[Critique] Chasuke’s Journey (Etrange Festival 2015)
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Après Miss Zombie, projeté à l’Etrange Festival il y a deux ans, Sabu est de retour avec un nouveau film, diamétralement opposé au précédent. Avec Chasuke’s Journey, le réalisateur japonais livre cette fois une comédie fantaisiste et colorée, adaptée d’un de ses propres romans.

Chasuke n’a qu’une vie de subalterne au Paradis, où sa fonction se limite à servir le thé aux anges, scénaristes qui écrivent à longueur de journée le destin des humains sur Terre. L’un d’eux lui apprend que Yuki, une jeune fille dont il s’est épris en suivant ses aventures de là-haut, va succomber dans un accident de voiture et lui demande de redescendre sur Terre pour empêcher l’accident et la sauver.

Avec Chasuke’s Journey, le Japonais multi-casquettes Sabu adapte le pitch – prometteur – d’un de ses propres romans. Peut-être le livre est-il aussi chaotique et décousu que le scénario du film ? Chasuke’s Journey part en effet dans tous les sens, souffre de quelques longueurs (1h46 au total) et se paie de longues digressions… Et pourtant, on ne s’ennuie pas devant Chasuke’s Journey. Si on passe du paradis à la Terre, avec la course contre la montre pour empêcher la mort de Yuki, ce passage est finalement assez anecdotique tant Sabu veut nous raconter d’histoires dans son film.

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Le film connait des moments de grâce, en mettant en images des anecdotes issues du passé des personnages, ou des références volontairement kitsch à Ghost ou Titanic. Des personnages improbables traversent le film, avec des backgrounds incroyables et comiques (l’ancien boxeur/footballeur aux dix papas SDF qui tient un restaurant de ramen, sa mère la sex-symbol des SDF, la naufragée devenue experte en algues, etc.).

Au niveau de la forme, le film est très réussi visuellement, avec des couleurs kaléidoscopiques, des moments presque poétiques et des ralentis pour une fois utilisés à bon escient, ainsi que des scènes de danses traditionnelles japonaises dans les ruelles d’Okinawa, ou encore des scènes de combat entre gangs plutôt bien menées.

Avec ce mélange des genres, Sabu passe du paradis à la Terre, de la comédie au drame, avec une histoire d’amour un peu kitsch, heureusement bien vite relayée au second plan, dans un scénario qui fourmille d’idées, pas toujours bien amenées, qui donne un résultat global assez décousu mais généreux, inventif et très drôle.

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Malgré quelques défauts, notamment au niveau de l’écriture, avec un scénario chaotique qui s’éparpille, Chasuke’s Journey s’avère être une très bonne surprise, un film touchant, mais surtout inventif et drôle, qui place son réalisateur sur la voie du cinéma délirant de ses compatriotes tels que Sono Sion, Takashi Miike et autres Hitoshi Matsumoto.

 

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L'auteur

POUET

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