[Test PS4] Nights of Azure
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Plutôt habitué à des titres axés stratégie, Gust s’essaye pour la première fois au genre beat’em all avec Nights of Azure. Edité par Koei Tecmo, le jeu offre un univers sorti tout droit de l’époque victorienne où la magie noire apporte la touche fantastique censée être la touche originale du titre. On y incarne Arnice, chevalier de son état, en quête d’une solution pour éviter le funeste destin de sa meilleure amie, Lilysse, choisie par une prophétie pour être sacrifiée afin d’emprisonner le NIGHTLORD (oooouh). Si le soft est loin d’être impressionnant aux côtés des ténors du genre, il n’a pas à rougir de ses quelques qualités qui pourront contenter les moins indulgents. Mais est-ce vraiment suffisant pour se convaincre que l’expérience est assez intéressante pour justifier un achat ?

Nights of Azure est une exclusivité PS4

Réalisation perfectible

D’un pur point de vue technique, Nights of Azure ne souffre d’aucun défaut majeur, le titre bénéficie d’une résolution en 1080p et d’un framerate à 60 fps plus qu’appréciable. Le rendu des décors, bien qu’efficace, souffre d’une direction artistique parfois discutable et on regrette le manque de vie ou de crédibilité des environnements. C’est simple, on a tout simplement jamais l’impression de se trouver dans une ville ou d’en explorer les recoins, mais plutôt d’évoluer dans des décors en carton ou des cubes reliés les uns aux autres. Même au sein de l’hôtel qui sert de QG, la clientèle semble plus que spectrale et rien ne nous pousse à vraiment faire l’effort d’y croire, ne serait-ce qu’un petit peu. Le background semble pourtant plus que conséquent, les quêtes sont un minimum scénarisés mais même là, le jeu ne parvient jamais à être captivant.

L’animation est exemplaire durant les phases de jeu, ce qui n’est pas forcément le cas des cutscenes où la mise en scène manque clairement de pêche et ce n’est même pas une question de budget plus limité : les angles sont souvent mal choisis, accentuant le non dynamisme de la plupart des séquences. Quand des titres plus anciens parviennent à faire mieux, on est en droit d’être plus exigeant à ce niveau. Si les parties « Visual Novel » peuvent à la limite y trouver une excuse, on pourrait rétorquer qu’utiliser les modèles 3D n’était sans doute pas la meilleure idée et que des images fixes en 2D auraient sans doute offert un meilleur rendu : un comble d’autant plus que les quelques artworks qui parsèment le jeu sont vraiment magnifiques. Tout le long du titre l’impression du jouer à un doujin game (un jeu amateur réalisé souvent par un groupes d’étudiants au Japon) qui a bénéficié d’un peu plus de budget que la normale se fait omniprésente : quand c’est vraiment le cas, ce n’est pas particulièrement gênant sauf qu’ici, on n’est loin du cadre du petit jeu développé avec des moyens limités. La bande-son en est clairement affectée car si elle est plutôt d’excellente facture, sa tracklist limitée implique une répétition malheureusement trop rapidement notable.

Des concepts azurément bienvenus

Pour autant, le jeu ne manque pas de qualités, même si elles se retrouvent rapidement ternies par des défauts difficiles à pardonner. Le système de combat se révèle plutôt ingénieux avec la possibilité d’invoquer des familiers démoniaques indispensables pour mener à bien les différents affrontements. Arnice disposera de différentes armes qui se débloqueront au fil du jeu et on accédera même à la possibilité de les switcher durant les combo pour varier les enchaînements. On charge également une jauge qui, une fois remplie, permet d’acquérir temporairement de nouveaux pouvoirs. Sur le papier, tout semble indiquer qu’on se retrouve face à un solide jeu d’action, mais manette en main, on déchante rapidement malgré une prise en main loin d’être désagréable : les combos se révèlent finalement très limités puisqu’il s’agit essentiellement d’alterner entre les coups faibles et un coup fort sur une série de 3 ou 4 coups en fonction de l’arme.

Le menu est quand même super classe

Le menu est quand même super classe

 

On peut également utiliser la touche d’esquive pour terminer sur un « finish move » ou utiliser une attaque spéciale comme « cancel move » sur les attaques au sol mais malgré tout, la diversité des combo pointe le bout de son nez beaucoup trop tard et le manque de contrôle n’aide pas à faire oublier le sentiment de se contenter de bourriner bêtement les touches. Il n’y a aucun bouton pour le saut alors qu’il existe bel et bien des attaques aériennes et la possibilité d’envoyer les ennemis dans les airs. Le gameplay n’est pas désagréable en soi, mais ce manque de diversité, couplé l’absence de réel impact des coups sur les ennemis, élimine d’emblée tout plaisir procuré par la réalisation de combo et l’extermination de hordes, parfois un peu trop disparate et réduite.

Par ailleurs, l’interface manque un peu de clarté, de même que l’action un peu trop souvent confuse. Le système de lock peu pratique n’aidant pas à garder parfaitement le contrôle de ce que l’on fait. Même si une aide est constamment disponible via le menu, les différents combos ne sont pas suffisamment explicites, autant dans leur visuel que dans leur intérêt, et on aura vite fait de ce contenter de charger sa barre de transformation et d’abuser du système de familiers qui n’est clairement pas équilibré. Il faudra attendre la toute fin du jeu avant de réellement profiter d’une grande panoplie de possibilités, même si, concrètement, on utilisera principalement la toute dernière arme du jeu qui reste la plus efficace de toute en toutes circonstances.

Un des points peu soulevé dans la communication autour du jeu concerne le couple que forme Lilysse et Arnice : les joueurs ont la possibilité de faire évoluer le scénario en choisissant de faire évoluer leur relation au-delà du stade « BFF ». Etant donné le scénario ultra prévisible et pas forcément super intéressant du jeu, c’est bien l’un des rares points forts de l’histoire qu’il semble important de souligner à la limite du spoiler. Aussi surprenant que cela puisse paraître, cette évolution de leur attachement se fait naturellement au fil de la progression, de même que les protagonistes accueille cette idylle avec autant de naturel et sans surprise. A l’heure où des certains jeux présentent les relations homosexuelles comme une possibilité exceptionnelle, c’est en toute simplicité et sans effet d’annonce que Nights of Azure propose de suivre l’évolution des rapports entre 2 femmes éprouvant l’une pour l’autre une forte attirance.

Du fan service débordant de maladresse

Alors qu’on aurait pu penser que le côté Yuri du jeu aurait pu être utilisé à mauvais escient pour nourrir des fantasmes masculins, c’est finalement dans les stéréotypes globaux que le titre chute littéralement dans les abysses des mauvaises habitudes engendrés par une pléthore de jeux et d’anime atypiques du Japon. On échappe pas au énormes boobs et aux tenues au design exagérément « sexy »des 2 principaux protagonistes, qui trouvent parfois même des excuses scénaristiques à se torde de rire (ou de larmes) pour justifier les choix vestimentaires, on n’est pas épargné non plus par des personnalités hyper caricaturées et donc hyper « déjà vu » de la totalité du casting, on se retrouve limité par une progression littéralement emprisonnée par l’intrigue à la narration un peu hasardeuse et on s’infligera des séquences volontairement niaises qui ne permettent à aucun moment de prendre au sérieux l’histoire pourtant sombre et tragique de l’intrigue.

Le plus triste, c’est que les développeurs avaient clairement le potentiel pour sortir leur épingle du jeu si le titre avait su se défaire de tout ce fan service qui, finalement, ne rend pas service du tout aux bonnes idées du soft. A titre d’exemple, le processus pour monter de niveau était clairement dispensable dans sa forme actuelle, qui s’apparente plus à une séance de rinçage des yeux qui dure 10 bonnes minutes pour une étape qui ne devrait pas nécessiter plus de 10 secondes. On pourrait aussi citer le côté « moe moe » de Lylisse censé la rendre plus attachante, mais qui lui donne plutôt un aspect « cruche » qui aura de quoi irriter plus que d’attendrir dans le cas présent, tout en lui fermant les portes à un développement plus intéressant : du coup, sa tenue de soubrette ne semble être qu’un prétexte pour mettre en avant un décolleté forcément mis en évidence par une poitrine ultra généreuse.

Nights of Azure repose sur des bases solides qui se retrouvent trop rapidement érodées par son attachement à offrir du fan service et au manque d’expérience de Gust dans ce genre de jeu. Le rythme du jeu est trop inconsistant pour tenir correctement en haleine les joueurs et quand on commence enfin à avoir accès aux meilleurs fonctions du système de jeu, on arrive déjà à la fin du titre sans pouvoir pleinement en profiter. Les amateurs d’anime et de manga pourront cependant apprécier un titre à la durée de vie plus que correcte et dont la réalisation reste honorable malgré des défauts de mise en scène qu’il serait de mauvaise foi de contester.

 

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Nights of Azure PS4
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