[Test PS4] Horizon : Zero Dawn
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Incarner une femme préhistorique badass pour chasser des animaux / dinosaures robots dans un univers post-apocalyptique, voilà un concept pour le moins inattendu. C’est pourtant ce que nous propose de vivre Guerrilla Games, avec Horizon : Zero Dawn. Le studio qui a commis la série Killzone a décidé de montrer ce qu’il avait dans le ventre en allant piocher les bonnes idées dans les productions AAA de tous genres pour proposer un action-RPG à la troisième personne aux airs de melting-pot. Reste à voir si la mayonnaise prend…

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La première chose que l’on constate en jouant à HZD, c’est la qualité graphique exceptionnelle du titre. C’est sans aucun doute l’un des plus beaux jeux auquel j’ai joué, tous supports confondus (mais mon PC est pourri). Une fois passé le (long) chargement initial, tout est fluide et superbe. La map est particulièrement vaste et nous permet de nous promener dans des espaces très divers et enivrants. Les reliefs offrent de belles perspectives sur de larges étendues ouvertes à l’exploration. Le travail sur les lumières, les effets météo et les animations est bluffant. Quand vous arriverez dans une clairière après avoir traversé un bois sombre, vous serez obligé de vous arrêter quelques instants pour admirer la lumière traverser les arbres pour illuminer des hautes herbes secouées par le vent. L’effet waouh est permanent, mais pour en profiter pleinement, il est chaudement recommandé désactiver l’UI particulièrement laide et envahissante. Le studio a eu suffisamment conscience de la réussite esthétique de son titre pour proposer un mode photo assez sympa, qui permet de faire de belles captures d’écran de ses aventures avec l’angle, la mise au point et l’effet de lumière parfait. Un instagram dans le jeu, sans les stories et les dick pics. Il faut également saluer la direction artistique, non pas pour sa créativité révolutionnaire (rien de vraiment innovant dans ce que nous propose le jeu), mais pour son choix assumé de ne pas résumer l’héroïne à ses attributs physiques. Le titre valorise également toute la diversité du genre humain, ce qui est encore suffisamment rare pour être signalé. On va dans le bon sens !

Les motifs des tenues sont dignes des pires collections Desigual.

La chasse et la cueillette, la vie de base d’une cromagnon

Terrasser de gros monstres robotiques ne se fait pas en fonçant tête baissée, sous peine de se faire rapidement laminer. C’est d’autant plus vrai que le combat au corps à corps est particulièrement infecte. Vous devrez donc faire preuve de discrétion mais également bénéficier d’une bonne préparation. Sans que cela soit déplaisant et ennuyeux, le jeu vous incite en permanence à farmer des pièces et à chasser pour crafter objets et munitions, ou remplir sa barre de soin, qui se vide rapidement. Vous aurez à votre disposition un véritable arsenal pour vous défaire de vos différents ennemis de manière « subtile ». Après quelques heures, vous serez en train de placer des pièges explosifs en balançant des bombes dans le tas à tout va. Le piratage débloqué par des quêtes annexes sympas (les « creusets ») ajoute du piment à l’ensemble. A ce petit jeu, les combats contre les robots sont nettement plus intéressants et variés (sauf pour les immondes étincelles) que ceux contre les humains, amusants mais répétitifs. Toute proportion gardée, HZD peut rappeler Metal Gear Solid V : The Phantom Pain dans son côté bac à sable de destruction massive. Le jeu ne va toutefois pas aussi loin que l’ultime œuvre de Kojima chez Konami dans les possibilités offertes au joueur. En avançant, vous deviendrez rapidement surpuissant et le challenge sera donc légèrement moins intéressant. Une dimension « plateforme » rappelant quelques séquences d’Uncharted est également présente dans l’exploration. Pas trop de challenge à ce niveau là puisque toutes les zones à grimper sont marquées d’un jaune peu discret. En bref, tout se passe de manière plutôt fun et pas du tout frustrante dans la mesure où la maniabilité est correcte.

On vous a dit que c'était beau ?

On vous a dit que c’était beau ?

FedEx survit à l’apocalypse

Vous l’aurez compris, dans HZD, on peut facilement passer des heures à errer sans but précis, juste pour admirer le paysage, ramasser des fleurs et butter tout ce qui passe. Cela tombe plutôt bien car les quêtes annexes ne sont pas toutes folichonnes. En fait, elles sont carrément barbantes. On n’échappe pas aux tâches FedEx, aux défis ennuyeux et frustrants (les quêtes de chasseur, vraiment dispensables) ou aux missions répétitives (au bout du troisième camp de bandits à exterminer, et de la 5e zone corrompue à « nettoyer », on a fait le tour du truc). On a parfois le sentiment d’être dans le schéma agaçant d’Assassin’s Creed : on grimpe sur la girafe géante, on analyse ce qui a autour, et puis on traite ses petites tâches machinalement. Certes, rien ne nous oblige à les faire, mais ce n’est parfois pas évident de faire le tri entre le bon et le dispensable sans avoir peur de louper une activité intéressante. Les quêtes secondaires contribuent néanmoins à l’enrichissement du lore. Guerilla est allé piocher une roulette de dialogue chez Bioware et Bethesda et propose des choix plus ou moins impactant dans le traitement des quêtes. Les grands retournements de situation ne seront pas monnaie courante et on est loin de la qualité d’écriture des mastodontes du RPG. Tout le contraire de la quête principale, vraiment passionnante et plutôt originale, qui explique (presque) tout ce qu’il y a à savoir sur cet univers SF de manière convaincante. En fait, elle est tellement bien que le reste paraît fade à côté. Résultat : si on se lance dans l’Histoire, on laisse rapidement tomber le reste. Qui a envie de s’occuper de la vie de péons pouilleux et crétins quand on peut changer le destin de l’humanité ?

On peut vraiment faire n’importe quoi avec l’outil photo, comme tourner l’image à 45°

Conclusion

Horizon Zero Dawn est un soft plaisant. On passe un bon moment à arpenter ses grandes étendues, à chasser du robot et du bandit, voire même à cueillir des plantes. Le scénario est convaincant et se suit avec grand plaisir, ce qui n’est pas le cas des tâches et quêtes annexes, répétitives et dénuées d’intérêt. En cet âge d’or du jeu vidéo où les chefs d’oeuvre se succèdent à un rythme effréné, on se permet de faire la fine bouche en disant que les personnages ne sont peut-être pas assez marquants, et les quêtes pas assez engageantes pour en faire un jeu indispensable, qui restera dans les annales.

Elle est pas belle ma grotte ?

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L'auteur

It is not enough that I should succeed - others should fail.

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