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L’univers des séries animées Avatar : le dernier Maître de l’Air et La Légende de Korra se prête totalement aux adaptations vidéoludiques. Aussi, après Aang et ses aventures sur PC, Wii, PS2 et consorts, il n’est guère étonnant de voir débarquer Korra sur nos consoles.

La mise en place de l’histoire est des plus succinctes : après les événements de la saison 2, Korra perd sa capacité à manipuler les éléments après avoir rencontré des bloqueurs de Chi et un vieillard louche, dans une ruelle qui l’est tout autant. Comme on se doute, le blocage de son chi dure bien plus longtemps que la normale : il y a baleine sous gravier, et il faudra trouver un moyen de rendre ses pouvoirs à l’Avatar.

My body is ready

My body is ready

 

Nous sommes dans un beat them up, il va donc falloir défoncer du vilainou en se déplaçant dans un décor à mi-chemin entre le scrolling horizontal et la 3D classique. Le gameplay s’annonce simple mais efficace : une touche pour les attaques rapides, une touche pour les coups puissants, une touche pour sauter, une gâchette pour esquiver, une pour parer/contrer, et enfin, deux gâchettes pour basculer d’un élément à l’autre. Oui, ça fait sept touches pour dix doigts, jusque là, tout va bien.

Je garde la pose en toute circonstance

Je garde la pose en toute circonstance

 

Si au début du jeu Korra n’a que ses petits poings et ses petits pieds pour défaire les vils ninjas qui lui en veulent, elle récupère peu à peu sa maîtrise des éléments, ce qui lui permet d’adapter son style aux adversaires (même s’ils ne sont pas très variés), et d’effectuer divers combos.
Chaque élément à ses particularités : la terre permet des coups puissants mais lents, le feu permet d’enchaîner rapidement, l’eau permet d’attaquer à distance, et l’air est une tuerie pour les dégâts de zone. A vous de switcher entre les éléments au bon moment pour gérer la foule en délire qui en veut à votre corps.
Savoir contrer au bon moment s’avérera vital contre certains boss. Si vous appuyez au bon moment sur votre gâchette, une petite séquence QTE s’enclenche, pour le plus grand malheur de votre ennemi, qui ramasse alors sévère (et ses dents).

Sans les mains !

Sans les mains !

 

Chaque ennemi défait vous offre de l’expérience (qui augmente peu à peu le niveau de puissance des éléments) ainsi que des points spirituels, sorte de monnaie qui vous servira à acheter des potions, talismans et combos.
Enfin, lors de ces phases de savatage, vous trouverez des coffres, contenant des objets à collectionner. Ces derniers vous rapportent un bonus de points spirituels à la fin des chapitres.

En plus des phases de combat pur, Korra devra aussi faire appel à Naga, sa fidèle chienne-ourse, pour des séquences très temple run, où il faudra éviter divers obstacles pour aller d’un lieu à un autre, histoire de vous détendre un peu.

Enfin, une fois le jeu terminé, vous débloquez les championnats de pro-bending : en équipe avec Mako et Bolin, vous devrez… Ben vous devrez gagner le championnat. Le niveau de votre équipe est déterminé par le niveau atteint par Korra dans le mode solo. Comme le joueur ne dirige que Korra, il est donc judicieux d’attendre d’avoir maximisé les quatre éléments, histoire que Mako et Bolin soient un peu puissants.

Korra probending

Sur le papier, c’est plutôt prometteur. Dans les faits… Le résultat est un peu mitigé, pour plusieurs raisons.
Déjà, les ennemis sont très peu variés. Mais vraiment très peu : s’il y en quatre types différents, c’est vraiment le maximum. Du coup bon, on a  l’impression que quelqu’un a une usine à clones dans un coin de la ville, c’est un peu frustrant.
Ensuite, le système de contre est un peu… Déconcertant. On ne sait jamais trop bien quand il faut appuyer sur le bouton, alors, quand ça marche et que l’on croit avoir compris, on reproduit le timing avec un autre ennemi et là, ça marche plus, et on se retrouve tout décontenancé.

Wouf Wouf !

Wouf Wouf !

 

La caméra n’aide d’ailleurs pas : certains boss sont tellement gros qu’ils remplissent l’écran, vous ne voyez donc rien et vous vous retrouvez à appuyer à l’aveugle : soit vous contrez alors dans le vent, soit vous vous faites fracasser, soit vous tentez de la jouer safe en pirouettant élégamment hors de portée pour recentrer la caméra. Dans tous les cas, vous avez l’air débile, et ça ressemble plus au cirque du Soleil qu’à un combat de boss.
On rencontre également un problème avec l’esquive : vous ne pouvez pas esquiver plus de quatre fois d’affilées, sous peine de voir Korra marquer un temps d’arrêt (et donc se faire fusiller par les ennemis). Genre : « Coucou, je suis L’AVATAR, une jeune femme au sommet de sa forme physique et experte en arts martiaux, mais pas plus de quatre saltos à la suite, MAIRSSI »… Pourquoi ?

Hey, mais c'est notre ami Iroh !

Hey, mais c’est notre ami Iroh !

 

Le jeu est déjà assez difficile (mourir est fréquent, même en mode facile), on a pas besoin en plus d’une esquive de grand-mère et d’une caméra aux fraises (que la grand-mère peut sucrer, du coup).
Heureusement, une fois que Korra a récupéré tous ses pouvoirs et que vous avez acheté quelques combos supplémentaires, le sentiment de puissance est bien là, malgré tout, et quand Korra se met en mode Avatar, c’est carrément cool.

Les phases de « courses » à dos de Naga de leur côté ne plairont sans doute pas à tout le monde, mais c’est rigolo, et les checkpoints sont assez nombreux pour que ça se passe sans problème et sans frustration.

Il est pas MIGNON ?

Il est pas MIGNON ?

 

La frustration sera en revanche bien présente dans les championnats de pro-bending. Les règles sont exactement les mêmes que dans la série : en équipe de trois contre trois, le but est de faire reculer l’équipe adverse dans la dernière zone de l’arène (qui en comporte six, trois de chaque côté), voire, si possible, de les éjecter.
Comme dans la série, une fois que les trois joueurs d’une équipe ont reculé d’au moins une zone, le round s’arrête, l’équipe qui domine avance d’une case, celle en difficulté recule d’une, et le match reprend.

Le mode avatar est très bordélique...

Le mode avatar est très bordélique…

 

Les contrôles sont les mêmes qu’en combat : vous attaquez, parez ou esquivez. Le problème, c’est que l’arène est relativement petite, et qu’il y a six personnages dessus : au milieu des jets d’eau, de feu et de disques, ça devient vite tendu d’y voir quelque chose et d’anticiper vos parades. Il est donc facile de se faire poutrer par l’équipe adverse, qui elle, bien entendu, est la reine du contre et de la parade.
C’est d’autant plus compliqué que la meilleure stratégie consiste à faire sortir de l’arène au moins un membre de l’équipe adverse le plus rapidement possible, mais vos équipiers jouent un peu plus « fair-play » et se limitent à faire reculer les adversaires d’une case. Du coup, quand tout le monde a reculé et que le round s’arrête pour la remise en place des joueurs, l’adversaire que vous étiez à CA de sortir remonte pour rejoindre ses potes. C’est extrêmement rageant.

Je suis chaude là...

Je suis chaude là…

 

Le gameplay n’est donc pas parfait, mais reste cependant assez fun et efficace pour séduire, au moins les fans de la série animée. D’autant que l’univers graphique et sonore respecte assez bien celui du dessin animé. Certes, c’est du cel shading et pas de la super 3D de la mort, mais ça reste fidèle au matériau d’origine. Et les cut-scenes, pour le coup, semblent tout droit en sortir.
Après, on ne peut pas nier que les animations sont parfois un peu raides, les cinématiques un peu saccadées, et Republic City carrément vide : on est loin d’un jeu AAA. Mais La Légende de Korra n’est pas un jeu AAA.

Oui, Korra a une chambre, oui...

Oui, Korra a une chambre, oui…

 

Enfin, l’histoire est réduite à sa plus simple expression : le jeu ne tourne qu’autour de Korra, les autres personnages étant miraculeusement absents. Malgré tout, l’ensemble est plutôt fidèle à l’esprit de la série, jusque dans le rôle de Jinora. On aurait bien aimé, bien sûr, un peu plus de profondeur, de justifications, de complexité, surtout pour le méchant : son existence fait sens dans l’univers d’Avatar, mais il parait un peu pauvre sans scénario et flashbacks. Cependant, pour aller latter quelques vilains pendant cinq heures, c’est suffisant.

C'est coquet par ici...

C’est coquet par ici…

 

Si vous vous attendiez à un jeu AAA, avec gros budget, grosse équipe, et du coup, gros résultat, passez votre chemin : Korra a été développé en peu de temps, et au final, c’est un jeu téléchargeable à 15€, pas un monstre à 70. Et pour le prix, c’est tout à fait satisfaisant : on s’amuse bien, malgré les défauts, on se sent puissant en mode Avatar, et on relance les niveaux sans problème pour améliorer son score ou maximiser son expérience. Bien sûr Korra mérite mieux : elle mériterait son jeu AAA, à la sauce Bayonetta, ou bien encore un action RPG qui tire profit de l’univers riche de la série. Peut-être, un jour prochain… 
En attendant, on a La Légende de Korra, qui est loin d’être désastreux.

 

 La Légende de Korra est disponible sur PC, PS4, PS3, XboX One et XboX 360. Notez qu’il est disponible uniquement en anglais.

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