[Test PS4] Project CARS
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A l’origine de Project CARS, on trouve Slightly Mad Studios (connu pour Need For Speed : Shift et Shift 2), mais surtout un financement quasiment indépendant, les fonds ayant été levés par les développeurs via les futurs joueurs, et via une plateforme dédiée, World Of Mass Development. On a ainsi parlé d’un jeu « par les joueurs pour les joueurs », puisque ce financement a impliqué toute une communauté dans les différentes étapes de la création.
Reporté plusieurs fois, Project CARS est enfin sorti le 7 mai dernier en Europe.
Un jeu développé en consultation avec une communauté de joueurs promet du gameplay efficace : Kiki & Simone vont-ils enfin avoir un jeu de conduite sur lequel s’éclater ?

Project CARS se positionne sur de la simulation de pilotage et non sur de l’arcade. Même si la manette est paramétrable, un volant sera donc le bienvenu pour les puristes.

Ensuite, l’ensemble du jeu et des voitures vous est ouvert, et vous pouvez donc :

– Entamer une carrière de pilote automobile
– Faire une course libre que vous aurez entièrement paramétrée au préalable
– Faire un week-end de course
– Attaquer le multijoueur en rejoignant une course en ligne ou en paramétrant vous même un lobby

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Aurigab in da place

 

Comme son nom l’indique, la carrière vous permet de mener une (ou plusieurs) saisons de courses automobiles. Vous pouvez choisir de commencer au plus bas niveau, avec les karts, puis grimper peu à peu les échelons, saison après saison. Ou bien vous pouvez attaquer directement en Formule 1. C’est vous qui voyez.
Quelle que soit la catégorie choisie, les courses se dérouleront en règle générale de la même façon : des essais, pendant lesquels vous allez reconnaître le circuit, tenter des réglages, etc., puis des qualifications, pendant lesquelles vous devrez faire le meilleur temps possible, pour avoir la meilleure place sur la grille de départ, et enfin, la course en elle-même.

Et in da l'embarras du choix de carrière.

Et in da l’embarras du choix de carrière.

 

Selon le nombre de tours de la course et la météo, vous devrez vous arrêter aux stands pour refaire le plein, adapter les pneus, changer un réglage…
Car oui, la météo est dynamique. Il ne sera donc pas rare d’attaquer une course en plein soleil et de la finir sous une pluie battante.

De façon tout à fait classique, vous marquez plus ou moins de points selon vos classements en course : si vous engrangez plus de points que vos concurrents, vous gagnez le championnat.

Selon vos résultats, vous recevrez des invitations pour des événements ponctuels ou des championnats à mener en parallèle de votre championnat principal. Une manière sympathique de varier les plaisirs et les catégories.

Les réseaux sociaux sont en ÉBULLITION

Les réseaux sociaux sont en ÉBULLITION

 

Si vous êtes bien classé en fin de saison, vous recevrez des offres de contrats ; à vous de choisir : rester dans la même écurie sur la même catégorie et défendre votre titre, changer de catégorie, changer d’écurie ET de catégorie…
Enfin, sachez qu’une sorte de faux fil d’actualités Twitter est présent sur la page d’accueil du mode carrière : selon la qualité de votre pilotage, et donc, vos résultats, vous verrez des commentaires de fans en délire, ou au contraire très déçus.

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C’est assez drôle, même si les commentaires sont répétitifs (et un peu surjoués… La foule en délire pour un championnat de karts ? Vraiment ?) et les unes de la presse sportive vaguement ridicules (oui. Parce que vous répondrez des trucs du genre : « c’est gagner qui nous motive. »… Sans rire ?)
En parlant de commentaires répétitifs, sachez que votre ingénieur en chef vous parle parfois pendant la course. Ça fait un peu bizarre, puisque le son sort de la manette et non de l’écran, mais ça ajoute un peu à l’immersion, du moins au début. Par la suite, les commentaires finissent par se répéter, et l’auteure de ces lignes avait vaguement l’impression d’être une femme sur le point d’accoucher, vu que l’ingénieur ne cessait de répéter « Nice job, KEEP PUSHING KEEP PUSHING ».

On commence pépère, comme Mario

On commence pépère, comme Mario

 

A côté de ce mode carrière, comme tous les circuits et toutes les voitures sont disponibles, vous pourrez également vous amuser sur des courses uniques : à vous la Côte d’Azur ! (ben oui pour se détendre, c’est mieux la Côte d’Azur que les circuits pluvieux d’Angleterre….).
Ou encore organiser une petite course en multijoueur, pour laquelle vous pourrez TOUT choisir : le nombre de tours, le type de voiture, les aides à la conduite autorisées ou non, le circuit, la météo…
Le système de pénalités incite les joueurs à jouer fair-play, et à éviter de caramboler à tout va, ce qui est plus agréable à jouer.
De plus, lors des contre-la-montre, vous pouvez choisir votre fantôme, et donc vous servir du meilleur pilote sur le circuit pour améliorer votre propre conduite.

Quel temps de chien...

Quel temps de chien…

 

Sur la piste, le pilotage nécessaire à la victoire est précis : on est dans de la simulation de conduite, pas dans un jeu orienté arcade. Il va donc falloir reconnaître les circuits, les virages, pour trouver la courbe et la vitesse idéales : Project CARS est un jeu qui demande de l’entraînement pour grimper au sommet du podium.

En contrepartie, si le pilotage est exigeant, les voitures ont un comportement cohérent : elles ne se mettront pas à glisser d’un coup sans que vous ne sachiez pourquoi, elles ne partiront pas gratuitement en tête-à-queue.
Evidemment, chaque type de voiture a son comportement propre, vous ne pilotez pas une Ford Focus comme un prototype des 24h du Mans.

Ford Focus + pluie = catastrophe

Ford Focus + pluie = catastrophe

 

Et vous pouvez tout régler. TOUT. Le niveau de l’IA, le nombre de tours pour la course, le nombre d’aides à la conduite, la pression des pneus, les suspensions, la boîte de vitesse, la consommation en carburant, la vitesse d’usure des pneus, et plein d’autres choses encore.
Vous pouvez même régler la façon dont les informations s’affichent à l’écran, en course : où mettre le compteur vitesse, où mettre le chrono, etc.
De quoi passer des heures à trouver le réglage parfait, pour les puristes.

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C’est pas faux….

 

Il y a aussi pas mal de vues de conduite : la vue « casque » est très immersive, même si elle ne conviendra pas à tout le monde (parce qu’entre la visière et le pare-brise, on se fait vite peur x).

Les graphismes sont tout à fait corrects, même si certains effets de vitesse et de lumière sont moins convaincants que dans DriveClub par exemple.
Mais les voitures sont bien rendues, et les effets de pluie également.
Il est à noter que simulation oblige, il n’y a de musique que dans les menus. Une fois sur la piste, seuls les bruits des pneus et de votre moteur vous chatouilleront les oreilles. Ce qui est impeccable pour l’immersion.

On y voit figue et noix

On y voit figue et noix

 

Le jeu n’est pas parfait, et certains points ne manqueront pas de déplaire.
Par exemple, il y a peu de voitures disponibles. On en compte environ 65 (environ, le nombre peut varier selon les DLC de précommande ou autre), réparties sous 25 marques et 7 catégories. Ce qui fait qu’au final, il n’y a pas un choix folichon dans chacune des catégories.
Cependant, le but du jeu est clairement de faire en sorte que le joueur maîtrise son véhicule, pas qu’il les collectionne pour juste les admirer dans son garage.
De la même façon, on trouve 72 tracés. Pour certains ce sera largement suffisant, pour d’autres, non.
Il y a également du lag dans les menus lorsque vous faites défiler les véhicules pour les choisir ou les régler. Il faut espérer que ce problème soit résolu rapidement.

On s'arrache Aurigabi...

On s’arrache Aurigabi…

 

L’IA est assez aléatoire : parfois, elle évitera les collisions, parfois elle sera agressive, on ne sait pas trop sur quel pied danser. En même temps, ne pas être prévisible peut aussi être perçu comme une qualité.
Là où l’IA est un peu plus faiblarde, c’est quand elle pilote votre véhicule : sur certaines courses, comme les courses d’endurance, qui sont très longues, vous pouvez demander un « changement de pilote » lorsque vous passez aux stands. Une IA prendra alors le relais en prenant votre temps moyen sur le circuit comme référence. Le problème, c’est qu’elle ne sait pas bien doubler, et qu’elle perdra donc souvent du temps pour rien.

C'est pas faux non plus

C’est pas faux non plus

 

D’ailleurs, puisqu’on parle des courses d’endurance, le minimum pour les 24h du Mans, c’est DEUX HEURES. Deux heures, ça pourra paraître un peu long à certains.

On peut également noter que lorsqu’on utilise le bouton « Share » de la manette, le jeu ne se met pas en pause : lorsque vous sortez du menu de capture d’image de la console et que vous revenez dans le jeu, votre voiture a continué à faire sa vie… Vous êtes donc souvent dans le décor. Il y a certes un menu « photo » qui vous permet de faire de belles captures, d’appliquer des filtres et d’exprimer pleinement votre créativité, mais ce mode vous place par défaut à l’extérieur du véhicule, et rend donc impossible les captures d’écran en vue subjective.

Oui, y  a des filtres de hipster. SO WHAT ?

Oui, y a des filtres de hipster. SO WHAT ?

 

Et puis dans un jeu où on peut tout tripoter et tout personnaliser, il est dommage, même si tout à fait anecdotique, qu’on ne puisse personnaliser l’apparence des voitures. Alors attention, on ne fait pas ici référence aux vinyles et néons fluo d’un goût douteux des jeux comme Need For Speed, mais pouvoir faire sa propre livrée, sobre et élégante, pour sa propre écurie, c’eut été sympathique.

Quant aux graphismes, ils sont jolis sans être une grosse claque sur console.

On peut TOUT régler.

On peut TOUT régler.

 

Mais ces défauts ne nuisent en rien au plaisir des courses. Le jeu est exigeant au niveau du pilotage, c’est sûr, et les effets sont peut-être moins saisissants que dans DriveClub, mais une fois sur la piste, c’est le pied.
Le pied parce que votre voiture est réglable à l’envi. Pour les joueurs qui s’y connaissent, c’est génial de pouvoir régler la pression des pneus pour gagner le poil d’adhérence qui manque sur tel ou tel circuit, et ainsi gagner les quelques centièmes nécessaires à un record. On se sent maître de son véhicule, et tant pis si il n’y en a pas foison comme chez certains concurrents.

Hmm, ce délicieux soleil dans MES YEUX

Hmm, ce délicieux soleil dans MES YEUX

 

Le pied, parce que votre voiture réagit de façon cohérente : quand vous ratez un virage, ce n’est JAMAIS parce que le jeu a fait n’importe quoi, ou a décidé que votre voiture ne tournerait pas alors qu’elle avait tourné dans les mêmes conditions les quatre tours précédents. Une course ratée sera toujours ratée à cause du joueur.
Le plaisir de gagner en est décuplé.

Le pied parce que la météo change pendant les courses. Forcément à Dubaï ou sur la Côte d’Azur, il y a peu de chances que la pluie s’invite. Mais sur d’autres circuits, ce ne sera pas le cas.

Le brouillard...

Le brouillard…

 

Vous commencerez la course avec un beau soleil, et au fur et à mesure des tours, arrivera la pluie, ou le brouillard.
Quand la pluie arrive, que faire ? Continuer avec vos pneus en espérant que ça ne soit qu’une averse ? S’arrêter aux standx pour mettre des pneus pluie en espérant que ce ne soit pas qu’une averse ? La petite pointe de stress est plus que bienvenue pour pimenter un peu les courses.

Chaque véhicule se pilote de façon différente, on sent bien que la tenue de route varie, que l’angle de braquage varie, etc. A chaque nouvelle catégorie, il faut apprivoiser la voiture, s’entraîner, tester.

La pluie...

La pluie…

 

Il faut aussi gérer les arrêts aux stands pour renouveler les pneus, faire le plein, changer un réglage…
Au final, quand on gagne une course, ou un championnat, on se sent vraiment gratifié.

Alors cette histoire de réglages justement, et de pilotage précis, ça pourrait effrayer les plus novices. Mais il n’y a aucune raison, justement parce que tout est réglable, tout est paramétrable.
Vous adorez les jeux de voitures, mais vous n’y êtes pas forcément très bon ? *tousse tousse*
Pas de problème : vous pouvez baisser l’IA, diminuer le nombre de tours d’une course, activer des aides à la conduite, désactiver la consommation d’essence et l’usure des pneus. Et augmenter le challenge petit à petit, au fur et à mesure que vous apprivoisez le jeu.

La nuit...

La nuit…

 

Sur votre propre voiture, vous savez à peine vérifier le niveau d’huile et changer les pneus, et vous vous retrouvez fort perplexe devant tous ces réglages ? Ça ne vous empêchera pas de profiter.

On a donc un jeu qui, tout en étant pointu, n’est pas fermé, et demeure accessible à un large public : votre grand-mère Simone peut y jouer, mais votre cousin Kiki, garagiste et passionné de courses peut y trouver son compte aussi.

Slightly Mad met vraiment la course au centre de son jeu, à tel point qu’il n’y pas de « récompense » pour le joueur.

"authenticité". Ok, ça l'est moins avec toutes les aides.

« authenticité ». Ok, ça l’est moins avec toutes les aides.

 

Ici, ce choix divisera sans doute le public : toutes les voitures, tous les circuits et toutes les carrières sont accessibles dès le début. Certains se sentiront sans doute moins motivés : « à quoi ça sert de gagner si je débloque rien ? bouh houhou ». D’autres, au contraire, trouveront ça formidable : être le plus rapide, le meilleur, est l’unique motivation dont ils ont besoin, c’est CA, la vraie récompense.
Et ça évite les heures à traîner des voitures poussives pour farmer des crédits et en acheter d’autres, et les permis plus ou moins artificiels qu’on nous fait passer dans d’autres jeux.

Et puis il y a un côté un peu drôle (dans le bon sens du terme) à voir ces unes sportives et ce flux social après chaque course. On se prête au jeu, on s’investit dans sa carrière. Ça manque un peu de variété pour être pleinement immersif, mais l’idée est bonne.

On va faire un tour à Tours ?

On va faire un tour à Tours ?

 

Slightly Mad offre donc ici un jeu propre. Il y a des défauts, et certains choix ne feront pas l’unanimité, mais le résultat, c’est qu’on se fait plaisir sur les pistes, quel que soit son niveau, pour peu qu’on aime les voitures et la course automobile. 
Il est dommage qu’il n’y ait pas un peu plus de voitures, et il faudra voir comment évolue la communauté des joueurs (le jeu étant exigeant mais très ouvert, les courses en ligne peuvent facilement être déséquilibrées quant au niveau des coureurs). 
Il faudra également voir ce que cachent ces « bientôt disponible » sur le menu, qui donne vaguement l’impression que le jeu n’est pas fini (ou que le budget était un peu court : on est sur un financement hors gros éditeurs), mais globalement, Kiki et Simone sont RA-VIS.

Simone est contente.

Simone est contente.

 

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financement participatif Kiki & Simone namco bandai PC Project CARS PS4 simulation course Slightly Mad Studios voitures XboX One
L'auteur

Fille de Mary Poppins et Xena la Guerrière, aime se promener dans les bois pluvieux. Avec une console. Ou un comics. Avant que les cylons n'arrivent...

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