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On vous parlait récemment de sa sortie sur le Xbox Live Arcade : aujourd’hui, c’est la version PC qui est disponible et qui est testé également sur Gentlegeek.  Orcs Must Die! est un jeu développé par Robot Entertainment, à qui l’on doit le récent Age of Empire Online, et n’a évidemment rien à voir avec le célèbre mode de difficulté de Devil May Cry. C’est donc tout naturellement Microsoft Studios qui se charge de distribuer le jeu… seulement au format dématérialisé. Ce choix pourrait donc laisser place à une question légitime : s’agit-il d’un petit jeu sans ambitions pour ne pas bénéficier d’une sortie en version boîte ?

Une réalisation pleine de vie

Si le jeu ne va pas vous éclater la rétine graphiquement, le style cartoon adopté n’est pas sans rappeler l’aspect médiéval d’un Warcraft ou d’un Dragon’s Lair. Le jeu ne requiert pas une machine surpuissante pour tourner convenablement ce qui permet au titre de toucher un public relativement large. Les animations sont fluides et ne souffrent pas de défaut majeur, même quand un grand nombre d’ennemis est affiché à l’écran.

Un peu trop tard pour lui prêter main forte…

La progression propose à des moments-clés de dévoiler l’histoire à travers une mise en scène avec des images fixes et le doublage français est de très bonne qualité : même si la voix du héros pourrait en agacer certains, elle convient parfaitement à la personnalité du personnage. Le jeu ne manque pas d’humour et la narration demeure plutôt intelligente dans la forme.

La musique n’a pas été négligée, au contraire, et on a droit, par exemple, à du métal médiéval bien nerveux durant les phases d’actions.

Difficile donc de critiquer la direction artistique qui est soignée, avec le soucis permanent d’apporter une identité bien précise à Orcs Must Die! et on ne pourra le prendre à défaut que sur les limites que le jeu impose et s’impose…

Let’s Orcs !

Le titre se présente avant tout comme un jeu de type Tower Defense : le but est de repousser des vagues d’ennemis successives en les empêchant d’atteindre une cible que l’on doit défendre à tout prix. Mais pour parvenir à leurs fins, les adversaires devront traverser un chemin prédéfini où il sera possible de placer différents pièges pour ralentir leur progression ou carrément les éliminer. Orcs Must Die! se différencie des autres jeux du même genre par son côté action : on dirige en effet un apprentie mage de guerre qui dispose de tout un arsenal personnel pour se défendre.

L'habillage des menus est soigné !

 

Ce sera également grâce à lui que l’on pourra placer les pièges autant durant les phases de préparations avant que les hordes d’orcs ne débarquent que durant les attaques de ces derniers : des classiques piques qui jaillissent du sol aux flèches tirées à travers des murs, en passant par un plafond qui écrase l’ennemi ou des lames cachées qui les découpent, chacun et chacune pourra se faire plaisir parmi de très nombreux pièges qui permettent de contrôler la progression des vagues terrestres, mais aussi aérienne de monstres. Vous pourrez donc également vous faire épauler par deux unités pour vous aider dans vos mission : des archers et des paladins. A cela s’ajoute aussi des pouvoirs magiques comme foudroyer les orcs, les brûler à petit feu ou les immobiliser par la glace.

Pour agrémenter le tout, vous pourrez choisir 3 arbres d’amélioration différents parmi 3 tisseuses qui vous permettront soit d’obtenir des bonus de puissance pour notre mage de guerre, soit d’augmenter l’efficacité des pièges, soit de bénéficier de diverses améliorations qui récompenseront vos performances. Ces améliorations s’achètent avec l’argent accumulé durant les rounds contrairement aux améliorations permanentes que vous pourrez obtenir grâce aux points gagnés à la fin de chaque chapitre. On peut obtenir 5 points maximum, représentés par des crânes, et pour se faire, il faudra obtenir le meilleur score possible sans commettre la moindre erreur.

Danser dans les escaliers : tout un art

 

Au coeur de l’action, vous pourrez attaquer à distance mais aussi au corps à corps si vous choisissez de garder l’arme secondaire qui vous sera quasi-imposée pour les premières missions. Votre première arme, une arbalète, sera sans doute celle que vous utiliserez le plus. Les « headshots » sont pris en compte et permettent d’éliminer plus rapidement les orcs ou d’infliger plus de dégats. Et pas question de récompenser les bourrins : plus vous tirerez de façon frénétique, plus vous perdrez en précision.

Vous devrez faire face à différents types de créatures en plus des orcs de tous types, les plus coriaces étant même plus résistants face à certains éléments. Le choix des pièges et des armes en début de partie est donc primordial si on ne veut pas se retrouver complètement démunie face à eux.

It’s a trap! Oh wait…

Une fois le jeu terminé, il ne reste plus qu’à essayer le mode de difficulté supérieur ou à améliorer son score en espérant qu’aucun orc ne puisse parvenir à atteindre le portail : le jeu s’adresse avant tous aux perfectionnistes et aux fans de scoring. Malgré la présence d’un scénario, il ne faut pas s’attendre non plus à une histoire particulièrement extraordinaire. Le choix d’inclure une place importante à l’action pose quand même un problème d’identité : on peut difficilement dire que le jeu soit un bon défouloir étant donné l’importance accordée aux stratégies à mettre en place pour repousser les ennemis, mais on ne peut pas non plus dire qu’il soit nécessaire de faire preuve de beaucoup de réflexion pour la partie tactique.

L’aspect répétitif peut rapidement se faire ressentir, d’autant plus que le décor ne change pas vraiment d’un chapitre à un autre. Il ne faut donc pas chercher le dépaysement et la musique n’aide pas vraiment non plus de ce côté là puisqu’on aura toujours droit au même refrain…

La durée de vie en est indirectement affectée, le jeu se terminant une première fois en une dizaine d’heures de jeu si vous prenez votre temps. Du coup, la progression échelonnée l’est sans doute un peu trop puisqu’il faut terminer complètement le jeu pour avoir la totalité des équipements disponibles. On utilise donc à peine les derniers pièges fournis en suivant simplement la progression normal proposée.

"Vise les yeux, Bouh ! Vise les yeux !"

 

D’ailleurs les pièges, on n’en utilisera finalement pas tant que ça étant donné que la tactique qui paiera la majeure partie du temps consistera à contrôler le mouvement des ennemis : une fois qu’on aura compris que chercher essentiellement à repousser l’adversaire vers l’arrière plutôt que de chercher à l’éliminer est plus efficace, on abusera volontiers de 3 pièges essentiellement qui permettent de pousser ou ralentir nos ennemis les orcs.

On regrettera également que les options graphiques s’avèrent plus que limitées, avec l’impossibilité de passer en mode fenêtre depuis le jeu, par exemple. On ne peut donc pas ajuster les détails graphiques, si ce n’est de façon globale, de même qu’il vous sera impossible de modifier les touches : le jeu nous force en effet à utiliser la configuration par défaut. Un peu embêtant pour certains gauchers par exemple… L’ergonomie n’est pas forcément au rendez-vous non plus lorsqu’il s’agit de switcher ses équipements avec la roulette de la souris : les armes et les pièges sont séparés de façon distincte. Ainsi, si vous souhaitez switcher rapidement vers un piège, il faudra d’abord sélectionner un piège avec le clavier, autrement, le jeu se bornera à ne sélectionner que les armes et pouvoirs magiques : pas évident au coeur de l’action et dans les moments de paniques de réagir rapidement.

Si on fait l’impasse sur les quelques détails qui nous donne l’impression qu’il s’agit d’un portage d’un jeu sur console, Orcs Must Die! n’en reste pas moins un titre soigné mais qui souffre tout de même de l’absence d’un mode multijoueur coopératif : quand on sait que leur premier titre est essentiellement axé sur le online, on peut être un peu surpris qu’une telle possibilité ne soit pas offerte dans le jeu alors que le titre semble parfaitement s’y prêter en réajustant le nombre d’équipement. Ce sera peut-être pour une prochaine mise à jour…ou un prochain DLC ?

Au final, on ne recommandera peut-être pas le jeu aux personnes qui n’attachent pas beaucoup d’importance à l’aspect graphique : il existe de nombreux jeux du même genre qui proposent une expérience quasi-équivalente en terme de plaisir de jeu et argument de taille : ces derniers sont totalement gratuits, contrairement à Orcs Must Die! qui devrait coûter un peu moins de 15€.

 

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