[Test PS4] Destiny
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Dernier-né du studio Bungie, à qui l’on doit la franchise Halo, et édité par Activison, heureux propriétaire de la franchise Call of Duty, Destiny est également le dernier gros titre en date d’un genre auquel il va probablement falloir s’habituer sur la nouvelle génération de consoles : le MMO-FPS. Retour d’expérience après 25h d’un jeu très prenant.

Avec une certaine nonchalance, je me balade sur la Lune, fusil sniper à bout de bras et mitraillette pas très loin, histoire de pouvoir réagir rapidement si une bande de Déchus décide de me prendre à revers. Au loin, un vandale ou deux arpentent la plaine désertique : j’en dégomme un à 200 mètres de distance, ce qui ne plait pas vraiment à ses potes, qui se mettent à couvert. Après quelques secondes d’attente à la recherche d’une ouverture, je décide de changer de stratégie et de m’approcher : de toute façon, il faudra bien que je me rende sur les lieux pour aller chercher mon butin. Le voyage ne prend que quelques secondes avec mon Passereau : quelques balles et coups de couteau plus tard, je ramasse de quoi valider ma mission. Il est temps de partir à la recherche d’un nouvel objectif. Déjà, de nouveaux Gardiens battent le pavé autour de moi, à la recherche eux aussi de cibles à abattre ou de coffres cachés. Trop de monde dans le coin : et si j’allais voir sur Vénus ou Mars, si c’est plus tranquille ?

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L’orbite, le calme avant la tempête.

 

Ce type de situation est monnaie courante dans Destiny, FPS massivement multijoueur sorti sur PS3, PS4, Xbox 360 et Xbox One le 9 septembre dernier. Mais que cache donc ce titre, développé durant 4 ans, avec un budget colossal de 500 millions de dollars ? Pas mal de choses…

Fiche de perso

Destiny propose au joueur d’incarner un Gardien parmi 3 classes : les Titans, qui font office de guerriers et de tanks, les Arcanistes, une sorte de magiciens, et les Chasseurs, adeptes du DPS et du couteau. Chaque classe dispose de caractéristiques et de compétences spécifiques, à débloquer au fil des niveaux. Il est également possible de faire l’acquisition de pièces d’équipements qui leur sont propres, même si de nombreux objets peuvent être récupérés indépendamment de la classe. Quant aux 3 races – Humain, Exo, Eveillé – elles sont, au même titre que le sexe et les caractéristiques physiques, purement cosmétiques : vous ne verrez d’ailleurs le visage de votre personnage que lors de vos balades à la Tour – la « ville » du jeu, nous en reparlerons – et dans certaines cut-scene où il ne porte pas son casque. Ce dernier, ainsi que la vue FPS, ne valorise donc pas la recherche de composition du personnage, mais ce n’est pas particulièrement grave car ce n’est absolument pas ce que Destiny cherche à faire de toute manière.

La composition du perso s’étoffe à partir du niveau 15Chaque classe dispose de deux arbres : l’un disponible au démarrage, qui évolue au fur et à mesure des niveaux. Le second se débloque au niveau 15. Il est possible de changer d’arbre à tout moment pour les faire évoluer, et varier les plaisirs, puisque le style de jeu change lorsqu’on passe d’un build à l’autre. La composition du personnage s’étoffe donc considérablement (enfin « considérablement », c’est vite dit, le gameplay ne changeant pas énormément entre les deux build) à partir du niveau 15, quand le premier build est déjà bien rodé : c’est un problème potentiel puisqu’on a l’impression que pour essayer l’autre option, il faut repartir de zéro, ce qui s’avère un peu frustrant. Beaucoup de joueurs attendent le niveau 20, où l’XP se bloque (mais pas l’évolution) pour tester le second arbre. Un choix qui se tient.

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Difficile de nier la beauté du jeu.

 

Mais le personnage n’est pas le seul à évoluer : l’équipement a aussi droit à son level up. Ou plutôt ses level up, car chaque pièce d’armure, hormis le gris de base, dispose de caractéristiques qui se débloquent au fur et à mesure de leur utilisation. Plus la pièce d’équipement est rare, plus elle dispose de compétences, et plus son intérêt se développe au fil du temps. Ainsi, il n’est pas rare de garder longtemps une pièce au niveau relativement bas, parce qu’elle dispose de caractéristiques très efficaces. Néanmoins, plus on monte les niveaux et plus on écume les Assauts, et plus le matériel looté est performant. La monté en puissance se fait naturellement et l’équipement est abondant…

Les voyages forment la jeunesse

Une fois le personnage fin prêt à partir à l’aventure, il est temps de partir en orbite pour se chercher une mission. Il en existe de plusieurs sortes : les missions Histoire, présentes sur chaque planète, permettent de suivre une storyline plus ou moins scénarisée. Le mode patrouille permet quant à lui d’explorer les planètes en mode libre tout en récupérant des missions dans les différentes zones de la map – généralement de la récolte d’objets et du massacre d’ennemis, parfois de l’exploration. Ces missions peuvent être réalisées en solo, à deux ou trois. Viennent ensuite les Assauts, sorte de donjons proposés sur chaque planète, et qui nécessitent d’être 3 pour être menés à bien. Tout comme pour une partie en PvP, le matchmaking est donc de mise si vous n’êtes pas 3 dans votre groupe lorsque vous vous lancez. L’instance débute dès que le trio est complété.

La liberté d’action est l’un des points forts de DestinyPoint important : toutes les missions peuvent être refaites à volonté. Si vous n’avez pas saisi une subtilité (honnêtement, il y en a peu !), si vous voulez aider un ami ou tout simplement faire du farming, rien de vous empêche de refaire 5 fois de suite le même Assaut ou l’Histoire d’une planète. Vous êtes libre. Et la liberté, dans un jeu, c’est bien. C’est d’ailleurs l’un des points forts de Destiny : il donne très rapidement au joueur la possibilité d’aller où il veut. Pas besoin de se fader la totalité des quêtes d’une planète et pexer des heures durant pour passer à la planète suivante : quelques quêtes et 2 ou 3 niveaux suffisent pour aller voir ailleurs. Comme un MMO proposant l’exploration de planète appelle, en grande partie à tort, une comparaison avec Star Wars The Old Republic, on ne peut que pousser un soupir de soulagement en constatant que Bungie n’a pas commis la même erreur que Bioware en son temps.
Après, même si on est libres d’explorer, et que les maps sont très jolies, il faut quand même avouer qu’on a vite fait le tour, chaque planète étant, au final, une sorte de couloir parsemé d’ennemis. Et d’arcs-en-ciel.

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La Tour est le seul endroit où la vue de dos est de rigueur.

 

L’expérience s’acquiert également rapidement : les ennemis en rapportent, les missions aussi, mais une autre forme d’élément rémunérateur apparaît au niveau 4 : les Contrats, qu’il est possible de récupérer à la Tour. Ces derniers demandent de remplir certaines conditions – récolter 100 objets, tuer tel ou tel boss, etc – en échange d’une grande quantité d’XP, souvent 2500, parfois 5000. Ces contrats varient et reviennent périodiquement, comme une sorte de quêtes journalières. Ils s’ajoutent aux missions de base et se font en même temps, jusqu’à 5 contrats à la fois. On aurait d’ailleurs aimé pouvoir en prendre un peu plus, parce que 5 contrats simultané, c’est finalement un peu juste, surtout dans la première moitié du jeu, où l’on fait plein de choses en même temps.

Vous pourrez aussi pexer grâce à L’Epreuve, le mode PvP que les joueurs débloquent au niveau 5. Il y a différents types d’épreuves : le match à mort en équipe, le match à mort en solo, la conquête de territoire… Du classique. Certains, justement, reprocheront sans doute à Destiny de ne pas vraiment innover dans cette partie PvP, mais en même temps, quand vous mettez entre 6 et 12 personnes, avec des armes à feu, sur une map, vous vous doutez bien que le résultat ne sera pas une quiche lorraine. Après, une épreuve basée sur la défense d’une place, grâce à la stratégie et l’environnement, plus que la capacité des gens à se jeter des pruneaux entre les deux yeux, aurait été bienvenue. Peut-être viendra-t-elle.

Oh, un joli couloir avec un arc-in-ciel...

Oh, un joli couloir avec un arc-in-ciel…

 

Quoi que classique, ce PvP reste efficace, pour peu que le matchmaking vous soit favorable. En effet, il ne sera pas rare de vous retrouver contre des adversaires aux niveaux bien supérieurs au vôtre. Certes, les statistiques d’attaque et de défense sont lissées, mais ça ne suffit pas : les passifs dus aux équipements (qui peuvent recharger vos grenades plus vite, augmenter votre vitesse de rechargement), et ceux dus à votre doctrine (la vitesse de saut, la puissance des grenade, etc.) sont bien présents, et donnent donc un avantage certain aux joueurs de niveaux élevés.
Et ceux qui comptent objecter que « le skill, c’est tout ce qui compte », peuvent se taire : à skill égal, du coup, un joueur niveau 10 contre 4 joueurs niveaux 20 sera tout de même désavantagé.

Enfin, notons aussi les événements publics. Ces derniers surviennent de façon aléatoire sur chacune des planètes. Tous les joueurs présents dans la zone peuvent y prendre part, pour gagner de l’expérience et de l’équipement. Soyons francs, c’est rigolo les premières fois, mais ça devient vite répétitif, puisqu’il s’agit de rester à un endroit et de tirer sur tout ce qui bouge. Ce que vous faites déjà pendant les quêtes et autres missions annexes.

Y a pas que l’XP dans la vie

Fort d’un gameplay des plus dynamique et d’une barre d’expérience qui monte vite, on atteint en une vingtaine d’heures de jeu le niveau 20, soit la limite de l’évolution d’un personnage par ce biais. En vérité, atteindre le niveau 20 dans Destiny n’est que le début de l’aventure, pourrions-nous dire. Car il est possible de faire encore beaucoup évoluer son personnage.

En effet, si l’accumulation d’XP pour le personnage s’arrête (ce qui n’est pas le cas pour les armes et autres pièces d’équipement)  il y a quand même moyen d’acquérir jusqu’à 10 niveaux supplémentaires grâce à la Lumière : cette dernière est présente sur certaines pièces d’équipement des niveaux les plus élevés, et bien entendu sur les sets high level (HL). Ce type de matos se loot dans les dernières missions Histoire pour commencer, mais bien vite,  on comprend qu’il va falloir aller plus loin pour monter de Niveau Lumière et accéder aux plus hauts Assauts.

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C’est à partir du niveau 20 qu’il faut commencer à avoir des idées lumineuses.

 

Parmi les solutions possibles, on trouve les  quêtes héroïques, les différents Assauts ou encore le PVP. On peut gagner des pièces d’armure en récompense, ou, avec de la chance, en looter sur des ennemis. Mais il est également possible d’acheter des sets entiers en cumulant des écus de différentes factions, et en faisant grimper sa réputation auprès de ces dernières.

Pour ce faire, il n’y a pas de mystère : il faut faire beaucoup de quêtes, aux niveaux les plus élevés possibles. Et pour ce faire, il faut forcément, à un moment donné, revenir à ses premières amours, et refaire des quêtes déjà faites : en d’autres termes, faire du farming.

Gentlegeek farmer

Le farming a un côté plutôt péjoratif : ça consiste à réaliser des actions en boucle pour récupérer des objets pour avancer, avec la perspective de refaire du farming à un niveau supérieur par la suite. Il est vrai que les mécanismes de Destiny reposent en partie sur ce fonctionnement pour pousser le joueur à atteindre son plus haut niveau, s’équiper du meilleur stuff et participer aux Assauts les plus dangereux. Mais c’est le propre d’un grand nombre de MMO de tout genre, qu’ils soient FPS, RPG ou autre. On peut regretter que Destiny ait opté pour une solution de facilité sur ce point. Mais on ne peut pas non plus le blâmer d’avoir introduit en son sein une mécanique utilisée depuis longtemps par les jeux massivement multijoueur.

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Il y a cependant un point qui rend le farming potentiellement moins rébarbatif qu’ailleurs dans Destiny : c’est la rapidité avec laquelle on entre au coeur de l’action. En effet, il ne suffit que de quelques minutes pour se retrouver à l’endroit ou dans l’instance qui nous intéresse, et se retrouver au contact de l’ennemi. Les voyages se font, globalement, rapidement (si on oublie les temps de chargement qui sont parfois longs comme des jours sans pain). Et puis tuer des ennemis ou récolter des objets va nettement plus vite lorsqu’on est en groupe, ce qui permet de se promener dans le jeu et remplir des contrats tout en discutant avec ses amis, par exemple. A noter d’ailleurs qu’à partir du niveau 20, les contrats ne rapportent plus d’XP, mais de la réputation au sein des factions – plus la réputation est élevée, plus les objets en magasins sont puissants… et chers.
Toutefois, même si le farming se fait assez bien, le caractère extrêmement répétitif des quêtes et des missions pourra vite lasser, les bonnes blagues de vos potes en co-op ne faisant pas tout.

Un MMO, mais pas RPG

On l’aura compris, Destiny est un jeu qui affiche de belles qualités. Mais il n’est pas non plus sans défaut : depuis sa sortie, on lui en prête d’ailleurs un grand nombre. Néanmoins, si certains apparaissent comme justifiés, d’autres ne le sont pas vraiment.

Sans amis en jeu, constituer un groupe est hasardeuxOn prête en effet au titre un manque important d’éléments souvent présents dans les jeux massivement multijoueur : Destiny n’a, pas exemple, pas de système de chat écrit, pas d’hôtel des ventes, ne permet pas d’échanger des objets entre joueurs et limite les interactions aux minimum, c’est à dire 4 emotes basiques, la constitution manuelle de groupe et le matchmaking. Il est vrai que si vous n’avez pas d’amis qui jouent au jeu, constituer un groupe pour aller patrouiller sur une planète est hasardeux. Possible, mais hasardeux.

Cependant, la plupart de ces critiques ont une seule et même réponse : le titre de Bungie n’est pas un MMORPG, c’est un MMOFPS. Ce n’est pas un Role Playing Game : effectivement, bon courage aux amateurs de roleplay pour entrer dans la peau de leur personnage.

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Heureusement, Bungie n’a pas oublié d’implémenter des danses très élégantes.

 

Destiny, c’est plutôt le résultat d’un mixage intensif entre Borderlands pour le côté solo/multi coopératif, Call of Duty et consort pour l’aspect PvP, et Halo et Mass Effect pour l’univers. Au lieu de proposer un menu figé permettant au joueur d’équiper son personnage et d’organiser son groupe, les développeurs ont mis en place une unique ville, la Tour, dans laquelle se retrouvent les joueurs, mais où on trouve également tous les PNJ nécessaires pour rendre des quêtes et des contrats, stocker son matériel ou encore en acheter. Pour le reste, il faut se rendre en orbite pour sélectionner la planète et la mission que l’on souhaite réaliser.

La mécanique est simple et bien huilée. Et heureusement, d’ailleurs, car le jeu ne perd pas vraiment de temps à expliquer son fonctionnement : un panneau textuel s’affiche par-ci, par-là lorsque des nouveautés sont disponibles. Ces dernières apparaissent au fur et à mesure du gain de niveau, mais le joueur un peu curieux apprendra beaucoup en allant farfouiller dans les menus.

Qui a caché le script ?

Autre point qui confirme que le MMO n’est pas RPG, c’est l’absence quasi-totale de scénario. Si certaines missions valorisent quelques bribes d’histoires, les personnages que l’on croise disparaissent aussi vite qu’ils sont arrivés et le joueur – ou le groupe de joueurs – est toujours livré à lui-même en mission. Seul compagnon permanent : un petit robot volant, un Spectre, utile durant les missions. Il est certes rigolo, mais ne comble pas le vide intersidéral du scénario. On note par ailleurs que les rares instants cherchant à faire preuve de profondeur peinent à captiver le joueur, en manque permanent de contexte.

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On croise quand même quelques PNJ très accueillants. Hum.

 

On profite des cinématiques pour faire une pause pipiLes cut-scenes, bien que très jolies, n’engagent jamais le joueur, qui se contente de les regarder. Les deux ou trois premières cinématiques permettent d’observer la beauté du jeu, tandis que les suivantes donnent l’occasion d’aller se resservir un café ou de faire une pause pipi, d’autant plus qu’elles ne sont pas esquivables. En clair, on s’en fout de ce qu’il se passe. Et sur ce point, le jeu est plutôt désolant.

Alors oui, on l’a déjà dit : Destiny n’est pas un MMORPG et il se concentre sur l’action. Mais ce n’est pas une raison pour décrédibiliser la quête du joueur en le laissant quasiment sans aucun contexte concret. En réalité, des éléments d’histoire sont proposés au fur et à mesure que l’on avance dans le jeu et dans les missions, pas le biais d’un grimoire virtuel dont les pages se débloquent petit-à-petit. Mais ledit grimoire n’est pas disponible au sein du jeu : il faut se rendre sur Bungie.net ou sur l’application Destiny proposée sur iOS et Android pour pouvoir le lire. Autant d’étapes que de nombreux joueurs ne réaliseront pas.

Map to the stars

Si la nature du jeu peut expliquer l’absence de certains éléments, il n’en reste pas moins que dans certaines situations, c’est problématique, voire handicapant. On se demande ainsi pourquoi Bungie a fait l’impasse sur les cartes de zones, totalement absentes, à l’exception de la Tour. Et encore : il faut passer par des PNJ très dispersés dans la ville pour visualiser la carte et l’emplacement des différents personnages importants ! Autre solution : l’application, encore une fois, qui intègre elle aussi cette carte. Mais pour l’ergonomie et l’intuitivité, on repassera.

Destiny Map générale

L’absence de possibilité d’échange entre joueurs est également handicapante, surtout quand on loote un objet d’équipement pour une autre classe… pour peu qu’un ami en gagne un qui vous intéresse,  impossible de le récupérer. Certes, le coffre est partagé entre les personnages, mais tout le monde ne multiplie pas les rerolls.

Mon nom est Légion

Dernier point à aborder, celui des ennemis. Si une bonne partie d’entre eux s’avère tout à fait gérable, la tâche se complique considérablement lorsqu’ils arrivent en groupes très denses : même lorsqu’on joue à trois, on peut rapidement se retrouver débordés par un assaut inépuisable d’ennemis. C’est d’ailleurs dans les zones instanciées, où un wipe s’avère douloureux, que le jeu abuse considérablement des packs d’adversaires, généralement composés d’ennemis faibles mais rapides et nombreux épaulés par des créatures plus puissantes, aux attaques lourdes, qui finissent pas avoir votre peau. Si on ajoute à cela que l’intelligence artificielle, plutôt réactive, pousse les ennemis à se mettre à couvert, ça peut vite devenir infernal.

Et encore, on n’a pas encore abordé la question des boss. C’était pour garder le meilleur pour la fin.

Trop de mobs tue le mob (et le joueur)Les boss des instances ne sont pas complexes en soi : ils ont des grosses attaques qui peuvent vous tuer en un coup, mais on peut les esquiver. Ils ont éventuellement des boucliers qu’il faut contourner. Pour les tuer plus vite, il faut trouver leur point faible, et idéalement s’acharner dessus. Le reste ne pourrait être qu’une question de DPS et de réflexes, s’il n’y avait pas, en permanence, des packs de monstres qui débarquent pour mettre un peu de piquant.

Au secours, vous êtes laids ! Et puis j'aime pas les câlins.

Au secours, vous êtes laids ! Et puis j’aime pas les câlins.

 

Du coup, on se retrouve souvent mort, voire même tous morts face à un boss pourtant pas si compliqué. La difficulté est augmentée artificiellement en entourant l’ultime ennemi par une quantité impressionnante de mobs. Et même si vous entreprenez un grand nettoyage, ça ne permettra que d’arriver plus vite à la vague suivante, et ce jusqu’à ce que le boss tombe, ou que vous pétiez un plomb. Surtout, bien évidemment, que les vagues sont souvent de plus en plus puissantes. Histoire de bien tourner le couteau dans la plaie.
Sans compter que certains packs ont une fâcheuse tendance à spawn littéralement sous vos pieds. Littéralement. Donc entre le boss qui vous a en ligne de mire, les deux vandales en fufu qui tentent de vous sniper, et les 25 créatures qui viennent de sortir de vos orteils, comment dire ? Vous êtes mal.

Si la difficulté d’un boss à la fin d’une instance est quelque chose de recherché, on aurait clairement préféré que le challenge se veuille stratégique, et ne consiste pas à bourriner comme un malade pour arriver à faire tomber l’ennemi. On touche là l’une des limites du titre qui, en misant tout sur l’action, oublie toute idée de subtilité en combat. Le résultat est brainless (voire souvent frustrant). Dommage

En conclusion

On ne doute pas que Destiny saura évoluer avec le temps, et comblera ses lacunes au fil des mises à jour. C’est en tout cas fortement à espérer pour que le titre gagne en fluidité et en confort d’utilisation. Dans l’immédiat, même si le jeu s’avère beau et prenant, on ne voit pas vraiment où ont pu passer 500 millions de dollars. On imagine donc que de l’argent a été investi dans l’avenir et que le MMO saura écouler stratégiquement ses nouveautés pour continuer à captiver les joueurs. Deux extensions payantes sont d’ores et déjà prévues, mais vu le prix du jeu neuf, on espère quand même que du nouveau contenu gratuit sera là régulièrement.

Plaisant à jouer entre amis, Destiny peut néanmoins s’avérer vite ennuyeux en solo : l’abus de farming et le passage transitoire entre le niveau 5 et le niveau 15, où de nouveaux modes se débloquent, peut sembler rébarbatif quand on joue seul. Néanmoins, le jeu ne s’arrête pas une fois le niveau 20 atteint, et pour peu qu’on aime la course à l’équipement, il y a d’ores et déjà de quoi faire. La question se pose cependant sur la façon dont Bungie et Activision vont chercher à diversifier les modes de jeu et les objectifs, car à trop tourner en rond, on risque de devenir un peu fou…

L’esprit (et la crête rousse) d’Aurigabi planent également sur ce test.

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L'auteur

Co-fondatrice et rédac'chef de GentleGeek, je suis journaliste le jour et blogueuse la nuit - les deux ne sont pas incompatibles, non non. J'aime le cinéma, les jeux vidéo, les comics et les chats. C'est déjà pas mal !

5 avis

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  1. Dom le 18 septembre 2014
    Assez d'accord avec ce test, le solo est vraiment trop répétitif et au niveau 10, mon seul plaisir se trouve dans le mode PvP (souvent trop déséquilibré). Les sauvegardes auto c'est aussi un peu embêtant : par erreur, j'ai revendu un fusion rifle que j'aurais voulu utiliser... impossible de revenir en arrière !
  2. Audrey Auteur le 18 septembre 2014
    C'est vrai qu'il manque aussi une fonctionnalité de ce type, car on a vite fait de faire une erreur avec le matos !
  3. Duze le 20 septembre 2014
    En effet, avoir des amis dessus est un plus non négligable. Aucun de mes potes n'as de ps4, je joue donc généralement seul ou en pick-up & même quand l'assault ce passe bien il n'est pas rare de perdre un joueur en cours de partie, ce qui rend la suite bien plus longue & pénible... <.<
  4. Pingback: Destiny : une première extension le 9 décembre, par ici la monnaie | GentleGeek 29 Oct, 2014

    […] par l’essentiel : 19,99€. C’est le prix annoncé pour cette première extension de Destiny, qui sera disponible le 9 décembre sur PS3, PS4, Xbox 360 et Xbox […]

  5. Will Ill le 6 septembre 2015
    Il y abel et bien un scenario, de ce côté la pas de problème, c est la narration qui est presque inexistante.

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