[Test PS4] Uncharted : The Nathan Drake Collection
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La trilogie Uncharted a marqué la dernière génération de consoles. Sortis respectivement en 2007, 2009 et 2011 sur Playstation 3, les trois volets mettent en scène Nathan Drake, sorte d’aventurier/filou/passionné d’histoire/zazou de la gâchette et de l’escalade, et ses déboires avec différents artéfacts mystico-historiques.
Alors que le prochain épisode des aventures de Nate est prévu sur PS4 en mars prochain, Naughty Dog, le studio à l’origine de la saga, nous offre une édition remasterisée des trois premiers volets, histoire de se remettre dans le bain avant la prochaine presqu’apocalypse.

Pour ceux qui ne connaissent pas la franchise, dans le premier jeu, Nathan, aidé par son mentor Sullivan et par la sympathique Elena, se lance sur les traces de son illustre ancêtre Francis Drake afin de trouver le légendaire El Dorado. Evidemment, rien ne se passe comme prévu, et Nate devra explorer l’Amazonie tout en luttant contre divers pirates pour atteindre son but.
Quelques temps plus tard, dans Among Thieves, Nathan se retrouve mêlé à une nouvelle course au trésor pour trouver la mythique cité de Shambhala. Ça commence assez bien par un cambriolage dans un musée, mais comme Nathan est, avouons-le, un peu niais parfois, ça continue beaucoup moins bien au Tibet, entre attaque de train et affrontements contre une milice surarmée.
Enfin, dans Drake’s Deception, Nathan retourne sur les traces de son ancêtre Francis et se lance à la recherche non pas de la dame de Haute-Savoie, mais de la cité perdue d’Iram, au cœur du désert de Rub’ al Khali. Mais comme les choses ne sont jamais simples, il devra pour ce faire affronter son passé. Et une société secrète.

Uncharted™: The Nathan Drake Collection_20151010124030

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La franchise est une franchise d’action/aventure/tir à la troisième personne, et le gameplay est on ne peut plus simple : vous avancez (en escaladant diverses choses parce que le chemin principal est bloqué), vous tirez, vous réavancez, vous résolvez un semblant d’énigme pour ouvrir un passage secret, vous tirez, vous escaladez, vous tirez, et ainsi de suite.
Il n’y a pas d’expérience, pas de points de compétence, pas de modifications possibles pour les armes.

Didon, on y voit rien et COMME DE PAR HASARD y a une bougie.

Didon, on y voit rien et COMME DE PAR HASARD y a une bougie.

 

Nathan peut porter en même temps une arme à feu à une main (revolver, pistolet, pistolet mitrailleur) et une arme à deux mains (fusil d’assaut, fusil à pompe, mitraillette, lance-roquette (oui, la salade, ça tue), lance-grenade, etc.), à vous de faire votre marché sur les dépouilles de vos ennemis.
Vous pouvez aussi éliminer vos ennemis au corps à corps, si le cœur vous en dit, mais c’est un brin plus technique.

Ce type était un peu à l'ouest

Ce type était un peu à l’ouest

 

L’avantage de ce gameplay extrêmement simple, c’est que vous êtes de suite plongé dans l’action, et que vous ne perdez pas de temps dans les menus à réfléchir au build de votre personnage. En contrepartie, l’ensemble est assez répétitif, même si le jeu tente de rompre la monotonie par les décors, les configurations de fusillades, ou quelques courses poursuites.  Quant aux énigmes, elles ne rompent pas grand chose, vu qu’elles n’ont guère d’énigmes que le nom.
Oh, et il y a aussi des petits trésors à trouver (pour débloquer des skins pour Drake), et vous pouvez refaire les chapitres déjà complétés en « contre la montre ».

L'eau est si belle. Le jetski si PEU MANIABLE.

L’eau est si belle. Le jetski si PEU MANIABLE.

 

Malgré sa simplicité, le gameplay n’est pas exempt de défauts, le plus important étant la caméra.
Cette dernière peut rendre extrêmement frustrantes les phases d’escalade. Qu’elle ne se recadre pas assez vite, qu’elle vous offre un angle de vue minuscule, ou bien encore qu’elle rende assez aléatoire l’appréciation des distances, elle saura vous faire râler de mille façons différentes. Ça s’améliore un peu dans le troisième volet, mais il y a des moments où c’est franchement pénible.
Toujours lors des phases d’escalade, il y aura parfois des moments où il sera difficile de bien voir où aller : un peu à cause de la caméra, et un peu à cause des textures. Est-ce un rebord ? Est-ce une décoration ? A la mort, ou non, de votre personnage, vous saurez si oui, ou non, vous êtes sur la bonne voie.

En voiture Simone : toi tu conduis, moi je mitraille.

En voiture Simone : toi tu conduis, moi je mitraille.

 

L’IA fait parfois des choses un peu… étranges, mais c’est surtout vrai dans le premier opus, même si les deux suivants ne sont pas parfaits non plus de ce point de vue-là.

Nettement moins gênant, mais quand même un peu pénible parfois, le système de couverture. Ce dernier manque clairement de fluidité, même si ça s’améliore grandement au fil des jeux : il arrive souvent que le personnage reste « collé » à son muret. Et régulièrement, Nathan ne voudra pas se mettre à couvert, alors qu’il y aurait LARGEMENT la place. Pourquoi ? On sait pas. En attendant, vous arrêtez les balles avec les dents.

Apparemment, le sable avait le goût de chocolat.

Apparemment, le sable avait le goût de chocolat.

 

En fait, le problème du gameplay dans cette saga, c’est qu’il manque de précision, de fluidité, de cohérence. Nate va trébucher sur des cailloux, parfois faire un headshot alors que votre balle est clairement passé à dix centimètres de la tête de l’adversaire, mais parfois devoir tirer quatre balles en plein front de l’ennemi avant de le voir tomber. Il vous faudra souvent vous exciter sur votre joystick pour que le personnage tende la main dans la bonne direction avant de faire son saut…
Lorsqu’on met le tout bout à bout, on se retrouve finalement avec un gameplay qui n’est pas très convaincant.

Sans harnais. IZZY.

Sans harnais. IZZY.

 

Les deuxième et troisième opus vont dans la bonne direction, en tentant de rompre la monotonie avec plus de configurations pour les fusillades, plus de possibilités, et, dans Drake’s Deception, des énigmes un peu plus corsées.
Mais ça ne suffit pas, d’autant que le troisième jeu sombre dans un travers qui n’était pas trop présent jusque là : l’abus de script. Naughty Dog semble penser que plus y en a, mieux c’est. Or, c’est faux : même si vous aimez les éclairs au café, si on vous en sert cinq-cents, vous allez être écœuré avant de finir. Et bien dans Drake’s Deception, c’est pareil : quand vous devez fuir une maison en feu, la première fois que le plancher s’effondre sous vos pas, c’est excitant, ça fait monter l’adrénaline. Mais quand le décor s’écroule sous le poids du personnage pour la vingtième fois en cent mètres, vous levez juste les yeux au ciel en espérant sortir très vite de ce chapitre.

J'ai un p'tit coup d'chaud moi, là...

J’ai un p’tit coup d’chaud moi, là…

 

Quant aux boss finaux, ils manquent tous d’un petit quelque chose pour bien faire sentir les enjeux et le côté final des affrontements.

Clairement, si la saga Uncharted a été un succès, ce n’est pas grâce à son gameplay qui, même s’il s’affine au fur et à mesure, est loin d’être fluide et efficace.

Et, honnêtement, ce n’est pas non plus grâce à ses scénarios. Entendons-nous bien : les histoires ne sont pas mauvaises en soi, mais on ne baigne pas dans l’originalité, les rebondissements sont assez prévisibles, et il faudra souvent vous accrocher à votre suspension consentie d’incrédulité sous peine de décrocher du jeu : le nombre de coïncidences et d’heureux hasards est assez fou. Nate est poursuivi simultanément par une malchance inouïe et une chance extraordinaire, surtout dans le troisième volet, au point qu’il y a vraiment de quoi rouler des yeux très fort.

Je crois que l'architecte a pris de la drogue.

Je crois que l’architecte a pris de la drogue.

 

En revanche, là où Naughty Dog réussit assez bien son coup, c’est au niveau des personnages. Bien sûr, les méchants ont l’originalité et le charisme d’un pied de chaise, et même les gentils ne réinventent pas la roue, mais ils sont attachants. Leurs échanges sont drôles, l’humour, bien que potache, ne tombe jamais dans la vulgarité, et on réussit l’exploit d’un semblant de triangle amoureux qui ne donne pas envie au joueur de se jeter par la fenêtre.
La relation entre Drake et son mentor Sullivan est assez touchante, et les « gentils » ont une moralité assez « fluctuante » pour les rendre intéressants.

Coucou d'Amazonie. Bisous.

Coucou d’Amazonie. Bisous.

 

Partant, même si leurs aventures suivent une trame narrative des plus convenues, on prend plaisir à les suivre. Excepté peut-être dans Drake’s Illusion, car la deuxième moitié du jeu a tendance à se perdre un peu dans des chapitres franchement inutiles, alors qu’il y avait un potentiel intéressant avec la jeunesse de Drake, sa relation avec Sullivan et avec le grand méchant de l’épisode.

Enfin, le doublage en version originale est assez bon, et la bande son efficace, à part peut-être le bruit des armes, qui laisse parfois à désirer.

Les concierges n'ont pas l'air commode.

Les concierges n’ont pas l’air commode.

 

Comme nous venons de le voir, la trilogie Uncharted a été un succès critique lors de sa première sortie, sans pour autant être parfaite. Le gameplay, notamment, souffre de nombreux défauts qui rendent la progression pénible ou peu amusante, malgré l’affection que l’on peut avoir pour les personnages.
Se pose alors la question suivante : la trilogie remasterisée vaut-elle le coup ?

Mais BAISSE-TOI ENFIN !

Mais BAISSE-TOI ENFIN !

 

Naughty Dog a fourni un gros travail graphique sur les jeux : des textures ont été ajoutées, améliorées, l’apparence des personnages a été homogénéisée à travers les trois volets, et on tourne désormais à 60 fps. En 1080p.
Les jeux, qui étaient déjà très beaux au moment de leurs sorties respectives (et on peut d’ailleurs penser que le succès du premier opus est en grande partie dû aux graphismes de qualité), comparativement à ce qui se faisait au même moment, sont encore plus beaux. Drake’s Illusion n’a par exemple rien à envier à de nombreux jeux sortis sur PS4.
Le son a été amélioré également, et le gameplay a été un peu nettoyé et harmonisé entre les jeux. Le résultat n’est pas forcément à la hauteur à ce niveau, mais bon…

Vite, ma vision d'assassin !

Vite, ma vision d’assassin !

 

Le mode multijoueur, présent depuis Uncharted 2, a été supprimé (ce qui est dommage, il y avait de quoi s’amuser), mais le joueur récupère au change un mode « Explorateur », censé être plus facile que le mode Facile, un mode « Brutal », pour les joueurs hardcore, et un mode « photo », qui permet, comme dans la version PS4 de The Last Of Us, de s’amuser avec ses captures d’écran : profondeur de champ, teinte de l’image, bordure… Tout est personnalisable. De quoi se faire un joli album de vacances.

Si vous êtes un fan inconditionnel de la saga, ou si vous n’avez jamais eu l’occasion de jouer sur PS3, The Nathan Drake Collection est faite pour vous. En revanche, si vous avez déjà pu vivre les aventures de Nathan, la version remasterisée n’est pas nécessaire et vous pouvez attendre tranquillement le quatrième volet.

Petit saut arrière. IZZY.

Petit saut arrière. IZZY.

 

La trilogie Uncharted est une trilogie qu’il est au final assez difficile de juger de façon homogène : d’un côté, on a de somptueux décors, des personnages attachants avec qui on passe du temps avec plaisir, quelques scènes épiques, une mise en scène assez soignée, mais le tout est desservi par des scénarios peu inspirés et un gameplay qui n’est pas à la hauteur de ce qui est proposé en terme d’immersion et de sentiment d’aventure à la Indiana Jones.
Du coup, certains joueurs seront sous le charme de Nathan et de ses amis, mais d’autres ne pourront malheureusement pas passer outre ces fusillades sans âme et ces phases d’escalade parfois poussives.
En jouant aux trois volets à la suite, on peut cependant voir l’évolution de la franchise, les efforts qui ont été faits par Naughty Dog pour mieux équilibrer leurs jeux et rendre leurs « films d’aventure interactifs » plus homogènes, plus immersifs et plus fluides. On peut donc espérer que le prochain opus, A Thief’s End, réalisera enfin tout le potentiel de la franchise.

Uncharted : The Nathan Drake Collection est disponible depuis le 7 octobre dernier sur PS4.

 

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L'auteur

Fille de Mary Poppins et Xena la Guerrière, aime se promener dans les bois pluvieux. Avec une console. Ou un comics. Avant que les cylons n'arrivent...

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