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Pas de nouveau jeu Assassin’s Creed en cette fin d’annĂ©e ? Pas de problème ! Ubisoft et 20th Century Fox gardent la flamme bien vive dans le petit coeur des joueurs avec un film qui se veut ĂŞtre une adaptation de la franchise. La bonne nouvelle, c’est qu’on Ă©vite les bugs.

Depuis 2008, la franchise Assassin’s Creed est devenue tellement Ă©vidente dans le monde vidĂ©oludique que la prĂ©senter un tant soit peu relève presque du crime de lèse-majestĂ©. Mais, bon, quand mĂŞme, on vous la rĂ©sume en quelques mots : les assassins protègent depuis des siècles les Pommes d’Eden, reliques venues de la Première Civilisation pleines de savoir et de pouvoir. Reliques que convoitent depuis autant de temps les Templiers. Au fil des siècles, les Pommes ont Ă©tĂ© perdues et, Ă  notre Ă©poque, les Templier courent toujours après. Leur solution pour mettre la main dessus : sonder l’esprit des descendants des assassins par le biais d’une machine nommĂ©e Animus, conçue officiellement Ă  but de divertissement par une entreprise pas très nette, nommĂ©e Abstergo. VoilĂ , en substance, ce qui peut rĂ©sumer la grande partie des jeux de la trame principale de la franchise.

Les bases en 2 heures

En rĂ©alitĂ©, rĂ©sumer Assassin’s Creed est clairement plus compliquĂ© puisqu’il y a tout un tas de personnages actuels, d’autres de plein d’Ă©poques diffĂ©rentes, mais Ă©galement des ĂŞtres de la Première Civilisation comme Junon, Minerve et Jupiter qui surkiffent venir pimenter des situations dĂ©jĂ  tordues. Impossible de dĂ©velopper un tel univers au cinĂ©ma, dans un film qui dure 2 heures et doit ĂŞtre accessible Ă  un large public.

Du coup, le film de Justin Kurzel retravaille les bases pour les simplifier au maximum : on suit donc Callum Lynch, un type Ă  l’enfance foireuse et prĂ©disposĂ© Ă  la violence. CondamnĂ© Ă  mort, il se rĂ©veille contre toute attente dans un complexe de la fondation Abstergo. Il devient alors malgrĂ© lui le cobaye d’expĂ©riences visant Ă  lui faire revivre la vie de son ancĂŞtre Aguilar de Nehra pendant l’inquisition espagnole. L’objectif d’Abstergo : mettre la main sur la Pomme d’Eden qui permettra d’Ă©radiquer toute violence sur Terre.

une rĂ©ussite esthĂ©tique…

le passage d’Assassin’s Creed de la console Ă  la salle obscure s’avère ĂŞtre une parfaite rĂ©ussie visuelle : la partie se dĂ©roulant dans le prĂ©sent – environ la moitiĂ© du film – dĂ©voile les locaux aseptisĂ©s d’Abstergo comme on peut les voir dans les jeux, et la salle de l’Animus s’avère convaincante mĂŞme si le système a Ă©tĂ© entièrement repensĂ© pour ĂŞtre cinĂ©gĂ©nique. Il est vrai que la reprĂ©sentation qui en est faite dans les jeux n’est pas vraiment reprĂ©sentative pour le public de cinĂ©ma, et faire de l’Animus une sorte de simulateur de rĂ©alitĂ© virtuelle est plutĂ´t cohĂ©rent.

Mais ce sont clairement les scènes se dĂ©roulant dans l’Ă©poque d’Aguilar qui sont les plus rĂ©ussies. Pour le coup, mĂŞme si aucun jeu de la franchise ne se dĂ©roule durant l’inquisition espagnole, on retrouve tous les codes esthĂ©tiques des jeux. Chaque bâtiment, chaque toit, chaque pente rappellera bien des sensations aux joueurs. De ce cĂ´tĂ©, le film rĂ©ussi Ă  installer une vĂ©ritable ambiance, mais frustre en mĂŞme temps de ne pas en montrer plus, car on ne joue jamais Ă  un Assassin’s Creed pour explorer le prĂ©sent/futur, mais pour visiter le passĂ©.

… un Ă©chec de charisme

on pourrait nĂ©anmoins se dire que l’objectif d’Assassin’s Creed n’est pas autant de satisfaire les joueurs que d’attirer un nouveau public. Et c’est probablement vrai. Le problème c’est que le mĂ©trage ne remplit pas cet objectif, et ce dans les deux cas. Il s’avère frustrant pour le joueur qui voit un univers qu’il connait depuis des annĂ©es simplifiĂ©s Ă  l’extrĂŞme. Et le spectateur lambda a droit Ă  un divertissement certes efficace, mais globalement vide d’enjeux rĂ©els, et dont les personnages manquent cruellement de fond car le temps manque pour les dĂ©velopper vraiment.

Le personnage de Callum Lynch, pourtant interprĂ©tĂ© par le très bon Michael Fassbender, est prĂ©sentĂ© comme un criminel prĂ©disposĂ© Ă  la violence par ses gènes, quitte Ă  mettre de cĂ´tĂ© le pourtant très important crĂ©do des assassins – c’est quand mĂŞme le titre du film, hein. Quant au docteur Sophia Rikkin, interprĂ©tĂ©e par Marion Cottilard, c’est une girouette perpĂ©tuelle et on peine Ă  vraiment comprendre oĂą le scĂ©nario veut en venir. De manière gĂ©nĂ©rale, les Templiers n’ont d’ailleurs aucun charisme et ils pourraient ĂŞtre remplacĂ©s par n’importe quel groupuscule sans que cela n’ait aucune incidence sur l’histoire. Tout le monde est aussi transparent qu’interchangeable, malgrĂ© un casting pourtant rĂ©ussi.

Une grande introduction

On finit par comprendre pas mal de choses Ă  la fin du film, qui n’est en rĂ©alitĂ© la fin de rien du tout si ce n’est d’une grosse introduction de deux heures. A n’en pas douter, si le succès est au rendez-vous dans les salles, une suite sera mise en chantier – ce qu’a d’ailleurs confirmĂ© Michael Fassbender rĂ©cemment en Ă©voquant une trilogie.

Mais ce n’est ni une rĂ©ponse, ni une excuse au scĂ©nario minimaliste et sans rĂ©els enjeux qui nous est servi ici. Encore pire, on peine Ă  ressentir un quelconque attachement au personnage principal, tandis que la naissance de l’antagoniste est tellement clichĂ© qu’elle prĂŞte plus Ă  sourire qu’autre chose. Difficile donc d’ĂŞtre enthousiaste ou impatient Ă  l’idĂ©e de voir se dĂ©velopper une franchise cinĂ©matographique dont les bases s’avèrent bien faibles par rapport Ă  la richesse de son Ă©quivalent vidĂ©oludique. Reste l’action et les dĂ©cors, qui valent tout de mĂŞme le dĂ©tour, Ă  dĂ©faut de marquer les esprits.

Tags : Assassin's CreedfilmfoxUbisoft
Audrey

Gentle Geek Audrey

Co-fondatrice et rĂ©dac’chef de GentleGeek, je suis journaliste le jour et blogueuse la nuit – les deux ne sont pas incompatibles, non non. J’aime le cinĂ©ma, les jeux vidĂ©o, les comics et les chats. C’est dĂ©jĂ  pas mal !

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