[Critique] Electric Boogaloo
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Deuxième documentaire sur la Cannon sorti ces derniers mois, Electric Boogaloo, de Mark Hartley, retrace l’histoire de la firme mythique du cinéma bis, à travers un documentaire exhaustif et objectif, mais surtout empreint de nostalgie envers les meilleurs nanars des années 80.

Les débuts de Chuck Norris et de Jean-Claude Van Damme ? C’est eux. Massacre à la Tronçonneuse 2 ? Encore eux. Over the Top, le plus gros bide commercial de la carrière de Stallone ? Devinez qui… Longue est la liste des productions de la Cannon, et derrière elle, des deux cousins Menahem Golan et Yoram Globus.

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Avec Electric Boogaloo, Mark Hartley nous (re)plonge au cœur la mythique firme, à travers de nombreuses interviews, des images d’archives et des extraits de films toujours bien choisis.
Sans jamais les interviewer (puisqu’ils ont refusé de participer au documentaire, sortant leur propre film, The Go-Go Boys), Mark Hartley retrace l’histoire de Menahem Golan et Yoram Globus, deux cousins originaires d’Israel, qui après avoir connu quelques succès dans leur pays se lancent aux Amériques, en rachetant la Cannon Company. Spécialisée dans les films à petit budget, la firme devient sous leur impulsion et leur boulimie de production, l’emblème du cinéma alternatif et du nanar, dans l’ombre des blockbusters hollywoodiens.

Sans langue de bois, les intervenants rappellent les méthodes discutables (et discutées) des deux cousins, dont la recette est des plus simples : rogner au maximum sur les dépenses, dose d’action et des plans érotiques pour attirer un maximum de spectateurs. La Cannon surfe ainsi sur la vague des succès de l’époque. Indiana Jones engendre donc Allan Quatermain, ils sortent America 3000 après Mad Max ou encore American Warrior 1, 2, 3 et 4 pour surfer sur la vague ninja…

Sylvester Stallone et Menahem Golan

Sylvester Stallone et Menahem Golan

Privilégiant la quantité au détriment de la qualité (et du bon goût), la Cannon produit jusqu’à 50 films par an. Et ratisse très large. Des actioners patriotico-décérébrés (Over the Top, American Ninja, Cyborg…) au film d’horreur (Massacre à la Tronçonneuse 2), en passant par la comédie musicale foireuse (The Apple) et par les productions érotiques douteuses (L’Amant de Lady Chatterley, L’invasion vient de Mars, Lifeforce…), la Cannon a également produit du Godard, (King Lear), du John Cassavetes (Love Streams) ou encore du Franco Zeffirelli (Othello).

Les intervenants reviennent avec nostalgie, et parfois aussi, avec consternation sur les choix étranges des deux producteurs, à grands renforts d’anecdotes improbables, comme la course pour produire un film sur la lambada avant une société concurrente, ou le choix d’accorder à Stallone un cachet de 12 millions de dollars pour Over The Top, le plus grand échec commercial de sa carrière….

Dolph Lundgren dans Electric Boogaloo

Dolph Lundgren dans Electric Boogaloo

 

Avec un montage dynamique, et des intervenants que l’on prend plaisir à (re)voir en interview ou même en images d’archives, (Tobe Hooper, Dolph Lundgren, Michael Dudikoff, Charles Bronson, Jean Claude Van Damme, Chuck Norris, Sybil Danning, Sharon Stone, Franco Nero, Barbet Schroeder ou Luigi Cozzi…), Electric Boogaloo dresse un portrait sincère et attachant de la Cannon et donnera envie aux nostalgiques de revoir ces chefs d’œuvre du cinéma d’exploitation.

Electric Boogaloo, sorti le 15/01 chez Luminor

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POUET

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