[Critique] Moonwalkers (Etrange Festival 2015)
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Après l’excellent The Voices de Marjane Satrapi l’an dernier, le Prix du Public de l’Etrange Festival 2015 est revenu à Moonwalkers, le premier film d’Antoine Bardou-Jacquet, une comédie hallucinée inspirée d’une légende urbaine bien connue des cinéphiles et des amateurs des théories du complot : le soi-disant faux alunissage d’Apollo 11 filmé par Stanley Kubrick.

Juillet 1969, Tom Kidman, l’un des meilleurs agents de la CIA de retour du Vietnam, est envoyé à Londres pour rencontrer Stanley Kubrick et le convaincre de filmer un faux alunissage au cas où la mission Apollo 11 échouerait. Kidman ne trouve pas Kubrick, mais il tombe sur Jonny, le manager raté d’un groupe de rock hippie. Jonny est le cauchemar de Kidman, mais il n’aura pas d’autres choix que de s’embarquer dans un trip halluciné avec lui, afin de mener à bien sa mission, sauver leurs vies et monter la plus grosse supercherie de l’histoire !

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Pour son premier long-métrage, Antoine Bardou-Jacquet signe une comédie hallucinée et psychédélique, inspirée d’une légende urbaine ayant alimenté les fantasmes des adeptes de la théorie du complot : Apollo 11 ne se serait pas posé sur la Lune en 1969, et c’est Stanley Kubrick qui, à la demande de la CIA, aurait tourné les images diffusées devant des millions de téléspectateurs.

Il y a de bonnes idées sur le papier, dont la réalisation s’avère finalement catastrophique… Et Moonwalkers n’est pas de celles-là ! La promesse est tenue pour ce film, qui mêle comédie psychédélique et polar badass, en jouant sur le choc des cultures et des générations entre artistes hippies drogués et flic conservateur à l’ancienne, le tout emmené par un casting au top : Ron Perlman (Hellboy, Sons of Anarchy), Rupert Grint (Harry Potter), Robert Sheehan (Misfits) et, entre autres, James Cosmo (Game of Thrones).

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Rupert Grint porte à merveille la chemise à fleurs et à col pelle à tarte et trouve ici son meilleur rôle depuis qu’il a quitté Poudlard. Ron Perlman, qu’on voit malheureusement trop souvent cachetonner dans des DTV vite oubliés, trouve lui aussi un rôle à sa mesure en flic badass, véritable armoire à glace surentrainée par la CIA, qui ne lésine pas sur le nombre de bras cassés et de cous tordus.

Plutôt bien écrit, et faisant preuve d’une certaine assurance dans sa réalisation, ce qui est d’autant plus notable qu’il s’agit d’un premier film, Moonwalkers enchaîne les quiproquos, les embrouilles, et les situations cocasses, dans une ambiance 70’s aux lumières chaudes et aux couleurs chatoyantes, avec son lot de séquences psychédéliques (qui ne sont pas sans rappeler le génial Inherent Vice), mais le film fait également la part belle aux scènes d’action. La BO renforce cette ambiance, que ce soit au son des accords de Jimmy Hendricks ou avec des références musicales (et pas seulement) aux films de Kubrick. Certes, l’ensemble est sans grande surprise quant à son schéma narratif, mais Moonwalkers reste une excellente comédie qui feait sourire, voire rire, et tient son spectateur en haleine jusqu’au bout du film.

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Le Prix du Public est donc amplement mérité pour Moonwalkers, qui s’avère être un divertissement généreux et rythmé, un premier film extrêmement bien mené, et qui fait d’Antoine Bardou-Jacquet un réalisateur à suivre sur ses prochains projets.

Sortie en salles prévue le 27 janvier 2016.

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POUET

1 avis

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  1. Gyre André le 3 octobre 2015
    J'ai eu le grand plaisir de participer au tournage... Ce film est vraiment une comédie délassante!

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