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A peine remis du coup de boule Van Dammesque, retour au Gaumont opéra Capucines pour le 7e jour du Paris International Fantastic Film Festival avec un film en compétition plutôt attendu : le Doomsday Book de Kim Jee-Woon et Yim Pil-Sung.

Doomsday book, où la fin du monde en prend pour son grade…

Quand l’un des réalisateurs les plus talentueux du pays du matin calme, Kim Jee-Woon (J’ai rencontré le diable, A bittersweet life) et Yim Pil-Sung (Hansel et Gretel) se rencontrent pour livrer un film en 3 segments sur la fin du monde moderne, forcément il y a de quoi attiser la curiosité. D’autant plus que le niveau des films à sketches diffusés jusqu’ici était dans l’ensemble bon.

Malheureusement, Doomsday book reste un film qui divisera. Certains ont adoré, d’autres non. Car si la qualité de la réalisation est là, indéniablement, on peut facilement trouver l’exercice vain. En effet, passant parfois à coté de son sujet, Doomsday book se révèle au final un film prétentieux et assez longuet. Ne trouvant rien de mieux qu’un premier segment sur les infectés, pas mal conduit mais pas original pour un sou, un deuxième centré sur un robot doté de conscience et son questionnement spirituel, exercice creux, et un troisième segment centré sur la survie à l’approche d’une… météorite, qui la encore ne réinvente rien, les trois segments se révèlent bien vide de réel sens sous leur carapace technique irréprochable. Boursouflé pour rien donc, même l’humour, très présent et faisant souvent mouche il est vrai, ne parvient pas à sauver un film qui ne semble pas avoir pris la mesure totale de son sujet.

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Passé cette déception, la soirée se poursuivait avec la projection de In the shadow of the Tall Man, documentaire sur le tournage du dernier film de Pascal Laugier. Si le making-of réalisé par Louis Thévenon reste dans la norme de ce qui peut se faire habituellement, celui-ci évite avec bonheur le côté « marketing-où-tout-le-monde-aime-tout-le-monde » et offre une vision très franche du travail de Pascal Laugier.

Louis Thévenon, réalisateur du making-of, est venu répondre aux questions du public après la séance.

Centré dans un premier temps sur la façon dont le réalisateur travaille avec les acteurs, notamment, témoignera de la belle complicité qui s’est nouée entre Laugier et son actrice principale, Jessica Biel. Ainsi, cette dernière considérant que seul le réalisateur a une vue d’ensemble sur le projet, choisira d’encaisser les remarques quand l’auteur de Martyrs lui explique qu’il veut refaire la scène, trouvant que sa prestation « sonnait faux », ou au contraire, apporter des propositions accueillies avec enthousiasme à tel point que Pascal Laugier décidera de lancer le tournage de la scène en lui faisant confiance, et de voir le résultat. L’actrice n’hésitera pas non plus à aller jusqu’à voir directement un producteur pour, avec beaucoup d’humour, le convaincre de laisser à Pascal Laugier plus de temps pour tourner correctement les scènes du film.

Tout n’étant jamais rose sur un tournage, le documentaire fait également état d’une certaine tension entre le réalisateur et un autre acteur, Stephen McHattie, les deux hommes ayant du caractère et semblant peut s’accorder sur la façon de travailler. Tournage de la scène de la camionnette, making-of d’une scène coupée au montage du film, et petit court métrage réalisé par l’auteur du making-of, parodie satirique de son propre travail : l’ensemble de ces éléments seront ainsi présents sur l’édition DVD et Blu-Ray du film.

Le PIFFF ne semblant pas avare en exclusivité, le festival proposera une scène du making-of, la seule, coupée au montage pour raisons juridiques. Un contenu que seuls les spectateurs présents ce soir la, ou comment apprendre que l’un des rôles apparaissant à l’écran n’était pas initialement tenu par l’acteur que l’on y voit. Une scène qui témoigne de la franchise du réalisateur de The Secret, mais une franchise motivée par une passion et une sincérité inconditionnelle dans son travail. Une sincérité qui se manifestera d’ailleurs de façon assez amusante où Laugier, pris dans l’élan du tournage, ira jusqu’à prendre, étoiles dans les yeux, spontanément, la caméra des mains du caméraman pour tourner lui même un plan.

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