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Quand une équipe de passionnés décide de rendre hommage au cinéma d’action et bis des années 80, ça donne Le Réserviste, un moyen métrage efficace au possible qui prouve que même en France, ce n’est pas parce qu’on n’a pas de gros moyens qu’on manque de ressource !

img_lereserviste2Ah, le cinéma des années 80, toute une époque ! Dans une décennie où les films les plus improbables sortait encore en salle (parfois elles-mêmes tout autant improbables), certains des films d’actions les plus marquants auront vu le jour, Rambo et Predator, mais aussi Commando côtoyaient les tout aussi jouissifs Delta Force, Hitman le Cobra, et compagnie.

Une époque aujourd’hui révolue puisque hormis Expendables qui cartonne sur grand écran, ou la surprise Universal Soldier 4 en DVD, force est de constater que le cinéma d’action a bien du mal a se refaire une beauté. Pourtant, le cinéma d’action continue de fasciner, d’inspirer, de rassembler : certains de ses réalisateurs lui ont donné ses lettres de noblesse (McTiernan), d’autres ont effaré en réalisant des films improbables et mal fichus, mais générateurs de souvenirs impérissables lors de soirées et visionnages entre amis. Et c’est de France, pays qui dans son ensemble boude plutôt le cinéma de genre, que cette inspiration a donné naissance à un nouveau projet : Le Réserviste !

Synopsis : Le soldat Joseph Danton revient, après 5 ans, dans son village natal. Accueilli par son oncle Gérard qui l’a élevé, il va renouer avec les joies de la vie en plein air et reprendre petit à petit goût à la vie… Malheureusement, cette plénitude va être vite interrompue par le meurtre sauvage de Gérard par les hommes de main de Angelo Combaropoulos, promoteur immobilier véreux décidé à racheter toute la région afin d’y construire un centre de loisirs HiTech.

  • Le Réserviste : un film en béton armé !

Enfant des films de Schwarzenegger, Stallone, mais aussi Mike Abbott, Mathieu Berthon réalise un moyen métrage truffé de références à ce cinéma qu’il affectionne. Pour l’occasion, il embarque son ancien compagnon de route, devenu ami, David Doukhan, journaliste chez Mad Movies, pour incarner le soldat Joseph Danton. Et c’est ainsi que toute l’équipe, composée de gens recrutés pour l’occasion, mais aussi de connaissances, et d’amis se retrouve embarquée en Isère pour le tournage de ce film amateur.

Un tournage sans toilettes, c'est ça la vrai guerre !

Un tournage sans toilettes, c’est ça la vrai guerre !

Mais loin du côté ultra-cheap que laisse sous-entendre la nature du projet (un « film hommage » au cinéma d’action des années 80, souvent des films de série B), la réalisation se révèle rapidement très fluide, le montage propose quelques effets sympathiques, et le réalisateur prend même la liberté d’aligner un plan séquence dans la forêt où le soldat Danton va régler son compte à quelques soldats venus lui chercher des noises (miam miam, le couteau dans le genoux).

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Une réalisation dynamique donc, qui sait mettre en valeur les nombreuses scènes d’actions et de combat du film. Des scènes de combat, la encore, très bien rythmées et chorégraphiées qui sont l’œuvre de Manu Lanzi, cascadeur sur des films tels que Le transporteur, Taken, 36 quai des Orfèvres, etc. Dès l’attaque des hommes de Combaropoulos, le film enchaîne les séquences où boyaux qui tombent et arrachage de bras sont de la partie. Car c’est aussi ça le Réserviste : du bis, et parfois même du bis qui tâche !

A vendre : rotofil très bon état, servi une fois !

A vendre : rotofil très bon état, servi une fois !

En effet, le film n’oublie pas sa note d’intention et se montre extrêmement fun avec ce petit côté série B qui lui donne son charme. Ainsi, le film regorge de situations improbables, où des villageois organisent un barbecue sur les cendres d’un défunt, ou un chinois sorti tout droit de la guerre du Vietnam apparaît en plein combat, ou encore un duel dans un bar louche autour… d’un Mastermind ! Qu’on se le dise, ici, on encule les chèvres, et on fait exploser les gamins ! Comme l’explique si bien la bande annonce : fans de Garrel, passez votre chemin !

5... 4... 3... 2... 1...

5… 4… 3… 2… 1…

Pendant 40 minutes, on passe donc un excellent moment, parsemé de répliques hilarantes. Dès les premières minutes du Réservistes, les zygomatiques se mettent en marche face aux remarques douteuses de certains personnages, aux petits détails référentiels à repérer soi-même et aux punchlines de David Doukhan qui massacre ses adversaires. L’humour est donc omniprésent tout au long du film et fait mouche ! Mention spéciale d’ailleurs aux comédiens, qui parviennent à rendre crédibles leurs personnages, chose pas toujours facile quand il est question de dialogues 2nd degré. Mais ici, les principaux comédiens, Doukhan en tête, trouvent le juste équilibre entre naturel et dérision. On pleurerait presque avec lui pour le petit Mahmoud !

Mais t'avais dit qu'on aurait des Knackis !

Mais t’avais dit qu’on aurait des Knackis !

La courte durée du film est aussi d’ailleurs à son avantage : pas d’introduction à rallonge, on entre rapidement dans le vif du sujet, et les choses sérieuses commencent pour notre plus grand plaisir. Un peu comme si on avait gardé toutes les scènes savoureuses d’un actionner nanard en se débarrassant des scènes superflues ! Récit sans temps mort, Le Réserviste est de plus truffé de références au cinéma auquel il se veut un hommage, osant une référence à Commando par-ci, une autre à Predator par là, sans oublier de convoquer Rambo ou Cobra ! Et que les non-initiés se rassurent : certaines de ces références vous seront révélées au cours du making-of !

Doukhan qui montre les muscles, et c'est tout Commando qui vous revient en mémoire \o/

Doukhan qui montre les muscles, et c’est tout Commando qui vous revient en mémoire \o/

Sans prétention autre que d’offrir un pur moment de divertissement, Le Réserviste remplit donc parfaitement sa mission. Et même si certains effets restent un peu visible (un coup de boule qui ne passe pas, un changement de ciel en post-prod notamment), le tout reste quand même bien conçu compte-tenu du budget et du temps de tournage. D’ailleurs, certaines intégrations, lors du trajet en voiture par exemple, adoptent volontairement ce côté un peu cheap !

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Pas de doute à la vue du film donc : le réalisateur connaît son sujet et démontre qu’on peut faire un film sympathique et réussi sans se prendre trop au sérieux ! Rien de très surprenant quand on sait que Mathieu Berthon n’est nul autre que l’organisateur des soirées ‘Pas de pitié pour les navets‘, où le public peut déguster les perles de la série B d’action ou fantastique.

Hommage parodique sans jamais être cynique, alignant les références sans être hermétique pour un non-initié, Le Réserviste transpire d’amour pour le cinéma 80’s auquel il se réfère. Pour autant, Mathieu Berthon livre un moyen métrage qui sait rester sérieux dans sa conception sans jamais délaisser pour autant le côté bis et l’humour irrévérencieux à la base du projet. Et ça fonctionne !

Le repos du guerrier sera de courte durée pour le soldat Danton.

Le repos du guerrier sera de courte durée pour le soldat Danton.

 

  • Un DVD qui ne fait pas l’con, Philippe !

Distribué par Oh My Gore !, Le Réserviste bénéficie d’une édition somme toute bien conçue : des menus sur fond d’image fixe, mais simple d’accès et tout à fait lisible. Des sous-titres anglais sont également disponibles pour le film, et on se délectera des titres de chapitres complètement WTF qui apparaissent dans le menu dédié !

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40 minutes de film, ça vous semble court ? C’est sans compter sur la générosité de l’équipe du film et du distributeur, qui ont truffé la galette de bonus ! Outre la bande annonce du film, a mourir de rire, les heureux possesseurs du Réserviste auront le loisir de déguster rien de moins qu’un commentaire audio, un making of, deux autres courts-métrages de Mathieu Berthon, une galerie photo, ainsi que la bande originale COMPLETE du film !

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  • Commentaire audio : avec ce module, offrez-vous une nouvelle vision du film commentée par Mathieu Berthon, David Doukhan, Hélène Darras, et Manu Lanzi. L’occasion d’apprendre certaines anecdotes sur le tournage : ou comment apprendre que l’histoire du petit Mahmoud est une impro de David Doukhan, que l’équipe a demandé à un comédien sensé faire le mort de mettre une banane dans son slip, ou alors de savoir que la majorité des scènes ont été tourné en décors naturels, en Isère, le reste ayant été compété sur fond vert ou… dans le bois de Vincennes ! Passages ayant nécessité d’être repris en post-prod, anecdotes de tournage, explications de certaines références : le commentaire fourmille de détails pour en savoir plus sur le film !
  • Making-of : en plus du commentaire audio, le making-of en dévoile plus sur les conditions de tournage : dans une maison familiale en Isère, sans électricité ni toilette, devant allez remplir et vider des sceaux pour faire office de lieu d’aisance. Mais aussi présentation des techniciens, coulisses de la répétition des chorégraphies pour le combat, réalisation de certains effets spéciaux, etc. Une présentation la encore assez complète de l’envers du décors du film.
Le réalisateur et son acteur en pleine discussion.

Le réalisateur et son acteur en pleine discussion.

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On va jouer à un jeu... Ça s'appelle "devine ce que j'ai mangé à midi"

On va jouer à un jeu… Ça s’appelle « devine ce que j’ai mangé à midi »

 

  •  Feed to kill (court métrage) : Didier doit cumuler les emplois pour aider sa soeur malade. Tombé dans le milieu des concours clandestins de mangeurs de bouffe, il va devoir affronté la jalousie de ses compétiteurs, et c’est un engrenage terrifiant qui se met alors en place. Découvrez quelle sera la vengeance de Didier dans ce court métrage sous influence Troma !
Bon appétit bien sur !

Bon appétit bien sur !

  • Tourist-A (court métrage) : Un touriste Australien, violenté et perdu dans une ville française, devient porteur d’une étrange maladie. Sa revanche est a portée de vomi ! Second court-métrage délirant proposé sur le dvd, et la aussi, les amateurs de Troma devraient apprécier !

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  • Bande originale du film : l’intégralité de la bande sonore composée par Thomas Barandon, ainsi que le thème d’ouverture et de cloture du film, sont ici proposés en écoute individuelle, ou dans une écoute d’une seule traite. Une bande son qui, à l’image du film, sonne très années 80, avec ses nappes de synthé. Des compos très réussies dans l’ensemble, et tout à fait dans l’esprit du film, dont certaines notes ne manqueront pas de vous rappeler les thèmes de vos films préférés.

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Ceux qui pouvaient craindre qu’un film de 401 minutes ne justifie pas nécessairement l’acquisition d’un DVD peuvent donc se rassurer : Oh My Gore propose une édition complète qui vous livrera la plus grande partie des secrets et anecdotes de fabrication. Après tant de bonus, Le Réserviste n’aura plus aucune… réserve pour vous ! Des bandes annonces d’autres produits de l’éditeur viennent compléter une galette plus fournie que certains films produits par de grands éditeurs.

Le Réserviste, un film de Mathieu Berthon, avec David Doukhan, Hélène Darras, Edouard Audouin, Manu Lanzi et Mickey. Disponible le 7 mai 2013 en DVD chez Oh My Gore! Distribution.

La galerie photo vous montrera que malgré le budget moindre, Le Réserviste a réussi à reproduire la fameuse scène de Matrix !

La galerie photo vous montrera que malgré le budget moindre, Le Réserviste a réussi à reproduire la fameuse scène de Matrix !

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Consequences will never be the same !

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