[Critique] Pyramide, de Grégory Levasseur
Share

Grégory Levasseur, co-scénariste de la plupart des films d’Alexandre Aja (Haute Tension, La Coline a des Yeux, Mirrors, Piranha 3D), passe pour la première fois derrière la caméra, et nous livre Pyramide, première réalisation totalement dispensable.

En Égypte, en plein désert, des archéologues découvrent une mystérieuse pyramide unique en son genre. En y pénétrant, ils vont affronter bien plus qu’une malédiction. Ils sont piégés au cœur d’un labyrinthe, et quelque chose les traque…

Co-scénariste (Haute Tension, La Coline a des Yeux, Mirrors, Piranha 3D) et ami de longue date d’Alexandre Aja, Grégory Levasseur fait son entrée dans le club des réalisateurs d’horreur, et pas par la grande porte. Sacrifiant mise en scène et réalisation sur l’autel du budget, Pyramide est un énième found footage horrifique filmé avec les pieds, aux images sombres et peu lisibles. Si le found footage est souvent choisi pour son côté low cost, encore plus que pour le côté immersif supposé, on ne comprend pas vraiment le choix de Grégory Levasseur d’y ajouter quelques images à la réalisation classique en cours de film… Le résultat est encore plus fouilli et brouillon, mais ce n’est pas là le seul choix discutable.

"Oh regarde, le scénario est écrit sur ce mur ! Non j'déconne, y en a pas en fait !"

« Oh regarde, le scénario est écrit sur ce mur ! Non j’déconne, y en a pas en fait ! »

 

Malgré une tentative de contextualisation pas inintéressante dans une Egypte en conflit, le film enchaine les codes et même les clichés du genre comme on enfile des perles. Le scénario est l’un des gros points faibles du film, un comble quand on sait ce que Levasseur est capable d’écrire. Ecrit par deux illustres inconnus : Daniel Meersand et Nick Simon, le script fourmille d’idées au départ et lance plusieurs pistes, qui au final ne sont pas exploitées.

Après ça, Pyramide se contente de suivre un déroulement des plus classiques, enchaînant mécaniquement les morts des personnages-clichés pour lesquels on n’a pas la moindre empathie. Les pièges ne sont pas très élaborés et le décor de la pyramide est désespérément sous-exploité. L’un des rares points positifs du film est la (tentative de) mise en place d’une tension, tant que la menace qui rôde n’est pas réellement montrée. Le film essaie de faire monter la sauce, à la manière d’un Jaws qui ne montre son requin seulement dans la seconde moitié du film. Mais ici cela ne prend pas car la créature se révèle plutôt grotesque, la faute au manque de moyens et aux CGI cheap.

"Oh mon dieu, des chats-momies !"

« Oh mon dieu, des chats-momies ! »

 

Les seuls moments où l’on sursautera vaguement se limiteront seulement à quelques jump scares qui tireront le spectateur de sa léthargie. Les acteurs, quant à eux, font avec ce qu’ils ont, c’est-à-dire pas grand-chose, et animent donc des personnages totalement stéréotypés sans background : l’archéologue old school (Denis O’Hare, American Horror Story) et sa fille (Ashley Hinshaw, True Blood) qui incarne la nouvelle vague, l’équipe de journalistes (James Buckley, The Inbetweeners), le petit copain un peu nase… On n’oubliera pas non plus le sacro-sein (oh oh oh, El Nioco, elle est pour toi celle-là) plan boobs totalement gratuit, dans le cahier des charges des clichés du genre.

Avec certainement pour références The Descent, Pyramide lorgne finalement plutôt du côté du très mauvais Catacombes sorti l’an dernier… Le film s’avère être huis clos dénué de tension qui se regarde sans la moindre passion ni empathie, jusqu’à un acte final navrant qui enfonce le clou. Mais on ne vous en dira pas plus sur la nature de la malédiction et de la bestiole qui hante la pyramide, on laisse aux plus courageux le loisir de le découvrir par eux-mêmes…

"Oh une galerie qui nous mènera vers une mort certaine... Allons-y gaiement !"

« Oh une galerie qui nous mènera vers une mort certaine… Allons-y gaiement ! »

 

Alignant les clichés et les mauvais choix, paresseux dans l’écriture, la mise en scène et la caractérisation des personnages et souffrant d’un manque de budget, Pyramide se révèle être un plantage sur toute la ligne, un galop d’essai totalement raté Grégory Levasseur, qui bénéficie, grâce à l’ami Aja à la production, d’une sortie en salles, alors qu’on simple DTV aurait amplement suffi.

Pyramide, de Grégory Levasseur, sortie en salles le 6 mai 2015.

Share
Alexandre Aja archéologue Egypte Grégory Levasseur momie Patrice Lafont pyramide The Pyramid
L'auteur

POUET

Pas encore de commentaire.

Laisser un commentaire.