[Test PS4] Dark Souls II: Scholar of the First Sin
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Près d’un an après sa sortie, Dark Souls II se remet à neuf avec une nouvelle version dont le contenu est également proposé à celles et ceux qui possèdent déjà le jeu d’origine. Malgré les efforts de Bandai Namco et de From Software pour rendre cette mise à jour majeure équitable pour tous, des inégalités persistes et à 50€ la version Playstation 4 et Xbox One, on est en droit de se demander à qui s’adresse vraiment cette édition « tout en un ». Au delà du prix, que doit-on retenir de cette nouvelle version ?

Un méli-mélo d’ajouts pas si compliqué à comprendre

A l’annonce de cette édition Scholar of the First Sin, difficile de parler de communication claire et limpide de la part de l’éditeur, notamment à cause de la version PC : la version d’origine utilise directx 9 tandis que cette nouvelle version exploite les possibilités de directx 11. Mais tous ce qu’il faut retenir, finalement, c’est qu’il existe une version PC directx 11/Playstation 4/Xbox One et une version PC directx 9/Playstation 3/Xbox 360. Le contenu est identique pour toutes les versions, mais Scholar of the First Sin inclut tous les DLC du season pass. La seule différence est donc principalement graphique.
Il est donc intéressant de revenir rapidement sur la politique marketing de Bandai Namco plus que discutable, pour ne pas dire totalement malhonnête, à l’égard de cet opus. Rappelons que le season pass, incluant 3 DLC, a été proposé à peine quelques semaines après la sortie du jeu : un contenu littéralement déjà prêt et qu’on peut suspecter d’avoir été retiré du jeu. Une décision qui semble en total contradiction avec les affirmations des développeurs qui avaient assuré vouloir « proposer l’expérience complète ». Donc est-ce que cette édition de Dark Souls 2 serait finalement arrivée avec un an de retard ?

Ben oui, carrément

C’est le sentiment que l’on a après avoir bien entamé le jeu. Les nouveautés propres au « patch » apporte réellement une difficulté supplémentaire qui renvoie directement à son aîné. La patience est de mise si vous êtes un joueur plutôt moyen, tandis que les vétérans y trouveront là un challenge plus corsé qui mettra leur habilité à rude épreuve. Cette difficulté se traduit non pas par des ennemis plus forts ou plus résistants, mais par l’ajout d’adversaires que l’on ne voyait pas souvent ou par l’emplacement d’ennemis pas forcément super forts, mais bien super chiants, comme des soldats armés d’arbalètes placés stratégiquement et prêts à vous mettre la misère si vous avez le malheur de vous placer à découvert, en tentant de vous défendre contre des adversaires attaquants aux corps à corps aux séquences offensives pas toujours prévisibles . En revanche, si vous trouviez le boss final trop facile, la donne est complètement changée si vous optez pour la seconde fin alternative.

Visuellement, on est plus proche de ce qu’on voyait dans les premières bandes-annonces, le jeu est donc plus beau, même si certains effets ne sont pas aussi réussis et brisent un peu l’immersion en mettant en évidence des textures relativement simplistes. Résultat, il arrive parfois que le lointain horizon ou le ciel paraissent plus proche qu’ils ne le devraient. Les 60fps sont plus qu’agréables pour le confort visuel et on ne dénote que très peu de chute de framerate.

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Concernant le jeu, rien n’a fondamentalement changé, on notera juste que le soft a été patché relativement rapidement pour corriger un problème d’usure des équipements : ce facteur était calculé par rapport au framerate du jeu au lieu de se caler sur le temps et les actions… un problème mineur qui a tout de même de lourdes conséquences sur le titre en fonction de son style de jeu.
Enfin, les 3 DLC, totalement facultatif, apporte un vrai challenge supplémentaire et même en dépassant le niveau 100, vous risquez de connaître quelques moments de galère si vous les découvrez pour la première fois. Mais le jeu en vaut la chandelle étant donné les équipements que vous pourrez trouver dans ces zones et les éléments supplémentaires qu’ils apportent au background de Dark Souls 2.
On ne peut donc s’empêcher de penser que cette version aurait du être celle disponible day one et si les qualités sont là, il est difficile de défendre les choix opérés par From Software et Bandai Namco, malgré les avantages proposés aux premiers acheteurs, d’autant plus que cela ne concerne vraiment que la version PC.

Des qualités toujours présentes

Le titre sur Playstation 4 semble s’adresser, en priorité, à celles et ceux qui n’ont pas encore franchit le pas : on est face ici à une version ultime de Dark Souls II, avec une expérience de jeu telle qu’elle aurait du être proposée dès le départ. Les nouveaux npc sont principalement de nouveaux esprits, alliés comme ennemis. Certains d’entre eux disposent même de comportements relativement proche des joueurs qui viennent envahir votre monde : pour en citer certains, Dennis, un armurier, n’hésite pas à vous narguer si vous galérez ou s’il parvient à vous terrasser ou encore Guthry, une experte en attaque à longue distance, cherchera également à vous assassiner régulièrement dans les pires moments.
Le background du jeu est toujours aussi riche, chaque objet du jeu partageant des détails ici et là de l’univers dans lequel on se trouve, tous comme les différents NPC. Si on évolue dans le royaume de Drangelic, d’autres lieux sont cités : Forossa et le royaume de Mirrah à l’Est, le royaume de Lanafir et de Melfia au Sud, la cité de Volgen à l’Ouest, etc…

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Les personnages sont sans doute moins marquants que dans le premier opus, mais difficile de rester insensible à l’histoire de Lucatiel qui vous demande de ne pas oublier son nom, n’étant pas certaine de s’en souvenir une fois transformée totalement en carcasse, ou de ne pas avoir une pensée pour ce forgeron réduit à l’état de carcasse et qui n’est même pas reconnu par sa propre fille, Chloanne, marchande de cailloux à la mémoire défaillante. Certaines décisions seront parfois difficiles à prendre lorsqu’il vous faudra choisir votre camp entre certains protagonistes, à l’instar de Pate qui est poursuivi par Creighton : les 2 aventuriers cachent un passé bien plus sombre et tenteront chacun de vous convaincre que l’autre n’est absolument pas digne de confiance. Les fans de mythologie y trouveront aussi leur compte et pourront toujours s’amuser à découvrir les différents dieux et héros mentionnés ici et là sur des objets ou à travers certains dialogue : Evlana, déesse de la chasse, Kremmel, le dieu de la lutte, Faraam, le dieu de la guerre vénéré par les chevaliers de Forossa ou encore Quella, le dieu des rêves, font partie des quelques légendes qui nourrissent l’univers de Dark Souls II.

Les amateurs de PvP devraient apprécier les nouvelles stratégies possibles offertes avec les nouveaux objets et le netcode semble globalement efficace, même si, comme souvent, vous serez aussi dépendant de la qualité de la connexion de votre ou de vos adversaires. L’expérience de jeu en ligne est toujours délicate à évaluer mais il faut garder en tête que les développeurs fournissent les outils nécessaires pour narguer ses adversaires et que vous n’êtes pas à l’abri de quelques messages qui ne seront pas forcément d’une grande politesse. Globalement, la communauté est loin d’être toxique et tous les types de joueurs finissent tout de même par y trouver chacun leur compte.

Des nouveautés trop invisibles

Scholar of the First Sin s’annonçait comme une mise à jour majeure du titre d’origine, mais les principales nouveautés qui devaient en faire une force restent finalement difficile à comprendre pour les néophytes. Certaines nouveautés ne sont utiles parfois qu’à un seul moment dans le jeu, comme la possibilité d’invoquer jusqu’à 3 joueurs dans sa partie et de retrouver jusqu’à 6 dans une même session. L’amélioration du netcode et du matchamaking est sans doute présente mais difficile de se faire une idée précise si, de base, on ne rencontrait pas de problème majeure, seuls les vétérans, principalement les fans de pvp, pourront sans doute ressentir une différence.
Des nouveaux équipements font leur apparition et des descriptions ont été mises à jour pour développer plus en détail l’univers du titre : pas non plus de quoi bouleverser le jeu ou les fans.
Finalement, seule la nouvelle fin (et le cheminement pour y parvenir) est l’élément vraiment notable qui justifie l’ajout d’un « Scholar of the First Sin » et c’est peut-être tout ce qu’on lui demande.

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Si vous n’avez jamais touché à Dark Souls, cette édition ne vous donne plus d’excuses pour ne pas tenter l’aventure. Pour les joueurs aguerris,  c’est plus compliqué, car financièrement parlant,  le signal envoyé aux joueurs est plutôt mauvais à l’approche de Dark Souls 3. Même si Miyazaki est de retour aux commandes,  comment ne pas être méfiant de l’éditeur qui pourrait sortir une version encore plus complète à peine un an après ? Scholar of the First Sin est une très bonne version de Dark Souls 2 et améliore sans conteste l’expérience proposée initialement, mais le timing, le prix affiché et les méthodes marketing de Bandai Namco peinent à fournir des arguments solides pour apprécier à sa juste valeur cette édition qui ne récompense absolument pas la fidélité et la dévotion des fans de la première heure. L’éditeur aura donc tout intérêt à ne pas répéter ce schéma pour le prochain Dark Souls car si les fans toléreront d’être traités ainsi une fois, il n’est pas certain qu’ils apprécient une seconde fois de jouer à une version incomplète du titre à sa sortie et de débourser plus d’argent pour un contenu clairement déjà prévu, d’autant plus que la communauté se retrouve pour la première fois divisée sur un même jeu.

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