[Critique] Cooties (Etrange Festival 2015)
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Elijah Wood est retour à l’Etrange Festival, avec une comédie horrifique cette fois. Cooties, réalisé par le duo inconnu Jonathan Milott et Cary Murnion, nous offre un petit vent de fraicheur dans le paysage horrifique actuel.

Dans une petite école élémentaire, une élève ingurgite un nugget de poulet infecté par un virus qui la transforme en zombie. Elle va à son tour contaminer d’autres enfants qui vont s’en prendre aux profs…

Sur le papier, c’était pourtant pas gagné. Premier long-métrage des inconnus Jonathan Milott et Cary Murnion, Cooties est co-scénarisé par un duo improbable formé par Leigh Whannell (scénariste Saw 1, 2,3, Insidious 1 et 2 et réalisateur du 3ème) et Ian Brennan (Glee) et produit par SpectreVision, la boîte de prod d’Elijah Wood. Le hobbit ne se contente pas d’ailleurs seulement de produire, mais il joue également dans le film. Ce qui n’est pas forcément un gage de qualité puisque s’il a participé à la production de l’excellent A Girl Walks Home Alone at Night d’Ana Lily Amirpour, il a également joué dans le désolant Open Windows de Nacho Vigalondo – les deux films ont été projetés l’an dernier à l’Etrange Festival. On pensait voir un énième film de zombies du niveau des DTV qui abreuvent le marché chaque, et finalement, on a été agréablement surpris. Car malgré son pitch de série Z, qui n’est pas sans rappeler celui de Poultrygeist : Night of the Chicken Dead de chez Troma, Cooties parvient à s’imposer comme une excellente comédie horrifique.

Il semblerait qu'Elijah Wood n'aime pas les enfants...

Il semblerait qu’Elijah Wood n’aime pas les enfants…

Avec Cooties, pas de fioritures : on entre directement dans le vif du sujet, avec un générique expliquant en images l’origine du mal : des nuggets contaminés servis à la cantine. Il s’agit du « premier jour d’école » pour Clint, écrivain raté et professeur remplaçant par dépit, de retour dans l’école où il a lui-même étudié enfant. L’arrivée dans la salle des profs nous dépeint une galerie de personnages totalement clichés mais tellement stupides qu’ils en deviennent attachants, et surtout, très drôles. Mention spéciale à un Rainn Wilson méconnaissable, qui troque ses lunettes de geek pour endosser le rôle d’un prof de sport totalement redneck et badass.

Rainn Wilson en prof d'EPS redneck

Rainn Wilson en prof d’EPS redneck

La pandémie ne touchant que les enfants, on voit ceux-ci dévorer les premiers adultes, avant que la balance ne soit renversée et que ce soit notre équipe improbable de profs qui dézingue les têtes blondes sans état d’âme. Jouissif, irrévérencieux et généreux, Cooties nous offre alors un divertissement rythmé, sans temps morts, avec son lot de répliques hilarantes, bien qu’avec un peu de fan service (Elijah Wood se faisant traiter de hobbit).

Bien moins gore que son aîné de chez Troma, Cooties s’en sort tout de même honorablement, utilisant et de manière inventive les accessoires de l’école primaire pour en faire des armes incongrues, et les salles de classes et la cour de récréation comme champ de bataille entre enfants infectés et profs survivants. Et même si la mise en scène reste assez classique, certaines blagues un peu faciles, et si le scénario n’est pas vraiment surprenant, Cooties n’en demeure pas moins un honnête divertissement, fun et gore.

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Avec Cooties, Jonathan Milott et Cary Murnion ne révolutionnent pas le genre, mais nous offrent un très bon premier film, un divertissement original, généreux, jouissif et légèrement irrévérencieux, ce qui a déjà le mérite d’être remarquable, dans le triste paysage du cinéma d’horreur actuel, qui se complet dans les remakes, reboots, found-footage et autres productions cheap.

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POUET

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