[Test PS4] Evolve
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Attendu de longue date, Evolve, le jeu coopératif où un quatuor de chasseurs partent traquer un énorme monstre lui aussi incarné par un joueur est disponible depuis début février. Entre challenge de taille et DLC à tout va, le titre a de quoi diviser. C’est dommage car les qualités sont pourtant là.

La chasse aux monstres mutants est ouverte ! Dans Evolve, soit on décide de jouer un chasseur, pioché dans 4 classes classiques – Assaut, Soigneur, Soutien et Trappeur – soit on préfère le rôle de la grosse bête qui va se faire traquer, mais qui peut, si elle s’en tire bien, devenir particulièrement dévastatrice. Entre chasseurs et chassés, votre coeur balancera peut-être. Et c’est pas plus mal, puisqu’en passant de l’un à l’autre, on multiplie les possibles du titre, qui se veut à la fois multijoueur coopératif et PVP.

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On commence à jouer avec un petite mise en jambe monstrueuse !

 

La petite bête tue la grosse…

Le principe d’Evolve est très simple à assimiler : dans la peau du chasseur, il faut travailler en équipe pour traquer les monstres sur la planète Shear, colonie humaine exploitée pour ses ressources. Seulement voilà : une quantité conséquente de bestioles plus ou moins amicales la peuple, il faut donc faire le ménage. De base, trois créatures énormes peuvent entraîner un carnage : le Goliath, le Kraken et le Spectre. Tous les trois ont leur spécificités propres, mais elles ont toutes un point commun : au fil de la partie, elles peuvent évoluer – ce qui explique le nom du jeu – par trois formes différentes.

Au début, le monstre est relativement faible et doit donc se cacher des chasseurs qui veulent sa mort, pour évoluer – d’où le titre du jeu, ET OUI. Pour ça, il faut attaquer de plus petites créatures et s’en nourrir, tout en essayant de passer le plus possible inaperçu. Ce qui n’est pas chose facile, puisque l’environnement joue pas mal contre le monstre : il laisse des traces de pas au sol, ses squelettes de ses repas gisent  par terre et il effraie les créatures volantes. Autant d’indices qui permettent aux chasseurs de le retrouver, en vue de l’emprisonner dans une arène mobile, pour lui faire sa fête. Mais le monstre peut s’en tirer et reprendre le chemin de son évolution : lorsqu’il atteint le niveau 3, la tendance s’inverse et la créature devient suffisamment puissante pour attaquer le point névralgique de la colonie, et faire de gros dégâts.

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J’avais demandé à jouer Medic, je joue finalement Assaut. OUIN.

 

… ou pas !

Un monstre qui atteint le niveau 3 est souvent synonyme de joli carnage et les chasseurs doivent user de stratégie, et si possible d’une communication efficace pour en venir à bout. A ce niveau-là, on constate bien vite qu’il est difficile de jouer efficacement avec des inconnus, d’autant que c’est un peu Babel sur les chats vocaux, en tout cas sur PS4. Du coup, sans amis pour jouer, c’est souvent compliqué de se coordonner efficacement.

Il en va de même dans le mode solo, où on est entouré de bots à l’intelligence artificielle toute relative qui vivent leur vie sans réelle ambition de coordination.. Si vous tombez au combat, un bot viendra généralement vous soigner sans se soucier du monstre qui se balade dans le coin. Mieux vaut ne pas se retrouver KO au risque de voir ses compagnons virtuels tomber comme des mouches. De façon générale, le mode solo est surtout utile pour apprendre à maîtriser les différentes classes de personnage, mais n’a pas vraiment d’intérêt au-delà.

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Cours Forreeeeeeeest

 

Entre challenge et frustration

Le vrai sel d’Evolve se trouve en ligne avec d’autres joueurs. A ce stade, il semble bon de préciser que le studio Turtle Rock est également à l’origine de Left 4Dead 2, un excellent titre coopératif mettant en scène 4 survivants contre des zombies, dans des maps prédéfinies mais aux événements aléatoires. C’est une tendance qu’on retrouve dans Evolve.

En effet, le titre propose 16 cartes vastes aux possibilités très conséquentes, dans la mesure où c’est le joueur qui incarne le monstre qui mène la danse. Des paramètres aléatoires sont également présents en cours de partie et contribuent à renouveler l’expérience à chaque fois, ce qui est également valable dans le mode de jeu le plus intéressant, nommé Evacutation, et qui combine les 5 modes « de base » sur 5 tour : Que les joueurs gagnent ou perdent, le jeu continue mais les paramètres évoluent pour favoriser le camp gagnant. A ce niveau-là, le jeu offre une durée de vie efficace… à condition de s’y accrocher.

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Et sinon, c’est quand qu’on peut retourner jouer ?

 

Car Evolve est un jeu difficile, qui offre un véritable challenge. On l’a déjà dit, la communication est essentielle, mais la maîtrise de sa classe l’est également. Le souci c’est qu’on ne peut pas être sûr à 100% de jouer toujours la même classe lorsqu’on débute une partie : malgré un classement de préférence, le jeu se réserve le droit d’envoyer le joueur dans une partie avec une place libre, mais avec la classe postée en 4e position, par exemple. Donc à moins de gérer plus ou moins avec toutes les classes, pas simple de toujours s’en sortir.

Un autre point de détail agaçant : la phase de retour en jeu après être « mort ». Le jeu enclenche une phase de respawn à partir du moment où l’un des 4 chasseurs meurt : il faut alors attendre quelques minutes avant qu’une navette le ramène en combat. Le point positif c’est que si un autre chasseur meurt entre-temps, il reviendra en même temps, dans la même navette. Mais le détail horripilant c’est qu’au délai annoncé de respawn, il faut ajouter une dizaine de secondes supplémentaires, qui correspond à une cut-scene au sein de la navette. Pendant ce temps, on ne voit rien de ce qui se passe sur le champ de bataille, c’est qui est terriblement frustrant. D’autant qu’en fin de partie, 10 secondes peuvent changer le cours des choses. Comble de la frustration : si un coéquipier meurt durant cette cut-scene, il devra attendre à son tour plusieurs minutes pour revenir, alors que les autres joueurs ressuscités n’auront même pas encore touché le sol !

L’affaire des DLC

On l’aura compris, Evolve est un titre difficile et ambitieux qui promet surtout de belles parties entre potes, et laissera probablement sur le carreau les joueurs qui veulent juste se détendre sans grande prise de tête. Mais même le gamer le plus hardcore peut être rebuté par un élément du jeu, à savoir son modèle économique absolument jamais vu pour un titre vendu plein pot à sa sortie.

Comme la plupart des jeux actuels, Evolve est sorti accompagné d’un season pass optionnel, intégrant des DLC qui seront proposés au fil des mois, pour une vingtaine d’euros. Au programme, 4 nouveaux chasseurs et des skins pour les monstres du jeu sont inclus, ce qui est déjà un peu léger pour un titre de ce calibre. Mais il y a de quoi se sentir un peu plus lésé face à la liste des plus conséquentes des DLC proposés hors season pass, et dont la valeur dépasse aujourd’hui les 100 euros.

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YOLO

 

On peut relativiser en se disant qu’il s’agit principalement de nouvelles skins pour les armes et les monstres. Mais il faut cependant s’attendre à voir débarquer des packs de nouveaux chasseurs, et probablement de nouveaux monstres… et de toute façon, là n’est pas vraiment la question : l’achat d’ajouts esthétiques est peut-être l’apanage des titres en free-to-play, mais lorsqu’on dépense 50 ou 60 euros pour le jeu d’un gros éditeur comme 2K, il y a de quoi prendre assez mal le fait d’être immédiatement pris pour des vaches à lait. Et le studio a beau avoir annoncé que les prochaines maps seront disponibles gratuitement, ce qu’on retient surtout à ce stade, c’est la pléthore de coloris de flingues qu’on peut acheter in-game avec de vrais deniers.

Un jeu en quête d’évolution

Evolve va probablement devoir faire preuve de bonne foi pour garder sa communauté de joueurs unie, car nombreux sont ceux qui arrêteront de jouer si leurs amis décident de laisser tomber. L’équilibre entre fun et challenge mériterait également d’être affiné pour que jouer au titre reste toujours un plaisir. Enfin, il va également falloir faire amende honorable de cette histoire de DLC qui faisait de l’ombre aux qualités d’Evolve avant même sa sortie.

Ce jeu a fort potentiel et à la médiatisation importante n’est cependant pas s’en rappeler un jeu sorti en fanfare début 2014 et qui a déjà été zappé par un grand nombre de joueurs depuis, à savoir Titanfall. On souhaite quand même à Evolve une meilleure carrière, car le potentiel est là.

 

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Evolve Turtle Rock
L'auteur

Co-fondatrice et rédac'chef de GentleGeek, je suis journaliste le jour et blogueuse la nuit - les deux ne sont pas incompatibles, non non. J'aime le cinéma, les jeux vidéo, les comics et les chats. C'est déjà pas mal !

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  1. Pingback: Evolve : Le plein de nouveauté le 31 mars, mais sur XBox One d'abord | Souvent copié, jamais collé ! 26 Mar, 2015

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