[Critique DVD] L’emprise du mal, de Miguel Angel Toledo
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Depuis quelques années, l’Espagne a marqué de son emprunte le cinéma de genre en livrant quelques uns des plus beaux ou terrifiants films qui soient. Mais voila quelques temps que le vent commence à tourner avec des productions qui ont du mal à rattraper le niveau de leurs aînés. Première réalisation du scénariste de 28 semaines plus tard, l’Emprise du mal, disponible en DVD et Blu-ray chez Wild Side, va-t-il changer la donne ?

img_emprise1Dans une tentative désespérée pour sauver son mariage, Raúl emmène sa femme Ana et son fils Nico fêter Noël dans un chalet isolé au cœur des montagnes. Mais rapidement Samuel, un habitant du village voisin, s’immisce dans leur vie et se rapproche de plus en plus d’Ana et Nico. Un trouble s’empare de Raúl et des phénomènes étranges se succèdent, transformant ce havre de paix en véritable cauchemar…

Premier film de Miguel Angel Toledo, L’emprise du mal bénéficie d’emblée d’une certaine curiosité : présenté au festival de Gérardmer, le film est la première réalisation du scénariste de 28 semaines plus tard ! Des souvenirs qui remontent, un récit plutôt efficace, et on se dit qu’on aura peut être affaire, à défaut d’un chef d’œuvre, à un film de bonne facture. Mais écrire pour les autres, et écrire et réaliser soi-même, ce n’est hélas pas la même chose…

Youuu shaaal not paaaaass

Youuu shaaal not paaaaass

L’ Emprise du mal a justement du mal à asseoir son empriseEn effet, en dépit d’une facture technique plutôt soignée, une ambiance froide qui sied parfaitement à l’environnement de l’histoire (une famille dans un chalet isolé en pleine montagne), quelque chose manque indéniablement à cette Emprise du mal, qui a justement du mal à asseoir son emprise.

Coucou, c'est moi la tête à claque du film ^^

Coucou, c’est moi la tête à claque du film ^^

la tension est absente de tout le filmEn effet, vendu comme un thriller psychologique, la tension est pourtant absente de tout le film, tant le scénario se révèle hésitant, plat et déjà-vu. On est en effet surpris de la part du scénariste, de voir s’accumuler autant de passages déjà-vu, et souvent en mieux, ailleurs : cette histoire de père de famille qui perd peu à peu les pédales peine ainsi à surprendre tant dès l’ouverture, on comprend d’ores et déjà l’issue finale. Ce scénario peu passionnant est de plus doublé par des hésitations de style qui ajoutent à la confusion, le réalisateur ouvrant une piste axée sur le fantastique, avant de l’abandonner en chemin et en rester à de la pure réalité. Et la révélation finale, déjà connue/imaginée de tous, de perdre aussi de son impact en étant amenée de façon maladroite, jusqu’à un plan final singeant Timecrimes ou Triangle, mais qui n’a ici aucune raison d’être tant l’élément est incohérent avec le reste de l’histoire, très terre à terre.

Le game of Thrones du pauvre

Le game of Thrones du pauvre

Le réalisateur ne parvient pas à donner une quelconque intensité au récitUn bon scénariste n’est pas non plus un excellent réalisateur. Non pas que Toledo ne fasse pas bien son travail de ce côté la : la plupart des plans sont carrés, lisibles, certaines scènes (la poursuite avec le chien, par exemple) se détachent également du lot par rapport au reste du film. Mais dans l’ensemble, tout cela reste classique, terne, ne parvenant pas à donner une quelconque intensité au récit ou à faire oublier son scénario pas toujours bien inspiré. Reste donc le comédien principal, Gustavo Salmeron, très bon dans le rôle de ce père névrosé et antipathique. Dommage que l’alchimie ne semble fonctionner que moyennement avec les autres acteurs.

Hey Dieu, s'il te plait, tu pourrais arrêter de te gratter les cheveux ? Y'a toutes tes pellicules qui nous tombent dessus...

Hey Dieu, s’il te plait, tu pourrais arrêter de te gratter les cheveux ? Y’a toutes tes pellicules qui nous tombent dessus…

Du côté des bonus, outre la bande-annonce du film, le DVD édité par Wild Side offre par contre un making-of de 25 minutes plutôt sympa à suivre, nous emmenant dans les coulisses du tournage, dévoilant certains secrets de fabrication de scènes (le chien), abordant la question du travail avec les enfants ou du passage derrière la caméra. Le tout entrecoupé d’extraits d’interviews des acteurs principaux, s’exprimant sur leur personnage et leur expérience sur ce film. Un making-of plus fourni que d’habitude, donc, qui vient compléter une édition conforme aux standards de bonne conception connue chez l’éditeur.

Et alors la, tou fé l'amour à la camérrra

Et alors la, tou fé l’amour à la camérrra

En conclusion
L’emprise du mal n’est pas un ratage complet : on a vu bien pire et bien plus prétentieux. Mais vendu comme un thriller efficace dans la lignée de Shining a de quoi induire en erreur : le film se révèle au mieux moyen, la faute à un scénario ultra prévisible, assez bancal dans son dénouement et sa conclusion, et surtout à un rythme qui ne décolle jamais vraiment. Après une vague de titres au succès mérité, l’Emprise du mal se pose surtout comme le symbole d’un cinéma de genre espagnol en grand mal de renouvellement.

L’emprise du mal, de Miguel Angel Toledo, avec Gustavo Salmeron, Irene Visedo, Ariel Castro, Ricardo Trénor. Disponible en DVD et Blu-ray depuis le 7 mai.

You know what ? I'm happy...

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