[Test PS4] Gran Turismo Sport
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Depuis le premier opus de la série Gran Turismo, il s’est écoulé vingt ans. Oui, vingt ans, le temps passe, oui. On peut donc clairement se demander, après deux décennies et douze jeux au total, si la série arrive à se renouveler, à maintenir l’intérêt, à rester dans l’air du temps.
Avec Gran Turismo Sport, la série de Polyphony arrive enfin sur PS4 (avec trois trains de retard donc), mais on ne peut pas dire qu’elle le fasse avec éclats…

Avec ce nouvel opus, Gran Turismo mise tout sur les courses en ligne contre d’autres joueurs. Et quand on dit tout, c’est vraiment TOUT.

Gran Turismo Sport in a nutshell

 

En effet, contrairement aux précédents volets, il n’y a pas vraiment de mode carrière solo : il y a quelques équivalents des permis, et quelques circuits disponibles contre l’IA pour se faire la main, mais rien de bien folichon. L’offre en circuits est d’ailleurs plutôt famélique, les joueurs assidus en auront vite fait le tour.

Un coup à l’envers, un coup à l’endroit et HOP, deux fois plus de circuits !

 

En plus, dans un choix contestable, si, pour une raison ou pour une autre, vous ne pouvez vous connecter aux serveurs du jeu, que ce soit à cause d’une maintenance ou de problèmes sur les serveurs, ou que vous n’ayez pas de connexion internet (orage, panne, week-end dans un gîte du Larzac entre potes… Les raisons de ne pas pouvoir se connecter à internet avec une console de salon sont nombreuses), vous n’avez qu’un accès restreint au contenu du jeu, et en plus, votre progression n’est pas sauvegardée.

Oh, noes !

 

On comprend évidemment qu’il faille être connecté aux serveurs pour participer à une compétition en ligne, mais pour passer les permis ? Est-ce vraiment nécessaire ? Et puis, pas de sauvegarde en local qui se synchronise ensuite en ligne ? Vous pouvez donc passer des heures à engranger des crédits et des points miles et de l’expérience, pour passer le temps en attendant que votre connexion refonctionne ou que les serveurs soient de nouveau en ligne… Pour rien, puisque si vous quittez le jeu avant qu’une connexion soit établie, vous perdez TOUTE VOTRE PROGRESSION.
Impeccable, on sent les gros penseurs derrière ce genre de choix.
Et puis, penseurs ou pas, un jeu qui vous prive d’une grande partie du contenu SOLO quand on est hors ligne, c’est indigne, tout simplement.

Admirez cette livrée caméléon. Et ce crénelage aux portières.

 

Sachez que, globalement, dans ce jeu, on passe beaucoup de temps à en perdre : on charge pour arriver à la course, puis on peut cliquer sur « démarrer » et on attend ENCORE que la course démarre. On perd du temps aussi dans les menus, austères et pas ergonomiques pour deux sous : par exemple, lorsqu’on passe les permis, il n’y pas l’option de passer à l’épreuve suivante quand on vient d’en réussir une. Il faut revenir à l’écran général, et choisir l’épreuve suivante, entrer, attendre le temps de chargement, réussir l’épreuve, sortir de l’épreuve, attendre que ça charge, choisir la suivante, etc.
De gros penseurs, on vous dit, derrière ce jeu…

On peut personnaliser plein de choses, comme le pilote. Qu’on ne voit jamais.

 

Après techniquement, le jeu est agréable, mais on a quand même des arbres et des talus aux textures un peu légères, des décors qui manquent de profondeurs, un ensemble qui manque un peu de vie. La physique est à peu près cohérente, et on sent bien les différences entre les voitures. Certaines sorties de piste demeurent incompréhensible, mais c’est assez rare pour ne pas peser sur le gameplay.
Enfin, on n’insistera pas trop sur l’IA, toujours aussi peu finaude, et toujours vissée sur son rail : vos concurrents resteront sur la meilleure trajectoire quoi qu’il arrive, ce qui les rend involontairement agressifs, puisqu’ils se comportent comme si vous n’existiez pas. C’est un tue-l’immersion de compétition.

 Admirez les textures pas terribles, l’IA obsessionnelle, la vue intérieure qui vous cache la route…

 

Le mode en ligne, qui est censée être l’atout maître du jeu et bien… Pour l’instant, il demeure pauvre, et a besoin d’affiner quelques réglages.
Pauvre, parce que pour l’instant, il y a peu de championnats, et qu’on a toujours les mêmes circuits, encore et encore. Bon, c’est que le début, d’accord, d’accord, mais quand un jeu minimise son mode solo au profit du multijoueur, on est en droit d’attendre quelque chose d’un peu plus fourni.

Oui, ces arbres ont des soucis, oui.

 

Ensuite, si il y a une bonne idée pour faire en sorte que les compétitions soient propres, il va falloir l’affiner un peu. En effet, pour monter dans les championnats, il vous faut augmenter deux paramètres : vos capacités de pilote, en gagnant des compétitions (jusque là, tout va bien), mais aussi votre fairplay. Parce qu’on est bien d’accord, tenter de gagner une course de voitures avec des trolls qui slaloment au milieu de la route et vous défoncent l’arrière-train pour un oui ou pour un non, c’est juste pas possible. 

On vous apprend ce qu’est le fairplay en deux vidéos de trois minutes.

 

Pour remédier à ce problème, le jeu a un compteur « fairplay », qui monte et qui descend selon votre comportement sur la route. C’est une très bonne idée, malheureusement dans la réalisation, ça pêche encore un peu, le jeu ayant tendance à vous pénaliser lors de contacts dont vous n’êtes pas responsables par exemple, ou que vous ne pouviez pas éviter.
Mais bon, comme les pires conducteurs se retrouvent avec des pénalités en fin de course, ça nettoie quand même pas mal, et ça permet des courses relativement agréables.

On voit très bien la route… si, si, derrière le compteur de vitesse.

 

Une fois qu’on a attendu vingt minutes pour les faire… Parce que oui, comme dans tout jeu qui nécessite de réunir plusieurs personnes pour les faire s’affronter, il faut attendre. Mais rien n’a vraiment été fait pour rendre l’attente agréable : alors oui, vous pouvez faire des tours de qualifications, pour essayer de faire un bon temps et avoir une bonne position sur la grille de départ, mais soyons honnêtes : tourner vingt minutes sur le même circuit en attendant la course, ce n’est pas fun, ou en tous cas, pas bien longtemps.
Surtout que comme les circuits sont en nombre limité, c’est vite répétitif.

Y a des musées aussi. Pour que ça intéresse.

 

Au final, Gran Turismo Sport n’est ni vraiment bon ni vraiment mauvais, mais rate clairement son entrée sur current gen : on manque de contenu, on manque de fun, on manque de légèreté, de réactivité. Tout est long dans ce jeu, et contrairement à ce que dit l’adage, ce n’est pas forcément bon : entre les temps de chargement, le temps de réunir des compétiteurs, le temps de changer de menu, c’est vite un peu pénible.
Le jeu a voulu s’offrir à un public plus large, en rendant la conduite un peu plus accessible, mais les gens qui veulent une conduite plus accessible veulent aussi s’amuser, pas passer quarante minutes sur le même circuit. Et ceux qui aimaient la conduite plus exigeante des anciens opus seront forcément déçus, du coup. Il n’y pas vraiment de mode solo, mais le mode multi n’a clairement pas l’envergure nécessaire pour porter tout le jeu… Bref, on est dans un jeu qui, en l’état actuel des choses, est décevant, sans âme, sans personnalité. Peut-être d’ici quelques patchs, ça ira mieux ?

 

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L'auteur

Fille de Mary Poppins et Xena la Guerrière, aime se promener dans les bois pluvieux. Avec une console. Ou un comics. Avant que les cylons n'arrivent...

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