[Critique] L’Elan (Etrange Festival 2015)
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Présenté en première mondiale – rien que ça – L’Elan, premier long-métrage d’Etienne Labroue, auteur pour Canal +, est un des OVNI de l’édition 2015 de l’Etrange Festival. Une découverte pour les amateurs du comique de l’absurde…

Une créature étrangement attifée d’une tête d’élan en peluche sur un corps d’humain vêtu d’un cache-poussière, débarque dans une petite ville isolée en bordure de forêt. Adoptée par une famille, confrontée aux habitants curieux ou inquiets, chacun s’interroge sur l’identité de cet être absurde et somnambulique. Trois hypothèses seront échafaudées. Mais la tension monte sourdement…

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Présenté en première mondiale à l’Etrange Festival, dans la catégorie Nouveaux Talents, L’Elan a pour personnage principal un étrange géant muet, affublé d’un grand manteau et d’une tête d’élan en peluche, venu d’on ne sait où et débarquant dans un petit village perdu dans la campagne. Ajoutez à cela une sombre histoire d’extra-terrestres, et l’animateur télé Bernard Montiel dans son propre rôle, et il n’en fallait pas plus pour attiser la curiosité de l’équipe de GentleGeek et des spectateurs du festival, puisque la salle était comble…

Basé sur une proposition des plus casse-gueule, L’Elan, premier film d’Etienne Labroue, auteur pour Groland et Les Guignols, co-scénarisé par Marc Bruckert, directeur artistique du festival, se situe quelque part entre les Monty Pyhton, Quentin Dupieux, Groland et les Deschiens.

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Le film, prétendument « inspiré de faits réels » explore trois hypothèses scientifiques plus absurdes les unes que les autres (extraterrestre, accidentelle ou intraterrestre), pour découvrir l’origine de la créature éponyme. Le casting (Aurélia Petit, Délia Espinat-Dief, Arsène Mosca…) est bien choisi et plutôt juste. Il tient d’ailleurs parfois plus de la bande de copains, issus pour certains des Deschiens et de Groland, avec, Olivier Broche, François Morel, et Francis Kuntz pour une courte apparition, ainsi que Bernard Montiel dans son propre rôle, sans oublier Cyprien Dugas, l’homme dans le costume de la créature, dont il est également le concepteur.

Les situations, souvent absurdes, donnent lieu à des dialogues savoureux, et quelques punchlines, comme celle qu’assène le personnage de François Morel, criant de vérité : « Il vaut mieux un élan avec un long manteau qu’un blaireau en short ». On saluera également la prestation de Bernard Montiel, qui fait preuve de pas mal d’autodérision et n’a pas reculé devant le pitch farfelu du film… La voix off d’Arsène Mosca, en spécialiste des rencontres du troisième type, offre un aspect documentaire au film, qui s’offre même une séquence animée réalisée par Patar et Aubier (Panique au village, Ernest et Célestine).

Une grande partie de l'équipe du film était présente à l'Etrange Festival pour présenter le film.

Une grande partie de l’équipe du film était présente à l’Etrange Festival pour présenter le film.

Bien qu’il souffre de quelques longueurs, malgré sa courte durée (82 minutes) le film reste drôle, absurde mais jamais crétin, et même parfois poétique et touchant. Toujours sur le fil, L’Elan réussit un numéro d’équilibriste, et fonctionne, de justesse, jusqu’à une fin un peu abrupte mais surprenante, dans le bon sens du therme.

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POUET

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