DC annonce DC Super Hero Girls
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Il y a des annonces qui font plaisir, mais qui en même temps vous emplissent de crainte. L’excitation mêlée au doute.
C’est le cas avec cette annonce de DC : DC Entertainment et Warner Bros. Animation lancent Super Hero Girls. En partenariat avec Mattel.

Super Hero Girls, qu’est-ce donc ? Un univers « prévu pour les filles de 6 à 12 ans […] et centré sur les super-héroïnes et les super-vilaines de l’univers DC ». Les personnages seront mis en scène pendant leur adolescence, quand elles ne connaissent pas encore tout leur potentiel, et qu’elles le découvrent peu à peu.
On aura donc de jeunes Wonder Woman, Batgirl, Poison Ivy, Katana ou encore Bumble Bee (sans doute rejointes par d’autres encore) en proie aux émois adolescents version super-héros : qui suis-je ? A quoi je sers ? Qu’est-ce qu’une héroïne ? Suis-je digne d’en être une ?

DC Super Hero GirlsDiane Nelson, la présidente de DC Entertainement, explique que « DC Hero Girls est l’incarnation de [leur] stratégie sur le long terme pour exploiter au mieux le potentiel de [leurs] personnages féminins ». Et elle est très contente de pouvoir offrir « des modèles forts, d’une façon unique, juste pour les filles ».

Ce projet débutera en automne 2015, avec une « expérience numérique immersive » et interactive, puis continuera début 2016 avec « des films télévisés, des films en direct-to-video, des jouets, des vêtements, des livres, et bien d’autres choses encore ».

Et Mattel dans tout ça ? Sans surprise, Mattel sera chargé de la réalisation des jouets. On nous promet (enfin « nous »… on promet aux enfants, surtout x) des poupées aux corps « puissants et athlétiques, qui tiennent toutes seules des poses héroïques ». Ça changerait nettement de Barbie, la femme qui a perdu huit mètres d’intestins et six côtes pour que sa taille soit extra-fine.
Après, Mattel prétend que ces jouets « enrichiront [son] catalogue, qui contient déjà des filles puissantes », et là, du coup, on peut frémir de peur, parce que manifestement, on a pas la même vision de la force et de la puissance…

A noter que Lego sera aussi de la partie, pour produire des jeux qui stimuleront « l’imagination des filles ».

Olala ma chérie, ça va pas DU TOUT pour la force et la puissance là.

Olala ma chérie, ça va pas DU TOUT pour la force et la puissance là. Et ne parlons pas des fashion faux pas.

 

Loin de nous l’idée de voir le mal partout MAIS… On parle de Mattel. Mattel pour les filles, c’est Barbie, c’est Monster High, c’est les Polly Pocket, des univers extrêmement genrés, sans même parler de l’image de la femme qu’ils véhiculent.
De la même façon, l’annonce de DC insiste lourdement sur le fait que DC Super Hero Girls, c’est pour les filles : le mot « girls » est assez utilisé pour que ça devienne suspect.

D’un autre côté, le poster illustrant l’annonce est mignon comme tout : les héroïnes ont certes des têtes de princesses Disney, et elles sont loin d’être taillées comme des athlètes, mais on est pas non plus dans la morphologie squelettique et dans le rose bonbon de séries dites « pour filles », comme Winx Club.

Elles aussi, elles ont vendu leurs intestins et leurs côtes. Sans doute pour acheter leurs chaussures.

Elles aussi, elles ont vendu leurs intestins et leurs côtes. Sans doute pour acheter leurs chaussures.

 

Cette insistance sur le fait que ce nouvel univers soit pour les filles n’est donc peut-être qu’un moyen maladroit de dire aux gens : « Hey ! On vous a entendus, voici des héroïnes et des jouets comme vous vouliez ».

De plus, il ne faut pas oublier que Barbie se vend moins bien qu’avant, sans doute car elle n’a pas su s’adapter au XXIème siècle. Et Mattel a perdu les droits sur Frozen au profit d’Hasbro, principalement parce que son concurrent était justement plus moderne dans son approche des jouets pour filles. Il n’est donc pas exclu que Mattel profite de cette nouvelle licence pour se mettre un peu à la page. Et qu’on échappe à Barbie Wondie et à son avion de Barbie invisible.

Enfin, Warner Bros. Animation fait en règle générale un travail plutôt honnête sur les licences DC, et l’une des scénaristes, Shea Fontana, indique que Gail Simone est une de ses sources d’inspiration. On a connu pire pour le traitement des personnages féminins.

S’il est dommage qu’en 2015 on se sente encore obligé de faire du marketing genré pour un univers pour enfants, le cap promis par DC Entertainement n’en est pas moins prometteur, ouvrant potentiellement la porte un peu plus grand aux super-héroïnes. 

Via dccomics.com et le site de Mattel

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L'auteur

Fille de Mary Poppins et Xena la Guerrière, aime se promener dans les bois pluvieux. Avec une console. Ou un comics. Avant que les cylons n'arrivent...

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