifs au film et ses intentions en tant que producteur. Enfin, les acteurs prennent également la parole sur un ton légèrement plus promo et parlent de leurs personnages respectifs.

Dark Skies, de Scott Charles Stewart, avec Keri Russel, Josh Hamilton, J. K. Simmons, Dakota Goyo. Disponible en DVD et Blu-ray depuis le 30 octobre.

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