Etrange Festival 2014 : The World of Kanako (clôture)
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La 20ème édition de l’Etrange Festival, qui s’est déroulée du 4 au 14 septembre au Forum des Images, s’est achevée avec la consécration de The Voices, de Marjane Satrapi, qui a raflé le Prix du Public et le Prix Nouveau Genre. 

Après 10 jours de films et de rencontres avec des réalisateurs, l’Etrange Festival s’est terminé avec le sacre de The Voices, de Marjane Satrapi (film d’ouverture du festival dont nous vous proposons la critique ici), qui a remporté à la fois le Prix Nouveau Genre et le Prix du Public. Ce doublé a été reçu par la réalisatrice, visiblement émue, en direct sur Skype et retransmise sur l’écran d’une salle 500 pleine à craquer.

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Côté courts-métrages, Pony Place, de Joos Reijmers, a reçu le Grand Prix Canal + tandis que Sequence de Carles Torrens recevait le Prix du Public.

Pour clôturer la soirée, et la 20ème édition du festival, l’Etrange proposait The World of Kanako, de Tetsuya Nakashima (Kamikaze Girls, Confessions), l’histoire de Kanako, lycéenne populaire et sans histoire qui disparaît du jour au lendemain. Sa mère fait appel à son ex-mari, flic alcoolique, pour qu’il la retrouve. Mais celui-ci va découvrir que sous les apparences, l’univers de l’adolescente est plus trouble qu’il n’y parait…

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Le moins que l’on puisse dire, c’est que ce film de clôture a divisé le publicThe World of Kanako nous propose de suivre un anti-héros totalement antipathique, un ancien flic alcoolique à la recherche de sa fille, dont il ignore tout. Cette enquête labyrinthique ne manquera pas de perdre une partie des spectateurs en cours de route… La narration établit des connexions entre les scènes au moyen de flashbacks incessants, qui sont un reflet de la psyché perturbée du personnage. Le montage frénétique enchaîne les plans rapides, à l’image du film et de ses thèmes radicaux. On suit notre anti-héros dans les tréfonds d’un Japon en pleine déliquescence : drogue, meurtres, viols ; rien ne nous est épargné. Pas seulement dans ses thèmes, mais dans sa forme aussi, le film est extrême. En plus du montage hystérique, on a droit à des choix étonnants comme des passages clipesques kawaii ou des passages en anime, sans compter le générique esprit grindhouse du début.

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Tout ce déferlement d’influences diverses fait de The World of Kanako un film radical, hystérique, transgressif, et même épuisant. S’étirant sur deux heures, le film n’en finit pas, dans un épilogue qui ne sait pas quand s’arrêter, avec des révélations finales trop tardives.

Ainsi, The World of Kanako fascine autant qu’il exaspère. Brassant des influences diverses, du drama au polar, en passant en abordant sans détour les thèmes de l’hyper-violence, de la sexualité déviante, Tetsuya Nakashima signe un film sans concession, un thriller qui repousse les limites formelles et thématiques du genre, et qui reste incontestablement un film marquant de cette 20ème édition de l’Etrange Festival.

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POUET

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