[Test PS4] Assassin’s Creed : Unity
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Une fois par an, comme c’est d’usage, Ubisoft nous offre un opus dans la saga Assassin’s Creed. Il y en a même deux cette année, Rogue étant sorti sur les consoles last-gen.
Après un Assassin’s Creed III décevant, Black Flag avait su rebondir en changeant de décor et d’approche, notamment grâce aux pirates et aux batailles navales.
Avec Unity, foin d’exotisme, puisque nous sommes à Paris pendant la Révolution Française. Ce décor romantique et ce retour à un gameplay plus classique permettent-ils à la saga d’avancer, ou bien l’essoufflement de la licence ressemble-t-il de plus en plus à une agonie par insuffisance respiratoire ?

Synopsis

Paris, 1789. La Révolution Française fait rage et toute la ville est plongée dans le chaos et la terreur (dun dun DUUUUUUUUUUN).

Alors que le destin de toute une nation se décide, un jeune homme du nom d’Arno mène une quête personnelle qui fera de lui un vrai Maître Assassin. Plongé au cœur d’une lutte sans merci pour le pouvoir, Arno révélera les vraies forces qui agissent dans l’ombre de la Révolution.

Pour ce volet, Ubisoft a apporté quelques modifications au gameplay. Après vingt-cinq mille épisodes, il était grand temps.

Désormais, votre assassin dispose de trois combinaisons de touches pour courir, courir en évitant les obstacles, et grimper aux murs. Le protagoniste n’est donc plus censé se coller partout, tenter d’escalader les badauds et les buissons lorsque vous voulez juste courir, bref, il n’a plus aucune excuse pour ne pas faire ce que vous lui demandez, quand vous lui demandez. Spoiler alert : ce n’est pas DU TOUT au point, mais on y reviendra.

On peut enfin se mettre à couvertGrande nouveauté également : on peut s’accroupir et se mettre à couvert quand on veut et pas uniquement quand le jeu le décide. Pour une série qui met en scène un héros agissant dans l’ombre, c’est pas trop tôt.
Toujours dans le domaine des changements, vous ne pouvez équiper en même temps qu’une arme blanche et une arme à feu, alors qu’auparavant, on pouvait équiper son assassin avec en plus une arme lourde. Ça ne change pas considérablement la façon de jouer, sauf si vous étiez un fou furieux du changement d’armes en plein combat.

Les développeurs ont jugé bon de mettre du crochetage de porte et de coffre aussi. Ça faisait sans doute plus « ouh fufu j’agis dans l’ombre » sur le papier.

Hey, chuis pas trop bôgosse ?

Hey, chuis pas trop bôgosse ?

 

Enfin, pour finir sur les nouveautés, vous devrez désormais acheter vos compétences, façon action-RPG. Pour ce faire, vous devrez utiliser des points de compétences durement gagnés lors des missions principales, missions en coop et certaines missions secondaires. Dans l’absolu, ça permet de personnaliser son personnage : veut-on une brutasse ou un gars discret ?

L’accent est mis sur la personnalisationCette personnalisation se retrouve aussi dans l’équipement : il y a tout un tas de pantalons, brassards, vestes et capuches à acheter (avec des Francs, trouvés sur les ennemis, dans les coffres, à la fin des missions….), chacun ayant ses bonus particuliers. A vous de voir si vous misez tout sur le corps-à-corps en boostant vos dégâts et votre santé, ou si vous la jouez plus fine en boostant votre discrétion, votre nombre maximum de grenades et de crochets à serrure, etc.

Sachez que vous pouvez également améliorer un équipement déjà obtenu, soit avec des points Credo (ces derniers s’obtiennent tout au long du jeu : double assassinat et BIM 100 points, disparition dans la foule et BOUM 50 points), soit avec des points Helix. Ces derniers s’achètent contre du vrai argent et permettent de « pirater » les tenues et leurs améliorations.

Un vrai top model, c't'Arno

Un vrai top model, c’t’Arno

 

Vous ne rêvez pas, il y a donc QUATRE « monnaies » différentes. Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ?

Pour le reste, le jeu fonctionne comme d’habitude : vous explorez la ville, vous synchronisez la carte, vous tuez des gens, vous volez des documents, vous ouvrez des coffres (des millllllliards de coffres. On a jamais vu autant de coffres dans un Assassin’s Creed), vous améliorez votre planque (ici, un café théâtre) et vous tentez d’obtenir l’armure suprême qui s’y trouve en résolvant les énigmes laissées par Nostradamus.
Et vous pourrez aussi jouer les détectives en résolvant des meurtres, aidé par un jeune Vidocq. Ces enquêtes sont plutôt amusantes, et il est dommage qu’elles n’aient pas été plus exploitées dans la trame principale.

Plus fort qu'Alice détective, Arno mène l'enquête.

Plus fort qu’Alice détective, Arno mène l’enquête.

 

Point de multi, mais des missions en coopN’oublions pas de préciser également que pour la première fois depuis Brotherhood, il n’y a pas de Mode Multi, mais une fonction Coop, qui vous permet de jouer, jusqu’à quatre joueurs, différentes missions : protection de témoins, assassinats, vols de documents…

Alors je vous vois tous, vous vous dites : « Oh lalala, plusieurs touches pour plusieurs actions, un système de couverture, des enquêtes, une personnalisation du personnage, mais c’est TROP BIEN ».
Non.
Le gameplay est une catastrophe, pour plusieurs raisons.

La première, c’est que les différentes combinaisons de touches pour les différents types de courses NE MARCHENT PAS ! Enfin, disons que ça ne marche pas très bien, ce qui rend les déplacements extrêmement hasardeux, sans compter qu’Arno manque grandement de légèreté, ce qui alourdit encore l’ensemble.

Il a bien une tête à être méchant lui...

Il a bien une tête à être méchant lui…

 

Exemples :
– Vous courez dans la rue, en maintenant appuyée uniquement la touche de sprint. Normalement, NORMALEMENT, Arno ne devrait pas tenter d’escalader quoi que ce soit. En réalité, tel un rouleau tue-mouches géant, il se colle à tout ce qu’il croise.
– Vous escaladez une façade, en maintenant appuyée la combinaison touche de sprint + croix. Normalement, NORMALEMENT, Arno devrait escalader de façon fluide jusqu’en haut de l’immeuble. En réalité, il marque trouzmille temps d’arrêt, à tel point que parfois, vous pensez qu’il ne peut pas atteindre la plateforme supérieure, alors qu’en fait SI, il peut. C’est juste que le jeu met cent ans à réagir.
– Vous êtes en hauteur. En bas, un tas de foin, sur le côté, une gargouille. Vous maintenez enfoncée la combinaison « course haute », donc normalement, NORMALEMENT, Arno devrait sauter sur la gargouille. ET BEH NIN ! Il fait un saut de l’ange dans le tas de foin.
C’était bien la peine d’avoir deux touches, didon !

C'est haut didon...

C’est haut didon…

On lutte beaucoup contre le gameplayOn ne s’étendra même pas sur les fenêtres et sur les balcons. En effet, dans Unity, on peut entrer dans les bâtiments par des fenêtres. Sauf que c’est pas gagné, le jeu ayant beaucoup de mal à comprendre que non, non, vous ne voulez pas escalader la fenêtre, mais RENTRER dedans.

Et pour les balcons, c’est une catastrophe : quand Arno est sur la balustrade, il refuse, la plupart de temps, de descendre. Vous avez beau spammer la touche correspondante, il saute d’un bout à l’autre du balcon, comme une puce sous caféine, mais il ne descend pas. Autant vous dire que c’est très pénible, surtout quand vous êtes pris pour cible par des snipers et que vous voudriez vous mettre RAPIDEMENT à l’abri.

ACU Map 2

Les déplacements sont donc complètement à la ramasse, à tel point que je n’ai découvert le saut arrière qu’après vingt heures de jeu : ça marche tellement mal qu’il a fallu que je sois obligée d’en faire un pour me rendre compte que ça existait. Le secret, c’est qu’il faut appuyer pas plus d’un milliardième de seconde sur la touche. Sinon, le jeu ne prend pas votre action en compte, et Arno reste accroché comme un gland à son chêne.

Et ça continue avec le système de couverture qui ne vous permet pas de changer d’abri. Donc, dans une pièce blindée d’ennemis, alors que vous êtes bien caché, vous devez quitter la couverture (donc votre tête dépasse), courir vers la suivante, et vous remettre à couvert. C’est complètement débile :  » Coucou je suis Arno le Maître Assassin, je peux escalader Notre-Dame, mais pas faire une roulade pour passer de derrière la table à derrière le canapé. »

Après cinq grenades fumigènes, forcément, on m'voit plus

Après cinq grenades fumigènes, forcément, on m’voit plus

 

Il y a aussi un temps de latence insupportable sur certaines actions, comme le lancer de grenades ou le crochetage. Pour le lancer de grenade, c’est très fréquent, et si vous avez choisi de faire un personnage discret (et donc avec une force de frappe moindre), ça pourra même vous tuer.
En gros, quand vous appuyez sur la touche censée jeter la grenade, rien ne se passe. Donc vous spammez la touche, et d’un coup, après parfois jusqu’à cinq secondes, le jeu lance toutes les grenades d’un coup. Voilà voilà.

Et contre les nombreux problèmes techniquesC’est plus rare mais tout aussi rageant pour le crochetage. Déjà qu’il vous faut des réflexes surhumains pour crocheter certains coffres, si en plus la commande est prise en compte avec du retard… Il y a de quoi devenir fou. Surtout qu’à chaque fois que vous ratez votre coup, vous cassez un crochet. Alors, autant sur la fin, votre équipement vous permet d’en avoir un stock suffisant pour être tranquille, autant au début du jeu, avec vos trois pauvres crochets, vous avez vite envie de vous arracher les poils du nez (ou d’ailleurs) avec les dents. Voire de vous planter lesdits crochets dans les yeux, pour ne plus voir cette horreur.

Arno Lupin, gentleman cambrioleur

Arno Lupin, gentleman cambrioleur

 

Bien sûr, la caméra n’est pas en reste, et vous met parfois en difficulté, surtout en combat : le système de combat n’a pas beaucoup changé (si ce n’est que vous devez acheter vos compétences, du coup, c’est un peu moins varié au niveau des mouvements, selon vos choix), et vous devez toujours attaquer et parer. Il faut parer quand la barre de vie de l’ennemi devient jaune. Mais si elle est hors champs pendant le combat, comme on sait qu’il faut appuyer sur le bouton ? Ben on sait pas. Et on meurt.

Puisqu’on parle des combats, parlons un peu de l’IA, qui n’est pas du tout cohérente. Vous avez les gars qui esquivent les balles à bout portant (sérieusement ?), ceux qui ne vous voient qu’une fois leur tête transpercée par votre lame (c’t’un peu tard) et ceux qui, une fois qu’ils vous ont vu, ne vous lâchent plus sur des centaines de mètres. Y compris au milieu d’une foule très dense. Le gars, à trois cents mètres de distance, il vous voit VOUS, au milieu de mille personnes. Et il est capable de vous coller une balle dans la tête.

L'air pur de Paris...

L’air pur de Paris…

 

Certains choix des développeurs sont également douteux : qui a cru que c’était une bonne idée de mettre un cooldown à la vision d’aigle ? Quand vous avez deux types de missions qui reposent uniquement dessus ?
Par exemple lors des enquêtes, vous devez fouiller divers lieux pour trouver des indices. Indices qui apparaissent en jaune avec la vision d’aigle. Donc, vous rentrez dans une pièce, vous activez la vision, vous voyez un indice. Sur les huit qu’il y a dans le coin. Vous attendez que la vision se recharge, vous trouvez un deuxième indice. Vous ATTENDEZ ENCORE, pour le troisième, et ainsi de suite. C’est long comme un jour sans pain, et tout à fait incompréhensible, la vision d’aigle n’étant pas vraiment une capacité qui rende le héros invincible. Pourquoi lui coller un cooldown ?

Douteux aussi le fait de coller dix-huit énigmes et trois séquences de plateforme pour débloquer l’armure de votre cache. DIX-HUIT. Tout ça pour une armure qui n’en est même pas une, elle n’a pas de statistiques propres, mais n’est qu’un skin qui adopte les stats de l’équipement que vous avez sur vous.

Douteux également le fait de coller sur la map des coffres que vous ne pouvez pas ouvrir. Il y a quatre types de coffres dans Unity : les blancs, les rouges, les jaunes et les bleus.

Jouez à notre appli nulle pour ouvrir un coffre à 300 francs.

Jouez à notre appli nulle pour ouvrir un coffre à 300 francs.

 

Les blancs et les rouges peuvent être ouverts sans conditions particulières. Enfin, les rouges, il faut les crocheter. Les bleus ne peuvent être ouverts que si vous avez atteint certains paliers dans l’application Android et iOS du jeu, qui est une application sans aucun intérêt où vous envoyez des assassins en mission, puis attendez une demie-heure qu’ils reviennent.

Les jaunes quant à eux ne peuvent être ouverts que si vous avez atteint un certain niveau sur le site Initiates. Site qui bugue pour certains joueurs, et qui ne propose pour l’instant aucun moyen de faire monter ses niveaux. Autre que de posséder l’intégralité des jeux et DLC sortis dans la saga.
Si le fait que participer à des applications externes vous apporte des petits bonus n’est en soi pas gênant, leur présence par défaut dans le jeu est très intrusive, et plutôt frustrante.

Enfin, pour finir sur les trucs douteux, l’achat de compétences et la monnaie Helix.
Si débloquer les compétences avec des points d’expérience n’est pas aberrant, certaines des compétences que le jeu nous force à acheter sont un peu limite et on a l’impression d’être pris pour un jambon : vous devez acheter le fait de disparaître dans la foule. Genre le gars, il est trop niais pour se dire de lui-même : « hmm si je me cachais sur ce banc entre deux personnes, ou dans ce groupe de cinq là ? »

J'achète donc la capacité de m’asseoir sur un banc. Oké.

J’achète donc la capacité de m’asseoir sur un banc. Oké.

Idem pour la monnaie Helix. Alors, en théorie, vous ne pouvez rien acheter avec elle que vous ne puissiez débloquer dans le jeu à force de farming. Cependant, le prix de certaines tenues et de leurs améliorations parait nettement plus élevé que dans les épisodes précédents… Surtout que vous avez pléthore d’objets à acheter, entre les armes, les capuches, les vestes, les pantalons et les brassards, les améliorations…

N’oublions pas un dernier détail, qui aurait pu être juste un point pénible, mais qui, ajouté au reste, alourdit encore l’ensemble : les notifications qui vous cachent les documents.
En gros, lorsque vous trouvez une lettre ou un livre, il s’affiche à droite de votre écran. Et au même moment, une charmante notification pope PAR-DESSUS. Vous devez donc attendre que la notification disparaisse pour lire, c’est le summum de l’ergonomie.

... Va lire l'énigme là.

… Va lire l’énigme là.

 

Le mode Coop de son côté aurait pu être fun, à quatre potes sur une mission, il y a de quoi s’amuser, même si l’aspect stratégique est clairement laissé de côté : si vous y allez comme des brutasses, le jeu ne vous pénalise pas vraiment.

et aussi contre les bugs divers et variésLe problème, c’est que tout seul, il y a déjà pas mal de risques d’être bloqué, tué, pour cause de bug ou de gameplay foireux, alors à quatre, il y a quatre fois plus de risques de faire une crise de nerfs !

Sans compter que le mode n’est pas exempt de problèmes techniques : matchmaking qui font planter le jeu, impossibilité de trouver des partenaires…

On a donc un gameplay mal calibré, blindé de bugs de toutes sortes (et encore, on ne parle pas des moments où vous mourez, victime d’un plancher qui vous engloutit ou d’une chute infinie à travers le sol, on ne parle pas des temps de chargement qui durent, qui durent, qui duuuuuuuurent, on ne parle pas non plus des passants avec les mains dans le ventre et non dans les poches, d’Arno qui passe à travers des balcons et des chiens…), et ce n’est clairement pas le scénario qui va remonter l’ensemble.

Arno fait très bien du air caca.

Arno fait très bien du air caca.

 

Si vous vous comptiez jouer à Unity pour la Révolution Française, oubliez de suite : elle ne sert que de vague décor à une intrigue plate et sans saveur.
Comme souvent dans les jeux ou films inspirés de faits historiques, Unity nous présente une version simplifiée et fantasmée de la Révolution : c’est une excuse pour mettre des gens pas contents dans la rue et pour présenter des aristocrates qui complotent dans leur coin en se tournant les moustaches. On a donc un Paris violent, mais qui correspond, au final, à l’image d’Epinal qu’on peut s’en faire à cette période, sauf si on est historien.

Il y a des anachronismes, comme la présence du drapeau bleu, blanc, rouge, avant même qu’il n’ait été officialisé, ou de la Marseillaise, chantée un peu partout avant même d’avoir été écrite, mais ces anachronismes ne sont pas vraiment gênants, ils servent à planter un décor reconnaissable par tous, y compris les joueurs non Français.

Devinez qui je suis ? Indice : j'ai un bon appart.

Devinez qui je suis ? Indice : j’ai un bon appart.

 

Et pour dire deux mots des personnages historiques présents, n’en déplaise à Jean-Luc Mélenchon, s’ils sont un peu caricaturaux, ces caricatures n’arrivent pas de nulle part : Robespierre, par exemple, n’était pas un saint, malgré tout ce qu’il a pu apporter à la Révolution.

Côté décor donc, même si tout est simplifié, fantasmé, et même s’il est dommage que le studio n’en ait pas profité pour planter des complots et des machinations un peu plus fins, il n’y a pas de quoi fouetter mémé avec des orties.

Le problème majeur du jeu, c’est que la véritable intrigue, celle qui met en scène Arno et Elise, n’est qu’un ramassis de tropes et de clichés. Vous me direz, un ramassis de tropes, si les personnages sont attachants, ça peut tout à fait fonctionner.

Koukou c Arno mé tkt, c pa poure pécho

Koukou c Arno mé tkt, c pa poure pécho

 

Les héros sont deux plantes vertesLe problème, c’est que les personnages sont TOUT sauf attachants. Arno et Elise ont, à tous les deux, le charismed’un rat crevé et le QI d’une demie-moule, et enchaînent les mauvaises décisions et les actes stupides. Juste, ils sont amoureux. Ah là là là, on s’aime, on s’aime *smack**smack**smack*, ouh là là là je t’aime.

Même son de cloche pour les autres protagonistes : la Confrérie des Assassins de Paris est un tas de… de débiles, il n’y a pas d’autre terme, et les Templiers ne sont pas mieux lotis, avec en plus une légère tendance psychopathe.
On se demande franchement comment ces deux sociétés secrètes peuvent avoir un projet de conquête du monde alors qu’ils n’ont pas l’air de savoir combien ils ont d’oreilles.

ACU pistolet

Pire, on porte à Arno et Elise un attachement émotionnel proche du néant absolu, et, par conséquent, on se fiche royalement de ce qui leur arrive et de leur histoire de vengeance qui s’étale sur les douze séquences principales du jeu : la première séquence nous fait croire que A est responsable de la mort de leur père (détendez-vous, je vous déjà jubiler à l’inceste, mais Arno n’est que le fils adoptif de la victime), mais en fait, c’était B, mais en fait non OLALALALA ! C’était C, et ainsi de suite. C’nul.
Ajouté au fait qu’il n’y a absolument aucune surprise dans l’intrigue, on s’ennuie ferme, et on finit par ne plus trop savoir pourquoi on est là.

Evidemment, Assassin’s Creed oblige, on nous parle vaguement de la Première Civilisation, mais dans cet opus, il n’y a pas de séquence dans le futur (enfin le présent. Enfin, vous avez compris), juste quelques séquences où vous changez de serveur pour éviter qu’Abstergo ne découvre que vous Et l’intrigue complètement creuseêtes en train de pirater les mémoires d’Arno. Lors de ces séquences, vous trouvez quelques documents, qui vous en disent vaguement un peu plus, mais on manque clairement d’une vision d’ensemble qui donnerait un réel intérêt à la chose.
Et d’un protagoniste aussi. Même si Desmond n’était pas le héros le plus charismatique du monde, il offrait l’avantage d’ancrer le joueur dans le temps présent et de l’intéresser un peu à la lutte moderne entre Abstergo et les Assassins.

On peut toujours dépouiller les morts.

On peut toujours dépouiller les morts.

 

Coincé pendant la petite quinzaine d’heures de jeu (pour l’aventure principale. Comptez au moins le double si vous avez le courage de tout finir) entre un gameplay mal calibré et une histoire vide, que reste-t-il au joueur ? Paris.

Pour le coup, la capitale est très bien modélisée, jusque dans les moindres Mais Paris est magnifiquedétails, et la première fois que vous regardez la ville du haut de Notre-Dame, c’est assez superbe.
Les chants patriotiques et révolutionnaires que l’on entend un peu partout, la foule qui bruisse, tout est fait pour planter un décor vraiment prenant.

Jusqu’au moment où vous rencontrez des chutes de framerate absolument incompréhensibles, des textures qui se pointent hyper à la bourre, et que vous fendez la foule. Cette dernière n’est qu’un ensemble de poupées de chiffons, raides, qui réagissent à la présence d’Arno uniquement quand ce dernier les bouscule… C’était bien la peine de faire une promo sur la modélisation de la foule pour nous offrir ça, au final.

En résumé

A défaut d’être révolutionnaire (ho ho ho), Unity aurait pu être fun : le décor était  joli, le gameplay, avec ces changements, plutôt prometteur, les missions coop également, et la possibilité de pouvoir créer des diversions grâce à la foule ou à des PNJ durant les missions, c’était une très bonne idée.
Malheureusement, le joueur se retrouve beta-testeur d’un jeu qu’il a pourtant payé plein pot, et c’est inadmissible. Il y a déjà eu deux patchs correctifs, et le jeu est toujours aussi frustrant.
Unity accumule donc plusieurs problèmes : le premier, c’est qu’il appartient à une série qui s’essouffle (qui meurt ?), avec des scénaristes aux abonnés absents.
Le second, et il rejoint en ça pas mal de jeux AAA dernièrement, c’est que le studio voit trop grand, promet bien trop de choses, et au final, on se retrouve avec un truc ni fait, ni à faire, et qui ne tient clairement pas ses promesses. Franchement, Paris modélisée à la pierre près, si c’est au détriment de la fluidité du gameplay et de l’histoire, si c’est pour avoir des chutes scandaleuses de framerate, quel est l’intérêt ?
Avoir une foule de centaines de personnes massées devant le Palais du Luxembourg, si c’est pour avoir une centaine de statues de cire dont les textures arrivent en retard, quel est l’intérêt ?
Mais il faut absolument sortir le jeu, fini ou pas, quitte à corriger après : les gens achèteront, de toute façon. Et Assassin’s Creed, ça doit être le tiers du chiffre annuel d’Ubisoft, difficile de faire l’impasse sur cette rentrée d’argent en repoussant le jeu pour le sortir fini, même par respect pour les joueurs (et les salariés qui ont bossé dessus).

Quoi qu’il en soit, malgré ses belles promesses, Assassin’s Creed : Unity ne vaut pour l’instant pas le coût. Dans six mois, peut-être, quand il aura enfin été patché correctement et que son prix aura baissé.
Non parce que soyons honnêtes, même sans les bugs, Unity fait surtout l’unité contre lui.

Note : Nous n’avons pas testé la version PC, mais elle semble encore plus buguée que la version console (!!), et il faut, de plus, une véritable machine de guerre pour espérer le faire tourner. C’est tout bonnement inadmissible, Ubisoft n’étant pas trois potes qui codent dans un grenier.

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L'auteur

Fille de Mary Poppins et Xena la Guerrière, aime se promener dans les bois pluvieux. Avec une console. Ou un comics. Avant que les cylons n'arrivent...

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