Pat Mills annonce le retour de Marshal Law chez DC Comics
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La MCM Comic Con de Birmingham accueillait le génial Pat Mills sur sa main stage samedi dernier. Retour sur la meilleure nouvelle comics du week-end.

Si vous lisez des comics, le nom de Pat Mills vous évoque forcément quelque chose. Extrêmement prolifique depuis le début des années 70, ce scénariste britannique a pondu un sacré paquet de personnages et de séries cultissimes venues de la perfide Albion. Ce n’est d’ailleurs pas pour rien qu’il est surnommé le « Parrain du comic book britannique« … Voyez plutôt: c’est à lui qu’on doit la création de la maison d’édition 2000 AD en 1977. Il a largement contribué au développement au personnage de Judge Dredd (créé par John Wagner et Carlos Ezquerra en 1977, dès le deuxième numéro de 2000 AD). ABC Warriors, Nemesis the Warlock, Sláine, Charley’s War, c’est lui. Sha et Requiem, chevalier vampire, c’est lui aussi (avec le frenchie Olivier Ledroit). Et bien sûr, Marshal Law, c’est toujours lui (avec le formidable Kevin O’Neill, son comparse de crime sur Nemesis, qui sévit aussi sur The League of Extraordinary Gentlemen avec Alan Moore).

Dis Monsieur Mills, tu veux bien être mon papa?

Dis Monsieur Mills, tu veux être mon papa?

Mais Marshal Law, c’est quoi, d’abord? La série n’est pas vraiment connue en France, il faut bien le dire, la faute à une publication assez limitée qui commence à dater sérieusement (la série originale a été éditée chez Zenda entre 1989 et 1991, en même temps que d’autres séries 2000 AD comme Sláine, ou les classiques V for Vendetta et Watchmen d’Alan Moore).

De son vrai nom Joe Gilmore, Marshal Law est un (anti) super-héros génétiquement modifié pour servir dans une guérilla gouvernementale anti-communiste dans la Zone (couvrant Panama, Équateur, Brésil et Venezuela). Il dispose, outre les traditionnelles super-force et super-endurance, d’une insensibilité totale à la douleur (ce qui explique sa tenue… particulière, pas loin du flic BDSM, avec du barbelé enroulé autour du bras) et au second degré (ce qui en fait un putain de rabat-joie psychorigide. Comme dirait Aurigabi, il a un TROUBLE). Vétéran et survivant de l’Enfer, il devient policier dans la ville de San Futuro (San Francisco post-séisme apocalyptique) et traque sans pitié les « super héros » complètement tarés qui ont eux aussi survécu à la Zone et qui terrorisent régulièrement la veuve et l’orphelin. Rappelons que de grands pouvoirs impliquent de grandes responsabilités. Eux ne sont pas au courant, du coup il fallait quelqu’un pour leur meuler la tronche et leur remettre les idées en place de temps en temps.

San Futuro, ton univers impitoyaaaaaableuuuh

San Futuro, ton univers impitoyaaaaaableuuuh

Jusqu’ici ce synopsis n’a rien de très original, mais ce qui compte ça n’est pas l’originalité, c’est la façon de s’en servir. Et là, autant dire tout de suite que Pat Mills se fait plaisir et truffe son oeuvre d’un paquet de niveaux de lecture. Parodie satirique ultra-violente et iconoclaste du genre super-héroïque de prime abord, Marshal Law aborde allègrement la psychologie (à commencer par le syndrome post-traumatique et les multiples perversions des « super héros »), la politique (la mort du rêve américain, la corruption de la police et de l’Etat…) et fait voler dans le décor nombre de tabous au passage (le sexe, la religion, tout le monde en prend pour son grade) à grand renfort d’humour caustique plus noir qu’une tasse de café Death Wish. Histoire de vous donner un exemple, dans Marshal Law, Growing Boy ne se sert pas de ses pouvoirs uniquement pour ses quatre membres principaux.

On rajoutera à la série régulière trois crossovers de deux épisodes chacun, plus délirants les uns que les autres, mais malheureusement devenus bien rares aujourd’hui pour des questions de droits. Le flic le plus bourrin du futur affronte ainsi Pinhead (le cénobite en chef du culte Hellraiser de Clive Barker), ou the Mask et fera une team-up avec le Savage Dragon d’Erik Larsen.

MarshallLaw

Le Marshal fait souvent preuve de subtilité dans ses aventures. La preuve.

 

“I’m a hero hunter. I hunt heroes. Haven’t found any yet. – Marshal Law”

 À ce stade là, vous aurez compris que 1°) Marshal Law c’est génial et 2°) je suis un dangereux prosélyte.

Ce qui nous amène à l’excellente nouvelle du week-end: alors qu’il avait disparu des comics shops depuis 17 longues années (si l’on excepte deux romans illustrés sortis dans les années 2000),  Marshal Law va revenir. Et même que bientôt, d’après Mr. Mills himself. Qui plus est, il s’agira d’un nouveau crossover édité chez DC Comics. Évidemment, le nom du/des protagonistes du DCverse qui tiendront compagnie au superflic plus raide que sa matraque cloutée n’a/n’ont pas encore été révélé(s) et les rumeurs vont filer bon train dans les prochaines semaines. Batman? Lobo? La Justice League? Captain Carrot? WHO KNOWS?

Stay tuned, on vous dit ça dès qu’on le sait. En attendant, je suis joie, bonheur, cuir et  fil de fer barbelé.

Source: ici.

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