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Etrange Festival 2021 : la programmation complète dévoilée

Le Covid n’aura pas eu raison de l’Etrange Festival ! Du 8 au 19 septembre, le festival se tiendra avec toutes les précautions qui s’imposent, pour proposer une nouvelle salve de films inclassables, patrimoniaux ou de découverte de tous horizons.

Que serait une édition de l’étrange festival sans la présence de l’incontournable Sono Sion avec son premier film en langue anglaise, Prisoners of the Ghostland. Parmi les invités, Lynne Ramsay (We need to talk about Kevin) et Pierre Bordage ont chacun droit à une carte blanche, tandis que le festival nous proposera un focus sur deux réalisateurs japonais (Yuzo Kawashima et Atsumi Yamashita), les pépites de l’étrange, la traditionnelle et appréciée séance Retour de flamme, et deux nouveaux films du réalisateurs Kazakh, Adilkhan Yerzhanov, et aussi le dernier film de Fabrice Du Welz.

Ouverture

  • Les Grandes Vacances de Vincent Patar et Stéphane Aubier (Première mondiale, en présence des réalisateurs)
  • Barbaque de Fabrice Éboué (Première mondiale, en présence de l’équipe)

Cloture

  • Raging Fire de Benny Chan (Première européenne)

Compétition internationale

  • PRISONERS OF THE GHOSTLAND de Sion Sono, Première française
  • ULTRASOUND de Rob Schroeder, Première française
  • LAMB de Valdimar Jóhannsson Avant-première
  • AFTER BLUE (PARADIS SALE) de Bertrand Mandico, Première française
  • OFFSEASON de Mickey Keating, Première française
  • TIN CAN de Seth A. Smith, Première française
  • INEXORABLE de Fabrice du Welz, Avant-première
  • THE INNOCENTS de Eskil Vogt, Avant-première
  • LIMBO de Soi Cheang, Première française
  • MAD GOD de Phil Tippett, Première française
  • ON THE JOB: THE MISSING 8 de Erik Matti, Première française
  • SWEETIE, YOU WON’T BELIEVE IT d’Ernar Nurgaliev Première française

Mondovision

  • ULBOLSYN d’Adilkhan Yerzhanov, Avant-première
  • YELLOW CAT d’Adilkhan Yerzhanov, Avant-première
  • THE SPINE OF NIGHT de Philip Gelatt & Morgan Galen King, Avant-première
  • ORANGES SANGUINES de Jean-Christophe Meurisse, Avant-première, en présence de l’équipe
  • BRUNO REIDAL de Vincent Le Port, Avant-première, en présence du réalisateur
  • LA FIÈVRE DE PETROV de Kirill Serebrenikov, Avant-première
  • EXTRANEOUS MATTER de Kenichi Ugana, Première européenne
  • FOU DE BASSAN de Yann Gonzalez, Première française, en présence du réalisateur
  • SALOUM de Jean-Luc Herbulot, Première européenne, en présence du réalisateur
  • COFFIN HOMES de Fruit Chan, Première française
  • NIGHT OF THE UNDEAD de Jeong-won Shin, Première française

Nouveaux Talents

  • IL ÉTAIT UNE FOIS PALILULA de Silviu Purcarete, Première française, en présence du réalisateur
  • JUNK HEAD de Takahide Hori, Avant-première
  • THE SADNESS de Rob Jabbaz, Première française
  • CENSOR de Prano Bailey-Bond, Première française

Documentaires

  • DELIA DERBYSHIRE: THE MYTHS & THE LEGENDARY TAPES de Caroline Catz, Première française
  • OTHER, LIKE ME de Marcus Werner Hed & Dan Fox, Première française
  • RAW! UNCUT! VIDEO! de Alex Clausen & Ryan A. White, Première internationale
  • DIFFERENT JOHNS de Robert Carr, Avant-première, en présence du réalisateur

Séances Spéciales

  • ZAÏ ZAÏ ZAÏ ZAÏ de François Desagnat, Première française, en présence de l’équipe
  • THE AMUSEMENT PARK de George.A Romero, Séance présentée par Julien Sévéon à l’occasion de la réédition et dédicace
  • de son livre George A. Romero – Révolutions, zombies et chevalerie
  • Trois séances gratuites en partenariat avec Canal+ :
  • BALADE MEURTRIÈRE/COMING HOME IN THE DARK de James Aschcroft, Première française
  • BAD DREAMS/COME TRUE de Anthony Scott Burns
  • RIDERS OF JUSTICE DE ANDERS de Thomas Jensen, Première française

Carte Blanche à Lynne Ramsay

  • THE GRANDMOTHER de David Lynch + LA SOURCE d’Ingmar Bergman
  • LE JOUR DU FLÉAU de John Schlesinger
  • LES NAINS AUSSI ONT COMMENCÉ PETITS de Werner Herzog
  • IF de Lindsay Anderson
  • PASQUALINO de Lina Wertmüller

Carte Blanche à Pierre Bordage

  • DARK CRYSTAL de Jim Henson et Frank Oz
  • MODEL SHOP de Jacques Demy
  • AVOIR 20 ANS DANS LES AURÈS de René Vautier, en présence de Moïra Vautier
  • TOUCHE PAS À LA FEMME BLANCHE de Marco Ferreri
  • SCUM de Alan Clarke

Autour de Minuit à 50 ans !

  • 12 films courts inédits, raretés et pilotes de projets représentatifs de l’esprit développé par la célèbre société de production parisienne sur près de 2 décennies, en présence de Nicolas Schmerkin + surprise

Atsushi Yamatoya, l’épatant !

  • SAISON DE TRAHISON de Atsushi Yamatoya, Première internationale
  • UNE POUPÉE GONFLABLE DANS LE DÉSERT de Atsushi Yamatoya
  • THE PISTOL THAT SPROUTED HAIR de Atsushi Yamatoya, Première internationale
  • LE PIÈGE DE LA LUXURE de Atsushi Yamatoya, Première française

3 chefs d’oeuvre de Yûzô Kawashima

  • Les Femmes Naissent Deux Fois de Yûzô Kawashima (Avant-première)
  • La Bête Elegante de Yûzô Kawashima (Avant-première)
  • Le Temple des Oies Sauvages de Yûzô Kawashima (Avant-première)

Retour de Flamme

  • Le Fantôme du Moulin Rouge de René Clair (copie neuve). Séance présentée et accompagnée au piano par Serge Bromberg

Les Pépites de l’Etrange

  • La Femme Qui Poursuit le Papillon Mortel de Kim-Ki Young (copie neuve)
  • L’Etang du Démon de Masahiro Shinoda (Avant-première, copie neuve)
  • The Baby de Ted Post (copie neuve)
  • Les Poissons Morts de Michael Synek (copie neuve)
  • Jaloux comme un Tigre de Darry Cowl, en présence de Christophe Bier

Fred Halsted Special

  • The Sex Garage de Fred Halsted (copie neuve) + Erotikus, a History of the Gay Movies de Tom deSimone (Première française)
  • L.A Play Itself de Fred Halsted (copie neuve) + Sextool de Fred Halsted (copie neuve, Première française)

Source : communiqué de presse.

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Cinéma

Raya et le Dernier Dragon : une sortie en Blu-ray le 27 août

Après une arrivée sur Disney+ en début d’année, le dernier long-métrage en date de Disney s’apprête à sortir en édition physique à la fin du mois.

C’est l’un des inédits les plus incontournables de Disney+, et il ne va pas le rester encore bien longtemps : en effet, le film Raya et le Dernier Dragon sera disponible en VOD à partir du 26 août, puis dès le lendemain, le 27 août, en DVD et en Blu-ray. Rappelons que ce long-métrage d’animation n’a pas eu le droit à une sortie en salles, puisque Disney n’a pas souhaité attendre la réouverture des cinémas pour le proposer. La pandémie de COVID-19 a donc propulsé le film directement sur la plateforme Disney+, où il est toujours disponible.

Si vous désirez ajouter Raya et le Dernier Dragon à votre collection de Blu-ray Disney, vous pouvez d’ores et déjà le précommander au prix de 19,99 euros sur Amazon, pour le recevoir dès le jour de sa sortie. Une version DVD de Raya est aussi disponible pour 15 euros.

Concernant les bonus, si Disney France n’a pas encore communiqué sur le sujet, on peut s’attendre à de nombreuses featurettes, un bêtisier et de nombreuses scènes coupées, c’est à dire à l’ensemble du contenu disponible sur la version américaine du Blu-ray.

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Critique : que vaut la collection comics Star Wars des éditions Altaya ?

Depuis plusieurs semaines, Altaya propose une nouvelle collection autour de Star Wars, nommée Star Wars – Récits d’une galaxie Lointaine. L’éditeur, spécialisé dans la publication de collections sur abonnement, a puisé dans le catalogue de Panini Comics pour la création de cette série. Nous avons pu découvrir les trois premiers numéros.

Le type d’offre proposé par Altaya est connu : le premier numéro, à découvrir chez les marchands de journaux, est proposé à un tarif accessible et les semaines suivantes voient le prix grimper, jusqu’à atteindre le tarif définitif. Dans le cas de Star Wars – Récits d’une galaxie Lointaine, le premier numéro est sorti à 1,99 euro, le second à 6,99 euros et le troisième au tarif de croisière de 12,99 euros.

Nous avons pu découvrir ces trois premiers numéros, qui regroupent chacun un récit complet tiré de l’univers Star Wars, sous la forme d’un comics. Dans certains cas, il s’agit d’une histoire originale, tirée de l’univers étendu. Dans d’autres cas, il s’agit de l’adaptation d’un film en comics.

Les trois premiers volumes de la collection

Des ouvrages étoffés

Dans le cas du premier numéro, on suit Luke Skywalker et ses acolytes dans une intrigue qui se déroule entre Un nouvel Espoir et l’Empire contre-attaque, dans une intrigue écrite par Jason Aaron et dessinée par John Cassaday en 2015. Le second volume dévoile une histoire consacrée à Darth Vader durant la même période, cette fois-ci scénarisé par Kieron Gillen et illustré par Salvador Larroca. Là aussi, la mini-série date de 2015. Enfin, le troisième numéro propose le scénario du Réveil de la Force, adapté par Chuck Wending et dessiné par Luke Ross et Mark Laming en 2016-2017.

Chaque histoire est complète, et tient généralement en six chapitres.

A chaque début de volume, on a droit à une mise en contexte avec une frise chronologique, quelques explications et la présentation des principaux personnages. L’ensemble est bien amené et l’ouvrage est toujours très agréable à lire. Les traductions sont celles réalisées au préalable par Panini Comics, qui a déjà édité l’intégralité des histoires proposées. On imagine qu’il en sera de même avec la suite de la collection. Enfin, la fin de chaque bouquin permet d’avoir quelques informations supplémentaires sur l’univers de Star Wars, ainsi qu’une galerie de couvertures.

Chaque tome prend le temps de planter le décor.
Les bonus à la fin de chaque comics sont intéressants, même si les fans de la première heure n’apprendront sans doute pas grand-chose.

Une collection pour les débutants en comics ?

Si cette collection s’avère très belle, elle s’adresse cependant clairement à ceux qui n’ont jamais mis les pieds dans l’univers comics de Star Wars, ou alors très peu. En tout cas, si vous possédez déjà des comics Star Wars édités par Panini, attendez-vous à avoir des doublons si vous décidez de vous lancer dans cette collection.

Si, par contre, vous ne disposez pas encore de comics Star Wars dans votre collection, alors ce que propose Altaya s’avère franchement intéressant. A 12,99 euros l’album, on reste dans la fourchette tarifaire proposée par l’éditeur Panini, et on bénéficie d’une régularité de sortie de l’ordre d’un volume toutes les deux semaines.

Pour ceux qui se poseraient la question, la collection complète comptera 40 volumes, de quoi généreusement garnir des étagères. Ce que l’on ne sait pas, cependant, c’est si la qualité des récits sélectionnés restera constante : pour le début de la collection, Altaya tape dans les comics Star Wars récents – le tome 4 est consacré à la princesse Leia et propose l’intrigue de Mark Waid dessinée par Terry Dodson en 2015. Des comics Star Wars bien moins glorieux ont vu le jour, on peut donc se demander si la qualité de la collection sera constante.

Des avantages à s’abonner

Si cela peut parfois être difficile de se rendre toutes les deux semaines chez un marchand de journaux, à la recherche du précieux volume, Altaya propose une alternative : l’abonnement. L’éditeur propose une formule qui permet de recevoir régulièrement des packs de volumes, trois par trois à partir du numéro 8. Avant, les envois sont plus fréquents et sont accompagnés de cadeaux, comme un sticker en vinyle, un tee-shirt, ou encore une enceinte Bluetooth livrée avec le 10e envoi.

L’abonnement est sans engagement, ce qui signifie que vous pouvez le stopper quand vous voulez. Par contre, si vous recevez des volumes qui font doublon avec des exemplaires Panini, vous devrez les garder. Ceci étant dit, comme les tranches des livres sont destinés à former une fresque à la fin, mieux vaut avoir la collection complète.

C’est une collection qui nous a séduit car elle a une vraie cohérence et un intérêt certain pour les fans de Star Wars. De plus, le prix des tomes n’est pas prohibitif par rapport aux éditions traditionnelles, ce qui a le mérite d’en augmenter encore l’intérêt.

Pour découvrir la collection plus en détail et ou vous abonner, c’est par ici !

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Cinéma

Blade Runner 2049 : critique et analyse 100% spoiler, 100% bullshit

Blade Runner 2049 est un film agaçant car il est difficile à juger. D’un côté, il est beaucoup trop long, très académique, parfois surjoué, souvent prétentieux et confus… Il fait passer l’œuvre originelle de Ridley Scott pour un film limpide (!). D’un autre côté, il offre un voyage contemplatif, hypnotique et déroutant dans un futur apocalyptique visuellement époustouflant. Il respecte à la fois son aîné et la philosophie de l’œuvre – au sens large – du trop massacré Philip Dick. C’est sans doute la meilleure adaptation de l’écrivain avec A Scanner Darkly. Même en sortant perplexe de la séance, on reste de longs moments à gamberger sur les questions existentielles posées par le film. Un peu comme après un visionnage de Fight Club, avec lequel il partage plusieurs réflexions sur la place de l’humain lambda dans la société (mais sans le nihilisme). Petite analyse 100% spoiler à chaud (et donc forcément incomplète et personnelle).

On peut tout à fait concevoir que ce film devienne culte, tout comme on peut facilement comprendre qu’il soit détesté et dénigré. Les films à théories ont au moins l’intérêt de permettre à chacun de laisser libre court à sa vision des choses, en attendant que des gens courageux décortiquent le film plan par plan (ce sera long et fastidieux). D’avance, pardon pour ce blabla peut être prétentieux et tiré par les cheveux et merci si vous avez le courage de lire !

Plus sombre et désespéré que Blade Runner

Plus de 30 ans ont passé depuis le premier film et notre perception actuelle plutôt désabusée du futur est visible dans l’évolution de l’univers, qui n’était déjà pas des plus optimistes en 1982. Fini le cyberpunk, ici on entre des deux pieds dans un monde post-apocalyptique glaçant. Le no future laisse place à un no present déprimant. La vie sur terre n’offre plus rien, tout est mort, factice et sans intérêt : la bouffe est synthétique, le travail est absurde (un robot qui tue froidement d’autres robots), un ersatz d’amour s’achète, la vie n’a aucune valeur… Ici, on questionne la réalité de tout ce qu’on voit (est-ce que les abeilles sont réelles ? Est-ce que le chien est « un vrai » ?), de tout ce qu’on ressent, de tous ses souvenirs et ses rêves… Plus « dickien », tu meurs !  Les personnages sont à la recherche d’un petit bout de réalité, de « qualitatif » (« vous avez un minuscule bout de vrai bois ? Vous êtes riche ! Je vous l’échange contre un vrai cheval artificiel ! ») . Dans Blade Runner, les réplicants renégats avaient soif de vie. On leur offrait une vie réduite, ils aspiraient simplement à en profiter plus longtemps, à continuer de la croquer à pleine dent. C’est de là que venait toute la beauté mélancolique du film, qui mettait en scène l’absurdité de l’existence. L’ennemi était la mort, qui faisait tout disparaitre. Ici, c’est l’absence de vie.

Éternelle insatisfaction

Le héros humain froid et taciturne laisse sa place au robot blasé, traversé par une crise existentielle, qui se contente néanmoins d’une meuf virtuelle (« tu me suffis telle que tu es »), tel l’internaute procrastinateur préférant naviguer sur son smartphone de manière nonchalante à la recherche d’un plaisir factice et immédiat plutôt que de faire des choses constructives. Les replicants sont des esclaves, théoriquement privés de libre arbitre. On apprend pourtant qu’ils sont capables de mentir, mais ils ne s’émancipent pas réellement.  Selon moi, ce Blade Runner 2049 ne parle pas tant des robots, du problème éthique lié à l’asservissement de nos créations, ou de leur place dans notre société. On parle ici de leur nature humaine. De l’Homme « moyen » dans un monde « fini », sans perspective, sans capacité à « s’élever » davantage. Tous les personnages aspirent à plus, chacun à son niveau. Joi aspire à devenir tangible. Elle regrette son existence « binaire » et désire apparaitre physiquement (offrant là une scène d’amour absolument fantastique). K aspire à être « spécial », à avoir un rôle unique, un passé, une place importante. Il se berce d’illusion avec une IA qui le conforte dans ses fantasmes (c’est d’ailleurs tout son objet). D’une douceur froide et naïve tout le long du film, sa mégalomanie apparaît dans son regard dément lors d’une crise hystérique, quand il croit découvrir la réalité sur sa nature. C’est pourtant un robot standard comme un autre, ce qui est subtilement révélé assez précocement par l’énigmatique Gaff dans un origami des plus éloquents (un mouton :)). Même le démiurge Neander Wallace veut davantage. Son allure de prophète (un berger ?), sa gestuelle, ses sacrifices froids, et ses mises en scène grandiloquentes (surjouées par la méthode Jared Leto) ne masquent pas son échec à devenir le dieu colonisateur tout puissant qu’il aspire à être. Il n’égale pas J.F. Sebastian de Tyrell corp. et son replicant reproducteur. Seul Deckard n’attend rien. C’est pourtant  le seul à bénéficier d’un happy end à relativiser : il ne peut pleinement savourer ses retrouvailles avec son enfant, séparé par une vitre (un plafond de verre ?). Comment être pleinement satisfait d’un film qui met en scène l’insatisfaction ?

Une critique du sentiment nostalgique

Deckard est sans doute le personnage le plus terre à terre du film. Sa vie se résume à rien et n’a de sens que dans le sacrifice qu’il réalise en vivant reclus pour la survie de son enfant. On lui offre de revivre les grandes heures de son existence avec une nouvelle Rachael, qu’il rejette froidement occasionnant sa mise à mort immédiate. Il refuse le factice. Il n’attend rien à part la mort. Et c’est ce rejet de la nostalgie, la suppression de ses sentiments (évoqué dans une conversation qui laisse encore planer le mystère autour de sa vraie nature), qui lui permettent d’arriver à son objectif.  D’un point de vue meta, c’est assez amusant de se dire que Denis Villeneuve profite d’un projet de suite d’une franchise, à l’origine très contesté, pour faire une critique des remakes et reboots qui n’ont plus la saveur de l’original (« elle n’a pas les yeux verts » dit Deckard perplexe devant Rachael). C’est aussi ironique que cette critique provienne du personnage incarné par Harrisson Ford, acteur qui profite de sa fin de carrière pour replonger dans tous les rôles qui ont fait sa gloire dans le passé. Toujours dans la critique de la nostalgie, c’est au moment où K perd Joi que ses illusions commencent à s’effriter. Il n’y a alors plus personne pour alimenter ses fantasmes. Lorsqu’il apprend sa décevante vraie nature, il parvient à se transcender en libérant Deckard, et en terrassant Luv. Comme si ses aspirations l’empêchaient de se révéler et d’agir.

Impossible d’échapper à son destin ?

Evidemment, on ne peut pas demander à un film de résoudre le sens de la vie. Néanmoins, le message de la fin du film donne des pistes philosophiques discutables. Tout d’abord, mettre en avant la capacité à se reproduire comme objectif absolu me semble gênant. D’ailleurs, c’est finalement assez étrange de voir une opposition Wallace / Replicants alors qu’ils tendent au même but. Ensuite, les replicants émancipés suggèrent à K de mettre sa vie au service de leur cause, en l’envoyant en mission pour tuer Deckard. Le sacrifice semble être présenté comme la seule valeur positive pour donner un sens à son existence. Au final, K choisit de se sacrifier pour Deckard, qui n’est personne pour lui, juste parceque la vie du vieil homme mérite davantage d’être vécue que la sienne. Il meurt sans émotion, sous la neige, avec la musique du légendaire monologue Tears in the rain, mais avec une force symbolique beaucoup plus faible. Il se met finalement au service de l’homme, tel un esclave qui n’aura jamais pu réellement s’émanciper. Ce n’est finalement pas le petit flocon de neige qu’il voulait être. D’ailleurs, la fin reste ouverte et l’ultime action de K, présenter Deckard à sa fille, pourrait mener Wallace à son but (il se faisait tracer sans difficulté par Luv). Le mouton obéit au berger ? C’est d’ailleurs étonnant que Deckard accepte de la voir en connaissance des risques. Au final, quel est donc le message ? Est-on condamné à servir une « cause supérieure » ou à ne servir à rien ? La planète est-elle vouée à la destruction car chacun s’accroche égoïstement à ses petits morceaux de vie ? Difficile à dire !

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Cinéma

[Critique] Les Gardiens de la Galaxie Vol. 2

Après un premier volet qui tenait absolument toutes ses promesses, le réalisateur James Gunn pouvait-il continuer à surprendre avec le second volet des Gardiens de la Galaxie ? On est super content de dire que la réponse est un grand oui : l’univers de Marvel peut encore être très, très cool.

Après un premier épisode d’introduction qui a permis de rassembler la clique de mercenaires galactiques les plus cool de tout l’univers (sans nul doute), Les Gardiens de la Galaxie Vol. 2 avait la lourde tache de confirmer que Star-Lord, Drax, Rocket, Gamora et Groot n’étaient pas qu’une simple bonne surprise. Il est vrai qu’au milieu des super héros traditionnels du MCU, ces héros galactiques en devenir avaient une carte à jouer en matière d’originalité. Sous la houlette de James Gunn, réalisateur mais également scénariste notamment sorti de l’écurie Troma, ce groupe de personnages aux antipodes des Avengers avaient été une réelle bouffée d’air frais en 2014. Que l’on se rassure, c’est toujours le cas en 2017.

Walk, man !

Après s’être frotté à la petite famille de Thanos et introduit l’une des pierres d’Infinité dans le premier volet, ce second film s’intéresse à l’un des thèmes effleuré précédemment, à savoir les origines de Peter Quill, aka Star-Lord. Ce n’est plus vraiment une surprise : ce dernier rencontre son père, Ego (incarné par un Kurt Russell à fond dans le rôle) un extra-terrestre hors du commun. Mais pendant que se tissent les liens entre le père et le fils, un gros contrat visant l’équipe des Gardiens motive le Ravageur Yondu et son équipage à partir à leur recherche. Comme on peut l’imaginer, les choses dégénèrent rapidement…

BLING BLING

 

Ce second volet consolide les liens entre les Gardiens, sans tomber dans des ficelles trop grossières. On retrouve certes les mécaniques qui faisaient mouche dans le premier film – la franchise de Drax, la relation entre Gamora et Star Lord, le côté dur à cuire de Rocket et, bien évidemment, Groot, l’une des attractions essentielles du film – mais le scénario parvient à mettre en scène une intrigue différente et plutôt rafraîchissante. Autre grand retour, celui de la cassette audio, le volume 2 d’une compilation très présente mais qui semble tout de même un peu plus dispensable que dans le film précédent.

Enfin, on peut saluer le fait que James Gunn parvienne à développer intelligemment les personnages secondaires, aperçus dans le premier film : d’un côté Yondu – interprété par Michael Rooker – et, plus surprenant, Kraglin – incarné par Sean Gunn, le frère du réalisateur. Rescapée des méchants du film précédent, Nébula (Karen Gillian) est également de retour, et s’offre même quelques jolies scènes… enfin, dans son genre, quoi.

 

Une fresque spectaculaire

Pour ce qui est de la mise en scène, si le premier film mettait déjà le paquet, avec ce Volume 2, est encore un cran au-dessus. De l’introduction, qui va devenir cultissime en un rien de temps – vous comprendrez très vite pourquoi – à la séquence finale, on dénote très peu de temps morts. Les scènes d’action ont beau être noyées sous les effets spéciaux, l’ensemble reste lisible, et parfaitement maîtrisé. Et c’est, au passage, un vrai plaisir de voir quelques clins d’oeil à l’héritage Tromesque de James Gunn, qui prouve qu’on peut rester totalement fêlé même quand on se retrouve à la tête d’un colossal film Marvel. Et non seulement ça se sent dans l’écriture et la mise en scène, mais on sent également que l’ensemble du casting s’est éclaté à faire ce film. Assurément, la bonne humeur est communicative.

Guardians Of The Galaxy Vol. 2 L to R: Gamora (Zoe Saldana), Nebula (Karen Gillan), Star-Lord/Peter Quill (Chris Pratt), Drax (Dave Bautista) and Rocket (voiced by Bradley Cooper) ©Marvel Studios 2017

 

Les Gardiens de la Galaxie était un film totalement cool qui soufflait un vent de fraîcheur dans un MCU souvent trop sérieux. Le Volume 2 continue sur cette lancée : il impressionne, fait rire, et divertit à haute dose. Et la générosité du film se prolonge durant son générique, qui compte pas moins de 5 scènes à découvrir avant de sortir de la salle : inutile de préciser qu’à l’approche d’Infinity War qui sortira l’année prochaine, il serait fort dommage de passer à côté !

 

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CinémaJeux vidéo

[Test PS4] Horizon : Zero Dawn

Incarner une femme préhistorique badass pour chasser des animaux / dinosaures robots dans un univers post-apocalyptique, voilà un concept pour le moins inattendu. C’est pourtant ce que nous propose de vivre Guerrilla Games, avec Horizon : Zero Dawn. Le studio qui a commis la série Killzone a décidé de montrer ce qu’il avait dans le ventre en allant piocher les bonnes idées dans les productions AAA de tous genres pour proposer un action-RPG à la troisième personne aux airs de melting-pot. Reste à voir si la mayonnaise prend…

Visitez le grand canyon pour 55€.

La première chose que l’on constate en jouant à HZD, c’est la qualité graphique exceptionnelle du titre. C’est sans aucun doute l’un des plus beaux jeux auquel j’ai joué, tous supports confondus (mais mon PC est pourri). Une fois passé le (long) chargement initial, tout est fluide et superbe. La map est particulièrement vaste et nous permet de nous promener dans des espaces très divers et enivrants. Les reliefs offrent de belles perspectives sur de larges étendues ouvertes à l’exploration. Le travail sur les lumières, les effets météo et les animations est bluffant. Quand vous arriverez dans une clairière après avoir traversé un bois sombre, vous serez obligé de vous arrêter quelques instants pour admirer la lumière traverser les arbres pour illuminer des hautes herbes secouées par le vent. L’effet waouh est permanent, mais pour en profiter pleinement, il est chaudement recommandé désactiver l’UI particulièrement laide et envahissante. Le studio a eu suffisamment conscience de la réussite esthétique de son titre pour proposer un mode photo assez sympa, qui permet de faire de belles captures d’écran de ses aventures avec l’angle, la mise au point et l’effet de lumière parfait. Un instagram dans le jeu, sans les stories et les dick pics. Il faut également saluer la direction artistique, non pas pour sa créativité révolutionnaire (rien de vraiment innovant dans ce que nous propose le jeu), mais pour son choix assumé de ne pas résumer l’héroïne à ses attributs physiques. Le titre valorise également toute la diversité du genre humain, ce qui est encore suffisamment rare pour être signalé. On va dans le bon sens !

Les motifs des tenues sont dignes des pires collections Desigual.

[title type=”h2″]La chasse et la cueillette, la vie de base d’une cromagnon[/title]
Terrasser de gros monstres robotiques ne se fait pas en fonçant tête baissée, sous peine de se faire rapidement laminer. C’est d’autant plus vrai que le combat au corps à corps est particulièrement infecte. Vous devrez donc faire preuve de discrétion mais également bénéficier d’une bonne préparation. Sans que cela soit déplaisant et ennuyeux, le jeu vous incite en permanence à farmer des pièces et à chasser pour crafter objets et munitions, ou remplir sa barre de soin, qui se vide rapidement. Vous aurez à votre disposition un véritable arsenal pour vous défaire de vos différents ennemis de manière “subtile”. Après quelques heures, vous serez en train de placer des pièges explosifs en balançant des bombes dans le tas à tout va. Le piratage débloqué par des quêtes annexes sympas (les “creusets”) ajoute du piment à l’ensemble. A ce petit jeu, les combats contre les robots sont nettement plus intéressants et variés (sauf pour les immondes étincelles) que ceux contre les humains, amusants mais répétitifs. Toute proportion gardée, HZD peut rappeler Metal Gear Solid V : The Phantom Pain dans son côté bac à sable de destruction massive. Le jeu ne va toutefois pas aussi loin que l’ultime œuvre de Kojima chez Konami dans les possibilités offertes au joueur. En avançant, vous deviendrez rapidement surpuissant et le challenge sera donc légèrement moins intéressant. Une dimension « plateforme » rappelant quelques séquences d’Uncharted est également présente dans l’exploration. Pas trop de challenge à ce niveau là puisque toutes les zones à grimper sont marquées d’un jaune peu discret. En bref, tout se passe de manière plutôt fun et pas du tout frustrante dans la mesure où la maniabilité est correcte.

On vous a dit que c'était beau ?
On vous a dit que c’était beau ?

[title type=”h2″]FedEx survit à l’apocalypse[/title]
Vous l’aurez compris, dans HZD, on peut facilement passer des heures à errer sans but précis, juste pour admirer le paysage, ramasser des fleurs et butter tout ce qui passe. Cela tombe plutôt bien car les quêtes annexes ne sont pas toutes folichonnes. En fait, elles sont carrément barbantes. On n’échappe pas aux tâches FedEx, aux défis ennuyeux et frustrants (les quêtes de chasseur, vraiment dispensables) ou aux missions répétitives (au bout du troisième camp de bandits à exterminer, et de la 5e zone corrompue à “nettoyer”, on a fait le tour du truc). On a parfois le sentiment d’être dans le schéma agaçant d’Assassin’s Creed : on grimpe sur la girafe géante, on analyse ce qui a autour, et puis on traite ses petites tâches machinalement. Certes, rien ne nous oblige à les faire, mais ce n’est parfois pas évident de faire le tri entre le bon et le dispensable sans avoir peur de louper une activité intéressante. Les quêtes secondaires contribuent néanmoins à l’enrichissement du lore. Guerilla est allé piocher une roulette de dialogue chez Bioware et Bethesda et propose des choix plus ou moins impactant dans le traitement des quêtes. Les grands retournements de situation ne seront pas monnaie courante et on est loin de la qualité d’écriture des mastodontes du RPG. Tout le contraire de la quête principale, vraiment passionnante et plutôt originale, qui explique (presque) tout ce qu’il y a à savoir sur cet univers SF de manière convaincante. En fait, elle est tellement bien que le reste paraît fade à côté. Résultat : si on se lance dans l’Histoire, on laisse rapidement tomber le reste. Qui a envie de s’occuper de la vie de péons pouilleux et crétins quand on peut changer le destin de l’humanité ?

On peut vraiment faire n’importe quoi avec l’outil photo, comme tourner l’image à 45°

[title type=”h2″]Conclusion[/title]
Horizon Zero Dawn est un soft plaisant. On passe un bon moment à arpenter ses grandes étendues, à chasser du robot et du bandit, voire même à cueillir des plantes. Le scénario est convaincant et se suit avec grand plaisir, ce qui n’est pas le cas des tâches et quêtes annexes, répétitives et dénuées d’intérêt. En cet âge d’or du jeu vidéo où les chefs d’oeuvre se succèdent à un rythme effréné, on se permet de faire la fine bouche en disant que les personnages ne sont peut-être pas assez marquants, et les quêtes pas assez engageantes pour en faire un jeu indispensable, qui restera dans les annales.

Elle est pas belle ma grotte ?

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Cinéma

[POISSON D’AVRIL] Ridley Scott annonce Alien : Couvent

Alien : Covenant n’est pas encore sorti mais la suite est d’ores et déjà dans les tuyaux. Le réalisateur Ridley Scott a dévoilé son titre : Alien : Couvent. Ce nouveau film mettra en scène des xénomorphes… et des bonnes sœurs prêtes à en découdre !

Dans la lignée de Prometheus, Ridley Scott promet d’ajouter une dimension “spirituelle” à son film d’horreur fantastique. De grandes questions existentielles seront abordées, et il est possible que des réponses soient proposées cette fois-ci : quelle est la place de l’homme dans l’univers ? La religion peut elle nous sauver d’une mort violente ? Qui est arrivé en premier, l’œuf ou le face-hugger ?

Niveau casting, Michael Fassebender a d’ores et déjà annoncé sa participation à l’aventure. Les spéculations sur son rôle vont bon train. Les internautes pensent qu’il devrait jouer une bonne sœur revancharde alors qu’une source proche de la production a confirmé qu’il incarnerait Jésus Christ dans un caméo humoristique.

On attend tous la scène mythique de l’œuf de Pâques qui était en fait un œuf de xénomorphe !

Via Bloubloublou

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Cinéma

[Critique] Ghost in the Shell de Rupert Sanders, un remake équilibré

S’il y a bien une adaptation qui a fait couler de l’encre ces derniers temps, c’est bien celle de Ghost in the Shell. Le remake de l’anime de Mamoru Oshii, sorti en 1995, sort cette semaine dans les salles. Réalisé par Rupert Sanders et avec, en vedette, Scarlett Johansson, le film avait tout pour faire flipper. Au final, force est de constater qu’on est loin du carnage (presque) attendu.

En 1995, Ghost in the Shell était une oeuvre absolument visionnaire : l’histoire d’un duo de flics cyborgs en proie avec leurs démons technologiques – avons-nous encore une âme quand on a le corps d’un robot ? – le tout sur fond de traque d’un “pirate de corps” n’a pas mis longtemps à devenir un monument du cyberpunk. Plus de 20 ans après, à l’heure où l’intelligence artificielle se fait de plus en plus présente au quotidien, et où les robots ont de plus plus l’allure d’humains qui flirtent avec la vallée dérangeante, le film de Mamoru Oshii adapté du manga de Masamune Shirow a, assurément, un écho différent.

Pour autant, on est (toujours) en droit de se demander si tout cela valait un remake contemporain… mais pour Hollywood, tout peut être avalé une seconde fois, pour être recraché en mode blockbuster. On ne va pas se mentir : quand les Américains se décident à adapter un anime nippon à leur sauce, ce n’est pas toujours brillant. C’est pourquoi, quand le projet d’un Ghost in the Shell mettant en scène Scarlett Johansson, le tout sous la houlette du réalisateur de Blanche-Neige et le Chasseur a été dévoilé, il n’y avait pas forcément de quoi sauter au plafond.

Remake en la Major

Le Ghost in the Shell nouveau est donc arrivé : on y retrouve le Major (Scarlett Johansson) qui ne s’appelle pas Motoko Kusanagi, mais Mira Killian. Contrairement à l’oeuvre originale, elle n’a pas subi ses modifications de son plein gré : être transformée en cyborg est ce qui l’a littéralement sauvée de la mort. Et elle ne vit pas spécialement bien sa condition. Le docteur Ouélet (Juliette Binoche), à l’origine de sa transformation, fait ce qu’elle peut pour l’aider et l’améliorer. Mais le Major, membre de l’unité d’élite Section 9, n’en fait qu’à sa tête. D’ailleurs, sa tête, c’est un peut tout ce qui lui reste de son ancienne vie. Et la traque d’un mystérieux hacker, qui en veut à l’entreprise qui l’a créée, va remettre beaucoup de choses en questions pour Mira.

Sans jamais oublier les origines de l’oeuvre, la version de Rupert Sanders multiplie malgré tout les variantes scénaristiques. C’est ainsi que l’on retrouve les scènes les plus cultes de l’oeuvre d’Oshii (l’assemblage du Major, le combat dans l’eau…) ainsi que de nombreux plans totalement copiés du film d’Oshii, au milieu d’une intrigue particulièrement simplifiée. Le film se focalise quasi-totalement sur la quête existentielle du Major, tout en éludant la totalité des questionnements métaphysiques qui faisaient quasiment tout le sel du film de base. Résultat : on est dans un film d’action qui multiplie les scènes coup de poing, au détriment du reste.

Une claque visuelle

Est-ce que ce constat fait de Ghost in the Shell un mauvais film ? Clairement, non. On est juste face à autre chose. Un film qui assume une certaine partie de son héritage, notamment sur le plan visuel – l’esthétique est totalement époustouflante – et plus largement, sur la forme. Pour ce qui est du fond, on sent qu’il y a eu une volonté de simplifier l’intrigue, et de diluer le discours dans des mécaniques que l’on retrouve dans un grand nombre de blockbusters hollywoodiens : une bonne dose de complot, un soupçon de trahison, le tout saupoudré de personnages bien manichéens. La conséquence, c’est qu’hormis une ou deux bonnes idées, on est devant quelque chose qui n’apporte pas grand-chose de surprenant.

Au final, si l’on passe un bon moment devant Ghost in the Shell cuvée 2017, c’est parce qu’on y trouve à la fois les ingrédients attendus pour ce type de production – de l’action, des combats, des effets spéciaux au top, et une belle ambiance – et suffisamment de références à l’oeuvre d’Oshii pour reconnaître, ça et là, le matériau d’origine. Néanmoins, on imagine que beaucoup de spectateurs qui adoreront l’ambiance de cette version auront bien du mal à accrocher au film de 1995 : c’est potentiellement acceptable dans un sens, mais ça semble plus compliqué dans l’autre. Bien évidemment, on recommande quand même aux plus curieux d’essayer, d’autant que la version de Mamoru Oshii vient de ressortir en Blu-ray dans une édition qui inclut le master original et sa remasterisation.

Le point whitewashing

Difficile, enfin, de ne pas avoir en tête tout le débat autour du whitewashing, survenu lors de la production du film. Hormis Takeshi Kitano, aucun acteur présent au casting n’est Japonais – Batou étant quant à lui (fort bien) incarné par Pilou Asbæk, un acteur danois. Compte tenu du fait que le film se déroule bel et bien au Japon, c’est assez perturbant, et assez regrettable. Néanmoins, sans trop en dire, on peut cependant noter que le film cherche, au moins en partie, à justifier ce choix à travers son scénario. 

Ça ne règle pas véritablement le problème, mais on constate malgré tout qu’il y a eu un semblant de réflexion à ce sujet lors de l’élaboration du scénario, ce qui est toujours mieux que d’autres cas apparus ces derniers temps, aussi bien dans le milieu des séries que du cinéma. Un point qui méritait d’être souligné, et salué, même si cela ne doit pas justifier la pratique.

Un blockbuster nippon ni mauvais (pardon)

Ghost in the Shell version 2017 est globalement réussi, agréable visuellement, et entraînant. Mais il reste, cependant, dans le formatage hollywoodien, et n’a pas la force de réflexion que peut avoir la version de 1995. Tous les ingrédients d’un bon blockbuster formaté pour plaire aux amateurs de science-fiction d’action sont parfaitement calibrés. Dommage, malgré tout, que la substantifique moelle qui fait la force de l’oeuvre d’Oshii ait été gommée pour que le résultat réponde au mieux au cahier des charges d’Hollywood. Mais comme ça reste visuellement ébouriffant et très largement divertissant, on vous conseille d’aller le voir, sur le plus grand écran possible, de préférence.

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Cinéma

Créez presque gratuitement votre film Ghibli

Il vous faudra un minimum de talent et de la discipline pour en arriver à faire votre propre petit Ghibli mais les animateurs ou les aspirants seront ravis d’apprendre qu’une version open source du logiciel Toonz, qui a été employé sur des films comme Princesse Mononoké ou Le Voyage de Chihiro, est désormais accessible.

OpenToonz sera proposé dans une version “spéciale Ghibli” disponible d’ici le 26 mars 2017.

Une bonne nouvelle pour celles et ceux qui souhaitent développer leurs compétences avec un programme professionnel qui devient, du coup, beaucoup plus accessible, et qui donnera peut-être naissance à de superbe futur projet.

via The Daily Dot

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CinémaJeux vidéo

[Critique] Assassin’s Creed

Pas de nouveau jeu Assassin’s Creed en cette fin d’année ? Pas de problème ! Ubisoft et 20th Century Fox gardent la flamme bien vive dans le petit coeur des joueurs avec un film qui se veut être une adaptation de la franchise. La bonne nouvelle, c’est qu’on évite les bugs.

Depuis 2008, la franchise Assassin’s Creed est devenue tellement évidente dans le monde vidéoludique que la présenter un tant soit peu relève presque du crime de lèse-majesté. Mais, bon, quand même, on vous la résume en quelques mots : les assassins protègent depuis des siècles les Pommes d’Eden, reliques venues de la Première Civilisation pleines de savoir et de pouvoir. Reliques que convoitent depuis autant de temps les Templiers. Au fil des siècles, les Pommes ont été perdues et, à notre époque, les Templier courent toujours après. Leur solution pour mettre la main dessus : sonder l’esprit des descendants des assassins par le biais d’une machine nommée Animus, conçue officiellement à but de divertissement par une entreprise pas très nette, nommée Abstergo. Voilà, en substance, ce qui peut résumer la grande partie des jeux de la trame principale de la franchise.

Les bases en 2 heures

En réalité, résumer Assassin’s Creed est clairement plus compliqué puisqu’il y a tout un tas de personnages actuels, d’autres de plein d’époques différentes, mais également des êtres de la Première Civilisation comme Junon, Minerve et Jupiter qui surkiffent venir pimenter des situations déjà tordues. Impossible de développer un tel univers au cinéma, dans un film qui dure 2 heures et doit être accessible à un large public.

Du coup, le film de Justin Kurzel retravaille les bases pour les simplifier au maximum : on suit donc Callum Lynch, un type à l’enfance foireuse et prédisposé à la violence. Condamné à mort, il se réveille contre toute attente dans un complexe de la fondation Abstergo. Il devient alors malgré lui le cobaye d’expériences visant à lui faire revivre la vie de son ancêtre Aguilar de Nehra pendant l’inquisition espagnole. L’objectif d’Abstergo : mettre la main sur la Pomme d’Eden qui permettra d’éradiquer toute violence sur Terre.

une réussite esthétique…

le passage d’Assassin’s Creed de la console à la salle obscure s’avère être une parfaite réussie visuelle : la partie se déroulant dans le présent – environ la moitié du film – dévoile les locaux aseptisés d’Abstergo comme on peut les voir dans les jeux, et la salle de l’Animus s’avère convaincante même si le système a été entièrement repensé pour être cinégénique. Il est vrai que la représentation qui en est faite dans les jeux n’est pas vraiment représentative pour le public de cinéma, et faire de l’Animus une sorte de simulateur de réalité virtuelle est plutôt cohérent.

Mais ce sont clairement les scènes se déroulant dans l’époque d’Aguilar qui sont les plus réussies. Pour le coup, même si aucun jeu de la franchise ne se déroule durant l’inquisition espagnole, on retrouve tous les codes esthétiques des jeux. Chaque bâtiment, chaque toit, chaque pente rappellera bien des sensations aux joueurs. De ce côté, le film réussi à installer une véritable ambiance, mais frustre en même temps de ne pas en montrer plus, car on ne joue jamais à un Assassin’s Creed pour explorer le présent/futur, mais pour visiter le passé.

… un échec de charisme

on pourrait néanmoins se dire que l’objectif d’Assassin’s Creed n’est pas autant de satisfaire les joueurs que d’attirer un nouveau public. Et c’est probablement vrai. Le problème c’est que le métrage ne remplit pas cet objectif, et ce dans les deux cas. Il s’avère frustrant pour le joueur qui voit un univers qu’il connait depuis des années simplifiés à l’extrême. Et le spectateur lambda a droit à un divertissement certes efficace, mais globalement vide d’enjeux réels, et dont les personnages manquent cruellement de fond car le temps manque pour les développer vraiment.

Le personnage de Callum Lynch, pourtant interprété par le très bon Michael Fassbender, est présenté comme un criminel prédisposé à la violence par ses gènes, quitte à mettre de côté le pourtant très important crédo des assassins – c’est quand même le titre du film, hein. Quant au docteur Sophia Rikkin, interprétée par Marion Cottilard, c’est une girouette perpétuelle et on peine à vraiment comprendre où le scénario veut en venir. De manière générale, les Templiers n’ont d’ailleurs aucun charisme et ils pourraient être remplacés par n’importe quel groupuscule sans que cela n’ait aucune incidence sur l’histoire. Tout le monde est aussi transparent qu’interchangeable, malgré un casting pourtant réussi.

Une grande introduction

On finit par comprendre pas mal de choses à la fin du film, qui n’est en réalité la fin de rien du tout si ce n’est d’une grosse introduction de deux heures. A n’en pas douter, si le succès est au rendez-vous dans les salles, une suite sera mise en chantier – ce qu’a d’ailleurs confirmé Michael Fassbender récemment en évoquant une trilogie.

Mais ce n’est ni une réponse, ni une excuse au scénario minimaliste et sans réels enjeux qui nous est servi ici. Encore pire, on peine à ressentir un quelconque attachement au personnage principal, tandis que la naissance de l’antagoniste est tellement cliché qu’elle prête plus à sourire qu’autre chose. Difficile donc d’être enthousiaste ou impatient à l’idée de voir se développer une franchise cinématographique dont les bases s’avèrent bien faibles par rapport à la richesse de son équivalent vidéoludique. Reste l’action et les décors, qui valent tout de même le détour, à défaut de marquer les esprits.

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