[Review série] The Flash saison 1
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Après deux saisons d’Arrow, CW a décidé qu’un super-héros à l’antenne, ça ne suffisait plus, et a donc lancé The Flash.
A l’origine de The Flash, on retrouve Greg Berlanti, Geoff Johns et Andrew Kreisberg, qui travaillent déjà sur Arrow, avec les résultats que l’on connait…
Ont-ils fait mieux avec Barry Allen qu’avec Oliver Queen ?

Cette critique ne spoile pas les événements importants de cette première saison, sauf sous les balises spoilers.

Synopsis

Barry Allen (Grant Gustin) est un jeune technicien de la police scientifique de Central City. Sa vie est tout à fait normale, si on excepte le fait que son père (John Wesley Shipp) est emprisonné à tort pour le meurtre de sa mère, assassinée dans des conditions mystérieuses (aaaaambiaaaaance !) et qu’il est amoureux de la fille de son père adoptif (parce qu’il fallait bien quelqu’un pour s’occuper du petit Barry, une fois la mère au cimetière et le père en prison).
Mais un soir d’orage, tout bascule : Barry est frappé par la foudre au moment même où l’accélérateur à particules de la ville explose. Cet accident le plonge dans le coma, et, à son réveil, il s’aperçoit qu’il peut courir très vite. Mais vraiment très vite.
Aidés par les trois scientifiques responsables de la création de l’accélérateur à particules, Barry va apprivoiser ses pouvoirs, et tenter de comprendre ce qui est arrivé à sa mère.

Cette première saison est tout à fait classique pour une première saison de super-héros : Barry découvre ses pouvoirs, réfléchit à ce qu’il va pouvoir en faire, tente de cacher son identité, doute de lui, etc.
On a donc, particulièrement dans la première moitié de la saison, un schéma classique « du méchant de la semaine ».
En règle générale ces vilains ne sont pas très profonds ni très intéressants, mais ils permettent de poser quelques bases :
– l’impact réel de l’explosion de l’accélérateur sur la ville
– le rôle de chacun dans la Flash Team
– les différentes possibilités offertes par les pouvoirs de Barry.

The Flash flashEt on se retrouve, en règle générale, avec un vilain qui botte le petit cul rouge de Flash, Flash qui doute auprès de ses potes scientifiques, Cisco Ramon (Carlos Valdes), Caitlin Snow (Danielle Panabaker), et Harrison Wells (Tom Cavanagh). Puis, Cisco expliquera pourquoi Barry a perdu et/ou inventera un truc pour gagner, Caitlin le soignera et s’inquiètera et Wells lui susurrera des trucs feng-shui à l’oreillette pour le booster, genre : « sois le vent », « aie confiance ».
Dis comme ça, ça parait un peu flan, mais le trait est volontairement grossi. En réalité, ça marche assez bien sur la première partie de la saison, car il y a plein de choses à mettre en place, et ces méchants en série permettent de découvrir les pouvoirs de Barry, les personnages, et les différentes forces à l’oeuvre de façon efficace, à défaut d’être originale.

D’ailleurs, si les « méchants de la semaine » ne sont pour la plupart que des prétextes, et auraient pu être très ennuyeux sur toute une saison, le grand méchant lui est plutôt réussi : très ambigu, très inquiétant, assez complexe (quoi qu’un peu fou, au final), et très bien interprété, ce qui relance la saison dans sa deuxième partie.

Tout comme les ennemis sont de qualité variable, la qualité d’écriture est elle aussi assez aléatoire.

Caitlin et Cisco par exemple, mettent du temps avant de réellement trouver une place, un rythme, un rôle bien défini : dans les premiers épisodes, ce ne sont vraiment que des sidekicks, et on peine à leur trouver un intérêt.

Caitlin, Harrison et Cisco sont AU TAQUET

Caitlin, Harrison et Cisco sont AU TAQUET

 

Joe West (Jesse L. Martin), de son côté (le policier qui a recueilli Barry suite à la mort de sa mère), est plutôt bien écrit au début de la saison : sa relation avec Barry est touchante et sincère, c’est un père célibataire efficace, mais aussi un policier mesuré… Bref, c’est un personnage cool.
Et puis d’un coup, les choses se gâtent, et il devient un peu… Un peu bête. Concrètement, il se retrouve atteint du syndrome : « c’est pour ton bien », et se met à entourer sa fille Iris d’un tissu de mensonges, pour la « protéger ».
Qu’un père veuille protéger sa fille, c’est en soi parfaitement compréhensible, mais l’acharnement de Joe est clairement pathologique, et complètement en opposition avec ce qu’on apprend du personnage dans les premiers épisodes.

Hey Joe, where you goin' with that gun in your hand ?

Hey Joe, where you goin’ with that gun in your hand ?

 

De façon inverse, Eddie Thawne, le coéquipier de Joe, commence comme un personnage relativement antipathique, mais se révèle être un gars plutôt bien, quoi que vaguement benêt par moments, et il bénéficie d’une écriture cohérente qui le fait évoluer.

Globalement donc, les personnages ont leurs hauts et leurs bas (Barry y compris, lui qui rejoint Joe dans son mensonge maladif pour « protéger » Iris), mais chacun arrive à trouver sa place, et les relations qui en découlent font le charme de la série. Du moins pour les personnages principaux, puisque, comme on l’a déjà dit, les « méchants » ont tendance à être très plats.

Caitlin aime bien tripoter Barry.

Caitlin aime bien tripoter Barry.

 

Mais si vous avez un peu suivi, vous êtes sans doute rendus compte qu’il y a un personnage dont on n’a pas parlé : Iris. Iris, la fameuse « protégée », la fille de Joe, l’amour de Barry…
Pour faire simple, la façon dont est écrite Iris est une insulte au personnage, une insulte à l’actrice, une insulte à l’intelligence des spectateurs.
Evidemment au début de la série, elle était un peu agaçante à vouloir fouiner partout pour savoir qui se cache derrière le masque de Flash. Mais elle avait aussi le potentiel d’être attachante.
Et puis les scénaristes ont du croire que ce serait compliqué de faire traîner son enquête, de faire traîner son histoire avec Barry, alors… Ils lui ont mangé le cerveau. Et ont fait en sorte que son père se comporte comme un parfait balourd paternaliste.

Attentiooooon, Iris PENSE.

Attentiooooon, Iris PENSE.

 

Ça donne des scènes à la limite du regardable, qui font en tout cas bien grincer des dents, tellement c’est bête, tellement c’est gratuit.
Oh, et puis bien sûr, elle retrouve son cerveau comme par magie quand l’histoire en a besoin… Non les gars, Laurel de chez Arrow n’est pas l’exemple du personnage parfait, inutile de copier ce que vous avez fait avec elle.

Au final, on a donc une série pas forcément ultra originale, avec des défauts, certains personnages sont écrits avec les pieds, on nous ressort encore et toujours le vieux coup usé et abusé du triangle amoureux, et il ne faut pas être trop trop regardant sur la cohérence de certains événements, ni sur la facilité avec laquelle Cisco et Caitlin inventent et fabriquent des gadgets fonctionnels pour aider Barry.
Quant aux acteurs, si certains comme Tom Cavanagh ou Jesse L. Martin sont assez bons, le reste du casting est parfois un peu plus léger.

On est mignons.. Aimez-nouuuus.

On est mignons.. Aimez-nouuuus.

 

Cependant, ça fonctionne à peu près. Déjà, parce que le ton est léger : on est pas chez les dépressifs de Starling City, et ça fait du bien.
Ensuite, parce que les personnages ne se prennent pas pour ce qu’ils ne sont pas : Barry ne prétend pas être un justicier qui a tous les droits (coucou, Oliver Queen… BISOUS), Cisco ne manque pas d’humour ni de second degré et Caitlin, quoi que plus effacée, n’est pas la dernière non plus ni pour la déconne, ni pour reconnaître ses erreurs. Et ça fait du bien tous ces gens qui ne prétendent rien et qui prennent les choses comme elles viennent. Et donc comme ils peuvent.
Et puis globalement, le trio Cisco-Caitlin-Barry est mignon. Ils sont attachants tous les trois, et leur dynamique est fraîche et agréable.

Ohé ohé Captain Cold s'est évadéééééé

Ohé ohé Captain Cold s’est évadéééééé

 

On peut ajouter à ça une pelletée de clins d’oeil : John Wesley Shipp, pour rappel, jouait Flash dans la série des années 90, Amanda Pays qui jouait le Dr. McGee dans cette même série vient faire un petit coucou, idem pour Mark Hamill qui nous offre au passage une scène assez énorme, (ou assez ridicule, selon le point de vue), et d’autres choses encore qu’on ne peut citer ici sous peine de spoil violent.
Sans oublier le grand méchant qui, comme nous l’avons dit, est très efficace. Ses motivations sont basiques, mais les relations qu’il tisse et son coté inquiétant rattrapent largement ce défaut.

Le final quant à lui offre de grands moments d’émotion, et apporte un dénouement à presque tout ce qui est mis en place depuis le début de la saison concernant le héros : Barry passe une étape dans son initiation de super-héros, et il est prêt pour la suite.
Après, sur le final en particulier, nous réservons notre jugement jusqu’au premier épisode de la saison 2 quant à sa cohérence.
Attention GROS SPOILER sur l’épisode final :

Montrer »

Car comme c’est souvent le cas avec les voyages temporels, on a ici un paradoxe : en empêchant la naissance du vilain, on empêche aussi tout un tas de trucs, notamment la possibilité d’empêcher le vilain d’exister, puisque ce qui motive le geste d’Eddie, c’est justement le vilain : s’il n’existe pas, Eddie ne se suicide pas. Et s’il ne se suicide pas, ben… Reverse Flash existe. Donc Eddie se suicide. Donc Reverse Flash ne naît pas. Donc Eddie ne se suicide pas. Etc, etc.
MAIS l’énorme trou noir qui surgit à la fin de l’épisode est peut-être l’expression de ce paradoxe. A suivre donc.

Non, The Flash n’est pas la Joconde des séries télé, loin de là, mais offre cependant un divertissement agréable si vous accrochez aux personnages principaux, même si les fans du comics d’origine n’y trouveront peut-être pas leur compte. Mais Grant Gustin est si mignon, c’est dur de ne pas être charmé.
Il faut espérer que l’ensemble continue sur cette lancée, le potentiel est clairement là, et le final offre de nombreuses opportunités.
Cependant, ce qu’on pardonne lors d’une première saison parce que certains protagonistes sont sympas, que le ton est léger et qu’il faut bien prendre le temps de placer l’univers de la série, ça ne passera pas forcément lors de la deuxième. Il va donc falloir veiller à améliorer certains personnages (coucou Iris… BISOUS), à travailler les méchants et à faire attention aux incohérences scénaristiques.

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L'auteur

Fille de Mary Poppins et Xena la Guerrière, aime se promener dans les bois pluvieux. Avec une console. Ou un comics. Avant que les cylons n'arrivent...

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