[Critique] Paradise Lost
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Malgré son titre, Paradise Lost n’est pas une adaptation du roman de John Milton, mais un film qui raconte la descente aux enfers de Nick, un jeune canadien dont l’histoire d’amour va entraîner une confrontation peu enviable avec le narco-trafiquant Pablo Escobar. Une grosse claque à prendre en salle dès le 5 octobre.

La Colombie, dans les années 90. Nick, un jeune Canadien qui a suivi son frère dans le pays pour refaire sa vie, rencontre Maria, une jeune femme dont il tombe bien vite amoureux. Il ne se doute pas du piège qui va se refermer sur lui : car Maria est la nièce d’un certain Pablo Escobar, qui doit son ascension sociale au trafic de cocaïne…

Nombreux seront ceux qui se rueront dans les salles mercredi pour découvrir Interstellar, le nouveau film de Christopher Nolan. Mais le même jour sortira Paradise Lost, un film bien différent mais pas négligeable pour autant. Mettant en scène Josh Hutcherson (Le Peeta d’Hunger Games) dans le rôle de Nick, un jeune homme bien décidé à profiter de la vie, il offre également à Benicio Del Toro une nouvelle occasion d’irradier l’écran dans le rôle du très ambigu Pablo Escobar lui-même.

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Jeux de mains, jeux de vilains

L’histoire dans l’Histoire

Le réalisateur du film, l’Italien Andrea Di Stefano, dont c’est d’ailleurs la première expérience derrière la caméra, se défend d’avoir voulu réaliser un biopic du narcotrafiquant. Et c’est tant mieux, car l’exercice est généralement des plus casse-gueule. En choisissant de raconter une partie de l’histoire d’Escobar à travers celle du jeune surfeur canadien, le réalisateur, qui est également à l’origine du scénario, propose un film sombre à la progression parfaitement rythmée, qui mène à une dernière demi-heure particulièrement haletante.

La réussite du film tient à une réalisation qui, en déstructurant la chronologie des événements, interroge le spectateur tout en lui délivrant petit-à-petit les pièces du puzzle qui permettent de reconstituer l’histoire, qui est avant tout celle de Nick. Plus qu’un simple film de type rise and fall sur Pablo Escobar, on est davantage devant une histoire d’amour qui se tourne doucement vers le thriller.

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Le petit oiseau va sortir !

Un duo d’acteurs efficace

Si Josh Hutcherson et Benicio Del Toro ne partagent finalement qu’assez peu de scènes dans le film, chacune d’elle fait des étincelles, et les deux comédiens portent la quasi-totalité de l’interprétation sur leurs épaules. Si on connaissait déjà le potentiel de caméléon de Del Toro, capable de passer d’un biopic du Che à une superproduction Marvel comme Les Gardiens de la Galaxie, celui de Josh Hutcherson méritait peut-être encore quelques éclaircissements. C’est chose faite avec Paradise Lost, qui lui offre le rôle idéal pour démontrer qu’il n’est pas juste un second rôle.

Ajoutons à cela une bande originale composée par Max Richter, dont le travail a récemment pu être remarqué dans la série The Leftovers et dans l’incroyable film Le Congrès, et on se retrouve avec un film impressionnant aussi bien en terme d’interprétation que d’ambiance dans sa globalité.

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On avait prévenu pour les mains…

Un audacieux premier film

Avec Paradise Lost, Andrea Di Stefano réalise un coup de maître pour son premier long métrage. Sombre, documenté et haletant, le film captive de bout en bout, probablement bien mieux que ne l’aurait fait un biopic plus conventionnel. Il y aura bientôt matière à comparer puisque Netflix développe actuellement sa propre série, concentrée sur la vie de Pablo Escobar. En attendant, il ne faut pas rater le Paradis Perdu façon Di Stefano.

 

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L'auteur

Co-fondatrice et rédac'chef de GentleGeek, je suis journaliste le jour et blogueuse la nuit - les deux ne sont pas incompatibles, non non. J'aime le cinéma, les jeux vidéo, les comics et les chats. C'est déjà pas mal !

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