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Chers amis, nous sommes en juin, il est donc grand temps de nous pencher sur la lente descente aux Enfers (ho ! ho ! ho !) de Once Upon A Time, cette série autrefois si sympathique, si pêchue, si fraîche, devenue une catastrophe ambulante.
Avouez, après la seconde moitié de la saison 4, riche en émotions et en rebondissements (et en dei ex machina, on est bien d’accord), et en auto-parodie, (et en subtext) vous aviez repris espoir, vous vous disiez : « au moins, on part sur du fun, on revient à la base de la série, à savoir les personnages et leurs relations », et vous étiez donc prêts à attaquer cette saison, le cœur léger.
Mais fuyez. FUYEZ, PAUVRES FOUS, pendant qu’il en est encore temps… Sinon, abandonnez toute espérance de qualité, vous qui entrez ici.

Précédemment, dans Once Upon A Time (à lire avec la grosse voix du gars qui fait les bandes annonces au cinéma) :

Zelena, dans un vil effort pour briser Régina, a couché avec Robin, et elle est donc enceinte.
Emma a failli succomber au côté obscur de la Force, mais Régina l’en a empêché, pendant que les Charmings continuaient de perdre leurs neurones un peu partout.
Evidemment, Henry n’était pas en reste, question perte de neurones, mais dans une révélation trépidante (ou pas), on apprenait qu’il était aussi un Auteur. C’est-à-dire un gars capable de manipuler un stylo magique, qui rend réel tout ce qu’il écrit.
Rumple et Belle nous ont fait du Rumple et du Belle : Belle aime Rumple, mais il est trop méchant, alors il promet d’être moins méchant, mais, bien sûr, il fait un truc diabolique, alors Belle est déçue, elle lui dit : « bouh, tu es méchant », il lui répond qu’il est désolé, il lui promet, juré, cette fois c’est la bonne, de toutes façons il est en train de mourir parce qu’il est trop méchant, et tout le monde est triste, et Belle lui laisse une 198763ème chance.
MAIS MON DIEU RETOURNEMENT DE SITUATION : l’Apprenti (un gars littéralement sorti d’un chapeau) libère Rumple de toutes les ténèbres qui rongeaient son âme. Mais les ténèbres ne l’entendent pas de cette oreille, car elles ont besoin d’un hôte, et se précipitent donc sur Regina.
Et dans une scène mémorable (et pas DU TOUT ambigüe), Emma se sacrifie pour absorber le Mal et sauver sa bien-aimée son amie.

C’est donc sur ces bonnes bases bien riches que nous attaquons la cinquième saison, et je dois vous avouer, chers lecteurs, que c’est tellement catastrophique qu’on ne sait même pas par où commencer.

Par les personnages, qui sont de moins en moins fidèles à eux-mêmes ? Par les promesses, faites dans les nombreux teasings de la saison et dans les premiers épisodes, non tenues ? Par la cohérence interne de la série, et sa continuité, que les scénaristes foulent allègrement aux pieds ? Par la multiplication des MacGuffin ? Par les vieux relents sexistes qui se promènent, et le traitement des personnages de couleur ? Par les révélations que le spectateur a soit vu venir de tellement loin qu’elles ne révèlent rien du tout, soit arrivent tellement de nulle part qu’elles deviennent proprement des dei ex machina ?

ouuuh, ça fait peuuur !

ouuuh, ça fait peuuur !

 

Pourtant, ça commençait pas trop mal. On nous promettait une Emma méchante, en proie aux ténèbres, et, dans les premiers épisodes, la saison avait l’air de vouloir revenir aux fondamentaux : se concentrer sur un personnage qui va mal, trouver un moyen de le sauver, en se basant sur les relations entre les protagonistes.
On nous promettait même de comprendre les origines du Dark One, et les premiers épisodes laissaient entendre une inversion des rôles entre Regina et Emma, Regina devenant le sauveur, Emma, la grande méchante.
Il y avait même un arc de rédemption pour Rumple (encore un, vous me direz, mais bon…).

Koukou moi c Arthur lol

Koukou moi c Arthur lol

Et puis, rapidement, c’est devenu le DRAME.
Déjà parce que le premier arc repose sur un artifice déjà utilisé à peu près mille fois dans la série : la perte de mémoire. On a donc en parallèle le présent à Storybrooke, avec des gens qui ne se souviennent pas bien de ce qui leur est arrivé, et le passé à Camelot.
Du coup, en onze épisodes (la durée du premier arc), on doit sauver Emma, comprendre ce qui se passe, découvrir les origines du Dark One, gérer la situation à Camelot, régler les problèmes « secondaires » issus de la saison précédente (comme Zelena qui est enceinte, par exemple), s’occuper de Rumple, le tout en ajoutant des personnages nouveaux, qu’il faudrait, normalement, étoffer : Arthur, Guenièvre, Merlin et toute la clique de Camelot, mais aussi Merida (oui, Merida. De Rebelle. Pourquoi est-elle là ? On ne sait pas. Mais elle est là, avec son accent ridicule et sa perruque flamboyante), le tout en ajoutant du drama, avec trahison, quiproquo, révélations, etc., etc.
Tout ceci nous fait un planning chargé pour des scénaristes pas très doués.

De plus, les scénaristes ont décidé d’être ambitieux, en faisant du roi Arthur une sorte de dictateur psychopathe. Pourquoi pas, nous avions bien eu un Peter Pan totalement vil et méchant lors de la troisième saison, et Arthur, tout comme Merlin d’ailleurs, sont loin d’être des saints dans le cycle du Graal.

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Malheureusement, et vous le sentez venir, alors qu’on aurait pu avoir des études de personnages intéressantes, alors qu’on aurait pu avoir de la tension intelligente, alors qu’on aurait pu avoir une explication tragique à la naissance du premier Dark One, on a… On a… du vent. Du vide. Du YOLO total.

On a Hook et Hood qui ne servent à rien, à part décorer l’arrière-plan. Sérieusement. Robin doit avoir trois répliques, dont deux composées de : »Regina… ». Quant à Hook, qui est censé être l’âme sœur d’Emma, son true luv’, il est le premier à ne pas lui faire confiance et à la rejeter à la moindre occasion. ET ELLE AIME CA. Quelle magnifique qualité d’écriture, vraiment.

On a les Charmings qui sont encore plus débiles que d’habitude, et qui partent en quête de champignons magiques dans des marais en CGI de GRANDE QUALITÉ pour pouvoir parler avec Merlin, coincé dans un arbre. Oui, vous avez bien lu : ils ont besoin d’un champignon magique pour écouter le message d’un type qui est enfermé. Dans un arbre.

La flamboyance. Allégorie.

La flamboyance. Allégorie.

 

On a des méchants qui sont méchants « parce que », parce que vraiment, ce serait dommage de leur donner une histoire, un corps, un semblant de justification, des fois que ce soit intéressant. Vous vous souvenez la première saison ? Quand on savait pourquoi Regina et Rumplestiltskin agissaient comme ils le faisaient ? Quand on sentait le tragique de leur situation ? C’était l’bon temps…

On a Regina qui semble contaminée par la bêtise ambiante, et qui fait n’importe quoi.

Quant à Emma, on en parle, d’Emma ? Vous vouliez du Dark Swan ? De la gentille devenue méchante ? Et bien passez votre chemin. Emma, bien qu’ayant absorbé toutes les ténèbres de Rumple, est aussi dark qu’un cul de Viking après six mois d’hiver boréal.
Du coup, on a une sorte d’Emma Emo, qui traficote des trucs dans son coin, mais personne n’est dupe sur ses réelles intentions. Enfin, les personnages sont dupes, mais le spectateur, franchement moins, pourvu que son QI soit supérieur à 80.

J'comprends pas, ça marche pas avec la voiture.

J’comprends pas, ça marche pas avec la voiture.

 

Et on a, bien sûr, un final de mi-saison qui semble tout droit sorti d’un cerveau malade. Non seulement, ce final détruit le peu de choses qui avaient été construites, notamment pour Rumple, mais en plus, il crache totalement sur le personnage d’Emma.
Vous savez, Emma. L’héroïne de la série. La Sauveuse. Celle qui depuis le début est une femme forte et indépendante et relativement raisonnable, malgré son intelligence limitée et ses fêlures. La personne qui fait passer les autres avant elle.
On pensait qu’elle voulait sauver le monde ? Et bien dans un rebondissement qui arrive tellement de nulle part qu’on peut se demander si des gens ont sérieusement réfléchi à l’écriture du scénario, il s’avère que :

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Et bien non. Elle veut juste sauver Hook. Le gars qui a du mal à lui faire confiance, qui la rejette au premier micro-signe de noirceur, qui lui demande de ne pas le sauver. Et bien elle met en danger toute sa famille pour lui. Elle met en danger DEUX ROYAUMES pour lui, en partageant les Ténèbres avec lui, afin de le sauver.
Et pour la remercier, il craque ses bretelles, et devient immédiatement le plus Dark des Dark Ones. Il ne lutte même pas trois secondes, là où même Rumplestiltskin n’était pas devenu un monstre. C’est n’importe quoi.

Cuir ? Check. Rouge à lèvres ? Check. Je suis bien une méchante.

Cuir ? Check. Rouge à lèvres ? Check. Je suis bien une méchante.

 

On passera sur le sexisme ambiant, comme le fait qu’une femme méchante est forcément une femme hyper sexuelle (oui, les filles, la sexualité, c’est mal. Une vraie femme gentille n’a pas de désir), ou bien le fait que :

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Quand une homme boit au Graal, il devient un magicien puissant mais gentil, quand une femme boit au Graal, elle devient la première Dark One. Voilà voilà voilà.

Et on passera également sur le traitement des personnages de couleurs, Merlin en tête : Once Upon A Time est une série très blanche, ça ne date pas d’hier, et ça n’a pas l’air de vouloir s’arranger.

Enfin bref. Ce premier arc est une déception sans nom, surtout que les tout premiers épisodes étaient prometteurs. Et les choses en vont pas en s’arrangeant dans la seconde partie…
Car dans la seconde partie, voyez-vous, nous nous retrouvons aux Enfers, pour aller y récupérer quelqu’un.
Jusque là, tout va bien, une petite catabase, ça n’a jamais fait de mal à personne, et ça peut même offrir des possibilités scénaristiques intéressantes.

Les Enfers, c'est comme Storybrooke, mais en sépia.

Les Enfers, c’est comme Storybrooke, mais en sépia.

 

Mais on retombe dans les mêmes travers que la première partie : de nouveaux personnages qui n’arrivent que pour un épisode (Hercules, Megara, etc.), des rebondissements qui sortent de nulle part, des objets magiques qui apparaissent opportunément pour débloquer la situation, bref, un grand festival de n’importe quoi. Hood continue d’être inutile, suivant Regina comme un petit chien obéissant, Hook continue d’être imbuvable (et Emma continue d’aimer ça, on croit rêver), Snow et Charming continuent d’être sots, et Emma continue sa lente transformation en petite-amie inutile qui fait « hihihihi » dans le fond.

Cet arc aux Enfers est basé sur la rédemption, et sur le sentiment d’inachevé qu’ont certains résidents des Enfers, et ça aurait pu être bien…. Mais tout se règle en deux coups de cuillère à pot, à base d’amour et d’arcs-en-ciel et de papillons et de portails magiques vers la lumière en effets spéciaux tout droits sortis des années 80.
Pour certains personnages, ça marche à peu près (à part les effets spéciaux. Eux, ils ne marchent jamais). Pour d’autres, qui ont une liste de méfaits à leur actif qui remplirait douze bibles, ça sonne carrément faux.

Les effets spéciaux. On en parle ?

Les effets spéciaux. On en parle ?

 

De plus, nous aurions pu avoir dans cet arc une métaphore réussie du deuil, avec ses cinq étapes, du déni à l’acceptation, mais à nouveau, tout est écrit avec les pieds, certains épisodes détruisant ce qui avait été bâti l’épisode précédent.

Quant au double épisode final, comment dire ? Lol ? Pourquoi ? Mais enfin ?
Cet épisode réunit le plus mauvais de la série (les Charmings qui font du rien, le yolo ex machina, Henry qui laisse son cerveau au vestiaire…) avec le meilleur (Regina et Emma qui tentent de sauver les inutiles précédemment cités), pour un résultat franchement pas terrible, mais qui parvient quand même, dans ses dernières secondes, à nous donner envie de regarder la saison prochaine, en mettant en place les bases d’un arc qui POURRAIT être intéressant.
Nul doute que l’équipe créative en fera du caca, mais il n’empêche qu’il y a du potentiel.

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Pour ceux qui n’auraient pas le courage de regarder le final, sachez que :
Robin étant décédé, Regina a le seum, comme il se doit quand on vient de perdre une âme-sœur.
Alors que Hook (qui lui est ressuscité, parce que… prout), les Charmings et Zelena sont coincés dans un autre monde, ils rencontrent le Dr Jekyll (…), qui a inventé un sérum qui sépare les gens de leur part de ténèbres.
Une fois tout le monde réuni, Snow propose à Régina, qui n’en peut plus de son côté obscur, de prendre ledit sérum.
Et la saison s’achève donc avec DEUX Régina : la gentille, et la méchante, qui promet la guerre.
On a donc un vrai potentiel d’acceptation de soi, de quête intérieure, et, bien sûr, deux Lana Parrilla pour le prix d’une.
On aura sûrement des personnages inutiles introduits, des retournements en pagaille, un truc tout pourri, mais le potentiel est là.

We're back, bitchiiiizzz !

We’re back, bitchiiiizzz !

 

Si la quatrième saison de Once Upon A Time n’est clairement pas une réussite, la seconde moitié a au moins eu le mérite d’être fun. Dans son exagération, dans le fait qu’elle embrasse totalement le n’importe quoi sur lequel elle s’appuie… On parvient à une approche métatextuelle de la série, avec un brin d’auto-parodie, et si on reste bien loin de la qualité de la première saison, au moins on s’amuse.
Et puis il y a du subtext en pagaille. Là, malheureusement, on n’atteint jamais vraiment le « fun ». C’est juste mauvais.

Déjà, la série foule aux pieds sa propre continuité. Vous vous souvenez de la saison 1 ? Quand il était tellement difficile de passer d’un monde à l’autre que Rumplestiltskin avait du manipuler des gens pendant plusieurs siècles pour réussir à lancer un sort hyper compliqué pour transporter tout un royaume à Storybrooke afin de retrouver son fils ?
Et bien sachez que cette saison, on voyage entre les royaumes comme qui rigole.

"Darliiiin'"

« Darliiiin' »

 

Vous vous souvenez aussi quand la mort, c’était grave ? Quand la magie avait un prix ?

Ensuite, les personnages sont plus maltraités que jamais, à tel point que ça en devient insultant pour tout le monde : les spectateurs, les personnages, et même les acteurs, forcés de composer avec des dialogues indigents et des développements calamiteux :

– Rumplestiltskin continue de ne plus savoir s’il est gentil ou méchant, passant de l’un à l’autre selon la nécessité du scénario.
– Belle, tout comme David et Snow, ont laissé dans le premier épisode de la saison le peu de neurones qui leur restaient.
– Robin Hood devient une merveilleuse plante verte. Il est là, en fond, derrière Regina, la bouche entrouverte et le sourcil haussé, et… C’est à peu près tout. Des fois, des sons sortent de sa bouche. Mais tout le monde s’en fiche… Pauvre garçon.
– Hook devient plus détestable que jamais, complètement centré sur sa personne, envoyant paître Emma à la moindre difficulté, pour revenir en mode crooner du dimanche trois secondes après. C’est IN-SU-PPOR-TABLE.
– Emma perd tout semblant de dignité, devenant peu à peu un personnage défini uniquement par sa relation à l’homme qu’elle aime.
– Henry… Fait du Henry, c’est-à-dire qu’il ne sert à rien, et en plus, il crée des problèmes.
– Régina, quant à elle, se retrouve coincée dans un triangle avec Zelena et Hood, triangle dans lequel RIEN ne fonctionne, narrativement parlant, vu que tout le monde veut y jouer la victime, et que personne n’y met réellement à plat les vrais problèmes (à savoir que Zelena a violé Robin dans la saison précédente, mais que lui prendre son bébé n’est pas forcément une solution, pas plus que faire comme si rien ne s’était passé).

Nous n'avons pas parlé de l'affaire Queer's Trio. Ça n'en vaut pas la peine.

Nous n’avons pas parlé de l’affaire Queer’s Trio. Ça n’en vaut pas la peine.

 

Quant aux relations entre les personnages, ça fait bien longtemps que plus rien ne marche : qui peut croire deux secondes que Regina et Robin sont des âmes sœurs, quand ils s’adressent quatre répliques fadasses en 23 épisodes ? Qui peut croire trois secondes que Hook et Emma sont un couple fonctionnel, quand l’un passe son temps à critiquer l’autre, puis à revenir, puis à re-critiquer, et quand l’autre passe d’héroïne badass à lavette inutile ? Qui s’intéresse encore à l’histoire entre Rumple et Belle ?

Paradoxalement, la relation qui fonctionne le mieux, c’est celle que les scénaristes ont décidé de laisser un peu de côté cette saison, à savoir la passion dévorante l’amitié entre Régina et Emma.

Enfin, le plus gros problème de cette saison, c’est qu’elle est complètement incohérente dans sa progression et ses thématiques.
Les saisons précédentes, hormis la première, n’étaient pas parfaites, mais au moins, elles annonçaient clairement un projet, un « pacte de lecture », et s’y tenaient, bon gré mal gré.
Ici, on a l’impression qu’il y avait un projet de départ, que le tournage a commencé, et que des producteurs ont débarqué en disant : « Nin, ça, c’est pas possible. Ça non plus. Et ça non plus. Débrouillez-vous lol, salut ! », puis que les vingts épisodes restant ont été écrits par dix équipes de scénaristes différentes qui ne se sont pas concertées entre elles.
On se retrouve donc avec des choses annoncées, jamais montrées, jamais développées, ou carrément déconstruites.

La drogue.

La drogue.

 

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Par exemple, entre les teasers d’avant septembre et les premiers épisodes, on nous annonce qu’Emma sera une grande vilaine, on nous aiguille vers le fait que Régina va être le héros, le sauveur, intéressante inversion des rôles et de la dynamique des personnages.
Et puis d’un coup, tout ça disparaît, au profit des champignons magiques dans les marais et d’Emo Emma. Que s’est-il passé ?

De la même façon, une fois aux Enfers, l’un des meilleurs (on part de très bas, hein) épisodes de l’arc est celui dans lequel Emma dit adieu à Hook.
Il est mort, il est aux Enfers, on a toute une progression dans l’épisode qui amène Emma à le laisser partir, à accepter la mort, à tourner la page, c’est totalement cohérent. On a un sentiment de finitude, plus ou moins, dans la mise en scène, dans les symboles, dans les parallèles utilisés, dans les dialogues et… Hook revient l’épisode d’après.
Quel intérêt de construire cet épisode, émotionnellement riche, touchant, qui fait avancer le personnage d’Emma, pour ensuite revenir en arrière ?

Il y a tout de même quelques points positifs dans ce lent naufrage.
Tout d’abord, les acteurs sont toujours aussi bons. Enfin, disons qu’ils y croient, et qu’ils donnent tout, malgré le ridicule de la matière qu’on leur donne. Il semblerait quand même que certains commencent à fatiguer un peu : Carlyle a l’air un peu plus blasé que d’habitude, et Morrison a carrément l’air déprimée.
Et parce que les acteurs y croient encore, et aussi parce que certains dans l’équipe créative font encore leur travail, il nous reste quelques dialogues savoureux, notamment entre Zelena et Régina.
On peut louer aussi le retour de certains personnages, comme Cruella ou la Sorcière d’Hansel et Gretel : Cruella est toujours FABULOUS, la Sorcière n’a pas la langue dans sa poche, et leur duo est délicieux, quoi que trop rare.
Enfin, lorsque la série se concentre sur son noyau de départ, à savoir la dynamique familiale entre Emma, Henry et Régina (et dans une moindre mesure, Snow), on a de vraies scènes touchantes, intéressantes, et qui construisent les personnages.

Et toujours un peu de subtext. Faudrait pas perdre tout le monde d'un coup.

Et toujours un peu de subtext. Faudrait pas perdre tout le monde d’un coup.

 
Hélas, ces quelques rustines ne suffisent pas à sauver un navire qui prend l’eau de toutes parts. Et les audiences le prouvent bien : elles n’ont cessé de baisser, inexorablement, tout au long de la diffusion de la série.

Si la quatrième saison de Once Upon A Time était encore regardable, selon votre degré de tolérance, la cinquième passe un point de non retour. Même en cherchant bien, il n’y a plus grand chose à sauver : personnages en roue libre, péripéties ridicules, retournements idiots, effets spéciaux d’un autre siècle, relations écrites n’importe comment, tensions artificielles…  Rien ne va.
A ne regarder que si vous êtes un fan inconditionnel de Lana Parrilla, ou de Hook. Les autres, passez votre chemin, en attendant de voir l’année prochaine si la série se ressaisit.

 

 

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