[Test PS3/PS4] The Last of Us (Remastered)
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Avec l’arrivée fin juillet de The Last of Us Remastered sur PS4, un petit état des lieux s’imposait de notre part concernant cette version revue (et corrigée ?) pour la nouvelle console de Sony. Les paragraphes qui suivent sont donc dédiés à la version PS4 du jeu, tandis que le test complet du titre sorti sur PS3 se trouve à la fin de l’article. Bonne lecture !

En juin 2013, The Last of Us sortait sur PS3 et démontrait que malgré l’âge de console, elle en avait encore dans le ventre : esthétiquement sublime, le jeu de Naughty Dog offrait par ailleurs une expérience de jeu passionnante grâce à un scénario simple mais poignant. Une belle manière d’offrir à la console de Sony une dernière exclusivité à la hauteur des espérances.

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Mais imaginer que The Last of Us (TLOU pour les intimes) allait arrêter sa « carrière » ici, c’était se tromper. Si aucune suite n’a été annoncée (et, sincèrement, espérons que ça reste ainsi), Sony a officialisé début 2014 une édition Remastered destinée à la PS4, dont le catalogue est encore un peu faiblard. Ressortir un jeu de PS3 sur PS4 à peine un an après son arrivée, une perspective un peu gonflée, avouons-le. Et pourtant, ce portage est loin d’être dénué d’intérêt.

Le meilleur jeu de la PS4 ?

Et si le chef d’oeuvre ultime de la PS3 était, à ce jour, le meilleur jeu de la PS4 ? Une question provocante, et pourtant, elle se pose bel et bien. The Last of Us Remastered n’offre pas grand-chose de neuf en termes de contenu par rapport à la version PS3 (mais on y reviendra). Par contre, cette réédition tourne à 60 images par seconde, là où la version PS3 se limite à 30 fps. Quand on débute une partie, ça ne saute pas nécessairement aux yeux : pour constater à quel point cette nouveauté fluidifie l’expérience de jeu, il est possible de bloquer le titre à 30 fps dans les options. Et là, impossible de nier que la différence est là.

The Last of Us Remastered

La gestion du 60 FPS par TLOU Remastered se fait, par ailleurs, sans dégradation des graphismes, un point pourtant souvent avancé par les développeurs pour expliquer que peu de titres proposent aujourd’hui cette fonctionnalité. Le titre passe d’ailleurs au 1080p, alors qu’il était limité au 720p sur PS3. En somme, à ce niveau là, le titre de la réédition ne ment pas : on est bien face à un jeu « remasterisé ».

Un contenu additionnel limité

Mais la réussite technique de ce portage justifie-t-elle, à elle seule, de passer à la caisse ? La question se pose clairement pour les joueurs qui auraient déjà eu affaire au jeu sur PS3. Cette nouvelle version PS4 intègre le très bon DLC Left Behind, qui raconte l’histoire d’Ellie juste avant que celle du jeu ne débute – et détaille ce qui est arrivé à son amie Riley, évoquée à la toute fin du jeu. On trouve également la totalité des DLC proposés pour le mode multijoueur depuis la sortie du titre. En somme, on a donc pour une trentaine d’euros de contenu supplémentaire.

Autre ajout plus anecdotique mais intéressant à signaler : l’apparition d’un mode Photo. Celui-ci est activable par le biais du menu en appuyant sur le bouton Options. Lorsque le joueur appuie sur L3, il fige l’image et peut la modifier à loisir pour réaliser des clichés sous les angles qu’il souhaite. Une manière supplémentaire de mettre en avant les très beaux graphismes du jeu.

The Last of Us

Pour les joueurs PS3 n’ayant pas joué à Left Behind et n’ayant pas acquis les DLC du multi, l’intérêt est donc là. Pour les autres… outre le plaisir de jouer en 60 FPS et Full HD, il n’y a pas beaucoup d’autres arguments pour sortir le porte-monnaie, hormis celui d’avoir sur la PS4 un excellent jeu qui se refait avec plaisir. Mais dans ce cas, mieux vaut sans doute attendre une baisse de prix avant d’acheter.

Des défauts à considérer

Si le portage s’avère, comme on l’a déjà dit, d’excellente qualité, on note cependant certains bugs un poil agaçant. D’abord, le bug des dialogues présent sur PS3 lors d’une scène au début du jeu – dans la version française, les dialogues sont décalés durant une cut scene d’une bonne minute – est toujours présent dans la version PS4. On imagine que l’erreur vient de l’adaptation française, puisqu’elle n’est pas présente en VO, mais il n’en reste pas moins que le problème, signalé par des joueurs l’année dernière, aurait dû être corrigé. C’est un détail, certes, mais c’est agaçant.

Du côté du multijoueurs, le jeu souffre de problèmes de matchmaking qui nécessitent parfois de relancer plusieurs fois la recherche de partie pour parvenir à en trouver une. Les développeurs ont indiqué travailler à la résolution de ce type de soucis, mais ces derniers s’avèrent décourageants et il n’est pas dit que les joueurs seront encore au rendez-vous au moment où ils seront tous réglés…

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En somme, vous l’aurez compris : The Last of Us Remastered a de belles qualités et peut séduire un grand nombre de joueurs ayant déjà joué, ou pas, au titre sur PS3. Mais au-delà du fait que le portage est réussi – et qu’on ne s’image plus jouer au titre sur PS3 après l’avoir essayé sur PS4 – chacun s’interrogera sur l’intérêt, pour lui, d’en faire l’acquisition sur la nouvelle console de Sony.

 


 

Test de la version PS3, réalisé par Jon-Fenn et initialement publié le 26/06/13

The Last of Us. Ce simple titre a su faire frémir bon nombre d’entre nous depuis son annonce, il y a un an et demi. Mi-survival, mi-aventure, le titre de Naughty « Uncharted » Dog promettait beaucoup : une relation entre ses deux personnages – un quinqua et une ado – fouillée, un univers riche et superbe, ainsi qu’un gameplay immersif. L’un des jeux les plus attendus de l’année, TLOU est-il à la hauteur des espérances qu’il a su nourrir ?

 

En soi, le pitch de départ n’est pas forcément des plus originaux :

Synopsis
20 ans après l’effondrement de la civilisation suite à une pandémie, la nature reprend ses droits sur les villes désertes, la population infectée évolue en liberté et les survivants s’entretuent pour la nourriture, les armes et tout ce sur quoi ils peuvent mettre la main. Joel, un rescapé endurci, est engagé pour faire sortir Ellie, une adolescente de 14 ans, d’une zone de quarantaine militaire aux allures de prison. Mais ce qui n’était au départ qu’une simple mission va vite se transformer en dangereux périple à travers les États-Unis.

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Votre objectif : l’escorter.

 

Mais avant de nous pencher sur le scénario, intéressons-nous aux aspects plus techniques du jeu !

Une nouvelle génération ? Pourquoi faire ?

Si The Last of Us impressionne, c’est avant tout au niveau visuel. Il est d’une beauté tout simplement indiscutable.

La nature, mais aussi les villes pourront tantôt vous apparaître comme des refuges, ou comme le pire des pièges dont vous douterez pouvoir sortir. Les effets lumineux vous arracheront quelques cris d’admiration. Ce qui impressionne, c’est d’ailleurs la facilité avec laquelle les développeurs savent vous faire passer de la contemplation à la peur, en passant parfois par la tristesse. Le soin apporté aux détails (par exemple, quelques ombres ou reflets subtils juste ce qu’il faut) ajoute énormément à l’ambiance ainsi qu’à l’immersion, et, outre quelques références, vous adorerez explorer l’environnement pour en observer et apprécier le moindre pixel.

La chose qui vous achèvera ? Le facemotion.

Le soin apporté à la modélisation des personnages, et en particulier de leur visage, est admirable. Leur animation est d’un réalisme rarement vu dans un jeu vidéo. Si Joel n’est pas le plus expressif des personnages, il saura néanmoins vous surprendre grâce aux émotions qu’il sait faire passer. Mais c’est Ellie qui est de loin la plus réussie. Sa palette d’expressions est d’une précision ainsi que d’une puissance inégalées.

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Le soin apporté aux environnement vous laissera admiratif.

 

The Last of Us est un bijou de peaufinage.Au niveau sonore, là aussi, on ne peut qu’applaudir le travail des gars de Naughty Dog. L’ambiance sonore sait se coupler au spectacle visuel afin de vous procurer tantôt un sentiment d’oppression, tantôt une impression de repos mérité. Le son de vos pas dépend non seulement de la surface sur laquelle vous marchez, mais aussi de l’endroit où vous vous trouvez, pour un réalisme des plus soignés.

Le doublage VO est tout simplement irréprochable, en plus d’être d’une intensité rare. La VF ne démérite pas de son côté, malgré des problèmes de synchronisation.

Lorsque l’on assiste à un tel spectacle, on ne peut que se demander si l’arrivée d’une nouvelle génération de consoles est réellement indispensable. Et ce ne sont pas quelques rares bugs graphiques qui vous feront dire le contraire (trois, peut-être quatre au cours de notre run, et tous mineurs au point de ne durer qu’une seconde). The Last of Us est un bijou de peaufinage.

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« FREE HUG ! »

 

Deux gameplay pour le prix d’un ?

The Last of Us nous présente (encore) un nouveau type d’infectés : cette fois, c’est une sorte de parasite fongique (le « cordyceps ») qui s’attaque à l’espèce humaine. Vous vous retrouverez face à trois types d’infectés :

– les coureurs, qui, comme leur nom l’indique, vous courent un peu bêtement après (mais non moins agressivement)

– les claqueurs, qui, eux, sont de véritables saletés : aveugles, ils se dirigent au bruit, et mieux vaut ne pas s’essayer au corps à corps contre eux…

– des « berserkers« , bien plus résistants, mortels au corps à corps, dangereux à distance

Il vous faudra généralement vite analyser l’environnement, les ennemis présents ainsi que votre équipement afin de déterminer le comportement qui vous donnera le plus de chances de survie. Une capacité, désactivable via le menu, vous permet d’utiliser l’ouïe de votre personnage afin de « voir » les ennemis à travers les murs. Capacité certes utile, mais ne pas s’en servir est un bon moyen de renforcer l’immersion et le défi proposé par le jeu.

 

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Comme si cela ne suffisait pas, les infectés ne seront pas les seuls à craindre lors de votre périple…

 

L’une des forces de The Last of Us, c’est de vous faire alterner entre deux types de séquences : celles où vous affrontez des infectés, mais aussi celles où ce sont vos pairs qui attaquent.

Hé oui, vous vous doutez bien qu’en période d’apocalypse, certains laisseront s’exprimer leurs plus bas instincts afin de survivre. Groupes de raiders, milices et autres réjouissances humaines sauront vous attendre et vous donner du fil à retordre lors de votre périple à travers la douce Amérique. Et là, ce seront des ennemis intelligents et organisés qu’il vous faudra affronter. Encore un nouveau type de situation auquel vous devrez vous adapter !

La mort peut frapper à chaque coin de porte, à chaque couloir.

Pour y arriver, des armes de corps-à-corps (trouvables à même le sol), des armes à feu (de poing, d’assaut, de chasse), mais aussi des explosifs ou surins craftables à partir d’éléments à ramasser dans les niveaux (c’est là que l’exploration vous permettra d’allier l’utile à l’agréable), le tout couplé à un système d’améliorations « achetables » au moyen d’outils ou de pilules eux aussi à récolter lors de votre progression. Simple, mais efficace.

 

La face "adulte" d'Ellie est souvent balayée par des scènes qui nous rappellent son jeune âge.

La face « adulte » d’Ellie est souvent balayée par des scènes qui nous rappellent son jeune âge.

 

Notons aussi la légère différence de gameplay entre Joel et Ellie : forcément, à quatorze balais, on n’a pas les mêmes capacités de combat qu’un quinqua. Aussi vous faudra-t-il faire preuve de plus de discrétion et d’ingéniosité pour venir à bout de vos assaillants…

Les défauts se comptent sur les doigts de la main de Django Reinhardt. Le système de couverture n’est pas toujours des plus pratiques. Il aurait en effet été appréciable de pouvoir changer la position du personnage sur l’écran (de gauche à droite, comme dans Max Payne 3, par exemple). Il n’est pas rare d’être un poil en difficulté au niveau de votre champ de vision lorsque vous essayez de jeter un coup d’oeil par une porte située à votre gauche. Au niveau du réalisme, c’est le comportement de vos alliés qui pourra parfois vous faire monter au créneau : lorsque vous êtes accroupis, tentant d’être le plus discret possible, et que vos alliés (non repérables par l’IA adverse, heureusement) se relèvent parfois pour courir sur quelques mètres afin de vous rattraper, vous ne pourrez vous empêcher de réprimer un petit sourire (ou une petite grimace, le temps de vous rendre compte qu’il ne s’agit pas d’un ennemi)…

Mais c’est à vrai dire presque tout ce que l’on pourrait reprocher au gameplay…

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Le système de craft du jeu est simple, mais efficace.

 

Une expérience, une vraie

Sorti d’une intro fracassante qui sait tout de suite vous plonger dans l’ambiance du soft, The Last of Us met peut-être un peu de temps à démarrer. De quoi vous introduire doucement mais toutefois efficacement à l’univers ainsi qu’au gameplay qui s’offrent à vous.

La relation entre Joel et Ellie se construit petit à petit, sous vos yeux. Et c’est ça, qui fait la force du titre. Lorsque Naughty Dog nous promettait un jeu axé sur ses deux personnages principaux, le studio ne mentait pas. Joel est un homme brisé qui a su se construire une armure pour ne plus se laisser atteindre, quand Ellie est une gamine ayant grandi trop vite, mais qui laisse parfois voir son âge (un bagout hilarant, mais à peine en bagnole, ça s’endort…) lors de petites scènes attendrissantes ou émouvantes…

Si le contact ne se fait pas sans étincelles au début, Joel et Ellie s’atteignent mutuellement, petit à petit… et vous aussi, par la même occasion.

 

La violence est omniprésente, et nous donne parfois à voir des scènes particulièrement dures.

La violence est omniprésente, et nous donne parfois à voir des scènes particulièrement dures.

 

Absolument tout est fait pour vous plonger entièrement dans cette expérience.The Last of Us compte parmi ces jeux qui sont parfois à la limite de l’expérience cinématographique, qui vous donnent l’impression d’être une sorte d’hybride encore plus puissant. Une séquence en particulier possède d’ailleurs un découpage filmique particulièrement efficace. Et ce n’est pas la quasi absence de chargements qui viendra mettre à mal ce parti pris scénaristique. Absolument tout est fait pour vous plonger entièrement dans cette expérience dont vous êtes à la fois acteur et spectateur. Spectateur, parce que contrairement à un jeu comme Heavy Rain, l’histoire du jeu est tracée. Un échec vous renvoie au précédent point de contrôle, et n’influe pas sur le reste de la trame. C’est peut-être un point qui créera chez vous une pointe de déception : l’absence de choix, notamment à la fin. Mais sa logique, et la toute dernière scène, d’un génie fantastique, achèveront de vous coller à votre canapé (ou votre fauteuil Rothschild, selon votre budget), pour vous laisser mal à l’aise, mais surtout complètement ébahi, hanté pour un moment par un titre que vous n’êtes pas prêt d’oublier.

Le problème avec les softs très attendus, c’est qu’ils se révèlent parfois décevants. Mais pas The Last of Us. Nous sommes ici en présence d’un chef d’oeuvre vidéoludique. Must-have sur PS3, il démontre que la console en a toujours dans le ventre, et qu’elle peut encore nous impressionner. Mais il nous montre aussi qu’il est des studios prêts à nous proposer des expériences fantastiques, qui nous happent pendant des heures pour nous laisser avec la sensation d’avoir touché à quelque chose de grand. Peaufiné dans ses moindres détails, quasiment exempt de défauts, c’est un titre à l’histoire pas forcément originale, mais servie par de tels outils et des personnages si attachants qu’elle en devient quand même génialissime, parfois choquante. Et, lorsque le jeu terminé, vous reviendrez au menu principal en y voyant un « New Game + », vous éteindrez votre console en souriant, conscient que vous y reviendrez très vite.

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L'auteur

Co-fondatrice et rédac'chef de GentleGeek, je suis journaliste le jour et blogueuse la nuit - les deux ne sont pas incompatibles, non non. J'aime le cinéma, les jeux vidéo, les comics et les chats. C'est déjà pas mal !

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