Acte manqué, planning chargé, pas la motivation… La critique de Thor, le blondinet des Vengeurs, n’avait pas été bouclée à temps lors de la sortie du film en salle en mai dernier. Sa sortie en DVD nous permet de rectifier le tir en agrémentant cette petite bafouille de captures d’écran tirées de l’édition standard, disponible dans le commerce depuis le 5 octobre dernier.  Retour sur les aventures de ce super-héros qui n’a pas vraiment inventé la foudre.

Odin règne en souverain droit et juste sur le royaume d’Asgard, avec à ses côtés ses deux fils : Thor, aussi puissant qu’arrogant, et Loki, plus jeune mais plus sage. Alors que Thor est sur le point d’être nommé à la succession sur le trône par son père, ce dernier constate que son fils, trop impulsif et enclin à la violence, n’est pas prêt à régner : après qu’un conflit éclate suite à une réaction démesurée de Thor, qui met le royaume d’Asgard en danger, son père le bannit et l’envoie sur Terre, privé de ses pouvoirs. Ce n’est que quand il sera capable de se réapproprier son marteau Mjöllnir, et donc ses pouvoirs, de Thor sera prêt. Mais en l’absence de son frère à Asgard, Loki dévoile ses véritables intentions…

Mytho pas logique

Le film Thor s’inscrit dans la lignée de la franchise The Avengers, vaste projet cinématographique de Marvel visant à réunir, à terme, les super héros à l’origine des Vengeurs dans un film qui sortira en 2012. Thor y retrouvera Iron Man, Black Widow, Hulk, Hawkeye et Captain America, dernier super héros en date à avoir été immortalisé au cinéma.

Odin et Thor : Papounet et fils (vaguement) indigne

 

De fait, voir Thor sur grand écran était un passage obligé, et on ne va pas tourner autour du pot, c’est loin d’être le super héros qui bénéficie de la meilleure introduction à l’écran. Réalisé par Kenneth Branagh, acteur/réalisateur plutôt tourné vers le théâtre et le shakespearien d’habitude – on lui doit l’adaptation de Beaucoup de bruit pour rienle film est tout ce qu’il y a de plus conventionnel, et les producteurs n’ont pas dû laisser beaucoup de marge de manœuvre à Branagh pour apposer sa patte. On pouvait s’interroger sur le choix d’un tel réalisateur pour ce projet, mais on devine clairement que c’est Marvel et seulement Marvel qui tire les ficelles. On notera au passage la réutilisation, qui commence à être agaçante, du flashback en début de film. Iron Man l’utilise, Captain America l’utilise, Thor l’utilise… C’est à croire que les scénaristes de chez Marvel n’ont vraiment pas d’imagination sur la façon de commencer leurs films.

Du coup, Thor est un film qui peine à trouver un semblant d’identité. Déjà, Thor en lui-même n’est pas un héros foncièrement passionnant : son histoire s’inspire de la mythologie germanique, avec de très nombreux ajustements cependant : là n’est pas réellement le débat puisque le film narre les origines du dieu du Tonnerre sauce Marvel. Soit, mais cela limite un peu le background d’un personnage qui perd son principal attrait, à savoir ses pouvoirs,  dès le début du film, et dont l’unique objectif durant une heure et demie va être de les récupérer. On a déjà vu plus passionnant, comme quête, surtout que Chris Hemsworth, malgré sa belle gueule et son physique des plus imposants à un charisme à peine plus élevé que celui d’une porte cochère – chose qu’on finit vite par oublier au moment où il se promène torse nu, il faut l’admettre.

Chris Hemsworth en tentative d'actor's studio

 

Coup de foudre

Bien évidemment, Thor ne va pas être seul durant sa quête terrestre : dès son arrivée, il va faire la connaissance de Jane Foster, une scientifique spécialisée en cosmologie – comme c’est pratique ! – campée par Natalie Portman. Au passage, on a rarement vu cette actrice, excellente au demeurant, écoper d’un rôle aussi plat. Une impression rehaussée par le fait que Thor n’est sorti que quelques semaines après Black Swan, film pour lequel la comédienne a décroché un Oscar. Une situation qui ne fait que relever un peu la fadeur de Thor. Saluons néanmoins la prestation d’Anthony Hopkins, qui se montre plutôt convaincant en Odin, même si son temps de présence à l’écran reste particulièrement limitée.

Stellan Skarsgård, Kat Dennings et Natalie Portman en plein questionnement : "Mais qu'est-ce qu'on fout là ?"

 

Le reste du casting intègre Stellan Skarsgård, célèbre acteur suédois qui interprète le docteur Selveig, fin connaisseur des légendes nordiques. Malheureusement, son personnage, largement sous-exploité, ne contribue pas à donner davantage d’épaisseur à une intrigue qui se limite à des scènes d’action et du bourrinage en règle. Skarsgård joue en définitive un rôle presque comique à côté d’une Natalie Portman qui subit plus qu’elle n’agit, en particulier lorsqu’elle se retrouve face à l’agent Coulson, du S.H.I.E.L.D., qui cherche comme il se doit à mettre la main sur le dieu du Tonnerre.

Quid de la mythologie des Vengeurs ?

Jusque-là, on l’aura compris, Thor ne fait pas particulièrement d’étincelles – un peu dommage pour le dieu de la Foudre – et son intégration dans le contexte des Vengeurs n’étoffe pas particulièrement son intrigue. Certes, on trouve l’agent Coulson, figure du S.H.I.E.L.D. depuis le premier Iron Man, et Hawkeye fait un discret caméo, son arc à la main. Ceux qui tiendront jusqu’à la fin du générique verront également une scène bonus mettant en scène Nick Fury, scène qui place également les jalons du film The Avengers. Reste que tout ça s’avère assez faible quand on compare Thor aux deux Iron Man, et surtout au récent Captain America qui repose une bonne partie de son intrigue sur les origines des Vengeurs, tout en posant d’intéressants enjeux pour la suite.

Clint Barton, alias Hawkeye : une apparition furtive sous la pluie et dans le noir, YOUPI !

 

Conclusion

Maintenant que tous les films pré-Avengers sont sortis, on peut le dire sans se tromper : Thor est aujourd’hui le maillon faible de la franchise. Le dieu de la Foudre est le super héros ayant eu droit à son film qui devra le plus faire ses preuves dans le cross-over de Joss Whedon, qui mettra également en scène Black Widow, Hawkeye et un « nouveau » Hulk campé par Mark Ruffalo, autant de personnages qu’on a peu ou pas vu dans la préparation de The AvengersChris Hemsworth aura fort à faire pour s’imposer à côté d’un Robert Downey Junior charismatique ou d’une Scarlett Johanson sexy. Mais on accorde sans problème une seconde chance à lui et à ses abdos.

Les bonus de l’édition DVD

  • Commentaire audio de Kenneth Branagh : le réalisateur revient sur le tournage du film, les effets spéciaux et quelques anecdotes dans un commentaire audio qui aurait mérité d’être davantage critique. Le tout est donc un peu trop lisse, à l’image du film…
  • Scènes inédites : 4 scènes coupées disponible en version commentée par Kenneth Branagh ou sans commentaire. Dommage qu’elles n’aient pas été intégrées au montage final, notamment celle où Selvig chante avec Thor, complètement torchés !
  • « En route vers les vengeurs » : il s’agit ni plus ni moins qu’un teaser de 2min47 qui mélange des images de tous les films Marvel mettant en avant les Vengeurs, le tout entrecoupé de petites citations de Joss Whedon, scénariste et réalisateur du film. En si peu de temps, n’espérez pas apprendre quelque chose de nouveau…

Le menu des bonus du DVD.

Thor, disponible en DVD, Blu-ray et Blu-ray 3D depuis le 5 octobre. Les visuels qui illustrent ce test sont issus du DVD.

 

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L'auteur

Co-fondatrice et rédac'chef de GentleGeek, je suis journaliste le jour et blogueuse la nuit - les deux ne sont pas incompatibles, non non. J'aime le cinéma, les jeux vidéo, les comics et les chats. C'est déjà pas mal !

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  1. Pingback: Un trailer et des photos pour Thor: The Dark World 23 avr, 2013

    [...] un premier volet plutôt décevant, Thor (Chris Hemsworth) semble donc préparer son retour en grande pompe : le dieu d’Asgard [...]

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