[Critique] Maléfique
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55 ans après la sortie de La Belle au Bois Dormant en dessin animé, Disney revisite le célèbre conte de Perrault. Maléfique, film entre le prequel et le remake, avec Angelina Jolie dans le rôle éponyme , est un pari risqué, qui entend réécrire le conte en le centrant sur le personnage de la sorcière. 

Après l’adaptation en film d’Alice au Pays des Merveilles par Tim Burton, et du Magicien d’Oz par Sam Raimi, Disney confie cette fois la réalisation de Maléfique au chef décorateur oscarisé d’Avatar et d’Alice au Pays des merveilles, Robert Stromberg, pour son premier film en tant que réalisateur. Le technicien doit donc adapter l’histoire de La Belle au Bois Dormant, en centrant le film sur le personnage de la sorcière Maléfique, en remettant le conte au goût du jour. Et la tâche n’est pas simple, à l’heure des adaptations de contes pas toujours réussies (Blanche Neige et le Chasseur, Jack le Chasseur de Géants…).

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Maléfique est une belle jeune femme au cœur pur qui mène une vie idyllique au sein d’une paisible forêt dans un royaume où règnent le bonheur et l’harmonie. Un jour, une armée d’envahisseurs menace les frontières du pays et Maléfique, n’écoutant que son courage, s’élève en féroce protectrice de cette terre. Dans cette lutte acharnée, une personne en qui elle avait foi va la trahir, déclenchant en elle une souffrance à nulle autre pareille qui va petit à petit transformer son cœur pur en un cœur de pierre. Bien décidée à se venger, elle s’engage dans une bataille épique avec le successeur du roi, jetant une terrible malédiction sur sa fille qui vient de naître, Aurore. Mais lorsque l’enfant grandit, Maléfique se rend compte que la petite princesse détient la clé de la paix du royaume, et peut-être aussi celle de sa propre rédemption…

Le film décolle grâce à l’interprétation d’Angelina Jolie


L’ouverture du film, très manichéenne, oppose le pays des humains, sombre, tyrannique et corrompu, à celui des fées, havre de paix verdoyant où vit Maléfique, fée protectrice de ce monde merveilleux. Le démarrage n’est pas très convaincant, avec des créatures qui semblent être empruntées à Narnia, au Seigneur des Anneaux, et plus généralement, à tout ce qui s’est fait en SF et fantasy ces dernières années, qui viennent remplacer les animaux de la forêt du dessin animé original. Mais une fois Angelina Jolie dans son costume, le film décolle, grâce à l’interprétation de l’actrice…

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Le scénario cède à la facilité et la rédemption de Maléfique est trop rapide

Visiblement plus qu’à l’aise dans le rôle de la méchante sorcière, Angelina Jolie incarne avec brio la dualité du personnage de Maléfique, bien que le scénario soit assez simpliste et la rédemption de la sorcière, trop rapide. Face à elle, la jeune Elle Fanning interprète une princesse angélique tout en blondeur. Les trois fées sont par contre devenues totalement stupides et irresponsables par rapport à celles du dessin animé, et les personnages masculins sont relégués au second plan, soit en tant que méchants, soit en tant qu’accessoires. Seul Sam Riley, dans le rôle de Diaval, trouve un second rôle masculin qui sort un peu du lot.

Si certains passages obligés du conte sont vite expédiés, d’autres sont plus développés et rappellent vraiment le dessin animé.  Le thème de l’amour pur du prince providentiel qui arrive sur son fier destrier pour délivrer un premier vrai baiser d’amour à la princesse endormie est totalement déconstruit, pour une réinterprétation plutôt intéressante.

La photo, les décors et costumes sont très réussis, avec une Maléfique qui ressemble vraiment à celle du dessin animé, avec ses cornes et ses pommettes en lames de rasoir (la scène du sort dans le château et l’entrée de Maléfique vous rappellera certainement votre enfance…). Visuellement magnifique, on sent que Maléfique est l’œuvre d’un technicien talentueux.

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Film bien moins sombre que ce qu’on aurait pu attendre au vu des trailers, Maléfique n’en demeure pas moins une bonne surprise, qui dépoussière le conte de La Belle au Bois Dormant en lui donnant un coup de jeune et une nouvelle interprétation, parfois surprenante. La prise de risque s’avère donc payante, mais le film reste un blockbuster familial, conçu pour plaire au plus grand nombre…

Maléfique, de Robert Stromberg, sortie le 28 mai 2014.

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POUET

2 avis

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  1. Cthulhu et sa pelle le 10 juin 2014
    Tout à fait d'accord avec cette critique, adaptation réussi, n'étant pas spécialement fan d'Angelina Jolie, j'ai découvert son formidable jeu d'actrice et une prestance assez exceptionnelle. La ressemblance avec Maléfique est impressionnante, voir même bluffante. Le personnage de Diaval quand à lui est emprunt d'un regard différent par rapport au corbeau du dessin animée, sa vision neutre sur l'histoire de Maléfique lui permettant d'avoir sa petite influence sur la sorcière. Le roi Stéphane (Sharlto Copley) est, quant à lui, détestable à souhait, montrant ainsi notre côté obscur face aux tentations du monde des humains et ça fait du bien. Bref un bon divertissement pour toute la famille.
  2. HT21 le 17 juin 2014
    Vraiment hâte de voir ce film ! Merci pour ton article.

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