[Critique] Rogue One : A Star Wars Story
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Attendu de longue date, le premier spin-off et one shot de la saga cinématographique Star Wars débarque sur les écrans le 14 décembre. Nous avons eu le privilège de le découvrir quelques jours avant sa sortie à l’occasion d’une projection presse, et nous vous livrons notre avis, le tout sans spoiler, c’est promis !

Il y a longtemps, dans une galaxie lointaine, très lointaine… il s’est passé bien des choses entre les épisodes III et IV de Star Wars. Et si l’univers étendu – globalement plus très canon – en a dévoilé certains morceaux, il y a encore énormément de choses à raconter, et c’est toute la promesse des films spin off de la franchise, annoncés il y a quelques années par Disney. Rogue One : A Star Wars Story est le premier d’entre eux : il raconte la mission d’un groupe de rebelles, bien décidés à voler les plans de l’Etoile Noire à l’Empire. Le film se déroule donc juste avant l’épisode IV, Un Nouvel Espoir, soit juste avant que Darth Vader mette la main sur la princesse Leia… la suite, vous la connaissez.

Ceux qui auraient lu le récit de l’univers étendu concernant cet épisode – celui incluant notamment Kyle Katarn – peuvent effacer ce souvenir de leur mémoire. En quelques mots, Rogue One raconte la manière dont Jyn Erso, une jeune femme rebelle dans tous les sens du terme, se retrouve à la tête d’un groupe des plus hétéroclites, bien décidée à aller voler les plans d’une arme « destructrice de planètes » concoctée dans un secret tout relatif par l’Empire. Son nom : l’Etoile Noire. Et c’est à peu près tout ce qu’on va vous lâcher sur l’histoire à ce stade.

Going Rogue

Comme Rogue One est un one shot, il a donc un début, un milieu, et une fin. Et même si cette dernière ouvre inéluctablement la voie à l’épisode IV, on peut d’ores et déjà dire que le film réussi brillamment à conclure son intrigue, ce qui, on l’imagine, n’a pas dû être particulièrement simple : la saga Star Wars étant un tel enchaînement d’événements, il faut en effet parvenir à marquer clairement la fin d’une intrigue.

L’autre élément important, c’est que comme le film doit tout contenir d’un coup, on se retrouve avec un montage plutôt dynamique, qui évite les longueurs. Le découpage de Rogue One s’avère réellement fluide, et même si le film prend le temps de placer les enjeux de son intrigue et de valoriser la création du groupe d’anti-héros mené par Jyn, on ne s’ennuie pas et on a le sentiment que chaque scène sert vraiment à quelque chose.

Le bémol là-dessus, c’est que malgré le casting vraiment brillant du film, on ne s’attarde que très peu sur les personnages. Jyn Erso, par la force des choses et les besoins du scénario, est la seule qui bénéficie d’un réel développement. C’est un peu dommage pour la galerie de « gueules » qui l’accompagnent, mais on se dit que Disney a peut-être des choses en tête pour prolonger leur présence dans l’univers, par le biais de livres, de BD ou encore de dessins animés – rappelons d’ailleurs que Saw Gerrera, le personnage interprété par Forest Whitaker, était initialement un personnage de la série Star Wars: The Clone Wars. Enfin, on peut également être un peu déçu par le rendu final du directeur Krennic, dont le charisme aussi élevé que les ambitions s’avèrent un peu maltraité par les nécessités de montage.

Entre passé et présent

D’un point de vue artistique et technique, Rogue One réussi un pari vraiment fou : celui de représenter de manière très crédible l’univers de Star Wars tel qu’on a pu le voir dans les premiers films. Les costumes, les coupes de cheveux, les accessoires et les décors fleurent bon la fin des années 70. Le fait que le réalisateur Gareth Edwards ait insisté pour tourner un maximum dans des décors réels paie véritablement et donnent à l’ensemble du film un côté très vintage : on est bien plus imprégné de l’ambiance poisseuse que dans les délires numériques des épisodes I, II et III, et c’est vraiment génial.

Avec ses scènes de combats franchement réussies, filmées caméra à l’épaule, avec ses personnages qui sont sales, de la terre et du sable sur les mains et le visage, le film gagne en réalisme et offre une belle immersion. Car Rogue One est sans aucun doute un film de guerre qui, s’il se veut grand public, distille une ambiance de champ de bataille, en particulier dans la deuxième partie du métrage. Après un démarrage que certains jugeront un peu lent, il y a un moment où le film passe un cap et devient réellement jouissif à ce niveau-là.

Enfin, au respect de la dimension « vintage » d’un Star Wars qui se déroule avant le premier film sorti en salle, s’ajoute forcément les effets spéciaux d’aujourd’hui. Parfaitement maîtrisés dans les combats spatiaux et terrestres, parfait pour ce qui est des droïdes, ils passent un cap inattendu et presque dérangeant sur l’un des points du film qu’on est obligé de taire ici, au risque d’allumer l’alarme du spoiler. Si l’usage des effets spéciaux, dans ce contexte, s’explique très logiquement par le scénario, on ne doute pas une seule seconde que c’est l’un des points qui va le plus faire parler de lui lors de la sortie du film. Et on ne doute pas que les connaisseurs mettront immédiatement le doigt dessus au visionnage.

Un Star Wars différent, mais bien authentique

Rogue One est-t-il un véritable Star Wars ? La question est tout à fait légitime. On aurait tendance à répondre « Oui, mais… ». Rogue One est bel est bien un Star Wars qui prend place dans un univers bien connu, avec des personnages identifiables et certains, même, identifiés. Mais c’est aussi un film furieusement différent des précédents, qui présente des individus ordinaires, qui ne sont pas des Jedi – ce n’est pas une surprise – et dont la force est ailleurs. En ça, les personnages de Rogue One sont définitivement touchants, et c’est également ce qui fait de leur héroïsme un symbole sincère de l’Alliance Rebelle. 

Rogue One est pêchu, drôle, dynamique, mais également émouvant. Certes, c’est un blockbuster à grande spectacle qui distille progressivement tous les ingrédients d’une recette qui fonctionne au cinéma, mais c’est bien loin d’être un simple film d’action malgré tout. Porté par un chouette casting, une mise en scène léchée et quelques surprises inattendues, le film de Gareth Edwards s’en sort très bien pour raconter une histoire qui donne un autre angle sur le début d’Un Nouvel Espoir. On vous recommande le visionnage de l’épisode IV juste après avoir vu Rogue One, pour s’offrir une dose de frissons supplémentaire. Et merci pour cette grosse claque qui fait du bien !

Rogue One : A Star Wars Story de Gareth Edwards, avec Felicity Jones, Diego Luna, Forest Whitaker… sortie le 14 décembre.

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L'auteur

Co-fondatrice et rédac'chef de GentleGeek, je suis journaliste le jour et blogueuse la nuit - les deux ne sont pas incompatibles, non non. J'aime le cinéma, les jeux vidéo, les comics et les chats. C'est déjà pas mal !

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