[Test PS4] Nioh
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Si vous pensiez que Final Fantasy XV était le seul jeu japonais ayant connu une longue et fastidieuse phase de développement, Nioh arrive tout fraîchement sur Playstation 4 pour se faire connaître dans cette même catégorie. En développement depuis 2004, la principale différence est que ce dernier est un tout nouveau titre et qu’il ne fait partie d’aucune saga connu. Après toutes ses années, le titre de la Team Ninja semble finalement se présenter comme un Dark Souls like aux allures de Ninja Gaiden ou d’Onimusha, mais peut-on vraiment résumer aussi simplement Nioh ?

Tom Cruise et Keenu Reeves l’ont fait, Ben Peel aussi

L’intrigue de Nioh nous transporte dans le Japon médiéval du XVIIème siècle et ce n’est pas un héro japonais qu’il faudra incarner, mais un pirate irlandais qui répond au nom de William Adams. Ca n’a l’air de rien, mais celui-ci a réellement existé même si le scénario, profondément infusé de fantastique, prend de très grand liberté pour créer une histoire faisant intervenir divinités et bestiaires du folklore japonais.

Si Isaac vous a fait rire dans le 6ème épisode de Samurai Champloo, William changera très probablement cette vision de cet étranger qui n’a rien d’un samurai de prime abord, mais qui dégage quand même pas mal de charisme. Malgré des ressemblances avec Geraldt de The Witcher, le petit Will ne partage pas grand-chose avec lui côté personnalité. Le petit esprit qui l’accompagne a été kidnappé et il se rend jusqu’au Japon pour le récupérer, la haine au ventre et bien déterminée à le sauver d’un funeste destin. Cette sensibilité avec les esprits va évidemment lui être d’une aide précieuse dans son périple, surtout dans un pays qu’il ne connaît finalement pas trop.

Les différents personnages sont plutôt intéressants, mis à part peut-être le méchant qui ressemble à un méchant tout ce qu’il y a de plus banal, mais dans l’ensemble, aucun ne nous marque réellement et même si tout le monde est « beau » dans ce jeu, cela ne suffit pas forcément à apporter le charisme nécessaire pour qu’on s’attache un minimum.

SUBARASHI

On pourra difficilement trouver des choses à redire sur la partie graphique. Les décors sont soignés et les animations redoutablement précises. La direction artistique est de haut vol avec des environnements qui parviennent à ne pas trop se répéter, mais Japon oblige, vous allez visiter un petit paquet de villages, temples et autres châteaux nippon.

La possibilité de choisir parmi trois types d’affichage classe d’office le jeu dans la catégorie des titres qui sont à l’écoute des joueurs. Il est ainsi possible de choisir entre le mode action, le mode cinéma et le mode variable (pour la PS4 Pro). Sur PS4, le premier mode assure un framerate à 60fps et la qualité de l’image sera essentiellement en 720p, le second va privilégier la résolution et s’assurer que celle-ci ne descende jamais en dessous de 1080p. Le dernier mode, essaye de trouver un juste équilibre avec un framerate variable qui n’est plus limité.

Peu de jeux offrent ce genre de choix et s’il est appréciable que sur console, on laisse enfin un peu plus de liberté aux joueurs pour décider, cette possibilité démontre également que les développeurs ont peut-être vu trop large pour leur titre, laissant finalement le joueur face à un faux choix : étant donné la difficulté du jeu, qui ne privilégierait pas le gameplay ?

Un gameplay plutôt sugoi globalement

Les habitués de Dark Souls ou de Bloodborne retrouveront certains mécanismes tout bêtement copiés/collés dans Nioh mais ils subsistent tout de même quelques changements qui apportent une dimension un peu plus technique aux combats. Contrairement au jeu de From Software, on dispose de postures (haut, milieu, bas) avec lesquelles il est possible soit d’effectuer une attaque « rapide » soit une attaque puissante. En fonction de la position, l’attaque et la vitesse n’est pas la même, tout comme le repositionnement en défense et il faudra jongler avec tous ça pour venir à bout de ses adversaire. Mais soyons honnêtes : la plupart du temps, on reste constamment avec la posture et l’attaque avec laquelle on se sent le plus à l’aise. 

La petite différence avec Dark Souls, c’est la gestion de la barre d’endurance qu’il est possible de remplir à nouveau à un certain degré si on appuie avec le bon timing sur la touche de position de garde ou, mieux, si on change de position ou d’armes au bon moment.

Pour chaque arme, il est possible de débloquer des combos ou des techniques spécifiques, en plus de développer des compétences passives. Il est également possible d’apprendre des techniques de ninja (shuriken & co.) et des sortilèges pour enchanter ses équipements, par exemple, ou pour infliger des malus : dans ce dernier cas, on se rend assez rapidement compte que la possibilité de ralentir les ennemis facilitent tout de même énormément la tâche, notamment sur la plupart des boss. On serait presque tenté de parler d’anti-jeu !

Des imperfections pas très kawaii

Nioh n’est pas pour autant parfait et s’il copie littéralement les codes de Dark Souls en terme de game design, il est loin d’avoir la même envergure que ce dernier. Comme il ne s’agit pas d’un monde ouvert, les niveaux sont relativement réduits l’air de rien et les mécaniques de déverrouillage de porte de Dark Souls sont ici quelques peu faussés par ce détail : on finit très rapidement à chercher à débloquer une porte qui ne s’ouvre que d’un côté, ce qui finit par enlever tout l’intérêt de la peur généré par l’exploration d’un monde inconnu. On se rend compte assez rapidement qu’il vaut mieux rusher dans un premier temps sans se soucier d’éliminer les menaces avant de monter de niveaux si le besoin se fait ressentir.

Le level design est donc rarement subtile et la progression consiste essentiellement à débloquer une porte qui ne s’ouvre que d’un côté et de trouver la clé qui permettra d’avancer jusqu’au boss : on a connu plus intéressant. S’il y a bien un ou 2 passages où cette stratégie n’est pas forcément évidente à appliquer, c’est suffisamment rare pour qu’on puisse parler de répétitivité. Pour les joueurs occasionnels, cela permet au moins d’avoir le sentiment de progresser relativement rapidement malgré tout, mais pour les vétérans, l’art et la technique de la fraude de Dark Souls s’applique plutôt très bien ici et a tendance à rendre la progression finalement très banal.

Si les équipements sont très nombreux, on est littéralement inondés d’informations dont on ne sait pas trop quoi faire et il arrive bien souvent que l’on s’équipe d’accessoire ou d’armures sans vraiment savoir si cela va être plus efficace. Mais au même titre que Dark Souls, il est souvent possible de s’en dispenser totalement pour peu qu’on soit adepte des esquives, qui sont parfois un peu trop intransigeantes sur la hitbox  : mais sur ce dernier point, tout est question de point de vue et cela ne rend pas pour autant le jeu trop dur.

En parlant de difficulté, on soulignera aussi que celle des boss est trop souvent aléatoire, les « humains » étant généralement relativement faciles à mettre à terre. Ce déséquilibre rend les combats difficiles plutôt pénibles et les combats faciles un tantinet frustrant. Le combat final est finalement une promenade de santé et se révèle peu inspiré, autant du côté du game design que du côté scénaristique. 

Nioh est un très bon jeu d’action dans un cadre japonais exceptionnellement soigné, s’il reprend exactement les codes initiés par Dark Souls, il se démarque malgré tout avec une jouabilité à la fois nerveuse et qui laisse une certaine liberté aux joueurs. La difficulté est loin d’être insurmontable, surtout si vous n’avez pas honte de faire appel à un allié, mais il faut tout de même apprécier un minimum la philosophie du « die & retry ». Le titre de la team Ninja est plutôt recommandé à celles et ceux qui ont déjà apprécié des jeux comme Onimusha ou Ninja Gaiden et qui souhaite se lancer dans le genre d’action-RPG à la Dark Souls, tout en étant pas trop perdu dans les codes et le type de progression. Loin d’être parfait, Nioh n’en garde pas moins un très fort potentiel « gaming » dans les situations hors ligne, qui peut se décupler en ligne pour peu que vous ayez un minimum d’humour noir ! 

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