[Test PS4] Pro Evolution Soccer 2015
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Première vraie itération sur les nouvelles consoles, PES 2015 avait fort à faire cette année pour convaincre les joueurs que cette série de jeux est encore capable de renaître de ses cendres après plusieurs opus qui ont eu toutes les peines du monde à nous rappeler l’époque d’un titre que l’on connaissait sous les initiales ISS (International Superstars Soccer) et qui brillait par son approche réaliste ainsi que son soucis du détail et ce, malgré l’absence de vraies licences détenues par EA Sports. Qu’en est-il de cette version 2015 qui semble vouloir se réorienter vers la simulation ?

Une réalisation soignée grâce au Fox Engine

Pro Evolution Soccer avait toujours été réputée pour ses graphismes et ses animations, jusqu’à ce que la série des jeux FIFA connaissent un véritable reboot de sa série qui avait littéralement renvoyé PES au rang de jeu graphiquement à la bourre en 2011. Cette année, on pourrait dire que le titre de Konami se bat à armes égale et le Fox Engine fait plutôt bien son job pour rendre le jeu agréable pour nos yeux. L’année dernière, le résultat n’était pas forcément flagrant sur Playstation 3 et Xbox 360, sur Playstation 4 en revanche, à moins d’être très difficile, le jeu est visuellement très beau. On notera cependant qu’on ne profite réellement de la beauté du soft que durant les ralentis, de nombreux effets n’étant forcément pas super évidents à remarquer en plein matches. Un choix qui peut s’expliquer sans doute par une volonté de privilégier la lisibilité de l’action, tout bêtement.

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Un habillage graphique relativement simpliste pour cette année

Les animations ne sont pas en restent et les joueurs enchainent les actions de manière fluide et relativement réaliste. Cependant, certains gestes, notamment défensives, ont encore tendance à casser cette fluidité mais ne ternissent en rien le rendu global ou la jouabilité. Les fans devraient être ravis du soucis du détail apporté pour rendre les mouvements crédibles et du bon usage de la motion capture. Les réactions faciales, d’un autre côté, ne sont pas forcément encore au point et certaines séquences tendent parfois à se répéter trop souvent : quand un joueur est blessé suite à un méchant tacle, la quasi-totalité des joueurs tire la même tronche.

La modélisation des visages est en revanche impressionnante pour les joueurs « connus » et les gabarits sont également relativement bien respectés. En revanche, le traitement des textures est parfois géré de façon étrange concernant leur peau qui a tendance à briller de manière moins naturelle. Du coup, on a souvent l’impression que la modélisation est parfois ratée alors que c’est loin d’être le cas et on peut espérer que d’ici la prochaine version, les équipes de Konami auront trouvé une solution pour mieux gérer les effets de lumière sur les joueurs.

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L’éditeur de personnage est plutôt complet

En terme d’ambiance, on sera en revanche un peu moins enthousiaste. Côté stades, on se retrouve avec une dizaine de saint lieux du sport au ballon rond, dont l’Allianz Arena en Allemagne où reçoit le Bayern de Munich ou le Juventus Stadium en Italie ou reçoit la Juventus de Turin.  C’est peu pour les fans de foot et le nombre de stades ne cesse de décroitre depuis, mais de nouveaux stades devraient théoriquement être proposés dans de futures mises à jour. Ca ne semble pas beaucoup donc mais les reproductions sont fidèles à la réalité, à ceci près que les publicités affichées sont plus fantaisistes, même si on y trouve des marques plus qu’officielles comme Addidas ou Puma. So Foot se paye aussi une petite apparition publicitaire et certains artistes de la bande-son apparaissent également, comme Cold War Kids : c’est un peu moins réaliste du coup !

La bande-son, à ce titre, propose des chansons plutôt sympas pour déambuler dans les menus, avec des transitions tout aussi sympathique lorsque l’on passe du menu au match. Par rapport à la version japonaise, il manque juste un titre de Man with a Mission, un groupe de rock japonais plutôt populaire qui est connu par les fans de l’anime Log Horizon dont ils signent le générique du début.

La chanson manquante qui est normalement interprétée en anglais dans la version japonaise du jeu

En revanche, les commentaires sont décevants et on aura vite fait de les désactiver. Avoir le sosie de Jean-Marc Généreux en « commentateur technique » peut être amusant un moment, même si ses remarques finissent par se répéter. L’ambiance du stade est bien là mais on déplorera quand même un public qui réagit un peu trop aléatoirement aux buts marqués, aux occasions manquées, aux fautes, etc… Les plus taquins remarqueront que ça manque un peu de fumigènes durant les matches PSG-OM mais le côté « idéaliste » des rencontres fait partie des possibilités que peuvent offrir les jeux vidéo par rapport à la réalité !

En termes de contenu, c’est forcément un peu (beaucoup) plus minces que FIFA. On retrouve donc la Premier League (mais seul Manchester United comporte les vrais noms),les Ligua espagnol, les divisions italiennes (Série A et Série B), la ligue 1 portugaise (avec seulement 3 clubs réels), le championnat brésilien et argentin, la division d’honneur du Pays-bas et les 2 ligues du championnat français. Les coupes de ces mêmes pays sont disponibles également : Copa del Rey, coupe de France, FA Cup, etc… Pas de championnat, ni de coupe allemande ou belge, mais on retrouve tout de même en club le RSC Anderlecht, le Standard Liège, le Bayern de Munich, le Bayer Leverkusen et le FC Schalke 04. Niveau compétitions, on a droit à la ligue des champions asiatique, la Cope Libertadores 2014, la Copa Sudamericana 2013 et 2014 et 3 autres compétitions fictives.

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Les ralentis sont très agréables à regarder

Dommage de ne pas pouvoir retrouver les clubs japonais de première et deuxième division présents dans la version japonaise, ça n’intéresse sans doute pas la majorité des fans en occident, mais c’est toujours ça de pris étant donné le contenu relativement limité par les droits acquis par FIFA 15. On se demande aussi si Konami ne pourrait pas se démarquer de ce dernier en étant le premier jeu à proposer les équipes féminines qui mériteraient une reconnaissance certaine et apporterait un contenu supplémentaire non négligeable au titre de Konami qui doit se contenter de ce qu’EA ne possède pas en droit d’exploitation.

Un gameplay qui revient aux racines

Si vous étiez fan du rythme moins effréné des précédents PES, vous serez les premiers à être contents de retrouver ce qui faisait la force de la licence de Konami : un jeu plus posé qui privilégie la construction et la stratégie, plutôt que les tricks réalisés à la manette. Certes, il est toujours possible d’effectuer quelques acrobaties et certaines actions avec le stick droit qui sont nécessaires pour prendre l’avantage face à un joueur qui se contentera d’utiliser les 4 boutons de la manettes, les gâchettes et le stick gauche, mais une bonne stratégie et une bonne utilisation des commandes défensives permettent de freiner (voir stopper net) les joueurs qui se contenteront donc, à l’inverse, de ne faire que moult pirouettes pour arriver jusqu’aux cages.

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Les possibilités tactiques proposent à la fois des réglages manuelles et des réglages automatiques pour celles et ceux qui ne veulent pas forcément passer beaucoup de temps à préparer leur équipe. Sauf que cette année, PES 2015 est sans doute le jeu de foot qui demande un minimum d’investissement sur la compréhension des stratégies et des formations. Les statistiques des joueurs, leur humeur et leur forme physique ont un réel impact dans un match : il faut donc préparer judicieusement sa formation de base et ne pas forcément chercher à adopter un comportement offensif d’entrée de jeu. Celles et ceux qui passeront leur temps à sprinter sans se soucier de la fatigue de leurs joueurs seront punis immédiatement dès le milieu de première période.

A titre d’exemple, un joueur ayant des statistiques de défense faible aura du mal à récupérer le ballon dans les pieds d’un attaquant avec un très bon niveau de contrôle du ballon ou à anticiper les passes en profondeur. De la même façon, un joueur avec des statistiques faibles en matière de passe aura tendance à parfois manquer de précision dans ses tentatives. Manette en main, c’est aussi un plaisir de contrôler certains joueurs : Messi, Neymar ou Robben par exemple ne se jouent pas de la même façon, on ressent vraiment les différences d’agilité et de vitesse entre chacun d’entre eux. Cependant, on trouvera sans doute assez anormal de pouvoir trop souvent cadrer la balle en pleine course tout en tirant avec beaucoup de puissance avec ce genre de joueurs. Une situation parfois frustrante quand on se retrouve face au Real, ce qui peut arriver les 3/4 du temps lorsque l’on joue en ligne, et que C. Ronaldo parvient à trouver un espace pour tirer, sans forcément pénétrer dans la surface de réparation.

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Plusieurs vues sont disponibles, la plus éloignée vous privera cependant du radar

Maitriser les ordres de défenses est donc primordial. Piéger les attaquants avec le hors-jeu fait partie des éléments qui compte pour arrêter ceux qui comptent trop souvent sur les tentatives de débordements, mais il faudra maîtriser le timing et le moment opportun pour effectuer cette manœuvre qui peut forcément se retourner contre soi si on l’effectue trop tard, laissant les attaquants les plus rapides seuls face au gardien ou permettant l’arrivée en retrait d’un second attaquant qui n’aura aucun soucis à réceptionner une passe. On regrettera peut-être parfois le comportement encore étrange de l’IA qui n’hésite pas à fuir un ballon qui se trouve littéralement à 5 cm de leurs pieds. Si pour les sorties du gardien semblent aussi dépendre de ses stats, on se dit quand même qu’un peu de bon sens ne les rendraient pas forcément meilleur que dans la réalité : il arrive parfois que le gardien refuse catégoriquement de dépasser la ligne de but et les poteaux, laissant parfois l’occasion à l’adversaire de récupérer un ballon qui passe pourtant juste devant lui. Appuyer sur la touche permettant de forcer le gardien à sortir de sa cage n’y changera pas grand-chose car il aura souvent tendance à vouloir la récupérer au pied, voir de louper carrément la balle.

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Mais ces petites imperfections ne sont pas non plus légion si l’on cherche à avoir un maximum de contrôle manuel sur le déroulement du match. Il est possible d’orienter précisément ses tirs et ses passes grâce à la touche L2 et il faudra un temps d’adaptation aux non-initiés pour que les combinaisons de touches se fassent naturellement. De ce côté-là, construire son jeu est un véritable plaisir et la satisfaction d’avoir réalisé un but se vit comme une récompense des efforts fournis pour parvenir à ses fins grâce au travail d’équipe. De nombreuses combinaisons sont possibles et il faudra faire preuve tout de même de patience avant de réussir à poser, voir imposer, régulièrement son jeu. PES 2015 s’apprend à partir du moment où l’on s’intéresse à l’aspect compétitif, le rythme du jeu obligeant les joueurs à privilégier un jeu construit face à des adversaires qui seront parvenus à maitriser les zones de défenses et les principales tactiques de contre utilisés par des joueurs trop pressés ou trop confiant en attaque. Il est donc tout aussi important d’apprendre à connaître son équipe, les compétences de ses joueurs et le rôle de chaque position. Il est donc un peu dommage que le mode « entrainement » ne permette pas de bien approfondir ces aspects à celles et ceux qui ne sont pas forcément habitués au jeu.

Un contenu correct mais qui manque de finition

Côté modes de jeu, rien de bien surprenant : possibilité de faire des matches amicaux, de participer à différents tournois (coupe de l’UEFA en tête), de se lancer dans 3 modes carrière différent : Master League, où il faut gérer une équipe entière en tant qu’entraineur, Become a Legend où il est question de ne contrôler qu’un seul joueur en tentant de mener sa carrière à bien et My Club, assez proche de la Master League dans le fonctionnement, mais qui dispose de fonctionnalités en ligne et d’une gestion des transferts plus poussés.

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La Master League permet de coacher une équipe pour tenter de la faire briller en compétition !

Si les modes de jeu n’ont rien de surprenant et sauront occuper la plupart des joueurs pendant un bon moment, ils sont teintés de petits défauts qui ne les rendent pas forcément très attractifs sur de longues sessions de jeu. On déplorera par exemple des problèmes de matchmaking durant les sessions en ligne où les moins chanceux devront poireauter un bon quart d’heure avant de trouver un adversaire. Ceci étant, les dernières maintenances semblent avoir résolus en partie ce problème et durant le test, aucun problème de latence n’a été constaté durant les matches. Difficile de dire si les éventuels problèmes de connexion viennent du jeu ou si elles viennent tout simplement d’une mauvaise connexion de certains joueurs.

Le mode Master League ne présente pas non plus une interface très intuitive et le défilement des jours de l’agenda, un peu à la Persona, est très souvent pénible à supporter quand durant 3 dates d’affilées, il ne se passe rien et que le jeu enchaîne les écrans pour nous dire qu’effectivement, il n’y a rien de spécial prévu ce jour là. L’habillage graphique se contente du minimum syndicale ce qui, pourtant, ne semble pas améliorer les temps de chargement et la vitesse d’affichage des menus.

Le mode My Club est un bon « copier/coller » du mode Ultimate Team de FIFA. Au moment du test, il connaissait quelques soucis au niveau des possibilités de transferts des joueurs et des problèmes de liaisons avec les joueurs en ligne. Le modèle économique est discutable, même si, globalement, il n’est pas nécessaire de débourser le moindre sous pour peu que l’on soit patient. Mais les joueurs qui ont 100€ à claquer en pièces virtuelles pourront s’offrir plus rapidement les meilleures footballeurs, forcément.

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Pro Evolution Soccer 2015 sur Playstation 4 revient de très loin et devrait satisfaire sans aucun soucis les amoureux du ballon rond. Il fut une époque où on choisissait Fifa pour toutes ses licences, malgré son côté arcade dans le gameplay, ou ISS/PES pour son approche plus réaliste et plus stratégique. Cette année, pour la première fois, on peut dire que ce choix se présente de nouveau et que si PES 2015 est encore très perfectible, il redonne aussi très largement ses lettres de noblesses au genre et respire véritablement un amour de la discipline. Si seul le gameplay et le sentiment de réaliser de vrais but de foot vous intéresse plus que de disposer d’une grosse quantité de stades et de clubs, PES 2015 s’impose cette année comme un choix judicieux qui vous donnera vraiment le sentiment d’accomplir de véritable matches, à condition de vous impliquer un minimum sur le plan tactique. Rare sont les jeux où, même dans la défaite ou un match nul, il est possible d’être très satisfait de sa performance. Il faudra cependant se montrer indulgent sur la partie online qui ne semble pas encore tout à fait au point encore sur le matchmaking : un problème qui semble cependant trouver une issue positive ces derniers jours. 

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