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Depuis son annonce à l’E3 2012, l’attente autour de Watch_Dogs n’a cessé de croître : un jeu sur next-gen en monde ouvert ! Du piratage ! Oulala ! Oulala ! Initialement prévu pour fin 2013, puis reporté de plus de six mois, le jeu d’Ubisoft est enfin sorti le 27 mai dernier.
Comble-t-il les attentes qu’il a créées ? *tin tin tiiiiiin*

Synopsis
Chicago est désormais entièrement contrôlée par ctOS, le Central Operating System. Ce système informatisé a été créé par la société Blume (aucun rapport avec Léon) et permet de gérer les feux de signalisation, les caméras de surveillance, le circuit d’eau potable, les télécommunications, bref, TOUT.
Dans cette Chicago ultra-connectée vit Aiden Pearce, un hacker. Aiden hacke donc dans la joie et la bonne humeur, jusqu’au jour où une de ses petites attaques informatiques va titiller les personnes qu’il ne faut pas titiller, et la nièce de Pearce en fait les frais.
Désireux de retrouver les responsables de la mort de la fillette, Aiden se lance alors dans une vendetta contre le crime, devenant « Le Justicier », et espérant remonter ainsi jusqu’au commanditaire de cet acte affreux.* re tin tin tiiiiiiiiiiin*

La première séquence de jeu vous met de suite dans le bain, en vous montrant les possibilités offertes par le smartphone du héros. Ce dernier a en effet ses entrées dans le ctOS, ce qui lui permet d’agir sur son environnement, à la fois pour s’y déplacer (ouverture de portes, de portails, d’ascenseurs, etc.), mais également pour se débarrasser de ses potentiels adversaires, d’abord en les observant à distance via les caméras de sécurité, puis en faisant diversion, ou en y allant physiquement, à l’arme à feu ou à la matraque télescopique (Aiden est un champion du planter de bâton dans ta face).

Saurez-vous trouver le placement produit sur cette image ?

Saurez-vous trouver le placement produit sur cette image ?

 

Une fois ces quelques principes acquis, vous êtes lâché dans la ville, pour y commencer réellement votre quête de justice/vengeance.
La ville est divisée en plusieurs quartiers, et pour y perpétrer vos bienfaits, vous devrez impérativement, avant toute chose, pirater le serveur ctOS principal de chaque zone, histoire d’avoir accès au réseau. Et puis, un peu à la manière d’Assassin’s Creed et ses points d’observation, vous pourrez également pirater des tours ctOS, ce qui fera apparaître divers points d’intérêt sur votre carte : magasins, missions secondaires, planques, etc.

Comme dans tout jeu en monde ouvert, le gameplay est divisé en plusieurs « phases » :

Ô mon batôhôhô, tu es le plus bô des batô

Ô mon batôhôhô, tu es le plus bô des batô

 

La phase « je me ballade sur l’avenue, hacker ouvert à l’inconnu » : comme son nom l’indique, c’est la phase où vous faites un peu du rien, mais vous pouvez en profiter pour acheter de nouveaux vêtements, de nouvelles armes, voler des voitures et, de façon plus intéressante, utiliser votre smartphone et son application « Profiler ».
Le Profiler, comme son nom l’indique, profile les passants, vous livrant quelques informations plus ou moins pertinentes à leur sujet, et, surtout, vous autorisant à pirater leurs comptes bancaires. Vu la foule dans les rues, autant vous dire qu’être pauvre dans ce jeu est IMPOSSIBLE, même si vos standards moraux ne vous autorisent à voler qu’un petit nombre de personnes. Non parce que dans le jeu, vous pourrez voler une femme qui vient de perdre son mari et qui a un cancer du sein et dont le revenu annuel est d’à peine 17000  dollars. Mais aurez-vous l’hacker de le faire ?

Genre elle. Elle va se faire DIALYSER. Peut-on lui piquer ses sous ?

Genre elle. Elle va se faire DIALYSER. Peut-on lui piquer ses sous ? Le peut-on ?

 

La phase infiltration : certaines missions vous offrent la possibilité de les réaliser entièrement en mode fufu (ou WQT, l’essentiel étant de rester un animal aquatique nocturne). Le système de couverture est assez efficace, vous permettant de vous déplacer rapidement d’une cachette à une autre, et Aiden possède un arsenal technique pour lui faciliter la tâche. Il peut attirer les gardes à un endroit précis en déclenchant un quelconque appareil, passer un coup de fil à un des gardes, détournant ainsi son attention de précieuses secondes, faire exploser une conduite de gaz, provoquer un black-out, et même fabriquer un « leurre sonore ».
Et puis, surtout, une fois trouvée une cachette stratégique, Aiden peut se déplacer virtuellement en « sautant » de caméra de surveillance en caméra de surveillance, jusqu’à atteindre l’objet à pirater.

La phase gunfight : étonnement, ces phases sont très présentes dans le jeu. Dans lequel on est censé jouer un pirate informatique, pas un soldat commando. Il y a les moments où le joueur peut choisir d’y aller comme une brutasse, mais également de nombreuses fusillades « imposées ». Et elles ne consistent pas à éliminer deux-trois gars vite fait, non, non. C’est de la bonne grosse fusillade bien grasse et bien dodue.
Le système de couverture, efficace en infiltration, l’est tout autant en combat, sauf quand vous devez fuir une grenade. En effet, Aiden ne quitte pas la couverture si vous appuyez sur la touche de sprint, vous devez d’abord quitter la couverture, puis courir. Autant vous dire que les premières grenades du jeu sont assez meurtrières.

La veste dans le vent étou, t'y as vu ?

La veste dans le vent étou, t’y as vu ?

 

Hormis ce « léger » détail, Aiden s’en sort très (trop) bien, avec ses fusils de sniper, ses fusils mitrailleurs, d’assaut, à pompe, et ses revolvers. Oui, tout ça. Et pour faire bonne mesure, il peut fabriquer des bombes, des grenades et des mines de proximité. Et il a même un pouvoir qui ralentit le temps, le Focus. La jauge de Focus s’épuise rapidement, mais certaines boissons permettent d’augmenter temporairement la jauge, et des petites pilules magiques permettent de la remplir.
Un hacker avec un arsenal à faire pâlir Rambo… Normal.

La phase de piratage : la plupart du temps dans le jeu, pirater signifie simplement appuyer sur un bouton, une fois à portée de l’appareil ciblé. Pour les gros piratages, il faudra également résoudre un puzzle. C’est toujours le même, avec, bien sûr, un niveau de difficulté plus ou moins important selon l’enjeu de la mission.

Le puzzle est plutôt réussi. Et NO IRONY INSIDE.

Le puzzle est plutôt réussi. Et NO IRONY INSIDE.

 

La phase « en voiture Simone » : la carte étant assez étendue, vous allez devoir « emprunter » des véhicules : motos, 4×4, camions, bateaux, voitures de sport, muscle cars. Alors, autant le dire de suite : la conduite est POURRIE. Voilà, c’est dit.
Certaines voitures, les muscle cars, et dans une moindre mesure, les voitures de sport, s’en sortent mieux, mais c’est pas folichon.
Pour vous procurer un véhicule, soit vous le volez, soit vous le « commandez » via une application du smartphone d’Aiden. Ladite application n’étant souvent pas disponible en mission, son intérêt est assez limité.

Alors le pilotage approximatif, on s’en accommode lorsque l’on veut juste rejoindre un lieu, ou suivre une voiture, mais en cas de course-poursuite, ça devient vite pénible. Parce que la police et les Fixeurs (sorte de mercenaires dont l’unique but dans la vie est de pourrir la vôtre), eux, ils conduisent plutôt bien, plutôt vite, ils peuvent vous tirer dessus, et ils sont très agressifs.
Et pour se défendre, Aiden a son Focus (pas la voiture hein, le pouvoir), et l’environnement, mais soyons honnête, un feu rouge et trois bittes, ça n’arrête pas quinze voitures, ni un hélicoptère.

Simone se gare toujours comme une vieille savate

Simone se gare toujours comme une vieille savate

 

La phase « flânons en faisant des missions annexes » : monde ouvert oblige, Chicago offre une foultitude de choses à faire.

Escorter des des gens : vous faites le taxi en évitant la police ou les Fixeurs
Contrats de Fixeurs : vous devez faire diverses choses, comme attirer les patrouilles de police pour faire diversion, livrer un objet en évitant la police, etc.
Intrusion ctOS : vous piratez des habitations et vous jouez les voyeurs pour… Aucune raison valable.
Empêcher des crimes : vous tombez sur une conversation téléphonique louche, vous suivez la potentielle victime, puis vous tabassez/tuez l’agresseur.
Ramasser des enregistrements : il y en a tout plein cachés dans la ville, et ils offrent quelques informations supplémentaires sur les protagonistes de l’histoire.
Mener quelques enquêtes
Jouer aux échecs, faire des jeux à boire, des paris : … des trucs qu’on peut faire mais on sait pas bien pourquoi.
Jouer à des jeux en réalité augmentée : via les applications du smartphone d’Aiden, vous avez accès à ces petits jeux assez fun, où il faudra, en RA, tirer sur des extra-terrestres, des cyborgs, ou bien courir en ramassant les symboles jaunes (l’argent) et en évitant les rouges (les pénalités)
Prendre de la drogue : c’est sérieux, il y a une application nommée « trip numérique », qui vous plonge dans un monde parallèle où vous collectez des âmes au volant d’une voiture des enfers. C’est assez rigolo.

Donnez moua vos zââââmes

Donnez moua vos zââââmes

 

La phase en ligne : si votre console est connectée à internet, le jeu vous proposera régulièrement des défis contre d’autres joueurs. Ne cherchez pas à jouer AVEC des amis, comme dans GTA V, vous ne pourrez pas.

Les défis consistent soit à pirater discrétos un autre joueur, soit à faire avorter la tentative de piratage à votre encontre.
Il existe également une application Android/iOS qui permet des défis en voiture : le joueur sur mobile doit arrêter Aiden (un joueur console donc), du haut d’un hélicoptère, en utilisant différentes ressources, comme l’envoi de patrouilles de police ou le piratage de l’environnement. Si c’est plutôt amusant de tenter d’arrêter quelqu’un, pour le joueur console, c’est surtout une énième course-poursuite, sauf que cette fois en plus, l’adversaire est intelligent.

Comme le veut la coutume, chaque fois que vous terminez une mission, vous obtenez de l’expérience, qui vous donne des points de compétence, que vous pouvez utiliser sur Aiden : capacités de piratage, de pilotage, de combat, peuvent ainsi être améliorées.

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Sur le papier, le gameplay semble prometteur, diversifié, toussa toussa. Dans la pratique hélas… Comment dire ? C’est souvent pénible.

Pénible, parce que grandement répétitif, déjà. Le level design, globalement, n’est pas des plus variés, et on a vite l’impression de toujours faire la même chose.
Pénible, parce que les missions elles-mêmes ne sont pas hyper différentes non plus, et le fait que pirater consiste principalement à appuyer sur une touche n’aide pas vraiment. Sans vouloir absolument un puzzle à chaque fois, on aurait aimé un peu plus de variété dans les approches, un peu plus de challenge.
Étrangement, les premières heures de jeu tentent de remplir ce critère, et y parviennent relativement bien, tout comme la toute fin. De là à dire que le jeu a été rempli à la hâte, il n’y a qu’un pas. Que nous ne franchirons pas.

Pénible parce qu’au final… TOUT est répétitif. Les missions secondaires sont toutes faites sur le même moule. Expliquez l’intérêt d’écouter 350 conversations téléphoniques, pour débusquer 350 criminels potentiels que vous allez 350 fois tabasser après leur avoir couru après ? N’est-ce pas une perte de temps que les développeurs auraient pu employer à coder des niveaux variés, une vraie conduite ?
Et puis les jeux à boire, les échecs ? Dankelbu mettre autant de contenu pour avoir, au final, encore et toujours la même chose ?

Un aperçu de l'application mobile

Un aperçu de l’application mobile

Le nombre de courses-poursuites aurait pu être un atout, mais entre l’IA et le pilotage, ça perd vite de son charme. Et puis il faudrait un jour que les développeurs fassent la différence entre « excitant » et « lourd ».
Une course-poursuite avec trois, quatre poursuivants intelligents au volant d’une voiture maniable, c’est excitant.
Une course-poursuite avec quinze 4×4, deux hélicoptères, qui vous tirent dessus, pendant que vous ne pouvez même pas choisir où vous allez parce que vous devez suivre quelqu’un pour lui pirater son portable, c’est lourd.

Et puis l’IA… On aurait pu penser que sur next-gen, en plus de graphismes améliorés (et, sur ce point, même sans claque visuelle, c’est très honnête, l’eau est très réussie, les textures sont correctes, et même en cas de carambolage avec flammes, fumée, pluie et gyrophares, il n’y aucune chute de framerate), on aurait aussi une IA correcte. Et bien non. L’IA est parfaitement incohérente, avec des ennemis capables de remarquer que vous avez piraté le système de mise à feu de la grenade qu’ils ont à la ceinture, mais qui vont ensuite jeter cette grenade… En plein sur leurs petits camarades. Mais lol.
Et la police. Ha, la police, censée protéger les civils, mais qui n’hésite pas à vous forcer sur le trottoir, écrasant au passage les piétons. Ou mieux encore, la police, capable d’écraser ses propres officiers. Mais re-lol.

Avec une telle intelligence artificielle, autant vous dire que l’immersion est régulièrement brisée.

De toute façon, le jeu manque cruellement de finitions. Si on ne rencontre pas tellement de bugs, de type bugs de collision (en tout cas, sur la quarantaine d’heures de jeu nécessaires à ce test, aucun n’a été rencontré), il y a quand même de sérieux problèmes.

On a des murs invisibles, déjà, inconcevables en 2014 sur un jeu AAA.
On a une roue de sélection des armes pénible, parce que sélectionner les objets situés sur les diagonales n’est franchement pas simple, le curseur ayant tendance à les ignorer complètement.

Et voici un animal aquatique. Diurne.

Et voici un animal aquatique. Diurne.

 

On ne peut pas sauvegarder quand on veut (ce qui est insupportable), mais en plus, les checkpoints sont complètement à la ramasse. Le jeu par exemple ne sauvegarde pas quand vous utilisez vos points de compétence. Donc, vous achetez des compétences, vous mourrez et … Vous devez  retourner dans le menu et recommencer. Classe.
Et bien sûr, en mission, ces checkpoints foireux signifient tout simplement qu’en cas d’échec, il vous faudra souvent recommencer depuis le début. Joie.

On ne peut pas non plus passer les dialogues. En 2014. Et comme les boss sont souvent bavards, si vous échouez, vous devez vous retaper le dialogue, la plupart du temps peu inspiré. Double peine.

N’oublions pas les temps de chargement longs comme un jour sans pain. C’est d’autant plus pénible qu’il n’y a pas d’écran de chargement, ce qui signifie, concrètement, qu’Aiden tourne en rond comme un cochon malade pendant un temps infini après la fin d’une mission, en attendant que son nouvel objectif s’affiche.

Et ne parlons pas de l’abus de game-over quand un garde vous a soi-disant repéré. Nin, il a juste repéré ma matraque qui s’abat sur son nez, c’est tout. Sauf pouvoir télépathique non signalé, il n’a pas eu le temps de sonner l’alarme.

Petite filature par caméra. Tranquille Emile.

Petite filature par caméra. Tranquille Emile.

 

Alors, si certains passages, notamment en début de jeu, sont plutôt réussis, surtout grâce à l’utilisation des caméras de surveillance, le jeu connait un gros passage à vide en son milieu. Et au final, le plus fun à jouer, ce sont les petites applications en RA. C’est dire.

Bon, le gameplay n’est pas fameux, le jeu ne semble pas fini correctement, mais peut-être prend-on malgré tout beaucoup de plaisir, grâce à des personnages sympas et une histoire passionnante ?
Que nenni !

On l’a vu en début d’article, le pitch est classique à en mourir : un être cher de sexe féminin est mort, le héros doit se venger (so 2014. Wouh !). Et ça ne va pas en s’arrangeant.

On pourrait pardonner ce cas de « Woman in refrigerator » (si vous avez la flemme de cliquer, sachez que ce trope recouvre les morts parfaitement inutiles et gratuites de personnages féminins, dans le seul but de motiver le héros mâle. Un peu comme la demoiselle en détresse, mais en plus hardcore) si la suite était intelligente. Mais même pas.

On a un héros imbuvable, Aiden, qui oscille constamment entre auto-flagellation pathétique et accusation agressive d’autrui, sans changer son comportement, bien sûr, et sans une once de remise en question. Le tout en se prenant, évidemment, très au sérieux, et en déclamant des banalités sur le pouvoir, la justice, le bien et le mal. Et en bon justicier des fourrés, il prêche le « faites ce que je dis, pas ce que je fais », puisque lui-même, pour la « bonne cause », il pille, tue et tabasse.

Et voici la douce (et percée) Clara

Et voici la douce (et percée) Clara

 

On a une histoire qui s’embrouille et a énormément de mal à rester cohérente et « rassemblée » : ça part un peu dans tous les sens, mais au lieu de donner quelque chose de riche, et bien on se demande surtout ce qu’on fait là.

On a des personnages secondaires globalement sans intérêt : les méchants sont méchants, PARCE QUE, et les gentils sont gentils.
Nous passerons sur les stéréotypes nauséabonds : si vous êtes une femme « importante » dans l’histoire, vous êtes morte, ou en détresse. Si vous êtes Noir, vous êtes un criminel. Ou une prostituée. Mais vous êtes sans doute une prostituée parce que vous êtes une femme, donc fatalement, une victime, jusqu’à ce qu’Aiden, le sauveur blanc, arrive. A un moment, on a une petite lueur d’espoir avec Clara (malgré son look d’hybride entre Lisbeth Salander et Jack de Mass Effect. Mais tous ces cyberpunks là, ils ont toujours la même tête, t’façon), on a un début de développement de personnage, et puis en fait non : Aiden rencontre un homme, donc forcément, plus doué que Clara, et elle se retrouve reléguée au douzième plan.

Le smartphone trop Smart

Le smartphone trop Smart

 

Il y avait pourtant de quoi faire, avec cette ville connectée, cette entreprise, Blume, un peu puante. Ça posait des questions sur le pouvoir de l’information, la vie privée, l’espionnage à grande échelle de façon gratuite, des trucs tout de même vaguement d’actualité, et qui pousseraient n’importe quel hacker à partir en croisade. Mais non, c’est tellement plus fou de victimiser des femmes pour motiver un héros.

Sans compter que le gameplay lui-même est en opposition avec l’histoire, c’est fantastique. Vous êtes censé hacker DISCRÈTEMENT votre chemin jusqu’à l’information désirée, et le jeu vous force à semer les cadavres par paquets de 24. Ce qui est, convenons-en, le summum de la NON-DISCRÉTION.

Que retenir de Watch_Dogs au final ? Un immense sentiment de déception. Il y avait tellement de bonnes idées. Les passants et les informations disponibles à leur sujet tout d’abord. Alors certes, c’est le plus souvent généré de façon aléatoire par la machine, et on finit donc par « voir », clairement, l’ordinateur derrière la simulation de vie, mais quand même : pour une fois, les PNJ non liés à l’histoire ont un semblant d’existence, avec un métier, un revenu, un hobby… Ça change un peu les perspectives du joueur : cet homme dépressif qui vient de perdre son travail, va-t-on lui voler, à lui, de l’argent ? Ou plutôt à cette femme riche qui revient d’un voyage à Hawaï ? Va-t-on prendre la voiture de cette femme dont la sœur vient de se suicider, ou de cet homme condamné pour coups et blessures ? Alors oui, ça reste hypocrite, parce qu’un vol reste un vol, mais vous avez saisi l’idée.

Un des petits jeux en RA

Un des petits jeux en RA

 

Pareil pour le piratage, qui ouvrait tellement la voie à un gameplay un peu plus fin que le traditionnel « tirons dans le tas », et qui permettait de poser tellement de questions sur le monde réel, notre propre utilisation d’Internet et des nouvelles technologies, dans un monde toujours plus connecté.

Et le mode en ligne directement connecté au mode solo, c’était prometteur aussi, ouvrant de nombreuses possibilités, de quoi pimenter la partie…
Et au final, on n’a absolument rien de tout ça, rien n’est exploité, et l’ensemble tombe dans une facilité tirant grandement sur la paresse : il s’agit quand même d’un jeu AAA, d’un grand studio, à 70 €. Et vous ne pouvez même pas passer les dialogues. Alors imaginer un monde changeant selon les actions du héros, n’en parlons même pas.

Victime de la mode, tel est son nom de code.

Victime de la mode, tel est son nom de code.

 

Non, au lieu de ça, on a un jeu qui se répète, et qui brasse de l’air en proposant énormément de contenu annexe, mais un contenu vide d’intérêt et de sens. De la poudre aux yeux, rien de plus, dans un monde ouvert finalement pas si ouvert que ça.

Pour sa nouvelle franchise, il semblerait qu’Ubisoft ait vu trop grand, et n’ait pas réussi, au final, à livrer un produit satisfaisant, surtout vu le prix qu’on y met. Après, le manque de temps est loin de tout expliquer, à commencer par le scénario indigent et les personnages sans aucun intérêt. Watch_Dogs est censé lancer une franchise, il faut donc vraiment souhaiter que la barre se redresse, sinon, on risque d’avoir du décevant au menu pendant un certain temps, et ce serait un vrai gâchis de ressources, surtout si l’on tient compte des possibilités offertes.

Question subsidiaire : sauras-tu trouver le placement produit sur cette image ?

Question subsidiaire : sauras-tu trouver le placement produit sur cette image ?

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Aiden Pearce Chicago Critique Hacker Hacking monde ouvert PS4 Ubisoft Watch_Dogs Women in Refrigerator
L'auteur

Fille de Mary Poppins et Xena la Guerrière, aime se promener dans les bois pluvieux. Avec une console. Ou un comics. Avant que les cylons n'arrivent...

4 avis

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  1. Chop le 5 juin 2014
    Je ne l'ai pas encore terminé, notamment parce que je le trouve décevant sur tous les points que tu soulignes et que le gameplay me rebute (filature, détecté parce que j'ai assommé un garde, fusillade façon gros bourrin, ...). Sur 360, l'écran de chargement est présent. D'une lenteur exécrable (surtout après avoir fait de la place sur le DD pour installer 7 Gio de données). Ça ne rend pas les chargements plus tolérables (1 minutes de chargement dans le trip "psychédélique" quand on s'est raté à la troisième fleur ? Sérieusement ?). Toutefois, pour une 360, il est beau. Et même si le gameplay et le personnage sont rebutants, les réflexions sur ctOS et la vie privée notamment sont bienvenues, surtout à l'heure de PRISM et autres. Étrangement, j'en suis venu à penser à un célèbre moteur de recherche (et dans une moindre mesure à un réseau social) à chaque fois qu'on constate à quel point ctOS s'infiltre dans la vie privée.
  2. Aurigabi Auteur le 5 juin 2014
    Ca doit être sympa les écrans de chargement de trois heures, surtout vu la fréquence des game over gratuits x). Pour le questionnement, oui, forcément, on a tendance à comparer avec "le célèbre moteur de recherches" ou des réseaux sociaux, mais disons que si on perdait moins de temps à faire du rien sur les états d'âmes d'Aiden l'inutile, on aurait sans doute pu traiter le sujet plus en profondeur, plus finement... Mieux quoi x)
  3. Chop le 5 juin 2014
    Tu résumes bien les choses. :)
  4. Pingback: Steamboy Machine : une nVidia Shield en mieux ? | GentleGeek 16 Juin, 2014

    […] jeux disponible sur Steam, mais il ne faudra pas espérer faire tourner Watch Dogs en ultra dessus. Mais si vous avez lu notre test sur Playstation 4, il est peu probable que cela se produise […]

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