[Test PC] Dragon Age Inquisition : L’Intrus
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Après Les Crocs D’Hakkon fin mars et La Descente mi-août, il est temps de clore le chapitre de l’Inquisition avec un ultime DLC : L’Intrus.
Disponible depuis le 8 septembre dernier sur PC, PS4 et XboX One, ce dernier se présente comme un épilogue au jeu, et se déroule deux ans après la chute de Corypheus.

Comme il est nécessaire d’avoir fini la campagne principale pour avoir accès à ce DLC, la présente critique peut contenir des spoilers sur Dragon Age : Inquisition.

Synopsis

Deux ans se sont écoulés depuis la disparition de Corypheus. Thédas se reconstruit tranquillement, avec l’aide de l’Inquisition.
Mais bien sûr, maintenant qu’il n’y a plus la grosse menace du ciel béant et de l’abomination mi-mage mi-engeance, les gens commencent à avoir un peu peur de cette force armée installée dans le Fort Céleste. Aussi, un conseil se réunit au Palais de l’Hiver, pour décider que faire de cette Inquisition devenue un peu encombrante.
Bien évidemment, les choses ne se passent pas tout à fait comme prévues, et l’Inquisiteur devra gérer de front ce conseil et un complot Qunari.

Contrairement aux Crocs D’Hakkon, qui proposaient une nouvelle région à explorer, L’Intrus se limite à un seul donjon, fragmenté en plusieurs endroits. Ce n’est pas tellement un problème, ces zones étant suffisamment variées pour ne pas donner l’impression de se répéter. De plus, comme il n’y a qu’un donjon, cela permet aux développeurs d’apporter un certain soin au level design, et le résultat est assez convaincant.

Joséphine nous avait manqué

Joséphine nous avait manqué

 

Le gameplay ne change pas par rapport au jeu principal : de l’exploration, des combats, et deux-trois énigmes à résoudre, on est en terrain connu.
La dynamique des combats est légèrement chamboulée par l’Inquisiteur, qui rencontre quelques soucis avec sa marque. Cette dernière est en mode YOLO pendant une partie du DLC, ce qui offre de nouveaux pouvoirs.

Enfin, sachez que ce DLC introduit pour l’ensemble du jeu les sigils, ainsi que quelques défis.
Les sigils, ce sont des sortes de runes que vous pouvez coller sur vos armures. Leurs propriétés sont intéressantes, car ils octroient invariablement un bonus et un malus. Par exemple, +100 % en magie, + 100 % en cooldown. Si vous équipez votre mage ainsi, il frappera donc bien plus fort, mais sera limité par un cooldown deux fois plus important.
Libre à vous de vous en servir ou pas, mais cela peut pimenter un peu les combats.

Et si en face ça résiste au feu, c'est LE DRAME

Et si en face ça résiste au feu, c’est LE DRAME

 

Quant aux défis, comme leur nom l’indiquent, ce sont des défis à activer, et à ensuite relever : accéder au Fort Céleste sans dépasser le niveau 4, etc.
De quoi donner envie à certains de relancer une partie.

Si dans l’ensemble le DLC est plutôt plaisant, il se heurte quand même à quelques problèmes.
Les combats tout d’abord. Les ennemis sont toujours les mêmes, et il n’y a donc aucune variété. De plus, le boss final n’offre aucun intérêt stratégique : c’est juste un ennemi normal avec une barre de vie démesurée, on a connu franchement plus excitant.

Et toujours cet attrait du fourré...

Et toujours cet attrait du fourré…

 

Le seul combat qui aurait pu être intéressant est gâché par des problèmes déjà connus et jamais réellement améliorés. En effet, l’un des boss vous laisse le choix : soit vous l’achevez sauvagement, soit vous l’aidez à s’évader. Dans une arène, vous avez donc l’ennemi principal au milieu, des mécanismes à activer, et des vagues régulières de Qunari à défaire.

Le gros problème, c’est qu’on ne peut toujours pas sélectionner l’ensemble de son équipe (franchement Bioware, vous attendez quoi ?), et que les commandes « ne pas attaquer » et « tenir la position » répondent de façon très aléatoire. Du coup, empêcher vos équipiers d’attaquer la cible principale, tout en accédant aux divers mécanismes, sans mourir et en éliminant les vagues de Qunari, ça devient vite le GROS N’IMPORTE QUOI ! Après avoir copieusement insulté Cassandra et l’intégralité de la dynastie Pentaghast, après avoir suggéré à Iron Bull d’avoir des relations incestueuses avec sa mère, vous finirez sans doute par abandonner, et, de guerre lasse, par assassiner TOUT ce qui se trouve dans l’arène. C’est vraiment dommage.

Vous n'y voyez rien ? Moi non plus.

Vous n’y voyez rien ? Moi non plus.

 

Malgré tout, il est indéniable que retrouver vos compagnons pour une ultime aventure, savoir ce qu’ils ont fait de leur vie pendant deux ans, c’est agréable.
On retrouve quelques dialogues sympathiques, des scènes drôles, quelques références… On atteint pas le niveau de Citadelle, l’un des DLC de Mass Effect 3, mais ça reste efficace.
On aurait cependant préféré avoir un peu plus de matière, parce que tout efficaces que soient ces dialogues, c’est pas non plus la folaille (et non pas la volaille, ce qui n’aurait aucun sens), et certains personnages ne se montreront pas très bavards.

"Vite, il faut trouver le grand pope !"

« Vite, il faut trouver le grand pope ! »

 

D’ailleurs, on ne peut s’empêcher de soupçonner que ce DLC soit sorti un peu rapidement, pour éviter une arrivée dans les mois prochains, qui sont assez chargés en terme de sorties.
On a donc ces dialogues parfois peu nombreux, mais on a aussi des éléments amenés un peu n’importe comment, comme les problèmes de l’Inquisiteur avec sa marque. Ils arrivent d’on ne sait où et s’intensifient on ne sait pas pourquoi. C’est d’autant plus idiot qu’il aurait suffit de deux lignes de dialogues pour les intégrer de façon plus naturelle à l’histoire. Ça ne parait pas bien compliqué de glisser dans une conversation que la marque a toujours été un problème pour l’Inquisiteur, mais que ces derniers mois c’est de pire en pire.

Inquisiteur, SUIVEZ CE LAPIN !

Inquisiteur, SUIVEZ CE LAPIN !

 

On retrouve aussi cette impression de produit pas tout à fait fini sur la fin. Les choix finaux sont logiques dans le contexte de l’histoire, et permettent de donner au joueur l’impression qu’il décide de ce qui va se passer, tout en laissant une marge de manœuvre confortables aux scénaristes pour le prochain jeu. Le problème n’est donc pas là, mais plutôt dans la réalisation… Ça manque un peu de panache, d’un je-ne-sais-quoi qui aurait amélioré le final, et l’ensemble est un peu rapide. Mais ça reste tout à fait convenable. Et Cassandra qui craque complètement pendant le générique, c’est très drôle.

Monsieur... Heureusement que vous avez les cheveux longs...

Monsieur… Heureusement que vous avez les cheveux longs…

 

L’Intrus ayant été présenté comme un épilogue à Dragon Age : Inquisition, la vraie question qui se pose est la suivante : est-ce que Bioware nous a pris pour des jambons ?
En effet, un épilogue, comme son nom l’indique, ne sert pas à enlever des poils, mais à donner une conclusion. Or, vendre à part la conclusion d’un jeu, ça parait un peu fou-fou. Ou un peu troll-troll.

En réalité, si le DLC apporte bien des confirmations sur Solas, sa vie, son oeuvre, et quelques éléments historiques de l’univers du jeu, il n’y a pas vraiment de nouvelles informations.
Tous les éléments nécessaires pour comprendre qui est Solas sont déjà dans le jeu d’origine (et dans le codex x). Et pour les plus distraits, vu la direction que semble prendre l’histoire, il est évident que le prochain opus ne manquera pas de rappeler tout ce qu’il y a à comprendre, tout comme Inquisition a rappelé qui était Corypheus, pour ceux qui n’avait pas joué à l’Héritage, DLC de Dragon Age 2.

Wouah, c'est joliiii

Wouah, c’est joliiii

 

Ce DLC est donc réellement facultatif : un moyen de dire au revoir à des personnages avec qui on a passé du temps, un moyen de découvrir un peu plus tôt que les autres la direction que va prendre l’histoire, un moyen d’en apprendre un peu plus sur le monde de Thédas sans se farcir des milliards d’articles du codex.
Mais il n’est pas du tout obligatoire d’y jouer. C’est vraiment une passerelle facultative entre deux jeux pour les plus passionnés.
L’exact opposé de ce que fut Leviathan pour Mass Effect 3.

Oui, il y a des accoudoirs invisibles et des poses élégantes. Oui.

Oui, il y a des accoudoirs invisibles et des poses élégantes. Oui.

 

L’Intrus, malgré ses défauts, est donc un DLC « d’adieu » correct à Inquisition, en attendant le prochain épisode de la saga. Cependant, l’ensemble manque un brin de finition et de profondeur, et son prix parait un peu exagéré.
Pour quinze euros, on est en effet en droit d’en attendre un peu plus en termes de contenu et de mise en scène, surtout pour un DLC final. Entendons-nous bien : L’Intrus est loin d’être catastrophique, mais n’en demeure pas moins un peu décevant. 
Les joueurs les moins pressés attendront donc une baisse de prix ou une offre groupée sur les trois DLC solo du jeu pour goûter à ce dernier chapitre.

 

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L'auteur

Fille de Mary Poppins et Xena la Guerrière, aime se promener dans les bois pluvieux. Avec une console. Ou un comics. Avant que les cylons n'arrivent...

3 avis

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  1. Jess le 18 septembre 2015
    De toute facon DLC par définition ça veut dire arnaque donc bon, offre promo c'est sur ... "Il faut trouver le grand pope" xD
  2. Russ le 22 septembre 2015
    « Vite, il faut trouver le grand pope ! » : buhaha ! Merci pour ce test qui m'évite d'acheter le DLC ! Par contre j'ai jamais fait Leviathan, 3 ans après il serait ptet temps !
  3. Aurigabi Auteur le 22 septembre 2015
    Bah il vaut mieux faire L'intrus que Léviathan. En plus tu vas adorer le développement de l'univers dans l'iIntrus, concernant Solas...

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